Festival Littérature au Centre

Pour sa sixième édition, du 23 au 28 mars, le festival invite tous les publics au plaisir de lire, de découvrir, de rencontrer la littérature.

  • D'un cheval l'autre

    Bartabas

    « C'est ce soir-là, après avoir copieusement arrosé l'arrivée du nouveau venu, que nous avons décidé dans l'euphorie et à l'unanimité de le baptiser Zingaro. Il endosserait le nom de notre Théâtre équestre et musical, premier nommé il donnerait à la troupe sa descendance. Plus tard, tandis que la fête se répandait joyeusement dans la nuit et que s'épanchaient les coeurs imbibés, je me suis surpris, comme souvent, étrangement silencieux, distant, à ne plus trouver ma place. J'éprouve dans ces moments le besoin de me retirer ; de m'évaporer sans au revoir ni salut. Je suis allé le rejoindre dans son box, je n'ai pas allumé, je me suis glissé dans son antre comme on se glisse sous les draps de l'amante endormie. Il était couché sur le flanc gauche, je me suis assis près de lui, il a tourné la tête vers moi sans se relever, un peu étonné de me voir là, comme sorti d'un songe.
    Cette nuit-là, nous avons fait un pacte, un pacte pour la vie : j'allais contaminer son animalité et il allait me permettre d'exister parmi les hommes. Aux humains de mon espèce, nous allions nous révéler. Pour la vie. » L'un fut sauvé in extremis de l'abattoir, un autre légué par un torero en déroute, un autre encore, racheté pour une poignée de pesetas à un maquignon véreux : tous, il les a accueillis dans sa tribu, pour se faire leur disciple autant que leur maître. A certains, il a offert un rôle de choix dans ses spectacles sans jamais les monter ; avec plusieurs, il a accompli des prouesses qu'aucun écuyer n'avait réussies avant lui.
    Ils s'appellent Zingaro, Quixote, Dolaci, Felix, Horizonte, Le Caravage...
    Pour la première fois, Bartabas raconte les chevaux qui ont marqué sa vie. Dans ce livre poétique et charnel, qui offre en creux le portrait d'un artiste total, il nous entraîne dans les coulisses de son théâtre, et offre à ses compagnons de route leur plus beau tour de piste.

  • Que se passe-t-il quand un écrivain, par nature voué au confinement quotidien, se voit rejoint par l'ensemble d'une population qu'on invite à rester cloîtrée ? Au pire il écrit ce qui lui arrive pour constater que ses congénères font comme lui et se racontent à grand renfort d'adjectifs égotistes et d'évidences narcissiques.

  • Une bête au paradis Nouv.

    La vie d'Émilienne, c'est le Paradis. Cette ferme isolée, au bout d'un chemin sinueux. C'est là qu'elle élève seule, avec pour uniques ressources son courage et sa terre, ses deux petits-enfants, Blanche et Gabriel. Les saisons se suivent, ils grandissent. Jusqu'à ce que l'adolescence arrive et, avec elle, le premier amour de Blanche, celui qui dévaste tout sur son passage. Il s'appelle Alexandre. Leur couple se forge. Mais la passion que Blanche voue au Paradis la domine tout entière, quand Alexandre, dévoré par son ambition, veut partir en ville, réussir. Alors leurs mondes se déchirent. Et vient la vengeance.
    Une bête au Paradis est l'histoire d'une lignée de femmes possédées par leur terre. Un huis clos fiévreux hanté par la folie, le désir et la liberté.

  • L'idée de passer tout l'été coupés du monde angoissait Franck mais enchantait Lise, alors Franck avait accepté, un peu à contrecoeur et beaucoup par amour, de louer dans le Lot cette maison absente de toutes les cartes et privée de tout réseau. L'annonce parlait d'un gîte perdu au milieu des collines, de calme et de paix. Mais pas du passé sanglant de cet endroit que personne n'habitait plus et qui avait abrité un dompteur allemand et ses fauves pendant la Première Guerre mondiale. Et pas non plus de ce chien sans collier, chien ou loup, qui s'est imposé au couple dès le premier soir et qui semblait chercher un maître. En arrivant cet été-là, Franck croyait encore que la nature, qu'on avait apprivoisée aussi bien qu'un animal de compagnie, n'avait plus rien de sauvage ; il pensait que les guerres du passé, où les hommes s'entretuaient, avaient cédé la place à des guerres plus insidieuses, moins meurtrières. Ça, c'était en arrivant.
    Serge Joncour raconte l'histoire, à un siècle de distance, d'un village du Lot, et c'est tout un passé peuplé de bêtes et anéanti par la guerre qu'il déterre, comme pour mieux éclairer notre monde contemporain. En mettant en scène un couple moderne aux prises avec la nature et confronté à la violence, il nous montre que la sauvagerie est toujours prête à surgir au coeur de nos existences civilisées, comme un chien-loup.

