Ecole Hautes Etudes En Sciences Sociales

  • Instants de vie Nouv.

  • Ce livre est devenu un classique pour apprendre à éviter les « maladies de la raison sociologique » et compte parmi les contributions les plus importantes et les plus novatrices de la sociologie contemporaine. Une première partie « manifeste » dresse un portrait de ce que doivent être les sciences sociales selon les trois sociologues. Une seconde partie composée de près de 50 extraits de textes fondateurs des SHS, préalablement introduits par les auteurs, fait de cet ouvrage un véritable manuel aussi bien des sciences sociales que de la philosophie des sciences. Cette nouvelle édition propose une préface inédite de Paul Pasquali remontant aux origines du projet, à sa gestation et au rayonnement considérable qui suivit sa publication.

  • Ce texte, absent de l'édition française de 1975 et qui ouvre le deuxième tome de Sur le processus de civilisation (1939), porte sur l'époque médiévale et décrit les effets généraux du procès de civilisation sur l'histoire occidentale. Norbert Elias esquisse dans cet inédit ce qu'il appelle la « sociogenèse de l'État », une évolution qui repose en grande partie sur la constitution de la cour comme espace social, politique et culturel. Ces pages sont également très précieuses pour en apprendre davantage sur les méthodes de travail d'Elias : comment un intellectuel allemand formé dans les années 1910- 1920 à la psychologie, la philosophie et la sociologie faitil pour écrire sur le Moyen Âge ? À partir de quels outils, et de quelles sources ?

  • Piero della Francesca ; une conversion du regard Nouv.

    Oeuvre singulière dont l'interprétation est toujours ouverte, la Flagellation du Christ de Piero della Francesca est une peinture mystérieuse et fascinante. Si l'oeil contemporain se laisse volontiers séduire par l'absolue perfection de sa perspective centrale, il peine à comprendre son sujet réel. Menée comme une enquête, cette étude progresse depuis l'intérieur du tableau, au plus près de ses formes, de ses couleurs, mais aussi et peut-être surtout de sa savante géométrie conçue par un peintre mathématicien qui pense et utilise la perspective comme une "science" de la mesure capable d'aider l'homme à atteindre l'infinité divine.
    Sous cet angle, on ne doit plus considérer le chef-d'oeuvre de la Flagellation du Christ isolément, mais en relation avec d'autres peintures du maître de Borgo Sansepolcro (le Baptême du Christ de Londres, les deux Saint Jérôme de Berlin et de Venise, la Vierge de Senigallia d'Urbino). La question de la présence du peintre dans son oeuvre, y compris à travers son portrait, celle de son rapport au temps et au salut, celle de l'usage conscient et précurseur de la "divine proportion" sont quelques-unes des étapes de ce livre que l'on peut lire aussi comme une invitation à renouveler notre vision de l'un des plus grands peintres du XV ? siècle italien.

  • Dès le XIXe siècle, la science est aux prises avec le développement du capitalisme. Alors qu'elle s'institutionnalise avec la mise en place de chaires universitaires puis de laboratoires de recherche, elle devient un enjeu économique où la question de sa valeur et de son partage a une place centrale. Cet ouvrage retrace comment la propriété scientifique émerge, parallèlement aux progrès de la propriété intellectuelle, pour permettre aux savants de contrôler les fruits de leurs découvertes.

  • Ou était la Troie homérique et qu'en reste-t-il?
    Seule cette question anime Heinrich Schliemann dans ses autobiographies successives. Entre 1870 et 1890, l'homme d'affaires et archéologue allemand découvre neuf villes superposées sur le site de la Troie homérique.
    S'appuyant sur l'une des figures scientifiques les plus controversées du XIXe siècle, Annick Louis propose ici une généalogie sociale et culturelle d'un nouveau type de savant qui ne se réclame ni d'une tradition intellectuelle ni d'une théorie, mais qui fouille le sol pour prouver une hypothèse. Schliemann devient alors dans cet ouvrage un acteur sociologique, créateur d'une vaste littérature savante et, surtout, autobiographique.

