Atelier 10

  • 26 lettres

    Collectif

    Vingt-six auteurs. Vingt-six lettres. Vingt-six adresses publiques. Un abécédaire. Une refondation de la parole et du sens des mots. La langue, les mots, leurs sens ont le pouvoir de lier une communauté autour d'images, de référents, de débats. Ils ont aussi le dos large. Souvent-particulièrement en temps de crise sociale-, on les récupère, les mate, les asservit au profit d'un inconsistant verbiage ambiant, d'un dérapage sémantique politique, d'une enflure langagière médiatique. Vingt-six auteurs luttent contre cette perte de sens en montant sur scène pour lire publiquement des lettres destinées à sauver de la vacuité des mots qu'on leur a confiés. Les mots sont morts, vive les mots!

  • L'histoire de l'humanité, jusqu'à très récemment, a été une vaste entreprise d'archivage-une lutte contre la faillibilité de la mémoire humaine et les mâchoires oblitératrices de l'Histoire. Or, depuis quelques décennies, nous nous sommes dotés de technologies nous permettant de ne plus jamais oublier, voire de ne plus pouvoir oublier. Pourtant notre mémoire collective semble de plus en plus dispersée, de moins en moins enracinée. Et si nous avions perdu quelque chose en route?

  • Les véhicules autonomes, assistants virtuels et autres systèmes d'intelligence artificielle sont conçus pour prendre eux-mêmes des décisions. Alors qu'ils sont appelés à occuper une place grandissante dans nos vies, nous devons nous demander en fonction de quels principes moraux nous voulons les programmer, ce qui soulève des questions inédites. Qu'est-ce qu'un agent moral artificiel? Existe-t-il de bons et de mauvais robots? Et s'il est vrai que les machines reflètent les valeurs de ceux qui les conçoivent, comment éviter de reproduire certains biais et préjugés?

  • Les tranchées

    Fanny Britt

    Les images de la maternité naissent dans les clichés (Communion! Souffrance! Délivrance!), vivent de clichés (Main sur un front fiévreux! Claque en arrière de la tête!) et meurent sur un cliché (Elle ne m'a jamais dit qu'elle m'aimait!). Pour les contourner, il faut avancer prudemment, faire confiance aux histoires qui émergent et espérer qu'elles forment, au bout du compte, un tout cohérent. Fanny Britt se risque ici à une sorte de plaidoyer pour une maternité ambigüe, à coups de souvenirs, de récits, de conversations avec des mères et des non-mères, d'impressions de lecture et de sagesse trouvée dans les paroles de chansons.

  • Le mot exil évoque généralement une exclusion forcée de son lieu d'appartenance. Mais les peurs non fondées-en particulier celles liées à l'économie-sont aussi une forme d'exils, intérieurs ceux-là. En nous détournant du bien commun, ils empêchent les sociétés d'évoluer vers leur plein potentiel. Il est plus que temps que l'on mette fin à ces exils avant que la notion même de collectivité ne perde son sens.

    Résolument optimiste pour la suite des choses, La fin des exils soumet quelques pistes de réflexion pour résister à l'imposture des peurs, et donner enfin au Québec l'ambition de ses moyens.

  • Vingt-quatre textes écrits à plusieurs mains composent cet ouvrage qui dévoile les multiples usages que les Montréalais font de lieux parfois connus, parfois moins. Des essais et des études de cas alternent avec des témoignages ancrés dans les expériences du quotidien, explorant les convivialités comme les tensions qui tissent les liens entre les espaces et les citoyens. Ils abordent les lieux de sociabilité, les modalités d'appartenance à la ville et l'organisation des façons de vivre ensemble. Ce livre s'adresse à tous les passionnés de Montréal, qui en reconnaitront les détours et les richesses.

  • La vie habitable

    Veronique Cote

    On voudrait nous faire croire que la poésie n'est que douceur inutile et bonté impossible, beautés incompréhensibles et ruineuses, aspirations prétentieuses, charabia, gaspillage, enfantillages, rimes quétaines, littérature. Mais notre vie serait-elle pas plus intelligible, plus lumineuse, plus habitable si nous ménagions un peu d'espace pour accueillir une certaine magie de l'existence? Véronique Côté entreprend le fragile inventaire des traces de notre besoin de poésie sous toutes ses formes, miraculeusement intact sous les couches de gros bon sens, de pudeur, d'individualisme et de déception.

  • La classe moyenne est instrumentalisée par les politiciens et les commentateurs médiatiques, qui la dépeignent tantôt comme une immense cohorte de pauvres en devenir, tantôt comme une communauté martyrisée de contribuables parasités par lÉtat. Des pro­phètes de malheur annoncent même sa disparition.
    Enfant de la classe moyenne, Samuel Archibald a eu envie de se pen­cher sur ce quelle a été, ce quelle est devenue et ce qui lattend. Et de parler de sa famille, des années 1980, de la religion du Publisac, de films de fin du monde et de stationnements de centres dachats.

