Creaphis

  • Surtsey est une île volcanique créée par des éruptions qui ont eu lieu de 1963 à 1967, située à environ 32 km au sud de la côte islandaise. Cet événement géo-volcanique révèle la personnalité géo-morphologique de l'Islande, située au milieu de l'Atlantique nord entre Europe et Amérique sur une sorte de charnière dorsale des plaques tectoniques. Plus de 100 volcans et des failles d'éruption sont actifs dans cette zone ce qui provoque des phénomènes bien connus comme les sources thermales et les geysers (mot issu de la langue islandaise).
    Protégée dès sa naissance par un consensus international et par le gouvernement, Surtsey fournit au monde un laboratoire naturel remarquable. Libre de toute présence humaine, Surtsey est un lieu unique qui permet une observation continue : la colonisation d'une nouvelle terre par la vie végétale et animale. Elle est classée au Patrimoine mondial de l'Unesco en 2008. Elle est interdite à l'homme depuis 1964, à l'exception des quelques expéditions annuelles conduites par les géologues, ornithologues, botanistes ou entomologistes :

    Les scientifiques ont vu l'arrivée de graines transportées par les courants marins puis par des oiseaux nicheurs, l'apparition de moisissures, de bactéries et de champignons. A suivi, en 1965, une première plante vasculaire, bientôt rejointe par d'autres. Dix espèces se sont établies pendant la première décennie. En 2004, on en dénombrait 60, avec 75 bryophytes, 71 lichens et 24 champignons. On a répertorié à ce jour 89 espèces d'oiseaux à Surtsey, dont 57 se reproduisent aussi ailleurs en Islande. Les 141 ha de l'île servent également d'habitat à 335 espèces d'invertébrés.

    Depuis sa naissance, l'île Surtsey ne cesse de rétrécir, rongée par l'océan et les vents violents qui balaient ces régions de l'Atlantique nord. Sa superficie est passée de 2,65 km2 à 1,41 km2. Sa hauteur maximale est de 173 mètres d'altitude.
    Le livre est une enquête passionnante sur cette histoire en train de se faire. Nous suivons pas à pas l'anthropologue et le photographe. Les auteurs questionnent la forme d'une île et sa capacité à produire un imaginaire en relation avec un légendaire historique et littéraire en partie « localiste » (le légendaire des « sagas islandaises » et un imaginaire scientifique et environnemental universel au coeur d'une actualité de la planète).
    Le livre Surtsey, la forme d'une île joue donc sur ces deux tableaux (avec le double sens du terme « création ») et mêle autant les récits de l'île, réels et imaginaires, que les regards scientifiques et esthétiques d'un lieu interdit aux humains. Le livre invite ainsi à une rêverie sur les lieux inhabités où l'évolution d'une terre en formation peut se lire à la fois sur le terrain (en court séjour) et en laboratoire pour l'examen, la description et l'analyse des données collectées.
    Au-delà de la dimension profondément poétique de l'île, il s'agit ainsi pour les auteurs de cerner la dimension humaine et sensible d'un lieu sanctuarisé, érigé en laboratoire de la création. L'histoire humaine de ce lieu n'a jamais été écrite ni même pensée, puisqu'il s'agit d'un lieu inhabité. Pourtant, une ethnographie de l'inhabité est possible du fait tant des usages scientifiques que profanes, que des représentations portées sur l'île par les Islandais, et notamment de ceux vivant sur l'île voisine d'Heimaey.
    Plus encore, Surtsey interroge la notion d'appropriation d'une terre, aussi éphémère soit-elle, tant d'un point de vue physique que symbolique, et de sa mise en patrimoine. C'est aussi et surtout une relation au lieu dont il est question ici ; de l'île, objet de désir, de convoitises, de surprises, avec les hommes et femmes qui l'ont approchée, de près ou de loin, y compris les auteurs de ce livre.

  • Berlin

    Alex Jordan

    Les photographies d'Alex Jordan, prises à Berlin au cours des quatre dernières décennies, avant et après la chute du Mur, traduisent le regard spécifique d'un graphiste de profession. Elles suggèrent l'identité visuelle d'objets ou de "petits faits" urbains, de comportements, de dispositions sociales et spatiales de Berlin.
    Les textes présentent deux échos différents aux photographies, sans les décrire ni les commenter une à une. Chacun des deux auteurs allemands leur répond à distance, avec la profondeur de champ de sa propre pratique des arts plastiques.