  • Cet ouvrage s'intéresse aux conséquences de Mai 68 dans un domaine où elles ont été peu étudiées, le monde du droit et de la justice. Liora Israël émet l'hypothèse que les évènements de Mai ont eu des effets durables sur le développement de mobilisations contestataires fondées sur le droit. Revenir sur cette histoire récente permet de mieux comprendre les dynamiques actuelles liant droit, justice et politique, qu'il s'agisse des usages militants du droit, ou des formes de tension entre autorités judiciaires et pouvoir politique.

  • Dans l'Europe de la Seconde Guerre mondiale, la production massive d'armes, caractéristique des « guerres totales » du XXe siècle, et la politique de collaboration économique ont bouleversé les rapports de genre dans les sociétés en conflit. À rebours des approches classiques, ce livre explore la vie quotidienne des ouvrières françaises à Berlin entre 1940 et 1945 et examine les dynamiques transnationales de la production du genre, autorisant à penser les histoires des femmes comme des réalités liées, interdépendantes, plutôt que comme des expériences parallèles.

  • Au cours des dix dernières années le paysage de l'édition en sciences humaines et sociales a été considérablement bouleversé. Les transformations du marché du livre, l'essor de la publication et de la lecture en ligne et l'évolution de l'évaluation scientifique ont profondément modifié la production et la diffusion du savoir, tout comme les modèles économiques et l'organisation du travail qui les sous-tendaient. Cet ouvrage revient sur les nombreux débats au sein du monde savant, mais aussi dans la sphère publique, en France comme au niveau international.

  • Comment offrir aux chercheurs les moyens et les outils permettant de réaliser une histoire mixte de l'Antiquité ? En s'appuyant sur la méthodologie élaborée par le collectif Eurykleia, ce dossier explore les pratiques sociales qui rendent les femmes visibles, mais aussi celles où la présence féminine, quoique réelle, semble plus discrète.

  • Au lendemain des attentats du 13 novembre 2015, des personnes de tous horizons se sont rassemblées dans les rues de Paris, aux abords des lieux attaqués, pour rendre hommage aux victimes. Des mémoriaux se sont formés, faits de milliers de messages, de bougies, de fleurs et d'objets les plus divers. Durant des semaines, les Archives de Paris en ont collecté le contenu qui appartient aujourd'hui au patrimoine national.
    Fruit d'une collaboration inédite entre chercheurs et archivistes, cet ouvrage enrichi de près de 400 photographies revient sur cette transformation et constitue ainsi un véritable livre-mémorial. Les textes de ce livre retracent le parcours de ces mémoriaux et sont autant de reportages illustrés sur leurs aspects, leur collecte ou leurs usages sociaux. Des courtes notices les accompagnent sur des sujets aussi divers que les citoyens s'étant érigés en gardiens des mémoriaux éphémères, le rôle des agents de nettoyage de la Ville de Paris dans le travail de collecte, la mémoire des attentats de 2015 à Saint-Denis, ou encore la relation particulière des supporteurs du PSG à la mémoire des attentats du 13 novembre.
    Eclairant sous un angle nouveau un événement majeur et récent de l'histoire de France, cet ouvrage est à son tour un mémorial unique et précieux, une réflexion originale et illustrée sur la manière dont une société est appelée à ne pas oublier.

  • Afin de rendre compte de la réalité de leur objet, les sciences sociales ne cessent de poser des questions d'ordre conceptuel. La coopération entre philosophie et sciences sociales suppose ainsi de dégager les problèmes partagés sur l'axe qui relie la théorie à l'expérience. Dans les vingt dernières années, l'oeuvre de Vincent Descombes a joué, en France et à l'étranger, un rôle important dans l'ouverture de cet espace d'échanges. Sociologues, anthropologues, historiens et philosophes s'attachent à montrer dans les textes réunis ici la pertinence de la pensée du philosophe.

  • Pionnier de l'écologie politique, auteur d'une pensée qui oscille entre philosophie, théorie politique et critique sociale, André Gorz révèle sa persistante actualité dans cette discussion inédite et peu convenue sur des thèmes variés - du rapport de l'humain avec la nature à l'usage des technologies, de la cause féministe au rôle des intellectuels.

