Pu De Paris-sorbonne

  • Cet ouvrage propose une approche multidisciplinaire des biens communs, ni prescriptive, ni soucieuse de définir une voie nouvelle - comme certains auteurs récents ont cru y voir une perspective révolutionnaire renouvelée - dépassant ainsi l'alternative entre propriété privée et publique.

    En adoptant la perspective heuristique des biens communs, il questionne la dynamique des trois institutions majeures de l'économie (capitaliste), retenues comme autant de parties successives scandant le contenu de l'ouvrage : la propriété, le travail et la monnaie, ainsi que leur imbrication propre à déboucher sur différents modes d'organisation des activités et de la vie démocratique.
    Les douze contributions participent à la construction d'un cadre analytique permettant d'étudier précisément les modes de gouvernement, les structures de propriété et les évolutions des activités économiques, suivant différentes échelles de temps et d'espaces. En particulier, l'ouvrage analyse le processus historique suivant lequel l'Etat, après avoir été l'englobant par la définition et la garantie d'un service public, devient de plus en plus aujourd'hui l'englobé.
    Cela du fait des contraintes imposées par d'autres figures ou personnes morales représentant l'action publique et pouvant impulser des transformations sociales dans divers domaines (transport, urbanisme, culture, environnement et patrimoine, finance). Par ailleurs, il invite aussi à être attentif au maintien de formes de copropriété toujours menacées par des acteurs dominants cherchant à acquérir la pleine propriété de certains actifs afin de les valoriser au mieux sur les marchés.

  • Construire la géographie comme une écologie humaine, tel fut le projet de Max Sorre (1880-1962). Cette biographie inédite retrace la trajectoire de ce pionnier de la pensée écologique, tout à la fois géographe de terrain, théoricien et savant encyclopédiste. Par son oeuvre, qui s'attache aux relations entre l'homme et son environnement, il s'est intéressé à des questions jusque là délaissées par les sciences sociales, comme les maladies, l'alimentation, le climat, les genres de vie, le rapport des sociétés aux végétaux et aux animaux, ou encore la mobilité.

    L'oeuvre de Sorre est dense, depuis sa thèse en 1913, Pyrénées méditerranéennes, à son essai de 1961 L'Homme sur la Terre, en passant par Les fondements de la géographie humaine (1943-1952). Élève de Paul Vidal de La Blache, formé à l'écologie végétale par Charles Flahault, il a traversé de multiples scènes savantes : à l'université de Lille, à la Sorbonne, au Centre universitaire méditerranéen, à la direction de l'Enseignement primaire, au sein des réseaux résistants, au Centre d'études sociologiques qu'il dirige dans les années 1950, il collabore avec des scientifiques de tous horizons, multipliant avec eux les échanges intellectuels.

    Le portrait brossé dans ce livre, loin de faire l'hagiographie d'un classique, replace ainsi Max Sorre dans les pratiques, les discussions savantes et les controverses de son temps. Dévoilant une part importante et méconnue de la tradition écologique, dans la diversité de ses origines et de ses redéploiements, cette biographie dessine une histoire collective des sciences humaines aux prises avec l'environnement.

    Sur commande
  • Peintre, scénographe et cinéaste, René Allio (Marseille, 1924-Paris, 1995) marque durablement l'histoire du théâtre et du cinéma français dont il renouvelle les formes et les genres par un constant travail d'expérimentation. Aux côtés d'Hubert Gignoux, au Centre dramatique de l'Ouest, de Gabriel Garran, au Théâtre de la Commune d'Aubervilliers, de Roger Planchon au Théâtre de la Cité de Villeurbanne, il repense l'espace théâtral.

    A partir des années 1960, il passe derrière la caméra pour s'essayer, à son tour, à l'art du récit. La Vieille Dame indigne (1965), Les Camisards (1970-1972), Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma soeur et mon frère... (1976), L'Heure exquise (1981) marquent brillamment les grandes étapes d'une carrière inclassable au cours de laquelle l'artiste se met constamment en danger.