  • Les années 1970 sont celles des transformations urbaines de Paris. Les programmes d'infrastructure et les grands travaux d'aménagement de la région parisienne sont partout engagés, au centre et autour, tant par la construction du boulevard périphérique que de l'extension du réseau ferré (métro et RER). Toute la ville est en chantier.
    Belleville est un territoire parisien bien identifié, l'un de ces quartiers au capital historique fort, marqué par les luttes sociales et ouvrières. Village annexé à Paris en 1860, composé en grande partie d'anciens faubourgs industrieux et quasi ruraux, Belleville offre une configuration urbaine particulière faite de maisons individuelles, d'habitat ouvrier et d'immeubles de rapport dans un parcellaire parsemé d'anciennes villégiatures. Le classement en îlots insalubres d'une grande partie de son territoire justifie des opérations de démolition et de rénovation intervenues dans les années 1970, souvent de manière assez radicale et violente.
    Les photographies de François-Xavier Bouchart, réalisées dans ce quartier entre 1968 et 1975 témoignent de cette métamorphose. Elles illustrent la vie du quartier à travers les commerces, les cafés, les rues et passages et les terrains vagues, royaume des enfants. Ces photos, très connues des amoureux de Belleville, font souvent l'objet d'expositions in situ.
    Françoise Morier, qui a beaucoup enquêté sur la mémoire de Belleville, a travaillé avec François-Xavier Bouchart au Parc de la Villette. Son texte accompagne cette série d'images en la replaçant dans son époque et son espace, en faisant la part du mythe et des réalités.

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  • Le mot « coupes » revêt toutes sortes de sens dans plusieurs domaines du monde industriel et de la vie quotidienne ; la coiffure, la couture, mais aussi le cinéma, l'architecture, la photographie... à la campagne, il évoque aussi bien l'essartage que les moissons, le bois comme le foin ou les céréales. Ainsi, la ferme du lieu-dit « Les Coupes de Pouligny » (Montigny-sur-Canne, dans la Nièvre), trouve facilement son origine. Coupe est enfin le nom d'une constellation : c'est de cette constellation paysanne et agricole d'aujourd'hui qu'il est question dans cet ouvrage, celle de la famille Martin.
    L'ouvrage documente la vie quotidienne de cette famille d'agriculteurs français en 2015, partagés entre monde moderne conditionné par la technologie et tradition de longue durée. Les machines sont partout, mais on « soigne » et on tue encore les animaux selon des gestes appris et acquis de longue date. Cette transmission se poursuit même si elle est menacée de disparition. Les gestes et le corps des humains sont en harmonie avec le corps des bêtes. Ces mouvements s'inscrivent dans un espace et un temps de travail et de vie. Ils sont d'une grande beauté dont témoignent les photographies.
    Le livre, conçu à l'initiative du photographe Philippe Bazin (avec la complicité de la philosophe Christiane Vollaire), est le résultat d'une approche à la fois photographique, ethnologique et littéraire d'un lieu unique, une exploitation agricole familiale (élevage et cultures) en Bourgogne. Il relève à la fois d'une enquête dont le dispositif laisse la place à la prise de parole et d'un travail photographique documentaire.
    A la suite de la présentation des images sur place, Muriel Martin, fille aînée de la famille, a écrit de manière spontanée un texte. Il s'agit de son premier écrit publié, qui se situe entre témoignage et engagement et contient une indéniable dimension sociologique et littéraire. C'est l'expression d'une voix qui vient du terrain, de ceux qui, habituellement, ne prennent pas la parole.
    L'autre texte, en ouverture du livre, est un inédit de la romancière Marie-Hélène Lafon qui, ayant séjourné dans ce lieu, propose une « entrée » dans ce corps de ferme.
    L'ouvrage installe un lien sensible entre paroles et images, sans rien perdre de la rigueur éthique et esthétique des travaux de Philippe Bazin. Il constitue une monographie exemplaire de ce micro monde de la vie rurale, qui fait écho à d'autres portraits d'exploitation agricole comme la ferme du Garet de Raymond Depardon.

  • Au milieu du XIXe siècle, la médecine cherche non seulement à comprendre mais à décrire avec la plus grande précision les spécificités anatomiques, physiologiques et pathologiques du corps humain.
    La photographie devient alors une alliée précieuse de la médecine et le regard médical se trouve profondément changé. Les résultats en tant qu'images sont très différents des dessins médicaux car la spécificité des techniques et de l'esthétique photographiques permettent de montrer un réel jusqu'alors "immontrable". Cet ouvrage présente un ensemble de neuf photographies d'un hermaphrodite, dont la plupart inédites, réalisées en 1860 par Nadar.
    Le texte documenté de Magali Le Mens, historienne de l'art, est au croisement de plusieurs disciplines: histoire de l'art et des sensibilités, philosophie, photographie, médecine. En contrepoint, le texte du philosophe Jean-Luc Nancy, L'un des sexes, développe une pensée sur le genre en tant qu'objet philosophique.

