Jehanne Dautrey

  • Une réflexion collective sur les relations de réciprocité entre design et pensée du care (éthique de la sollicitude), dans les domaines du soin, de l'innovation sociale, des objets ou encore de la problématique environnementale.

    Né des différentes collaborations engagées par l'École nationale supérieure d'art et de design de Nancy (ENSAD Nancy) dans le cadre de sa recherche sur le design des milieux, cet ouvrage s'interroge sur les relations entre design et pensée du care, et ceci dans deux sens.
    Qu'est-ce que le concept de care, issu de la philosophie féministe américaine et centré sur la notion de sollicitude, apporte au design, à ses objectifs et à ses pratiques ? En quoi le « souci de l'autre » le conduit-il à modifier ses objectifs, ses modes d'intervention, ses méthodes ?
    Mais aussi, on s'interroge à cette occasion sur ce que le design apporte de son côté à la question du care, du fait de son rapport étroit avec des dispositifs matériels. En quoi les pratiques des designers engagés dans l'action mettent-ils en oeuvre une variété de tactiques pour lutter contre les normativités débordant la seule dimension des relations et des affects mis en avant par le care ?
    À travers ces interventions concernant aussi bien le domaine du soin, de l'innovation sociale que le domaine des objets ou de la lutte contre les pollutions, il s'agit au final de défendre la légitimité d'une « micro-politique du design » capable de s'exercer dans tous les domaines et à toutes les échelles.

  • Une analyse des nouvelles pratiques artistiques participatives dans lesquelles des artistes, des designers, des graphistes, des architectes et des chercheurs oeuvrent au contact direct des différents milieux économiques et sociaux, articulant activités créatives et activités quotidiennes, représentations et actions.

    Dans les années 2000, Paul Ardenne avec l'art contextuel et Nicolas Bourriaud avec le concept d'esthétique relationnelle, donnaient forme à un nouvel ensemble de pratiques artistiques participatives. Qu'en est-il aujourd'hui de cette activité qui ne vise pas tant à produire des objets que des relations humaines ? En donnant la parole à des artistes, des designers, des chercheurs de disciplines associées pour évoquer les questionnements qui sont les leurs, dans le cadre de la plate-forme de recherche Artem (ARt, TEchnologie, Management), ce livre montre comment ces pratiques débordent désormais le champ de l'art et développent une nouvelle conception de la créativité où être créatif n'est pas seulement renouveler un ensemble de produits ou de gestes, mais aussi repenser les milieux auxquels ces produits sont destinés et au sein desquels ils sont conçus, posant les bases d'une nouvelle individuation individuelle et sociale.

    Publié dans le cadre d'une série de séminaires ayant eu lieu à l'Ecole nationale supérieure d'art et de design (Ensad) Nancy entre 2011 et 2015 à partir des activités de la plate-forme de recherche Artem (ARt, TEchnologie, Management).

  • Qu'est-ce que la recherche pour un artiste aujourd'hui? Qu'est-ce qui singularise la " recherche en art(s)"? En quoi n'est-elle ni simplement recherche sur l'art, ni recherche de l'art, participant pourtant de l'une et.
    De l'autre? En quoi cette recherche croise- t- elle d'autres communautés de chercheurs, yen particulier les scientifiques? Ce livre se propose de montrer comment ces questions; qui s'inscrivent dans le cadre des réformes en cours de l'enseignement supérieur relevant du ministère de la culture, ont une pertinence plus large : non seulement elles opèrent au sein des différents champs de la création (musique, danse, théâtre, architecture, arts plastiques, design), nourrissant des expériences multiples.
    Mais elles renouvellent aussi la représentation que 1'on se tait des partages entre pensée théorique (en esthétique, en science...) et activité artistique.

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  • La dimension du transitoire dans les champs de l'architecture, de l'urbanisme et du design, comme nouvel horizon de pensée et d'action concernant tous les aspects de la vie urbaine, dans sa complexité économique et écologique.
    On observe actuellement une forte demande en matière de dispositifs transitoires : architectes, artistes, designers sont sollicités pour proposer des solutions d'hébergement temporaires, considérées comme autant d'expédients en réponse à des situations d'urgence. Mais, au-delà de cette conception du transitoire, un certain nombre d'acteurs venant de l'architecture, de l'urbanisme et du design considèrent le transitoire comme une valeur à défendre, un nouvel horizon d'action concernant tous les aspects de la vie urbaine dans sa complexité économique et écologique : non seulement les initiatives pour résoudre le mal-logement, mais aussi le rôle à donner aux fablabs et aux actions en faveur d'une agriculture urbaine, trop souvent cantonnés à des pratiques de loisir.
    Se proposer de penser des « identités » ou des régimes spécifiques du transitoire, c'est se demander quelles nouvelles formes d'organisation ces pratiques inventent. Quelle est la spécificité de ces initiatives ? En quoi des projets qui assument ce mode d'existence transitoire sont-ils à même de produire des effets pérennes dans les milieux qu'ils investissent ? La dimension collaborative, la manière dont circulent les savoirs et se construisent les coopérations, l'ajustement permanent des moyens, des outils et des réalisations sont parmi les traits les plus visibles de ces méthodes, mais ne s'y limitent pas.
    En donnant la parole à des architectes, des chercheurs en sciences humaines, des designers, des artistes, cet ouvrage montre comment ces formes d'intervention temporaires contribuent à une nouvelle plasticité des modes de travail renforçant la résilience de nos sociétés dans le monde instable et complexe qui est aujourd'hui le nôtre.

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