    Cet ouvrage, qui croise articles scientifiques et témoignages avec les proches collaborateurs d'Allio,suit le mouvement de sa création dans ses travaux de costumier, scénographes, écrivain, metteur en scène. Il souligne le fort ancrage de son oeuvre dans des lieux, des territoires : Marseille, Villeurbanne, la banlieue parisienne ou la Normandie... Il offre enfin un nouvel éclairage sur Moi, Pierre Rivière..., expérience unique dans l'histoire du cinéma, par laquelle Allio met en scène les pièces du dossier du jeune parricide réunies par Michel Foucault.

    Sur commande
  • Connaît-on vraiment la manière dont notre modernité a fait l'expérience de son milieu, la manière dont elle l'a pensé comme problème politique, scientifique et philosophique ? L'histoire de la question environnementale, souvent élaborée à partir de la tradition darwinienne et de l'écologie politique, semble en effet négliger toute une tradition réflexive sur les milieux de vie, pourtant centrale pour les sciences sociales naissantes dès la seconde moitié du XVIIIe siècle. En poursuivant les travaux de Georges Canguilhem et de Michel Foucault, en explorant notamment cette science des milieux que le médecin Bertillon nommait "mésologie" dans les années 1860, cet ouvrage dresse l'histoire d'une rationalité "mésopolitique" : un ensemble de connaissances et de techniques qui visent à altérer, améliorer ou transformer les humains par l'aménagement de leur milieu de vie.

    Au croisement de plusieurs domaines de savoir (géographie, histoire naturelle, médecine, biologie lamarckienne, sociologie comtienne et durkheimienne) et de pratiques de gouvernement (urbanisme, criminologie), on assiste ainsi à l'émergence du "milieu" dans une problématisation à la fois scientifique et politique. Il en découle une histoire alternative et critique de la question environnementale, de cette "mésopolitique" qui pose aujourd'hui encore le problème de l'autonomie des populations gouvernées et des milieux dégradés.

    Sur commande
  • À l'heure du réchauffement climatique, des catastrophes nucléaires et de la recherche des moyens de "décarboner" nos économies, personne ne doute plus que les questions énergétiques soient cruciales pour nos sociétés. L'idée que leur étude puisse concerner les sciences humaines et sociales est en revanche beaucoup moins consensuelle. L'énergie est pourtant une question éminemment sociale. Ce qui pose problème, en effet, n'est pas tant la quantité d'énergie à notre disposition (le soleil nous en procure bien plus que nous n'en utilisons) que la façon de la mobiliser et de la partager, questions sociales par excellence.

    L'évolution du rapport de l'humanité à l'énergie ne saurait se réduire à un récit linéaire des innovations techniques qui ont permis d'exploiter telle ou telle ressource ou de mettre en oeuvre tel ou tel convertisseur plus efficace que ceux dont on disposait auparavant. Un système énergétique est toujours sous-tendu par des structures et des choix politiques, économiques, sociaux. Pour comprendre la façon dont les sociétés industrialisées sont arrivées au régime énergétique dont elles prétendent - dans le meilleur des cas - vouloir sortir, il nous faut comprendre comment elles y sont entrées et, pour cela, étudier l'histoire du rapport des sociétés à l'énergie dans le temps. C'est cette histoire qu'explorent les vingt-trois contributions réunies ici. Elles s'efforcent de montrer les enjeux de la mobilisation et de la dépense énergétiques, les intérêts qui les sous-tendent, les acteurs qui ont bénéficié des choix effectués et ceux qui en ont pâti, l'influence de ces choix sur la santé, l'environnement, les modes de vie. La complexité des systèmes et des transitions énergétiques se révèle au fil de ces analyses, de l'Écosse médiévale au Cameroun contemporain en passant par l'Espagne du premier XXe siècle.

    Sur commande
  • Plus aucune science ne peut penser les animaux à elle seule, ni prétendre pouvoir faire le tour de la question : pour mieux lire les animaux, il faut croiser les sciences. C'est devenu une évidence entre les différentes sciences de la nature, où des croisements ont déjà donné naissance à des hybrides devenus disciplines à part entière, telle l'écologie comportementale ; c'est aussi vrai entre les sciences humaines, qui ont investi, depuis quelques décennies, le versant humain des relations avec les animaux.