  • Ce livre présente un monde de l'entre-deux, en partie en voie de décomposition, en proie à la rouille, à l'érosion, aux herbes folles et à la ruine. Un monde voué à l'oubli. Les stigmates de cette disparition, de ces fermetures et de ce vaste délabrement génèrent d'étranges assemblages et une inquiétante scénographie de l'insolite. D'autant plus que ce monde n'est pas mort : la vie demeure partout avec la poussée d'une végétation exubérante.
    Le parti pris photographique repose sur une vision à hauteur d'oeil, une unité focale, le choix de la couleur franche et une faible profondeur de champ qui enveloppe les objets dans le flou.
    Le texte de Pierre Bergounioux, réflexion sur l'accélération de l'histoire (" ...une vie d'homme englobe plusieurs périodes, s'inscrit dans deux ou trois mondes ... "), conserve son autonomie par rapport aux images sans pour autant s'en départir.

  • De dimanche en dimanche, les vide-greniers se sont multipliés et généralisés partout en France et ailleurs, à la ville comme à la campagne, en banlieue comme dans les quartiers chics. Ces pratiques de vente et d'achat d'objets de « seconde main » ont considérablement augmenté depuis le début des années 1980 : brocantes, kermesses, ventes de charité « bon enfant » sont peu à peu devenus des moments de systèmes d'échanges complexes, des lieux où se joue une véritable économie parallèle. Qualifiés de « musées de plein air où se bricolent les mémoires » par Octave Debary, les vide-greniers génèrent des espaces et un temps propices à la rêverie mais aussi à l'échange de valeurs tant symboliques que pratiques. Le flâneur se laisse prendre par la nostalgie des vieux objets, le chineur recherche la bonne affaire pour compléter une collection en cours, l'étudiant ou le couple de retraités tel objet d'usage encore en état de fonctionnement. Retraçant cette histoire, qui est aussi l'histoire d'un mot, l'anthropologue Octave Debary, auteur de plusieurs ouvrages et articles de références sur ces questions, accompagne le photographe Philippe Gabel sur ce territoire éphémère, petit théâtre mobile de l'intime, des vide greniers (ici essentiellement à Paris et dans le Morvan). Cette photographie à la fois humaniste et insolite, traduisant avec tendresse la joie de s'approprier (ou se réapproprier) un peu de ce qui a disparu, n'est pas dépourvue de surréalisme Des « textes objets », dont celui très touchant du grand sociologue américain Howard S Becker qui s'est ici prêté au jeu à partir d'un objet qui lui est cher, font écho à des scènes de rue et à des portraits de chineurs qui tiennent en main leur trouvaille.

  • Dans cette suite en noir et blanc, Sylvain Demange explore les coulisses du plus grand cirque amateur de France, le Cadets' Circus, créé en 1927 à Étréchy (Essonne). Derrière le rideau, le photographe a choisi l'envers du décor pour saisir l'intimité et le quotidien des entraînements et des répétitions jusqu'à la tension qui précède le spectacle. Les images donnent à voir, de la salle au chapiteau, la volonté au sein de cette « école de la vie » de partager, d'apprendre et de transmettre. Le livre documente par un point de vue d'auteur une pratique amateur largement partagée dans la société.
    Dès que le mot « cirque » est prononcé les images affluent. Trapèze et funambule, clowns et dompteurs, magiciens et phénomènes... Souvenirs teintés de mélancolie où se mêlent larmes et fous rires, admiration et ébahissements, illusions et doutes.
    La force de l'amateur tient à sa disponibilité, à son bénévolat, à son aptitude à inventer le quotidien. La planète amateur - à l'abri des regards et encore peu explorée - est habitée par des détenteurs de savoirs et de créations de toutes sortes. Leurs productions et les passions qui les animent prennent souvent à contrepied le terme péjoratif d'amateurisme. Production technique, sociale et culturelle, les faits amateurs sont toujours construits d'un savant mélange d'expérience et d'expertise. Entre sport, art et loisir, une école de cirque amateur est un terrain privilégié d'observation.
    S'agissant du Cadets' Circus, l'émotion que procurent les moments du spectacle où le tour de force, l'illusion et la magie sont souverains est à la mesure de l'exigence, de la persévérance et de la volonté d'une communauté qui n'a d'autre ambition que de partager en toute convivialité le goût de la piste et des étoiles.

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  • Le Milieu de nulle part est issu du travail commun fait, durant l'été 2008, par la philosophe Christiane Vollaire et le photographe Philippe Bazin dans dix-huit centres d'hébergement ou de rétention de réfugiés essentiellement tchétchènes en Pologne.
    Ce travail articule les exigences esthétiques et politiques de la photographie documentaire (la série Antichambres) aux exigences réflexives et relationnelles de la philosophie de terrain.

