Claude Louis-Combet

  • Toutes les bêtes sont mortelles Nouv.

    Nous sommes ici bien loin des Fables de La Fontaine car même si les héroïnes et les héros de ces histoires sont des animaux, domestiques ou non, confrontés à des hommes, ou à des enfants, garçons ou filles, il s'agira toujours de contes cruels comme si la confrontation entre humains et non humains était inévitable et que la fraternité ontologique était remplacée par la pesanteur de la culpabilité.
    Comment dès lors donner du sens à la douleur, à l'abjection, à la déréliction ?
    À travers dix récits, Claude Louis-Combet poursuit son exploration de la psyché humaine et nous révèle jusqu'à où peut aller l'infamie. Nous n'oublierons ni les héroïnes animales ou humaines (Isa de la nuit, Bloody Mary) ni les victimes animales ou humaines (La mort de César, Les larmes d'une truie).
    Car tous, autant qu'ils sont, sont des animaux de désir et des animaux de malheur.

  • Aube des chairs et des viscères Nouv.

    C'était, comme à l'opéra, une ouverture qui n'en finissait pas de remettre à plus tard le début de l'action. Cela aurait pu durer encore et durer jusqu'à aujourd'hui et au-delà. Mais voici : l'artisan commis par le dieu créateur pour préparer des projets a soudain touché le fond de sa songerie et, comme il commençait à s'éveiller, l'idée lui est venue qu'il fallait en finir avec l'être qu'il tenait en ses mains - l'être de l'homme - et que cet achèvement et accomplissement ne pourrait s'effectuer que par l'introduction, au plus profond de la matière vivante, d'un principe de lumière :
    Une concrétion organique destinée à illuminer le dedans de l'être dans toutes ses dimensions.
    C'est ainsi qu'il créa l'oeil.
    /> Médecin, professeur de cardiologie, Martial Hamon dispose d'un capital culturel qui fait la part belle à l'anatomie et à l'imagerie médicale. Le peintre qu'il est devenu a choisi pour champ d'expression la matière vivante et ses constructions viscérales, oniriques et inconscientes - celles qui ont hanté l'imagination du démiurge appliqué à la création de l'homme. A ce point de son parcours, l'artiste provoque nécessairement l'écriture et la poésie. De là est née la rencontre.
    De là le livre.

  • Blesse, ronce noire.
    Ce sont les derniers mots que georg trakl fait prononcer à sa soeur, gretl, dans le poème révélation et anéantissement, écrit peu avant la bataille de grodek (1914) d'où, la drogue aidant, il ne devait pas revenir. lorsqu'on considère les photographies conjointes du frère et de la sueur, on peut se demander qui fut le premier à dire les mots de la douleur, de l'amour et de la faute et dans quelle secrète complicité naquirent les poèmes.
    Dans l'espace de la proximité ouvert entre ces deux faces d'amants et d'artistes, on peut rêver abondamment sur le sens de la dilection, de l'écriture et de la déréliction. claude louis-combet.

  • Tout texte renvoie à une culture; parfois même, plus précisément, se construit dans la relation à un livre, à une oeuvre, voire au Livre. Cette collection «Rapport à...» ouvre un espace pour que les auteurs expriment leur dette, ou rendent hommage à un écrivain qui a pu être source d'inspiration ou de libération personnelle ou littéraire.

    Claude Louis-Combet, un des écrivains majeurs de notre siècle, a bien voulu, dans ces pages, exprimer sa découverte de Péguy.

    Ce n'est pas ici un essai - après tant d'autres - sur l'oeuvre de Péguy, sa vie, sa pensée, son génie poétique. Il s'est agi, essentiellement, de retrouver, dans le souvenir, l'émotion première de la première lecture, celle du Mystère des Saints Innocents, à laquelle tout un jeu de circonstances, infimes mais restées très précises dans la mémoire, ont conféré le sens d'une initiation: à la fois commencement d'un rapport à l'oeuvre qui s'intellectualiserait plus tard, et introduction poétique à une dimension spirituelle de l'existence. Ce regard rétrospectif, tout à fait subjectif, sur la trace, recueillie dans la conscience, de la lecture des poèmes et des proses de Péguy, n'a d'autre sens que celui d'une célébration intime et reconnaissante.