    Cet ouvrage propose un troisième croisement, novateur; difficile, car peu pensé, peu usité, entre les sciences dites "de la nature" et les sciences dites "humaines". Il s'agit de montrer que les questions, les concepts et les méthodes de ces dernières peuvent apporter beaucoup à la connaissance des animaux eux-mêmes, à l'étude de leurs capacités qui sont de plus en plus reconnues comme étant riches et complexes. Il y a profit - et donc un besoin - à croiser les sciences de la vie - génétique, physiologie, éthologie, écologie, neurosciences - avec les sciences de l'homme - archéozoologie, histoire de l'art, histoire, littérature, anthropologie, sociologie, ethnologie - pour décrypter; saisir et penser davantage les animaux - en somme, passer sur le versant animal.

    Rassemblant des spécialistes de ces disciplines, ce livre s'adresse aux archéologues, aux historiens, aux géographes, aux littéraires, aux anthropologues, aux sociologues, aux philosophes, comme aux généticiens, aux zoologues, aux éthologues, aux écologues, aux vétérinaires.

    Et aux passionnés d'animaux.

    Contributions de :

    Éric Baratay, Nicolas Baron, Alain Boissy, Clotilde Boitard, Dalila Bovet, Christophe Chandezon, Jérémy Clément, Martine Clouzot, Hossein Davoudi, Fabienne Delfour, Antoine Fages, Armelle Fémelat, Fabrice Guizard, Michel Jourde, Florent Kohler Michel Kreutzer, Nicolas Lainé, Gérard Lebouchec Augustin Lesage, Sophie Lumineau, Matthias Macé, Marjan Mashkour, Nelly Ménard, Fatemeh Azadeh Mohaseb, Ludovic Orlando, Emmanuel Porte, Violette Pouillard, Patrice Régnier; Hélène Roche, Ana S. Rodrigues, Flora Souchard, Jean Trinquiez Margaux Spruyt et François Vallat.

    Sur commande
  • Histoire environnementale, anthropologie de la nature, sociologie de l'environnement... : on assiste, depuis une trentaine d'années, à la multiplication de sciences humaines et sociales qui prennent l'environnement pour objet, et revendiquent de voir ainsi leur épistémologie transformée. Le foisonnement de ces labels est tel que, aujourd'hui, certains souhaitent les rassembler sous une bannière commune, celle d'"humanités environnementales".

    Plutôt qu'un manifeste, cet ouvrage propose une histoire des humanités environnementales au prisme des disciplines (anthropologie, histoire, philosophie, géographie, sociologie, études littéraires, sciences politiques, économie, droit). Il retrace pour la première fois l'émergence intellectuelle et institutionnelle de ces domaines d'étude. En prêtant attention à la pluralité des débats et des controverses passés, ce livre décrypte un paysage singulier de la recherche internationale contemporaine : celui des sciences humaines et sociales aux prises avec l'environnement.

    Contributions de : Simon P. J. Batterbury, Guillaume Blanc, Valérie Boisvert Lionel Charles, Meryem Deffairi, Elise Demeulenaere, Wolf Feuerhahn, Bernard Kalaora, Christian A. Kull, Catherine Larrère, Stéphanie Posthumus, Grégory Quenet, Luc Semai et Chloé Vlassopoulos.

  • Santa Monica, Venice, Malibu... Les noms des plages de Los Angeles sont connus dans le monde entier et évoquent à eux seuls un paysage naturel paradisiaque où se côtoient, sur un sable immaculé, surfeurs et stars hollywoodiennes. Pourtant, au début du XXe siècle, les habitants de Los Angeles se plaignaient régulièrement de l'état lamentable du littoral : les plages, quand elles étaient accessibles, étaient trop souvent bondées, étriquées et érodées, sans même parler des déchets qui en jonchaient le sol. La ruée vers le sable raconte l'histoire de la grande campagne de modernisation des plages qui, tout au long du XXe siècle, transforme les grèves d'autrefois en espaces de loisir modernes et fait de Los Angeles le modèle incontournable du loisir balnéaire de masse.