    Un livre pour affronter la violence et la question du droit Le texte est nourri des entretiens menés avec des demandeurs d'asile de tous âges et de toutes conditions. Ils disent quels dangers, quelles violences, quelle impossibilité de vivre sur leur territoire d'origine, les a poussés à la fuite, hors d'un pays devenu un Etat de non-droit, livré à des puissances maffieuses plus violentes encore que les systèmes féodaux qui les ont précédées : rackets, enlèvements, trafics d'organes ou d'êtres humains en sont le lot quotidien.
    Mais ils disent aussi, sur le pays d' " accueil ", tout ce qui transforme le séjour en une véritable course d'obstacles, un nouveau parcours du combattant. Ce parcours n'est pas seulement hérissé de barbelés physiques, mais d'obstacles symboliques, dressés par des textes juridiques absurdes, iniques, en mutation permanente, impossibles à comprendre et à maîtriser.

    Un livre pour entendre des réfugiés qui pensent leur devenir politique Ce livre ne veut en aucun cas offrir les réfugiés à la représentation victimaire dont ils sont trop souvent l'objet, au traitement humanitaire auquel on réduit trop souvent les exigences du droit. Pas plus qu'il ne veut réduire leur parole à celle d'un " témoignage " brut destiné à devenir pour d'autres un matériau de réflexion. Les personnes interrogées, quel que soit leur milieu d'origine, sont d'abord des sujets qui pensent leur propre histoire, la réfléchissent, et réfléchissent à travers elle une histoire qui est au-delà de la leur, et dans laquelle ils ont pleinement conscience de s'inscrire : celle du droit, celle d'un devenir politique.

    Un livre pour articuler philosophie et photographie Aux trois moments du texte (passé, présent, futur) répondent trois moments photographiques : celui des chambres où sont regroupées les familles, réservant à chacune ce minimum d'intimité que traduit, dans la précarité des lieux, tel choix décoratif, telle disposition des couleurs ; celui des salles communes, où l'intimité n'est plus préservée que par la verticalité des couvertures tendues ; celui enfin des lieux de rétention, univers totalement standardisé de la géométrie carcérale.
    L'esthétique radicale de la photographie documentaire vient donc ici scander en contrepoint la dynamique du texte. Ceux à qui la parole est donnée dans le texte n'apparaissent à aucun moment dans les images, qui ne présentent que les lieux. Et là où le texte opère une remontée du passé vers le futur, les images opèrent en résonance une descente des espaces encore relativement libres à ceux de l'incarcération.

    Mais le texte et les images sont animés d'une force identique, communiquée au photographe comme à la philosophe par ceux qu'ils ont rencontrés, et dont ils se sont nourris pour élaborer ce travail en commun : l'exigence documentaire, comme l'exigence philosophique, dans leur volonté de dire et de montrer, affirment, aussi loin des mensonges d'une prétendue " neutralité ", que des naïvetés d'un apitoiement émotionnel, la puissance vivifiante de la colère.

  • Ce livre rassemble 58 photographies inédites provenant d'un fonds découvert en 1980 dans une benne à gravats. Il s'agit de vues extérieures datées de 1943 du Marais, quartier emblématique de Paris. Paris en son cour géographique et dans un moment particulier de son histoire. La photographie est ici « inventée » au sens archéologique du terme, c'est-à-dire mise au jour par une découverte d'un fonds en grande partie inédit et inconnu.

    Patrice Roy, architecte, plasticien et collectionneur, enquête sur ces tirages : ils proviennent d'une commande officielle passée dès 1941 par la Ville de Paris et la préfecture de la Seine, sous contrôle de l'occupant allemand, à des photographes professionnels, Cayeux et Nobécourt. Frontalité, grand angle, perspectives redressées par bascule et décentrement du plan film, tirage sur papier mince glacé et soigneusement annoté au verso, leurs éléments constitutifs révèlent un style documentaire opératoire et fonctionnel.

    La France est à ce moment-là sous le régime de Vichy et le projet urbain est envisagé de manière radicale et autoritaire comme une opération résolument moderne, sanitaire et comme remède à l'insalubrité. Cette campagne photographique fixe l'image de ces rues parisiennes, inscrites dans des îlots déclarés insalubres et promises à la démolition, en vue d'accréditer la thèse de l'insalubrité. Il s'agit de construire l'image du quartier systématiquement pour justifier une opération de « curetage » et assainir le quartier comme pour mieux l'assassiner. La plupart des ces lieux ont disparu sous la pioche des aménageurs. En préface du livre, Isabelle Backouche, historienne spécialiste de l'histoire de Paris, donne un éclairage précis sur cet épisode de la transformation urbaine de la capitale.

    Le « Vieux Paris » est ici visité comme un inventaire avant décès, avant disparition. Ces immeubles retrouvés, ces coins de rue et ces morceaux de quartier sont comme les vestiges d'un autre monde en apparence figé mais dont les traces et les stigmates multiples offrent à qui veut les lire un renseignement très précieux sur les manières d'y habiter et d'y travailler. Les détails de leurs intérieurs, les visages et les postures de leurs occupants sont autant d'indices d'un Paris industrieux et actif dans des demeures en partie non entretenues, dans un monde de briques et de pierres, de plâtre et d'ardoise, de bois et de fer. Cet ensemble d'images constitue un document d'ensemble d'une très grande cohérence.