    Claude Louis-Combet

  • L'histoire nous apprend que Hendrickje Stoffels (1626-1663), entrée au service de Rembrandt après la mort de Saskia et l'internement de Geertjhe, devint la maîtresse du peintre. Elle fut sa dernière compagne, son modèle de prédilection et la nourrice de son fils, Titus. Tous les biographes la présentent comme une femme entièrement dévouée à son maître dont elle fut le principal soutien dans les années noires qui suivirent sa faillite et la liquidation de ses biens.
    Dans ce livre, le narrateur, qui est tout sauf un historien, s'applique à composer l'image mythique du couple d'amants impliqués ensemble dans la création de l'oeuvre comme dans celle de leur vie. Le lien qui les unit s'enracine, d'essentielle façon, dans la part la plus obscure de leur être, dans cette ombre dont Rembrandt déploie la matière en ses toiles, et qui sans cesse enfante la seule lumière nécessaire - expansive, chaleureuse, mystérieuse, pure révélation de l'intériorité.

  • Né du limon

    Claude Louis-Combet

    Enracinée dans les photographies d'Elizabeth Prouvost, où transpire la fébrile fragilité d'un corps contorsionné, la prose de Claude Louis-Combet travaille les mêmes matériaux : nudité primale, argile, douleur ou épouvante. OEuvre des confins de l'être et des gouffres, le corps et les réflexes ne sont ici jamais en sécurité.

  • Voici le livre du fils. Il tmoigne par le
    souvenir, la rverie, le fantasme, du rle jou par le corps de la mre -
    prsence charnelle d'abord ravissante et englobante avant de devenir hostile et
    rpulsive - dans l'initiation l'rotique amoureuse et par l dans la destine
    spirituelle de l'homme du texte. Modle des modles de tout corps de dsir et
    d'amour, le corps maternel appelle la fusion, entretien la confusion et
    ncessite le rejet. Sur le fond de cette aventure de l'intimit, le fils assure
    son projet, de lier sans hiatus l'criture et l'existence. C. L.-C. Ce livre
    aurait pu tout aussi bien s'intituler Naissance d'une vocation d'crivain,
    car c'est bien de cela qu'il s'agit. Point d'aboutissement en mme temps que
    point de dpart, tel est le paradoxe de ce grand livre qui sera l'oeuvre de
    Louis-Combet ce que furent Les Mots pour Sartre, Enfance pour Sarraute, L'ge
    d'homme pour Leiris et, si l'on remonte dans le temps, Les Confessions pour
    Rousseau.

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  • Le cérémonial, évoqué dans le titre, préside à la célébration de l'amour par les amants. Il est le fruit longuement préparé, dans le terreau de l'enfance et de l'adolescence, par des expériences aussi occultes qu'essentielles qui résultent elles-mêmes du travail des sens, associé à quelques intuitions que l'on peut dire de l'ordre du coeur. Des arcanes, en quelque sorte, symbolisés dans cette suite de textes par trois images : celle des Gémeaux, celle du Chant, celle de la Fleur.
    Les trois récits qui composent l'ouvrage ont été écrits avec un intervalle d'une dizaine d'années entre chacun d'eux : " Gémellies " date de 1990, " Choralies " de 1999 et " Floralies " de 2010

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  • L homme du texte

    Claude Louis-Combet

    • Corti
    • 3 Octobre 2002

    Les textes rassemblés ici représentent chacun le moment d'une interrogation sur le sens de l'application à l'écriture qui tend à remplir la vie et voudrait lui donner un sens.
    On y trouve d'une part des études, fortement imprégnées d'autobiographie, portant sur des modèles de pensée (Platon, Nietzsche, Henri Maldiney), d'autre part des réflexions et des souvenirs sur la genèse d'oeuvres récentes, enfin quelques aperçus sur le travail en cours, en matière de mythobiographie, d'hagiographie et d'autobiographie. L'interrogation porte sur le lien qui rattache l'écriture à l'existence : promesse tenue et promesse déçue.
    C.L.C.