    À partir des années 1920, des ingénieurs, urbanistes, hommes d'affaires et notables se constituent en lobby afin de sauver les plages du désastre. Cette obsession, véritable "ruée vers le sable", donne lieu à une transformation radicale de l'écosystème côtier. Dans l'après-guerre, un nouveau paysage littoral surgit de terre : de vastes plages de sable fin, élargies artificiellement, dotées d'immense parkings et de sanitaires pimpants et bordées d'autoroute urbaines voient le jour. Mais, en aménageant le littoral selon les désirs et les peurs des familles blanches de la classe moyenne, les "modernisateurs" contribuent aussi à en chasser certains groupes, en particulier Africains-américains, classes populaires et homosexuels.

    Mêlant histoire sociale, environnementale et culturelle, cet ouvrage propose une relecture inédite de l'histoire de Los Angeles tout en renouvelant les approches sur l'histoire de la nature en ville et le loisir de masse.

    Sur commande
  • Ce recueil, réalisé par le département des sciences sociales de l'université de paris i (panthéon-sorbonne), présente un choix de textes parmi les écrits fondamentaux de la sociologie et de l'ethnologie : auteurs français, allemands, américains du xixe siècle au milieu du xxe siècle, dont la connaissance est indispensable à la compréhension de la sociologie et de l'ethnologie contemporaines, sciences complémentaires par leurs objets et méthodes.
    On trouvera dans ce volume, précédés d'une biographie des auteurs et d'une bibliographie de et sur ces auteurs, des extraits des oeuvres majeures de tocqueville, marx, durkheim, halbwachs, weber, parsons et merton en sociologie, de frazer, van gennep, malinowski, mauss, lévy bruhl, leenhardt en ethnologie.

    Sur commande
  • L'histoire de la vengeance, du Moyen Âge à la fin de l'époque moderne, restait à écrire. Les 18 contributions de cet ouvrage, fruits de trois rencontres internationales posent les premiers jalons des pratiques de la vengeance en étudiant une série de cas pris dans l'Empire, dans le royaume de France, et aussi en Italie et en Espagne, dans ces pays méridionaux où la vengeance est censée subsister jusqu'à nos jours. Tous les groupes sociaux sont concernés, nobles comme non-nobles, paysans et citadins, clercs et laïcs. L'idée a été de comprendre comment et pourquoi, globalement, la vengeance régresse en Occident. Il fallait pour cela interroger les outils théoriques dont dispose l'historien, la notion de « justice privée », qui renvoie à l'idée d'un État détenteur du monopole de la violence légitime, ou celle de « civilisation des moeurs » qui accompagne nécessairement l'idée d'un progrès de l'homme sur ses pulsions agressives. Ces notions volent ici en éclats pour faire place à des explications plus nuancées et sans doute plus justes. L'État peut louer la vengeance tout en la condamnant par bribes et la vengeance peut se dérober à l'observation ou au contraire envahir la documentation au gré des acteurs qui la manipulent pour en faire mémoire. Enfin, si le lien entre honneur et vengeance est ici privilégié, il n'est pas le seul critère d'explication. Car la vengeance se révèle multiforme et, de ce fait, reste difficilement saisissable.

    Sur commande
  • Cet ouvrage propose une histoire environnementale comparée de la nation. Il démontre qu'au-delà des contextes, l'invention de la nature vise bien souvent à renforcer les contours matériels et idéels de la nation au nom de laquelle agissent les pouvoirs publics. Tandis que dans la France parsemée de lieux de mémoire, le parc des Cévennes sert à la pérennisation d'une nation paysanne, nostalgique et traditionnelle, au Canada, pour pallier un passé manquant de profondeur mais débordant de conflits, le parc Forillon donne à voir et à croire une nation vierge, atemporelle et apolitique. Quant à l'Éthiopie et son parc du Semen, l'État s'approprie les représentations néo-malthusiennes et vaguement racistes des institutions internationales telles que l'Unesco et le WWF afin d'être reconnu sur la scène internationale et de s'imposer, alors, sur un territoire qu'il veut national.