    Il en résulte une forme tout à fait étonnante empreinte d'une esthétique involontaire qui fait de cette série des portraits d'immeubles (selon l'expression de Patrice Roy) dont la lecture se fait à plusieurs niveaux d'approche. Il invite le lecteur à regarder attentivement les images à travers ses gloses : décrire, observer, imaginer, dénicher à la loupe des fantômes. Il propose également une histoire de chaque lieu photographié par un index précis.

    Ces photographies constituent une approche architecturale, historique et anthropologique du quartier parisien du Marais.

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  • N'Djamena, Tchad

    Collectif

    N'Djamena, capitale du Tchad est montrée ici sous une forme plurielle et subjective. Ce livre témoigne, plus qu'il ne documente, de situations en s'attachant moins aux traces historiques qu'à un état des lieux contemporain. Ce n'est pas une monographie de cette ville anciennement nommée Fort-Lamy mais plutôt une expérience littéraire et photographique issue de résidences d'artistes produites par l'Institut français du Tchad.
    La diversité des points de vue constitue une mosaïque de la ville en 2014 que le texte de l'écrivain tchadien Nimrod éclaire avec force. Le livre propose plusieurs entrées : parcours dans les quartiers, images de la vie quotidienne, gestes et savoir-faire, vision insolite de milieux sociaux contrastés, lieux habités, portraits d'habitants et regard décalé sur les institutions. La richesse et la légitimité de ce livre reposent sur l'engagement des auteurs, tchadiens et européens, pour tenter de saisir un peu N'Djaména.

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  • Dans le cadre d'une commande du musée départemental de Gap (Hautes Alpes), le photographe Alain Ceccaroli a réalisé des images d'un arbre particulier, appartenant à une espèce très menacée, le Genévrier thurifère ou Genévrier à encens (Juniperus thurifera). Ce petit arbuste est de la famille des cupressacées. Il est extrêmement photogénique en raison de ses matières (bois résineux) et de ses formes très variées, tourmentées ou foisonnantes, compactes ou élancées.
    Objet à la fois artistique et documentaire, le « portrait » du Genévrier thurifère (ici considéré comme un être vivant) présente un ensemble très construit entre "dit de la nuit" et "l'arbre en plein jour" en un nombre équivalent de photographies (20) pour chacune des deux parties, comme les deux moments du temps photographique, du négatif au positif.
    Une grande part du travail d'Alain Ceccaroli a pour sujet la nuit et la "part de l'ombre" comme essence même de l'acte photographique. Dans des temps de pose très longs (on perçoit sur les images le trajet des étoiles) il enregistre de manière très précise les détails des matières afin de traduire les lignes et les tourments de cet arbuste qui s'inscrit lui aussi dans une très longue durée.
    Ce livre entend faire le portrait sensible d'un arbre. Avec un point de vue à la fois strictement documentaire et frontal, (les photographies de jour) et un point de vue imaginaire et cosmique (les photographies de nuit), Alain Ceccaroli a donné vie et mouvement à cet arbre extrêmement sympathique (il manquera évidemment l'odeur à ce livre qu'on perçoit cependant par le mot "encens" de son titre qui reprend le "surnom" donné au genévrier thurifère !), de très grande vitalité et longévité. Cela contribuera à mieux le faire connaître et respecter car il est actuellement menacé de disparition pour des raisons liées à l'histoire de ses territoires. De fait cet arbre fait l'objet de toutes les attentions.

  • François Le Diascorn rassemble dans ce livre des photographies réalisées à Paris entre 1974 et 2014. Il s'agit de « son » Paris, parcouru et saisi pendant quarante ans. On retrouve son style particulier, héritier du courant humaniste auquel il a participé dans les années 1970-1980, fondé sur une exigence du cadre et du jeu entre ombres et lumières.
    Et surtout décalé : le ton est souvent insolite, voire humoristique, toujours chimérique. Le livre est aussi décalé dans sa chronologie, on passe d'une décennie à l'autre sans s'en apercevoir : l'atmosphère ne change pas. Le Paris de Le Diascorn est emblématique : les lieux et monuments parisiens incontournables ne lui échappent pas. Mais son pari est finalement inattendu.
    Il prend aussi Paris sur le vif la nuit, c'est une autre ville qui s'offre à nous, un Paris amoureux, un Paris polar, un Paris mystérieux, un Paris somnambule.
    C'est cette même vision qu'il a développée pour les Etats-Unis - autre endroit fétiche du photographe - et qui a fait l'objet de son premier livre : Only in America (Créaphis, 2010). C'est bien l'expression « Only in » qui résume ce que l'on ressent à la vue de ces photographies noir et blanc en argentique.
    Francine Deroudille, fille de Robert Doisneau, intervient dans le livre en postface.
    Elle dit de lui : « Il rapporte de ses périples des images intemporelles, sensibles et mystérieuses, teintées parfois d'un humour qu'il ne revendique pas mais qu'il ne refuse pas non plus à condition qu'il se soit posé là, sur le fil du par hasard. À Paris comme ailleurs il procède par accumulation, indifférent au processus de continuité du reportage mais animé par la jubilation de l'instant unique où l'image semble venir à lui. La forme est essentielle, celle offerte par la scène qu'il accueille dans son objectif, celle aussi de son cadre très précisément défini. La magie au risque de la géométrie. »