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  • Il convient de lire Tsé-Tsé et Mémoire de Bouche comme un récitatif à deux voix - à la fois oratorio et tryptique - une complainte en trois mouvements.
    La voix de la mère se fait entendre, première et dernière. Elle ne chante en sa parole solitaire que pour exprimer le plaisir, la douleur et la plénitude de la succion, de l'absorption et de l'anéantissement par dissolution de salive et sucs gastriques. L'enfant est le premier et unique objet de cette extatique voration. Investie entièrement dans son application de suceuse absolue, la mère réintègre en elle-même le fruit de ses entrailles.
    Cette opération charnelle a toute l'exigence d'une ascèse et toute la lenteur hors du temps d'une contemplation. Alors en contrepoint se fait entendre la voix de l'enfant, à la troisième personne, celle du pur objet. La possessive tendresse maternelle prend la forme symbolique de la mouche tsé-tsé, émolliente et anesthésiante, dispensatrice d'un sommeil physique et mental, pathologique et prodigieux, à l'horizon duquel l'enfant s'identifie complètement à la vermine qui l'anéantit, puis au vide qui en résulte.
    Une fois son enfant réduit, éteint, dissipé, rendu à son indistinction initiale antérieure à sa naissance, il ne reste plus à la mère, dont la fringale n'a pas failli, de se prendre elle-même pour proie. L'autodévoration de celle qui n'est plus que bouche illimitée s'affirme comme l'accomplissement de la dimension auto-érotique de la femme dont la fécondité tient tous ses produits dans les bornes de son giron.

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  • D ile et de memoire

    Claude Louis-Combet

    • Corti
    • 8 Octobre 2004

    Ce petit texte intimiste est une méditation, d'inspiration autobiographique, sur le déploiement de la solitude à travers une série d'expériences vécues, données comme autant de points d'ancrage de la mémoire : solitude de l'enfant dans
    ses moments de rêverie, solitude du jeune adolescent aux prises avec les pulsions de sa sensualité, solitude intellectuelle du jeune clerc en rupture de ban avec les impératifs de la vie religieuse, solitude de l'homme que l'amour
    tient face à l'évidence de la mort, enfin solitude du créateur et fauteur de texte dans le silence où mûrissent les mots.
    La solitude dans laquelle les âmes bien assises pouvaient lire un risque une menace pour la communication et le partage, une contagion pathologique ruinant l'équilibre affectif et moral de l'enfant et de l'adolescent - révèle toute sa force de signification et sa valeur définitive, dans cette issue de l'existence que représente la création par l'écriture, pour autant que celle-ci affirme son intransigeante fidélité à la nécessité intérieure sa seule justification.

  • Gorgô

    Claude Louis-Combet

    Jean-Pierre Vernant a caractérisé la figure de Gorgô comme celle d'une Puissance de Terreur, associée à « Épouvante, Déroute, Poursuite qui glacent les coeurs », ainsi qu'il est écrit dans L'Iliade. De cette sombre image de la femme - l'une des plus ténébreuses de la tradition mythologique grecque - la mémoire collective a retenu, par-dessus tout, l'instance de vie qui lui ouvre la gorge, le nid de vipères de sa chevelure et la puissance mortifère de son regard. L'approche psychanalytique du mythe a fait, de ce dernier, une métaphore violente de l'interdit lié à la vision du sexe de la femme.
    Il y a donc, autour de Gorgô, une lourde accumulation d'angoisses et de fantasmes. C'est de ce fond toujours vivant de création inconsciente que procède le texte ici donné : réécriture actuelle d'un récit immémorial où l'on voit la femme s'enfoncer dans la part la plus sauvage de son être et l'homme, sous les traits de Persée, le jeune héros, parachever par la mort sacrificielle le destin sexuel du monstre féminin. Ainsi se laisse reconnaître la fécondité, jusqu'ici, des images religieuses, éthiques et esthétiques laissées par la mythologie classique en son reflux.