  • Emmanuelle, qui vient d'accepter d'écrire une tribune sur les OGM pour un quotidien national, mène l'enquête. À Newcastle, elle rencontre une biologiste obsédée par les manipulations génétiques et leurs monstrueuses chimères. Puis, aiguillée sur autre piste, elle suit au fin fond du Morvan un panel de citoyens tirés au sort pour réfléchir au futur. Dans le cadre d'un programme européen, chaque pays est en effet chargé d'un thème : Intelligence artificielle, Nanotechnologies ou Transgenre...

    Au fil des découvertes, il lui faut une bonne dose de rationalité pour ne pas se perdre en conjectures, se décourager et s'effondrer dans une chaise longue. D'autant que le sujet attribué à la France, et sur lequel se penchent Wendy (Manouche idéaliste), Ingrid (candidate à Koh-Lanta), Antoine (entrepreneur trop sérieux), Batoule (psychanalyste voilée), Zacharie (employé d'Amazon amateur de drogues) et les autres panélistes est le Temps libre.

    Manipulations génétiques et politiques s'entrecroisent. L'humour et le goût d'Emmanuelle Pireyre pour les questions fondamentales et sociales y répondent, faisant de ce roman une comédie irrésistible.

  • « J'ai commencé à écrire Le chant du poulet sous vide comme un conte, de la même manière que le marketing crée des contes, jusqu'à nous faire croire que les animaux que nous mangeons sont d'adorables bêtes, saines et dévouées, avec lesquelles nous avons une relation. ».
    La mère est morte. Sa fille, Paule, revient à la ferme et à son élevage de poulets. Citadine, elle se retrouve à devoir s'occuper d'eux, les tuer et les vendre au marché. Quitte à devoir négliger son mari architecte.
    Mais en mettant à mort les poulets, Paule renouvelle sans cesse le deuil de sa mère. D'autant qu'elle s'attache à eux et ne parvient à les sacrifier qu'en leur rendant hommage, en écrivant leur biographie, en leur créant des stèles. Le roman est ainsi ponctué de biographies de poulet qui deviennent de plus en plus funestes. Paule trouve pour chaque petite bête un caractère. Ces biographies précèdent de peu la mise à mort. Ecrire devient à Paule aussi nécessaire que tuer.
    Mais Paule entend améliorer l'existence des poulets. Elle retourne en ville avec un projet d'exploitation révolutionnaire. Le passage à l'échelle industrielle n'est pas sans risque, Paule commence à douter d'elle-même. Prise à son propre piège d'humaniser la viande à consommer, d'écrire des fictions sur les poulets. Le conte que Paule s'est inventé vire à l'absurde. Les personnages principaux du livre deviennent les poulets. Et l'humanité déraille doucement, victime de ses compromis entre son désir fou de consommation et de ses stratégies de dénégation d'une réalité sanglante.

  • La peau de l'ours

    Joy Sorman

    Le narrateur, hybride monstrueux né de l'accouplement d'une femme avec un ours, raconte sa vie malheureuse. Ayant progressivement abandonné tout trait humain pour prendre l'apparence d'une bête, il est vendu à un montreur d'ours puis à un organisateur de combats d'animaux, traverse l'océan pour intégrer la ménagerie d'un cirque où il se lie avec d'autres créatures extraordinaires, avant de faire une rencontre décisive dans la fosse d'un zoo.
    Ce roman en forme de conte, qui explore l'inquiétante frontière entre humanité et bestialité, nous convie à un singulier voyage dans la peau d'un ours. Une manière de dérégler nos sens et de porter un regard neuf et troublant sur le monde des hommes.