  • Le sexe est intrinsèquement lié à la vie-après tout, chaque être humain résulte d'un acte sexuel, désiré ou non. Mais quel est le parcours sexuel de chacun? Pièce de théâtre documentaire basée sur des histoires véridiques, Faire l'amour parle de la force irrépressible du désir, des amours ratées, de la lumière qui jaillit de la rencontre d'âmes soeurs, de vies cristallisées dans la frustration. Un terrain de jeu exceptionnel, pour mourir de rire, se crisper de douleur et faire éclater la poésie.

  • Cofondatrice de la revue La Vie en rose, Francine Pelletier se trouvait dans les tranchées de la révolution féministe, il y a 30 ans, alors qu'on entrevoyait le meilleur pour les femmes et la société en général. Une ère plus ouverte, décomplexée, libre et juste semblait s'annoncer. C'était avant l'électrochoc de la tuerie de Polytechnique, en 1989, la montée en puissance du fanatisme religieux et l'accroissement des inégalités sociales.

    Mais l'année 2014 aura été, à bien des égards, porteuse d'espoir pour la cause des femmes. Aura-t-il fallu attendre une nouvelle génération-et un sentiment d'urgence omniprésent-pour que le féminisme renaisse enfin de ses cendres?

    Francine Pelletier signe ici une réflexion inédite, vive et sincère sur ce que ça veut vraiment dire, être une femme dans le Québec actuel.

  • Qui sommes-nous? D'où venons-nous? Où allons-nous?

    Pour tenter de trouver une réponse à ces questions, le metteur en scène Geoffrey Gaquère et les auteurs François Archambault et Emmanuelle Jimenez ont rencontré une psychologue, une théologienne, un généticien et un physicien des particules.

    Le dénominateur commun, pièce écrite à quatre mains, présente le résultat de ces rencontres entre artistes et scientifiques. Par des témoignages, des réflexions, des monologues, des choeurs ou des chants, les personnages de ce cabaret métaphysique cherchent à percer le mystère de la vie. Rien de moins.

    D'abord présentée dans le cadre du Jamais Lu en 2013, la pièce a par la suite été montée à La Licorne en janvier 2015.

  • Que reste-t-il de sauvage en nous? De quoi sommes-nous fiers? Que fêter de nous? Dans La fête sauvage, Véronique Côté fait exploser une symphonie de textes et de chansons célébrant les notions de pays, de territoire et d'appartenance. Huit auteurs, comme autant de bombes poétiques pour célébrer l'avenir, défricher nos contrées immémoriales, interroger notre identité et cultiver de nouveaux langages.

  • Entre l'immobilisme et une agitation désordonnée, l'homme du 21e siècle se cherche et ne se trouve pas. Malgré ses appétits ardents, il se conforme à ce qu'on lui dit de faire et d'être, sans s'interroger, ni rien remettre en doute. Dans cet essai, Steve Gagnon propose une réflexion sur l'état de l'homme, aujourd'hui: ses rôles, son image, ses référents, ses modèles. Il tente d'imaginer une nouvelle définition de la virilité, loin des stéréotypes, façonnée par les évolutions et révolutions des 100 dernières années.

  • Le condo de ses rêves, dans le quartier de ses rêves. La vie telle qu'on se l'imagine dans ses fabulations. Un homme et une femme, deux représentants immobiliers, proposent ce décor parfait avec aisance et simplicité. Mais cette chorégraphie millimétrée, répétée des milliers de fois, est un jour perturbée par quelques anomalies... À travers ce jeu de miroirs sur l'embourgeoisement et l'authenticité, Guillaume Corbeil pose un regard juste et troublant sur le surendettement de la classe moyenne et notre rapport à l'image.

  • En 2014, Evelyne de la Chenelière a pris un pinceau, l'a trempé dans la peinture rouge et a tracé sur un mur blanc d'Espace Go des lettres qui disaient «Je recommence». Elle souhaitait déployer sur ce mur un chantier rendant visibles l'impulsion de l'écriture, son inspiration, en prolongeant cette étape (et cet état) qui précède l'oeuvre «formée». Au fil des jours et des couches s'est fabriquée une sorte de fresque palimpseste que Justin Laramée, artiste invité, s'est appropriée pour créer cette pièce de théâtre inédite.

  • Hiver 2015: Philippe Ducros parcourt le Québec et ses réserves autochtones. Il veut voir ces peuples en bordure des villes et de l'immensité, mesurer le déracinement et les ravages de l'endoctrinement. Il écoute, tente de déchiffrer les blessures du passé et la force tranquille de ces survivants de l'Histoire, avec l'intuition qu'à travers eux, il apprendra à guérir, lui aussi. En résulte un récit polyphonique, entre road trip, carnet de voyage et témoignages.