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  • Le projet artistique de Raymond Escomel s'établit sur une rêverie et sur une transformation du réel. Son voyage en Orient passe par les lieux mythiques de la route de la Soie, de Venise à Istanbul. Son intention n'est pas documentaire, il offre plutôt une réflexion sur le temps du voyage. La longueur du temps de pose coïncide avec une sorte de lenteur orientale. Les photos témoignent de cette fusion.
    Elles s'insèrent dans une suite au sens musical mais chacune d'elles peut composer un tableau, une oeuvre en soi. La magie du bougé, du filé, la rhétorique du flou proposent une vision cinétique d'une grande fluidité. Sylvain Venayre, historien du voyage, est invité dans ce livre en contrepoint. Il s'intéresse ici à la pratique de la photographie en voyage et au voyage en photographies. Son texte soulève cette question à partir de l'expérience d'un voyage ensemble en Orient de Maxime Du Camp et de Gustave Flaubert en 1849.
    Dans les premiers temps de la photographie, la question du statut du nouveau medium comme art était posée : simple servante des arts ou art en tant que tel ? quelle application peut-on en faire dans le cadre du voyage et de l'observation ? quels sont ses rapports avec la littérature de voyage ? L'enjeu de la " recherche d'images " (Chateaubriand) pour rapporter le monde est débattu entre écrivains, peintres et artistes à cette époque : rapportées par le " regard écrit " (Lamartine) ou reproduites grâce à la photographique dans des livres illustrés ? La leçon d'Orient de Raymond Escomel et de Sylvain Venayre nous invite à voir autrement quand nous sommes nous-mêmes en situation de voyage.
    Après son premier livre aux éditions Créaphis, Saurais-je me souvenir de tout ?, le photographe affirme un style original et ses photographies s'inscrivent dans un même rapport à la mémoire.

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  • L'ouvrage propose une balade photographique depuis le boulevard périphérique de Paris qui entoure, dans un anneau de 34 kilomètres, le Paris historique et délimite le frontière entre Paris centre et banlieues.
    Depuis 1860, Paris n'a pas changé de limites administratives. Après avoir annexé les communes limitrophes, après avoir transformé les « fortifs » en « périph », Paris et sa banlieue se sont figés. On est « dans » Paris ou « en » banlieue (c'est-à-dire autour, c'est-à-dire ailleurs ; sans beaucoup plus de précision). La limite, c'est le « périph », anneau de circulation qui sépare les Parisiens des autres . Etre en banlieue n'est pas être à Paris (même dans une banlieue « de luxe »).
    Les photographies d'Olivier Pasquiers montrent des paysages urbains vides, tout autour de Paris ; les villes limitrophes, tantôt dedans, tantôt dehors. Des photographies de l'un et l'autre côté, jouant avec les architectures, les paysages . Les angles de vue, souvent audacieux, traduisent la dureté et le haut niveau de contraste de ces espaces souvent entaillés dans l'espace urbain. Mais en même temps le point de vue du photographe reste dans une relative neutralité et ne s'attarde pas à décrire précisément tel ou tel site.
    L'impression de voyage reste forte et le les images semblent « dérouler », à partir d'une vision à moyenne distance, des éléments marquants d'un paysage frontière, une « entre-deux », beaucoup plus complexes et insolites qu'on ne l'imagine. Les propos développés par l'architecte et journaliste critique François Chaslin soulèvent de manière à la fois sensible et documentée la question de la relation de l'architecture et de l'urbanisme contemporains au paysage Ce livre s'inscrit dans l'actualité du débat sur le Grand Paris et est au coeur des préoccupations de la maison d'édition qui depuis plusieurs années s'intéresse aux rapports ville/banlieue, notamment dans la région parisienne

