Wole Soyinka

  • Trente jours après la mort du roi, son écuyer, son cheval et son chien doivent être sacrifiés afin qu'ils guident le souverain au royaume des morts. Ce sacrifice assurera la continuité entre le monde des vivants et celui des morts. L'histoire, tirée d'un fait réel, se déroule en 1946 au Nigéria, sous domination britannique. Le pouvoir colonial est décidé à s'opposer à la mort d'Elesin, l'écuyer. Il devient alors l'enjeu de deux communautés qui se dévoilent, se mesurent. Loin de se réduire à un banal conflit de cultures entre tradition et modernité, Blancs et Noirs, cette pièce nous initie aux mystères du rituel et de la métaphysique yoruba.

  • Regrouper à la suite « De l'Afrique », la conférence « Le credo de l'être et du néant » et les essais « l'Afrique et son autre » et « la Quatrième Scène », c'est faire droit à la continuité d'une préoccupation centrale de Wole Soyinka, celle de mettre à jour le monde africain à partir de lui-même dans le mythe de la littérature.

  • The first African to receive the Nobel Prize in Literature, as well as a political activist of prodigious energies, Wole Soyinka now follows his modern classic Ake: The Years of Childhood with an equally important chronicle of his turbulent life as an adult in (and in exile from) his beloved, beleaguered homeland.
    In the tough, humane, and lyrical language that has typified his plays and novels, Soyinka captures the indomitable spirit of Nigeria itself by bringing to life the friends and family who bolstered and inspired him, and by describing the pioneering theater works that defied censure and tradition. Soyinka not only recounts his exile and the terrible reign of General Sani Abacha, but shares vivid memories and playful anecdotes-including his improbable friendship with a prominent Nigerian businessman and the time he smuggled a frozen wildcat into America so that his students could experience a proper Nigerian barbecue.
    More than a major figure in the world of literature, Wole Soyinka is a courageous voice for human rights, democracy, and freedom. You Must Set Forth at Dawn is an intimate chronicle of his thrilling public life, a meditation on justice and tyranny, and a mesmerizing testament to a ravaged yet hopeful land.
    From the Hardcover edition.

  • Nobel Laureate in Literature Wole Soyinka considers all of Africa--indeed, all the world--as he poses this question: once repression stops, is reconciliation between oppressor and victim possible? In the face of centuries-long devastation wrought on the African continent and her Diaspora by slavery, colonialism, Apartheid, and the manifold faces of racism, what form of recompense could possibly suffice? In a voice as eloquent and humane as it is forceful, Soyinka boldly challenges in these pages the notions of simple forgiveness, confession, and absolution as strategies for social healing. Ultimately, he turns to art--poetry, music, painting, etc.--as the one source that can nourish the seed of reconciliation: art is the generous vessel that can hold together the burden of memory and the hope of forgiveness. Based on Soyinkas Stewart-McMillan lectures delivered at the DuBois Institute at Harvard, The Burden of Memory speaks not only to those concerned specifically with African politics, but also to anyone seeking the path to social justice through some of historys most inhospitable terrain.

  • Ouvrage des Éditions Clé en coédition avec NENA
    Le lion et la perle, première de ses pièces de théâtre à paraître en traduction française, est une comédie de moeurs dans la tradition satirique de Molière, cependant parfaitement africaine. La lutte entre l'homme d'action et de sagesse traditionnelle qu'est le chef Barocka et ce petit évolué, l'instituteur Lakounlé, pour posséder cette perle qu'est la jeune et jolie Sidi reflète l'opposition combien actuelle entre les tenants de la tradition et les promoteurs d'un certain modernisme. Le langage poétique et le déroulement dramatique, dans lequel s'insèrent trois grandes des scènes de mime, révèlent un sens accompli du théâtre.

  • The `Universal Declaration of Human Rights' does not of course aspire to the mystification tendencies of most ideological tracts - including the religious. It is a straightforward, humanist statement of rights, one that is transcendental only in the sense that it does transcend all ideological and religious detractions from the worth of man, woman and child as the fundamental unit of culture, productivity and indeed, civilisation. It therefore deserves far greater dissemination than it tends to receive - that is, it requires no intermediaries - as is the case with secular and religious scriptures - since it speaks directly and universally to humanity. All that this document requires therefore is simply that it be rendered in all the accessible languages of all societies; then let every sentient member of society weigh its claims against the excuses of dictatorships, intolerance, discrimination against the opportunisms and naked lust for power and domination by a minority within societies, against even the fundamentalist terror of the religious kind that is fast' replacing the state terror of discredited and yet surviving ideologies. Then, perhaps, irrespective of race, faith, or sex, humanity in every corner of the world will begin to understand how much it has lost in its goal of self-realisation, and how much it yet stands to lose.

  • En se pliant avec virtuosité-aux lois de la pièce radiophonique, qui ne dispose que d'échanges verbaux et d'effets sonores pour transmettre ses messages, Wole Soyinka a introduit dans « Du Rouge de Cam sur les Feuilles », fougueuse tragédie du début de sa carrière, des conceptions qui allaient se retrouver dans toute son oeuvre. Construite sur le modèle d'un rituel initiatique, cette pièce met en scène un violent conflit de générations, dont l'issue, bien que fatale, marque pourtant, pour Isola, le héros, le passage de l'enfance à la maturité et de la sujétion à la libération. Le thème d'une quête d'identité était d'une grande actualité en 1960, date de composition de cette oeuvre, alors que, prêt à secouer le joug de la colonisation, le Nigéria allait fêter son Indépendance. Le destin problématique d'Isola, jeune homme à la recherche de soi, partagé entre la tradition et le modernisme, mais épris avant tout de liberté, préfigure celui de la nouvelle nation nigériane. ERINJOBI, le Pasteur, qui cherche dans les commandements bibliques la justification de son autorité patriarcale, persécute son fils au nom du christianisme, exactement comme, à l'aide de la Bible et de la Charrue, le colonisateur avait jadis imposé sa pesante domination au peuple nigérian. La révolte d'Isola contre ce père castrateur évoque précisément la lutte du Nigéria contre la domination coloniale à la fin de la décennie 1950. Par défi, le jeune homme, au fond de lui-même plus moderne que traditionaliste, participe aux mascarades traditionnelles d'Egungun, mais viole en même temps, avec un plaisir insolent, les tabous imposés aux fils de la tribu par les Anciens, et séduit, par amour il est vrai, la très innocente Morounké.