  • En février 1963, à l'heure où l'extrême droite française est en crise, Jean-Marie Le Pen fonde la Société d'études et de relations publiques (Serp). Maison de disque subversive, elle proposera jusqu'en 2000 plus de 200 références de compilations de documents historiques sonores, de chants, de discours politiques ou de musiques militaires. Moyen de survie matérielle et politique de Le Pen avant la création du Front national, moyen de propagande et d'accompagnement de l'expansion du parti ensuite, la Serp fait du disque un agent de diffusion de cultures politiques d'extrême droite.

    Sur commande
  • Comment Staline gouvernait-il l'immense territoire soviétique ? De quelle façon les personnes travaillant sur les grands chantiers industriels conservaient-elles des liens avec leurs proches, parfois situés à des milliers de kilomètres ? A quels moyens l'Etat avait-il recours pour garder ses ordres secrets ?
    Dans un pays qui s'étend sur une dizaine de milliers de kilomètres d'ouest en est et comporte onze fuseaux horaires, Larissa Zakharova nous explique de quelle manière les Soviétiques appréhendaient l'espace dans leurs communications au quotidien durant le XXe siècle soviétique.

  • L'étude des émotions collectives exige une confrontation aux différentes théories de l'émotion. Dans les travaux contemporains, les émotions ne sont plus réduites, comme au début du xx e siècle, à des réactions instinctives ou à des sensations irréfléchies. Elles sont vues comme une véritable force organisatrice qui permet d'unifier des sensations, des actes et des événements épars dans la totalité de l'expérience. En un sens, toute émotion peut donc être dite sociale. Mais à quel moment devient-elle collective ?

    L'analyse des émotions collectives concerne précisément le qualificatif « collectif », qui renvoie à une très grande hétérogénéité de phénomènes et pose ainsi problème.
    Si l'une des caractéristiques communes des émotions dites « collectives » est d'être « partagées » ou encore éprouvées « ensemble », il reste à clarifier ces termes qui sont d'une grande ambivalence sémantique. En effet, les émotions ne peuvent pas être partagées comme peuvent l'être un bureau ou un repas. Et tout comme il y a plu- sieurs manières de partager un chagrin, une joie, une peur, une indignation, il y a plusieurs manières d'être, d'agir et de subir « ensemble ».
    Les enquêtes théoriques et empiriques que présente ce volume déploient les diffé- rentes significations du terme « collectif » quand il s'agit des émotions, de mesurer leur pertinence et d'évaluer leur portée heuristique. Il est ainsi question des attentats, du populisme, du Téléthon.

  • Les structures élémentaires de la parenté, thèse d'État soutenue à la Sor- bonne par Lévi-Strauss en 1948 et publiée l'année suivante, renouvelle la perception des systèmes de parenté et d'union, de la place de la famille, de la prohibition de l'inceste et des échanges entre groupes sociaux. Texte majeur, précurseur du structuralisme français et également controversé, cet ouvrage constitue le premier résultat des longues recherches de Lévi- Strauss qui l'ont aussi conduit vers l'analyse des systèmes de classification du langage et de la mythologie.

    L'idée centrale des Structures élémentaires de la parenté tient en quelques phrases.
    L'échange matrimonial, par le lien qu'il instaure et par le renoncement qu'il impose, se trouve au fondement de toute société humaine. Il signale le passage de la nature à la culture ; il est inhérent à l'ordre social. L'ouvrage s'inspire des travaux de l'anthro­ pologie anglo­saxonne et de certains écrits de l'école de L'Année sociologique. Au fil des pages, le lecteur passe des affiliations totémiques des Aborigènes d'Australie à l'étiquette du deuil dans la Chine ancienne, de l'ethnographie des tribus des hautes terres de Birmanie à la féodalité en Europe médiévale ou encore à l'Inde des brahmanes, de la psychologie de l'enfant à la théorie mathématique des groupes.