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  • La vision très personnelle d'une vie de village (ici le village Ndioum, sur le fleuve Sénégal) telle que la saisit André Lejarre, photographe humaniste à sa manière traduit une grande attention aux gestes, aux attitudes, aux vêtements, aux parures, et aux atmosphères qui donnent le ton et le temps de cette Afrique vécue dans une intimité et qui, ainsi traduite en images, atteint à l'universel par la création artistique.Représenter l'Afrique autrement, à l'opposé de Tintin au Congo, à l'opposé du "road-movie", à l'opposé d'une Afrique pittoresque, violente ou aimable, à l'opposé de l'Afrique qui nous est continuellement montrée dans les médias, violente, barbare, guerres civiles et massacres (...)Ndioum est un village du Sahel, au bord du fleuve Sénégal, j'ai commencé à le photographier voilà 25 ans, travail en noir et blanc sur la vie quotidienne, les villageois et leur faon d'être ensemble, la vie paysanne et sa lenteur (j'y retrouvais la lenteur paysanne de mon enfance dans le Loiret).André LejarreLe village est lui aussi d'une blancheur éclatante en ce milieu de matinée. Ici à Ndioum, il arrive, quand approche l'hivernage, qu'il n'y ait pas le moindre nuage dans le ciel. C'est, pour ainsi dire, la saison des éblouissements.Boubacar Boris DiopAndré Lejarre est photographe au collectif Le bar Floréal.Boubacar Boris Diop est né à Dakar (Sénégal). Il vit en Afrique et en France. Il est romancier, journaliste, essayiste, dramaturge et scénariste.

  • Depuis presque 40 ans, François Le Diascorn parcourt les Etats-Unis d'est en ouest avec son Nikon pour en rapporter des images en noir et blanc insolites et décalées.
    Chaque fois qu'il découvrait une nouvelle excentricité de son pays, mon grand ami américain Josh Ewing, rarement étonné, le plus souvent amusé et quelquefois consterné, s'exclamait : " Only in America! " Ce qui voulait dire : " Il n'y a qu'en Amérique qu'on peut voir ça ! " Pour le meilleur et pour le pire. (...) ce pays de pionniers, de découvreurs, expérimente, explore, pousse les choses à l'extrême, dans une recherche effrénée et quelquefois naïve du bonheur ; ce rêve américain, cet " American Dream ", qui va des baskets au rock'n'roll, de la climatisation à la bombe atomique, des autoroutes de l'information (Internet, Facebook) aux autoroutes tout court, en deux mots le rêve du progrès, et même son inverse puisque tout est possible aux Etats-Unis. Un exemple : les Amish qui s'habillent en noir, se déplacent en carriole à cheval et ont arrêté tout changement au milieu du XIX¡ siècle.La société américaine toujours en marche (rarement en marche arrière malgré tout), toujours à la découverte d'une nouvelle frontière, valorise l'éclatement, l'exceptionnel et en définitive amalgame comme norme une certaine forme du déséquilibre. C'est ce qui, pour nous Européens, représente l'excès américain, un grain de folie qui, à la fois, découle et remet en question le monde moderne. Même dans ses formes les plus conservatrices, cette société intègre des éléments de fantastique, d'étrange, d'insolite.Ce livre contient des images réalisées sur une période de plus de trente-cinq ans. Ce sont des images faites en Amérique plutôt que des images d'Amérique, des images de mon Amérique à moi, une Amérique insolite qui est en même temps banale, complètement folle et plus que raisonnable. " Only in America!!"

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  • Le monde aurait donc si vite basculé qu'on devrait oublier ce qu'il était pour soi-même ? Le poste de radio Telefunken était massif : un meuble. Bois verni, toile plastifiée, oeil vert des stations grandes ondes entre les boutons larges, et sur le dessus, le pick-up. Nous avions à la maison trois disques : La Symphonie héroïque de Berlioz, des variétés (Georges Guétary je crois) et un comique (Fernand Raynaud, mais je n'en suis plus sûr).
    Le poste servait aux informations, et le "Français, Françaises" de De Gaulle dans ces années de guerre d'Algérie et de Petit-Clamart, avant qu'arrive la télévision, ceux de ma génération n'échappent pas à s'en souvenir. (...) Banalités tout cela, au regard du bruit général. On ne sait même plus dater comment il est arrivé. Musiques dans les supermarchés, musique dans les voitures, musique sur les répondeurs téléphone - ou une fin de la musique ? J'ai dû me construire comme auditeur, ça a été difficile, parce que ce n'était pas une expérience enracinée dans l'enfance, et du coup cela s'est fait directement par d'autres biais que ce qu'on nomme jazz.