    Mobilisant les lois, les rapports d'activité et la documentation archivistique et touristique produits par les gestionnaires de ces territoires, de la fin des années 1960 au temps présent, cet ouvrage relate trois histoires de natures, et de nations. Mais il livre aussi une seule histoire : celle du parc comme enjeu de luttes. Car de l'Amérique du Nord à l'Afrique jusqu'à l'Europe, en tant qu'espace de vie quotidienne converti en espace de visites temporaires, le parc national légitime toujours l'exercice public d'une violence concrète et symbolique sur les populations locales et environnantes.

    Sur commande
  • Ce livre est l'histoire d'une entreprise oubliée : le Comité international d'histoire des prix. Si l'objet est d'intérêt, c'est que les échecs tout autant que les réussites nous renseignent sur le fonctionnement social. C'est aussi que l'on retrouve, autour de cette enquête faillie, des noms eux fort célèbres, et que l'on ne s'attend pas à rencontrer dans ce contexte - de Beveridge à Kautsky, de Bloch à Malinowski. Mais c'est surtout que cet objet s'avère idéal pour dépasser les frontières qui séparent aussi bien les traditions scientifiques nationales que les disciplines - entre histoire et économie, entre sociologie des sciences et épistémologie. C'est la production d'une classe particulière de faits, les faits considérés comme scientifiques, qu'il s'agit de comprendre, et ceci en tenant compte, parmi les forces à l'oeuvre dans la détermination de cette production, des enjeux aussi bien épistémologiques que théoriques et institutionnels. Car, dans la transformation opérée d'un prix passé (tel qu'il apparaît dans les archives) en un prix historique considéré comme un fait scientifique, s'avèrent déterminantes des questions aussi diverses et cruciales que le statut respectif des sciences sociales et des sciences de la nature, le monétarisme, ou le passage du champ académique du savant humboldtien à l'ère de la big science. Questions qui, réciproquement, reçoivent de l'analyse de ce cas précis un éclairage dont l'intérêt tient au croisement de ces domaines le plus souvent considérés isolément, croisement que précisément permet ce cas d'espèce.

    Sur commande
  • Comment écrire l'histoire animale, c'est-à-dire du côté des animaux ?
    Cette interrogation en amène aussitôt une seconde : cette histoire animale, avec quels documents la bâtir ? L'expérience montre que la question des sources et de leur traitement est l'obstacle premier à une approche animale, l'aspect qui, avec le croisement disciplinaire, intimide le plus les chercheurs volontaires. Cette affaire forme déjà barrage pour les disciplines aux documents imposés, contraints, restreints comme l'archéozoologie, la génétique historique, l'histoire, la littérature qui, souvent, sont obligées d'adapter leur démarche à ce qui reste. Mais, même les disciplines comme l'ethnologie ou la sociologie, qui construisent d'abord leur problématique, leur épistémologie pour choisir ensuite leurs sources parmi les multiples possibles, butent sur l'« avec quoi ? » et le « comment faire ? » parce qu'elles n'en ont pas l'habitude. Que le lecteur soit rassuré : ce livre n'est pas un fastidieux répertoire de sources, mais un traité pratique des méthodes à employer, de façon à réfléchir à l'« avec quoi ? », à montrer et à suggérer des pistes et des manières de faire, à encourager les initiatives, tout en donnant l'occasion de penser concrètement les programmes, les problématiques, les épistémologies. Parce que l'histoire animale est entendue non comme une discipline mais comme un dynamisme dans le temps et l'espace, d'hier et d'aujourd'hui, ce livre s'adresse aux archéologues et aux historiens, tout autant qu'aux géographes, aux littéraires, aux ethnologues, aux sociologues, aux philosophes, ou encore aux paléogénéticiens, aux éthologues et aux vétérinaires.
    Et aux passionnés d'animaux.

    Sur commande
  • Passer devant un juge pour régler un conflit de couple est aujourd'hui chose banale. Mais banal ne veut pas dire récent.