  • Les deux conférences inédites, dont les transcriptions sont réunies dans ce livre, se font écho à plus d'un demi-siècle de distance et témoignent de la parole publique du plus célèbre des anthropologues français. Lévi-Strauss prononce la première en janvier 1937 et la seconde en avril 1992, année où se célèbraient les quatre cents ans de la mort de Montaigne. Ces deux textes nous permettent de mesurer le cheminement de la pensée de Montaigne dans le parcours intellectuel de Lévi-Strauss.

  • Présenter avec brièveté 100 livres qui, année après année, depuis la Seconde Guerre mondiale, ont marqué de leur empreinte la construction des sciences sociales, en France et à travers le monde : tel est le pari que relève avec succès ce livre.

    Les éditeurs de l'ouvrage ont sollicité certains des meilleurs chercheurs actuels, en France et à l'étranger, pour présenter, à l'attention d'un public de non-spécialistes, l'intérêt et l'argument profond de chacun de ces 100 livres et pour dire son héritage et son actualité pour la recherche d'aujourd'hui. Il en résulte un panorama par défi- nition incomplet et néanmoins suggestif. Il offre une vue renouvelée sur des oeuvres majeures du patrimoine des sciences sociales, comme sur d'autres moins connues du grand public. Mais il permet aussi d'apercevoir d'où viennent ces sciences et de quelle manière elles sont en train d'évoluer, en révélant au passage leur profonde unité, au-delà des divisions disciplinaires auxquelles trop souvent le regard s'arrête.

  • Paul Ricoeur invite en 1985 Cornélius Castoriadis dans l'émission « Le bon plaisir de Paul Ricoeur » (France Culture), pour s'entretenir avec lui du rôle de l'imaginaire social dans les transformations historiques. Deux styles, deux voix qui tantôt se rencontrent, tantôt se séparent à propos du sens de l'innovation historique et de la portée des ruptures historiques.

    Notice :
    Tout semble opposer Castoriadis et Ricoeur : deux tempéraments, deux styles, deux philosophies. Et c'est l'un des intérêts de ce dialogue entre les deux philosophes dans lequel la parole incisive de l'un n'a rien à envier à celle de l'autre. L'unité de l'entretien repose sur une interrogation : est-il possible de créer du nouveau historiquement ? L'enjeu de la controverse porte moins sur les conditions de possibilité de la science historique que sur les conditions de possibilité de l'agir humain dans des circonstances historiques données. Il revient à Castoriadis, dans ce jeu de rôles et de joutes verbales, de défendre de manière implacable la thèse de la création historique.
    Cette thèse est tout simplement inacceptable pour Ricoeur, qui s'inscrit dans une dialectique entre innovation et sédimentation. Par-delà cette divergence, il y a une analyse que partagent Ricoeur et Castoriadis : le refus de réduire et d'indexer le politique sur l'économique.

  • Si la situation n'est pas tenable, et si nous courons à la catastrophe, comment lutter contre la marche des choses ? Quels outils, quels moyens possédons-nous pour semer le trouble dans la mécanique des rapports de domination ? Ce numéro fait appel à notre expérience collective des formes de lutte, enquêtant sur les foyers de résistance, même circonscrits, même temporaires, qui s'élaborent et opposent aux gouvernementalités de nouvelles priorités, d'autres perspectives.

  • En mai 1990 Germaine Tillion est l'invitée de Frédéric Mitterrand dans son émission Du côté de chez Fred. Deux émissions lui sont consacrées. Ethnologue soucieuse de comprendre les raisons du mal ou encore de la domination des femmes en Méditerranée, elle reste une figure méconnue d'une science qu'elle a grandement contribué à faire évoluer. Résistante, déportée à Ravensbrück durant deux ans, militante de la paix en Algérie, Germaine Tillion revient sur son parcours, dit ce qui lui tient à coeur, parle de sa vie et de ses idéaux.
    Au moment de la panthéonisation de Germaine Tullion, cet inédit nous donne à entendre la voix de cette femme engagée, curieuse de l'autre.

empty