    C. Louis-Combet

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  • Un témoignage de reconnaissance de l'écriture de J.-K. Huysmans dans lequel l'auteur éclaire la façon dont sa sensibilité littéraire, son sentiment esthétique, son sens du spirituel ont été profondément inspirés.

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  • Blanc

    Claude Louis-Combet

    C'est le récit d'une expérience intérieure, essentiellement solitaire et contemplative.
    Le narrateur, qui ne sort pas de l'espace clos de sa chambre, et qui s'applique à la traduction d'un vieil ouvrage hagiographique, voit le monde s'effacer et se dissoudre autour de lui, rongé par une lèpre blanche qui abolit couleurs, formes et volumes. Les choses sombrent dans l'inconsistance du vide qu'il porte en lui-même et auquel, finalement, son propre corps sera réduit. Nulle intrigue, nulle anecdote, nul dialogue.
    Le texte expose et retient tout à la fois l'expérience dont il rend compte. Il sinue, sans échappée, dans la blancheur des mots. Une première édition de Blanc a paru en 1980 dans la collection Le grand pal. C. L.-C.

  • Dans la réserve où elle se tient, dans la quête intérieure qu'elle poursuit à travers même son travail d'expression, dans sa haute exigence d'unité de l'art et de la vie, Bérénice Constans n'a rien entrepris pour conquérir sa place au soleil.
    Son oeuvre - peintures, gravures, dessins - à laquelle elle se voue depuis les années 80 dans sa solitude bordelaise, figure cependant une démarche tout à fait remarquable d'approximation du mystère de l'être, au point de confluence et de transsubstantiation du charnel et du spirituel, du. féminin et du masculin, de l'inconscient et du cosmos. Avec une totale indépendance d'esprit, avec audace et lucidité, l'artiste a créé, dans l'étrange miroir d'une sensualité toute métaphysique, les formes de l'âme humaine encore en gestation dans la matrice universelle.
    Il y a là, pour le regard qui se recueille, matière à contemplation.

  • Marinus et marina

    Claude Louis-Combet

    • Corti
    • 25 Janvier 2003

    Dans la bithynie chrétienne du ve siècle, vivait une jeune vierge nommée marina.
    à l'âge de quinze ans, elle entra, à la suite de son père, dans un monastère d'hommes ou, ayant réussi à dissimuler son identité sexuelle, elle mena une existence de contemplation et de pénitence. après sa mort, l'église la canonisa et elle fut honorée indistinctement ici sous le nom masculin de marinus et là, sous le féminin de marina. traducteur et interprète de cette légende, le narrateur élabore le récit de son propre cheminement spirituel, à la fois contrepoint et écho de l'aventure intérieure de marina.
    Le texte étranger - à sa langue, à sa culture et à sa foi - devient la lumière qui lui permet de déchiffrer peu à peu sa biographie, au coeur de laquelle la question de l'adhésion au masculin ou au féminin s'impose comme un problème limite qui ne débouche, ici, sur aucune voie de salut.
    C. l. -c.

  • Les errances Druon

    Claude Louis-Combet

    • Corti
    • 2 Septembre 2005

    Saint Druon est une figure très populaire du folklore religieux du Nord de la France où il est donné comme patron des bergers. Sa légende remonte au XIIe siècle. Elle rapporte qu'ayant provoqué la mort de sa mère à sa naissance, Druon éprouva dans son enfance un puissant sentiment de faute
    personnelle. Arrivé à l'adolescence, il s'enfuit du château familial, rompit tous liens avec sa classe aristocratique qui lui promettait un bel avenir et, afin de faire pénitence, s'engagea comme gardien de troupeau de moutons. Considérant ensuite que seul le pape pouvait l'absoudre de ce qu'il regardait comme le meurtre de sa mère, il fit neuf fois le pèlerinage à Rome, sans jamais pouvoir rencontrer le souverain pontife. Il revint alors dans son village d'adoption, s'enferma dans un ermitage et, pendant quarante ans, jusqu'à sa mort, mena la vie de reclus.