    Le phénomène a une longue histoire, retracée ici dans le cadre de l'Europe occidentale pré-industrielle, des Pays-Bas à l'Espagne et à l'Italie, de la France à la Roumanie, sans négliger les évolutions de la diaspora juive installée au sein de la société chrétienne. Partout, les infractions possibles à la loi qui définit le mariage se durcissent et les procès se multiplient devant les tribunaux laïques ou ecclésiastiques. Rapts, viols, mariages clandestins, adultères et toutes les formes de violences conjugales sont autant de chefs d'accusation maniés par la justice, mais le plus souvent à la demande du couple ou de sa parenté.

    La question est bien de savoir comment et pourquoi la justice a pu être utilisée, voire instrumentalisée comme une arme dans les querelles matrimoniales, et quel regard a pu être porté sur ces conflits où s'est en particulier joué le sort des femmes.

    Textes issus d'un colloque tenu à Paris les 11 et 12 octobre 2010. (Résumés en français et en anglais).

    Sur commande
  • Dès le Moyen Âge, le claustrum et le carcer, le cloître et la prison, ont été associés. Exaltant l'ascèse monastique, Bernard de Clairvaux, pour ne citer que lui, comparait déjà le monastère à une prison ouverte, où seule la crainte de Dieu retenait les moines. Aujourd'hui, les liens entre cloître et prison sont encore perceptibles dans le site exceptionnel de Clairvaux, ancienne abbaye cistercienne fondée au xiie siècle et transformée en centre pénitentiaire au xixe siècle.
    Dans les années 1960-1970, penseurs des institutions répressives et historiens du monachisme ont âprement polémiqué sur l'analogie entre cloître et prison. Afin de dépasser les apories de ces controverses et de renouer les fils du dialogue interrompu entre historiens du cloître et historiens de la prison, cet ouvrage propose une histoire commune des deux enfermements. Il explore les conceptions et les valeurs associées à l'enfermement, les particularités de la vie en milieu clos, la sociologie des groupes exposés à l'enfermement, dans l'ensemble de l'Europe, de l'Espagne à la Saxe et de l'Angleterre à l'Italie, entre le VIe et le XVIIIe siècle. Faisant appel aux meilleurs spécialistes internationaux de ces questions, il privilégie les vues synthétiques plutôt que les études de cas. Il dessine enfin les renouvellements historiographiques intervenus depuis quatre décennies dans les domaines de l'histoire du droit, de l'histoire sociale et de l'histoire religieuse.

    Sur commande
  • Le clergé chrétien s'est essentiellement attaché à organiser la dévotion à saint Jean autour de son rôle de baptiste, qui l'établit comme Précurseur du Christ. Mais Jean ne s'est pas contenté de venir en Précurseur pour prêcher la pénitence aux hommes ; il a aussi connu une mort, interprétée par les chrétiens comme un martyre. Loin que l'histoire se close ici, la tradition populaire, une fois le récit de la décapitation de Jean fixé par les évangiles, a utilisé ce thème comme support de nombreuses croyances, légendes et cultes qui ont su lui prêter, en retour, une ampleur nouvelle au moyen d'une véritable exégèse populaire qui peut s'observer jusque dans les représentations sacrées.
    Ce sont quelques-unes de ces traditions, forgées en marge du récit évangélique, que Claudine Gauthier analyse dans cet ouvrage, en les envisageant au regard du complexe mythologique et culturel qui les sous-tend et dont elles ont transformé le sens. Car, comme le dit Michel Tardieu dans sa préface : "II y a plus d'un mort dans la mort de Jean-Baptiste." Mais toutes les traditions ethnographiques relatives à saint Jean décollé ne peuvent se résumer ainsi.
    Suivant toujours le fil de saint Jean décollé, Claudine Gauthier montre également que l'hagiographie doit parfois être lue d'un point de vue différent, en considérant l'influence du politique sur la construction de certaines vies de saints. Étudiant le rôle dévolu à l'image du chef de saint Jean lors de l'accompagnement rituel du condamné à mort par des confréries de pénitents répandues en Italie et dans la France méridionale, elle nous permet également de saisir toute la complexité du concept de "bonne mort" dans le monde médiévail.