  • Un patriotisme, revivifié, plus prospectif que nostalgique est-il possible pour enfin repenser un Québec à la hauteur de son temps? Jonathan Livernois essaie ici de déboulonner son premier patriotisme pour mieux en envisager de nouvelles formes, collectives. Au menu: la déchirure dans sa chemise Mackinaw, les mensonges de son ancêtre patriote, le retour des Belles histoires des pays d'en haut et la route du Pays-Brûlé, qu'on empruntera à ses risques et périls.

  • Elle est auteure et drama queen à ses heures; il est doctorant en philosophie et amateur de Timbits. Ils ont passé leur vingtaine ensemble. Cumulant les élans passionnés autant que les querelles et les infidélités, ils entretiennent aujourd'hui une relation ambigüe qui échoue à les rendre heureux. Peu à peu, les mots se sont substitués aux corps, et le langage a remplacé le lit double comme lieu privilégié des ébats. Mais ce soir, leur joute rhétorique les amènera aux limites du champ amoureux...
    Dans ce texte où se mêlent gravité et humour, Catherine Chabot pose un regard acéré sur les pérégrinations de la chambre à coucher.

  • Comme beaucoup d'entre nous, le Héros rêve de collectif en s'exilant dans l'individualisme. Écartelé entre ses contradictions, multipliant les petites lâchetés ordinaires de la classe moyenne, il constate son impuissance mais persiste à jouer au philosophe du vivre-ensemble.

    J-F Nadeau s'inspire de la psychogéographie, qui interroge l'effet du milieu sur l'individu, pour nous entrainer dans une ahurissante dérive urbaine. À l'intersection de la rue Bélanger et de la 2e Avenue, à Montréal, là où des commerces de cultures diverses se côtoient dans l'ignorance mutuelle, il apprend à la dure que le racisme est le fruit d'une indifférence érigée en règle première de la paix sociale.

    Voici une radiographie du repli comme de l'angélisme, pour regarder en face nos peurs, nos désirs et notre conditionnement, pour enfin envisager une cohabitation véritablement ouverte à l'autre.

  • Alors qu'un vent de fin du monde fait rage au-dehors, sept femmes se réfugient dans un centre d'achats. Elles sont des amies, des soeurs, des membres d'une même famille venues se chercher un T-shirt et des shorts, une tunique style bohème, une paire de jeans de qualité, une vie de qualité... Sous la lumière irréelle, le long des allées sans fin, elles promènent leurs envies frivoles et leurs espoirs déçus, leurs confidences vite étouffées sous une tonne de tops en solde, résolues dans leur quête de ce qu'elles ne trouveront pas.

    Emmanuelle Jimenez alterne à la perfection les dialogues savoureux et les didascalies poétiques au service d'une farce grinçante où le séduisant temple de la consommation libère peu à peu toute sa violence et son obscénité.

  • Un cheminot québécois, un assureur américain et un chercheur néozélandais portent le même nom: Thomas Harding. En apparence, ils n'ont rien d'autre en commun. Jusqu'au 6 juillet 2013. Cette nuit-là, un train qui déraille fait exploser une ville. Apparaissent alors au grand jour les rails invisibles qui relient ces existences les unes aux autres.

    Inspirée par la matière documentaire d'existences bien réelles, Alexia Bürger s'interroge sur le conformisme et sur la part de responsabilité des individus face au dérèglement du monde.

  • Depuis leur village du Nunavik, dans la cuisine de leur petite maison, Hannah et Niap écoutent la radio.

    Source ininterrompue de musique, d'information et de lien social entre les membres de la communauté, la voix des ondes est le personnage principal de la pièce. C'est d'elle que proviennent les témoignages de cinq jeunes femmes, dont la vie est partagée entre le sud du Québec et le Grand Nord.

    Un texte sensible et poétique qui s'appuie sur l'expérience de la radio comme sur celle de la scène pour faire entendre et vivre le Nord à travers les voix, les souvenirs et les espoirs de celles qui l'habitent.

  • De quoi aurait l'air une société juste envers les animaux? Comment repenser le cadre éthique, politique et social qui balise nos relations avec eux? Ces questions suscitent un débat collectif qui s'annonce comme l'un des plus importants du 21e siècle. Entre les habitudes culturelles et les discours antispécistes, beaucoup peinent à se faire une opinion. Pour nous outiller, ce livre dresse une synthèse limpide et vivante des arguments invoqués dans cette discussion. Il y est question de poulets à ressorts, de citoyenneté animale et de désobéissance civile, et aussi de ce que nous voulons léguer aux générations à venir.

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