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  • Le présent volume rassemble la totalité des nouvelles de l'auteur publiées chez Buchet/Chastel (deux recueils : Liturgie 2002, et Organes 2006). Opus suivi de : Bon en émotion, et La Maison Santoire (nouvelles publiées par ailleurs et épuisées).
    Un livre à offrir pour découvrir, ou redécouvrir, un autre aspect de l'oeuvre de Marie-Hélène Lafon. (Les deux recueils publiés chez Buchet n'existent pas au format poche.)

  • Ces neuf nouvelles nous placent à la lisière de deux mondes, là où se croisent humains en déroute et animaux semi-sauvages. Chacun tente de rejoindre l'autre, mais l'on ne sait qui, de la bête ou de l'humain, est en quête de protection.
    De quel envol blessé la cane Frou-Frou est-elle le signe? Un cheval nommé Mensonge peut-il emporter une enfant loin du monde mensonger des adultes? Comment un rat, un écureuil, un hérisson exorcisent-ils la folie, le deuil ou simplement l'ennui? Que deviendra le nid des fourmis Lin, Clet, Clément, Sixte, Corneille et Cyprien après le passage de joyeux promeneurs? En quoi un chat errant, un papillon sur sa fin sont-ils les messagers de l'amour? Au sommet d'un arbre fragilisé par les bouleversements climatiques, que signale le chant obstiné de Merlin? Autant d'existences menacées, mais libres à leur manière. Autant d'alliances discrètes, toujours sur le qui-vive.
    Dans un monde à la lisière du chaos, Caroline Lamarche allie la simplicité narrative à une sauvagerie souterraine pour dire l'interdépendance de toutes les créatures vivantes.

  • « Dans les reculées provinces persistait, il y a peu, le néolithique, qui est un bref et tardif épisode de l'âge de pierre. Il n'était pas dit que le temps des grandes chasses était révolu. Les bêtes agissaient comme si le jeu continuait. Comment ne pas s'y prêter ? Voici quelques scènes prises sur le vif. » Pierre Bergounioux.

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  • Iris n'a pas de papiers. Hospitalisée après un accident de voiture, elle attend pour être opérée que son compagnon, Malo Claeys, trouve un moyen de régulariser sa situation. Mais comment s'y prendre alors que la relation qu'ils entretiennent est interdite ?

    C'est notre monde, à quelques détails près. Et celui-ci, notamment : nous n'y sommes plus les maîtres et possesseurs de la nature. Il y a de nouveaux venus, qui nous ont privés de notre domination sur le vivant et nous font connaître un sort analogue à celui que nous réservions auparavant aux animaux.

    Avec cette fable brillante, dans la lignée d'un Swift ou d'un Kafka, Vincent Message explore un des enfers invisibles de notre modernité.

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  • Tout à la fois chimère, fantaisie drapée dans un réalisme saisissant, bestiaire hitchcockien et subtile fable politique, ce texte atteste du grand talent de Stéphanie Hochet. Une romancière est invitée à un festival littéraire dans le sud de la France. Après un séjour étrange dans une maison isolée en pleine campagne, elle finit par rencontrer un personnage important de la région : le maire de la ville de Marnas, Vincent Charnot. Plus qu'un édile, Charnot est une sorte de gourou, un illuminé qui voudrait marquer son époque. Il commande alors à la romancière un texte sur un sujet saugrenu : la biographie d'une espèce disparue depuis plusieurs siècles, l'aurochs, animal préhistorique emblématique des chefs-d'oeuvre de l'art pariétal, qui a fasciné les nazis, lesquels tentèrent en vain de le ressusciter. Elle devient vite le rouage d'une machination qui la dégoûte autant qu'elle la fascine... 

  • Les chaussures de l'hippopotame Nouv.

    « Des ciseaux mal écrits par un enfant sont devenus des oiseaux. Maintenant ils coupent le vent tout ça à cause d'un enfant qui faisait des poèmes dans ses fautes. » 30 poèmes magiques pour s' étonner, sourire des petits riens qui font tout et de tout le reste qui n'est pas rien... David Dumortier signe ici son 4ème titre chez møtus. Un recueil plein d'originalité, d'inventivité et d'inspiration, en parfait accord avec les illustrations riches d'humour et de tendresse de Pierre Pratt.

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