    Sur commande
  • Alors que la part des femmes dans la délinquance est restée moindre que celle des hommes et que le droit traite, en principe, les deux sexes à égalité, pourquoi le récit de leurs crimes les transforme-t-il si facilement en monstres? Pour répondre à cette question, paradoxale, cet ouvrage croise les analyses d'historiens, juristes, criminologues, historiens de l'art et plasticiens.
    Ces chercheurs mobilisent des sources abondantes et multiples, fragments bibliques, vases antiques, miniatures médiévales, chroniques judiciaires, dessins de presse, grands procès reconstruits par la télévision... qui nous donnent à voir la complexité des représentations des femmes criminelles, construites et sédimentées depuis trois millénaires. Des figures de femmes criminelles contemporaines - Jeanne Weber, l'ogresse de la Goutte d'or, Violette Nozière, l'empoisonneuse, les soeurs Papin - aux figures archétypales " intemporelles " - Eve, Pandora, la sorcière, la prostituée, la femme adultère, qui ne sont pas coupables de crimes mais pensées comme coupables du désordre de l'humanité -, on retrouve les mêmes stéréotypes dépréciatifs des femmes dans l'imaginaire occidental.
    Cette image peut connaître des nuances, des changements concernant les infractions féminines sont intervenus dans le champ juridique, mais sur le long terme la société n'accepte guère que la femme soit criminelle. Si la femme est réellement criminelle, elle donne une image repoussante, celle du monstre, ou au contraire aguichante, celle de la tentatrice dont les prostituées sont les filles. Cela revient, dans les deux cas, à renier le crime au féminin.
    Est-ce la raison pour laquelle, aujourd'hui encore, les historiens n'arrivent pas à expliquer le phénomène, sauf à dire que les femmes sont portées à la paix et les hommes à la violence?

    Sur commande
  • L'avion n'est pas un simple moyen de transport, c'est aussi un objet de réflexion.
    Pour preuve, cet ouvrage rassemble de façon novatrice aussi bien des analyses de spécialistes de l'aéronautique civile et militaire, que des études de philosophes, sociologues et anthropologues. Chacun donne un point de vue distancié et critique sur l'histoire et le devenir de l'avion et ses enjeux contemporains - le rêve, la puissance et le doute. La part du rêve de l'aviation est paradoxale, entre Icare ou la délivrance de la pesanteur et le désir de contrôle d'un ciel d'où tombera le feu capable d'anéantir l'ennemi.
    Avant même l'histoire de l'avion, puis à ses débuts, des auteurs de science-fiction l'ont imaginé comme une arme décisive, avant que Giulio Douhet n'en établisse, le premier, la théorie en 1916. L'aviation civile a, en réalité, toujours été propulsée plus loin et plus haut dans les airs par l'aviation militaire et sa puissance : c'est de la guerre de 39-45 que sont nés les contrôles aériens modernes et les avions gros porteurs qui nous transportent d'un continent à l'autre.
    Par la conquête de la liberté et la volonté de maîtrise du temps et de l'espace, l'avion incarne aujourd'hui l'intense vibration de la modernité, le flux incessant du voyage. Mais les progrès informatiques et la complexité croissante des technologies, tant dans le domaine civil que militaire, déréalisent le contrôle des appareils et des trajectoires. De nouvelles logiques se mettent en place, au profit d'une virtualité qui s'efforce, avec peine, de laisser un espace à l'humain.
    Confrontée désormais à la critique écologique, enfermée dans sa dépendance quasi absolue au pétrole, associée au danger mortel du crash puisque la sécurité totale est impossible à atteindre, guettée par la toute-puissance électronique, soumise aux aléas géopolitiques et économiques, l'aviation doit faire face aux interrogations sur sa capacité de croissance continue dans un monde en crise soucieux de découvrir de nouveaux modèles.
    Du rêve à la puissance, l'avion génère maintenant le doute.