  • Les Bacchantes constitue, pour Soyinka, une pièce « clairement subversive », mais aussi une « célébration de la vie, sanglante et tumultueuse », de la mort, « de l'ordre et du chaos ». Ce « banquet prodigieux, barbare », cette manifestation clairvoyante du besoin universel de l'homme de se mesurer avec la « Nature », le grand dramaturge nigérian l'a conçu, dans son adaptation, comme une « fête communautaire », mêlant musique, danse et chant. Frappé par la ressemblance de Dionysos et d'Ogun, dieu yoruba des métaux, du vin, de la création et de la guerre, Wole Soyinka oppose au despotique Penthée (« Je veux de l'ordre »), les Bacchantes et le peuple de Thèbes, les esclaves et les paysans. Ainsi, la Ménade Agavé déchire de ses propres mains son fils Penthée. Sang versé sur la terre nourricière, qui se transforme, finalement, en vin... Ponctué de chants traditionnels de louange yorubas ainsi que d'extraits de son long poème Idanre, écrit lors d'une nuit de pèlerinage au sanctuaire d'Ogun, ce drame rituel, fort bien traduit par Etienne Galle, est un magnifique hommage à la tragédie grecque autant qu'un superbe exemple d'un dialogue des cultures, audacieux et réussi.

  • La poésie de Wole Soyinka sort de l'action et y retourne. Elle saisit dans l'événement la force profonde qui l'a fait naître au monde des énergies cachées et la met au service des hommes. Cycles sombres révèle les jours amers qu'a vécu leur auteur, en découvre le sens et nous invite à en partager la vie.

  • Le langage est la pire des choses lorsque l'habileté des charlatans s'en empare pour exploiter la crédulité des simples. Avec Wole Soyinka la rhétorique des faiseurs de philosophie rejoint celle des diseurs de bonne aventure comme celle des manieurs d'hommes et celle des opérateurs de média. L'absurdité de ceux qui refusent l'évidence de leurs sens évoque le sophisme de ceux qui choisissent de douter de leur propre existence pour établir la priorité de leur pensée. Requiem pour un futurologue nous invite en riant à remettre les mots au service de la réalité.

  • En créant Fous et Spécialistes (qui fut publié en 1971), Wole SOYINKA tentait de conjurer le cauchemar de la guerre civile nigériane (1967-1970), pendant laquelle il dût lui-même purger une longue peine de détention. Cette pièce, loufoque mais tragique, oppose un Spécialiste de la torture et du cannibalisme, monstre assoiffé de pouvoir, le Dr Béro, à ses victimes, une armée miséreuse de marginaux, composée du Vieillard, propre père et prisonnier du Dr Béro, et de quelques Mendiants corrompus qui ne se font aucun scrupule de servir aussi bien le Vieillard que sa fille, Si Béro, et le Dr Béro lui-même. Paradoxalement, au sein d'une humanité en folie, les handicapés physiques et mentaux exploités ou détenus par le Spécialiste, sont les seuls à conserver quelque éclair de raison. Ces démunis ont l'art de jongler avec les mots et les idées; ils se livrent à des parodies cocasses pour défier leurs bourreaux. Dans des jeux de rôle tantôt désopilants, tantôt d'une insoutenable cruauté, le Vieillard et ses acolytes tournent constamment en dérision les Spécialités, adorateurs du dieu « Comme », divinité du Conformisme, du Dogmatisme, de l'Intolérance et de toutes les fausses valeurs dont se réclament les tout-puissants de ce monde pour opprimer les masses. Malgré l'anomie dans laquelle la guerre civile avait plongé son pays, en écrivant Fous et Spécialistes, Wole SOYINKA n'avait pas perdu tout espoir de rédemption pour une humanité pourtant en déroute. Cette pièce a la forme d'un rituel d'exorcisme. Le sacrifice du Vieillard offre un espoir de salut aux hommes et le feu dévastateur, allumé par les Mères Terrestres, qui anéantit la demeure et les oeuvres du Dr Béro, a aussi un rôle purificateur.

  • Nobel Laureate in Literature Wole Soyinka considers all of Africa--indeed, all the world--as he poses this question: once repression stops, is reconciliation between oppressor and victim possible? In the face of centuries-long devastation wrought on the African continent and her Diaspora by slavery, colonialism, Apartheid, and the manifold faces of racism, what form of recompense could possibly suffice? In a voice as eloquent and humane as it is forceful, Soyinka boldly challenges in these pages the notions of simple forgiveness, confession, and absolution as strategies for social healing. Ultimately, he turns to art--poetry, music, painting, etc.--as the one source that can nourish the seed of reconciliation: art is the generous vessel that can hold together the burden of memory and the hope of forgiveness.
    Based on Soyinka's Stewart-McMillan lectures delivered at the DuBois Institute at Harvard, The Burden of Memory speaks not only to those concerned specifically with African politics, but also to anyone seeking the path to social justice through some of history's most inhospitable terrain.

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