  • Le récit biblique de la mésaventure de la chaste Suzanne calomniée par un quarteron de vieillards lubriques a donné lieu à maintes illustrations picturales ou littéraires. Il est devenu un véritable topos dans la culture occidentale. Le texte, ici offert au lecteur, s'inspire bien de la légende, mais sur le mode de la dérision, de la fabulation grotesque, érotique et fantasmatique. Suzanne se fait complice des regards qui assaillent sa pudeur, et les vieillards, tout entier réduits à leur impuissance de croûtons, basculent dans un délire de luxure collective. Le manuscrit original de ce récit est reproduit in extenso.

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  • L'âge de rose

    Claude Louis-Combet

    • Corti
    • 9 Janvier 1997

    Les vies des saints dans la tradition chrétienne (mais cette remarque vaut, je crois, pour toutes les religions) constituent une fabuleuse richesse d'imaginaire.
    Celui qui a grandi, toute son enfance et son adolescence, consciemment ou inconsciemment, dans le sein de sa sainte mère l'eglise, et qui est devenu, avec le temps, le rêveur nostalgique de sa propre existence, trouve, en ces récits surannés, matière à brassage de fantasmes et à fixations d'affects.
    Les personnages de la littérature hagiographique expriment, au degré supérieur, sur les hauts ciels de la sublimation et dans la proximité du sacré qui fait trembler, les pulsions de tous les désirs, les contradictions du moi et du monde, les conflits de l'élan vital et des forces de dissolution et d'annihilation.
    Ils expriment tout ce que l'humanité peut savoir de plus excessif sur l'amour, le sacrifice, la perdition, l'anéantissement. ils incarnent de prodigieuses images libidinales et leur vie se tient sur un fil tendu et ténu, prêt à se rompre : celui qui sépare la sainteté de la perversité.
    Rose de lima, qui vécut au temps des conquistadors et fut la première sainte officiellement reconnue de l'amérique latine, apparaît comme le point focal d'une histoire sanglante, lourde de culpabilité collective.
    L'auto-punition, l'auto-destruction, le délire flagellatoire et mutilatoire de la vierge péruvienne signalent l'abcès de fixation qui draine toute la violence des inassouvissements de la chair comme de la foi.
    Le narrateur de cette histoire, quant à lui, saisit l'occasion de son investigation dans le passé et de sa rencontre avec une figure très singulière de la sainteté chrétienne au féminin, pour trafiquer et troquer celle-ci, des émotions, des sentiments, des visions qui lui appartiennent encore.
    Ce processus, hautement subjectif, d'identification, de projection, d'appropriation et d'échange est au coeur de l'entreprise mythobiographique dont rose de lima fait ici -dernier supplice- tous les frais.

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  • Dérives

    Claude Louis-Combet

    Lorsqu'elle reprit connaissance, l'appareil de planches sur lequel son corps était fixé, à grand renfort de clous et de cordes, flottait sur la mer. Mais c'était une mer humaine, une immense foule de liesse, de douleur et de haine, houleuse et hurlante, hystérique et délirante, qui la faisait voguer et tanguer à bout de bras, au-dessus de têtes, comme sur un pavois - une masse convulsive, dont l'énorme confusion, hérissée de drapeaux, de bannières, d'oriflammes, couvrait l'espace jusqu'à l'horizon, comme une Chine en marche, comme la légion, multipliée à l'infini, de toutes les légions qui remplirent de leur fureur l'histoire et les rêves.
    Ce recueil de Claude Louis-Combet est directement inspiré de photographies d'Elizabeth Prouvost, qui consacre une grande partie de son travail à la composition de puissantes scènes, dramatiques et symboliques, animées dans leur structure comme dans leur désolation, par l'image du Radeau de la Méduse de Géricault. De cette série des Radeaux Claude Louis-Combet a retenu cinq figurations dont chacune, à la façon d'une vision complètement intériorisée, a suscité un récit où l'horreur épouse le sublime.

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