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  • Cet ouvrage, aux dimensions artistique, littéraire et historique, est une invitation à (re)prendre contact avec l'oeuvre incontournable de Maurice Genevoix sur la Grande Guerre : le livre Ceux de 14.
    Les photographes Fabrice Dekoninck et Sylvain Demange ont arpenté les Éparges, avec Ceux de 14 en tête. Dans cette partition visuelle silencieuse, plusieurs régimes d'images se côtoient. Elles montrent ce paysage paradoxal, apaisé mais encore bouleversé par les traces visibles des combats, dans lequel résonne encore le sourd murmure de tant de vies enfouies. Elles invitent à scruter ce que la nature a reconquis ou a altéré et font entrevoir l'extrême violence de la guerre.
    Au cours de leur enquête, ils ont rencontré des habitants gardiens de la mémoire dans leurs intérieurs chargés de souvenirs, des jeunes pour qui ces paysages sont aussi un fabuleux terrain d'aventures, des passionnés d'histoire militaire, des élus locaux, des descendants des combattants et des proches de l'écrivain. Ces personnes sont présentes dans le livre par leur portrait, leurs lieux et leurs objets ou en situation : chez eux, marches en forêt, instants plus solennels de la commémoration.
    Fabrice Dekoninck signe un texte sensible sur sa découverte de l'oeuvre de Genevoix en lien avec sa propre histoire familiale. Julien Larère-Genevoix rend un hommage avec tendresse à son illustre grand-père. Enfin, l'historienne Annette Becker analyse la pratique de la photographie par les combattants, à travers Ceux de 14.

    Livre relié, de type « carnet ». Couverture en simili cuir, marquage à chaud argenté, coins arrondis, demi-jaquette. Impression quadrichromie. Papiers de création avec deux dépliants. 50 photographies environ.

  • S.O.S. : Save Our Souls !
    Ce code international de détresse est utilisé ici comme titre pour qualifier cette série de photographies sur le groupe professionnel des marins-pêcheurs, petits patrons, artisans ou employés, de la côte atlantique nord au large des Sables d'Olonne. Ses photos montrent, dans une démarche esthétique et ethnographique, les gestes et les savoir-faire d'un métier aujourd'hui menacé. Le parti pris n'est pas celui d'un reportage classique mais d'une enquête de longue durée - plus de trois ans. De fait, Caroline Pottier a pu embarquer avec les pêcheurs et partager leur quotidien. En plus du travail en mer, elle s'est intéressée à leur univers domestique et a réalisé des portraits chez eux. Elle a également photographié l'environnement portuaire.

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  • Dans la continuité d'un travail sur les intérieurs habités entamé depuis plusieurs années, Hortense Soichet a photographié des logements sociaux dans quatre villes en province et en région parisienne : Beauvais, Carcassonne, Colomiers et Montreuil. S'il n'existe pas de lien a priori entre ces différents sites, la cohérence du travail (entre approche anthropologique et création) tient à la façon de photographier ces lieux selon un même protocole, voire un même rituel. Hortense Soichet affirme son style documentaire personnel dans la lignée des grands photographes qui, d'Eugène Atget à August Sander et Walker Evans, ont changé notre regard sur les modes de vie de nos proches contemporains. L'ouvrage envisagé réunira une partie de cet ensemble de photographies réalisées sur ces sites au cours des deux dernières années. Il apportera une contribution à la connaissance des manières d'habiter au XXIe siècle, principalement dans les périphéries urbaines.

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  • Ce livre original comble une lacune dans la connaissance de la Grèce d'aujourd'hui et de la ville de Thessalonique, pourtant la deuxième de Grèce après Athènes, avec un million d'habitants. Premier port du pays, situé sur la mer Égée, en Macédoine centrale au coeur des Balkans, Thessalonique joue un rôle majeur dans la politique, l'industrie, la finance et le commerce helléniques. Cette métropole, pourtant ville d'art et d'histoire, est délaissée par les touristes et évoque peu de choses en Occident aujourd'hui.
    Le livre fait le portrait contemporain de cette ville à partir du constat photographique de Jean-Christophe Ballot, architecte et photographe, de l'analyse urbaine du géographe Régis Darques et d'un texte littéraire de l'écrivain grec Thomas Korovinis, né à Thessalonique et « amoureux de sa ville ».
    Thessalonique est une cité cosmopolite : à la veille de son annexion au royaume de Grèce en 1912, elle est « turque par son pouvoir politique, grecque par son origine historique, juive par sa population ». Marquées par des intenses flux migratoires, les années 1910 et 1920 ont finalement débouché sur l'hellénisation intégrale de la société.
    Régis Darques cerne les grandes étapes de transition de la ville ottomane vers la cité néo-hellénique, visibles dans les strates du paysage urbain actuel, révélées dans les images de J.-C. Ballot : « Lorsque les petites maisons juives et musulmanes du début du siècle ont été entièrement rasées et remplacées par des immeubles d'une dizaine d'étages habités par plusieurs centaines de Grecs, la rupture est brutale, la révolution foncière et démographique intégrale ».
    Le texte littéraire de Thomas Korovinis met en scène un personnage « habité » par les strates du passé - souvent tragique - et met en lumière le rôle de la mémoire pour lire et vivre un paysage urbain.

    À paraître
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