    Sur commande
  • Voici un homme qui, dès septembre 1914, s'est dressé contre la guerre et ses horreurs, qui a plaidé pour la réconciliation et la paix, et qui, vingt-cinq ans plus tard, "vieux combattant de la paix", apporte son soutien total à Edouard Daladier qui vient de déclarer, le 3 septembre 1939, la France en guerre avec l'Allemagne. Tel est le paradoxe de Romain Rolland, depuis la publication de Jean-Christophe et Au-dessus de la mêlée jusqu'au combat antifasciste et à l'acceptation de la guerre. Comment comprendre ce parcours qui peut sembler contradictoire et qui, aux yeux de certains, a eu valeur de reniement ? Cet ouvrage, issu d'un colloque tenu à Vézelay en octobre 2008, tente de répondre à cette question à travers des études tant littéraires qu'historiques, qui montrent quelle évolution douloureuse et compliquée a menée Romain Rolland au-delà du "pacifisme". Elles révèlent en particulier un Romain Rolland inattendu qui, dès juin 1940, témoin impuissant, regrettant une impossible réconciliation franco-allemande un instant entrevue, se retire dans la "vie de l'esprit". Ce livre rend ainsi hommage à l'originalité et à la grandeur d'un moraliste, précurseur de l'intellectuel engagé du XXe siècle.

    Sur commande
  • Création de la chrétienté occidentale médiévale, l'université constitue par nature un objet historique qui doit être abordé dans le cadre européen.
    Au-delà des clivages nationaux, l'histoire des universités, depuis leurs fondations jusqu'aux crises contemporaines, permet en effet de dégager les lignes de force de l'histoire culturelle de l'Europe, à travers la mutation de son enseignement supérieur. C'est le but de la vingtaine de communications réunies ici dans une perspective délibérément transpériodique et internationale. L'institution universitaire est ainsi examinée à la lumière de quatre problématiques qui traversent l'ensemble de son histoire : l'insertion des universités dans la société, leurs rapports avec les pouvoirs, leurs modèles de représentation et la construction d'un espace spécifique.
    Cet ouvrage croise donc plusieurs champs historiques, depuis la sociologie jusqu'à l'histoire intellectuelle en passant par l'histoire politique et institutionnelle. De la France à la Scandinavie en passant par l'Allemagne, les Pays-Bas et l'Italie, c'est un panorama véritablement européen qui s'offre à tous ceux qui s'intéressent à la genèse de nos universités.

    Sur commande
  • Depuis l'émergence du web il y a désormais trente ans, les historiens déambulent dans la Toile, arpentant ses dédales comme ils le feraient dans un espace public où sont formulés et circulent des discours, notamment sur leur propre discipline. Si ces discours révèlent les rapports que la société entretient avec son passé, ils structurent également celui des jeunes générations de chercheurs ou de ceux qui ne sont pas, vis-à-vis de la pratique historique, les dépositaires d'une légitimité académique.

    Comment les historiens interrogent-ils ces transformations et se saisissent-ils de ces documents ? Au moyen de quels outils ? Quelles sont les nouvelles figures d'autorité qui émergent de cette mutation du système communicationnel ?

    L'internet et, de manière générale, les réseaux informatiques, sont fondés sur un socle composé de nombreuses strates qui, ensemble, forment un épais tapis de données, qu'il faut envisager dans sa profondeur temporelle. La Toile devient productrice d'archives que l'historien ne peut ignorer. Elle est devenue à la fois un moyen et un objet qu'il faut utiliser en prenant garde de ne pas se focaliser uniquement sur ce qui est mis en lumière par des algorithmes complexes. C'est l'un des fils directeurs de cet ouvrage : imaginer comment faire de ces ressources des matériaux pour la recherche et l'enseignement. Ce faisant, éprouver la solidité des méthodes proposées devient un impératif, face à des matériaux mouvants, composites, éphémères - en un mot fuyants. C'est tout l'objet de ces douze textes, qui invitent à l'expérimentation, à la discussion et au débat.

    Contributions de : Julien Alerini, Gaëtan Bonnot, Jean-Luc Chappey, Alain Dallo, Benjamin Deruelle, Léo Dumont, Jean-Philippe Genet, Éric Guichard, Damien Hamard, Octave Julien, Stéphane Lamassé, Sébastien Ledoux, Anthony Nelzin-Santos, Madalina Olteanu, Sofia Papastamkou, Denis Peschanski , Valérie Schafer, Amina Souag.

    Sur commande
empty