Lydie Bodiou

  • Dans l'immense majorité des sociétés, passées comme présentes, les femmes font l'objet de maltraitances avérées, de traitements iniques, et sont élevées dans une culture de l'infériorité. Les violences exercées contre elles, du mariage forcé aux coups répétés, sont des violences de genre qui induisent une sorte de banalité, voire d'impunité, conduisant au crime de sang. Le  féminicide est un crime de haine contre les femmes en raison de leur sexe, pour ce qu'elles sont ou ce qu'elles représentent. Du continent asiatique auquel les filles « manquent » à l'Amérique du Nord, en passant par les pays européens qui tentent de légiférer ou des pays d'Amérique latine qui ont fait figurer la notion de féminicide dans leurs législations nationales, sans oublier l'Afrique et les organisations internationales, une prise de conscience s'est fait jour  : le féminicide est un fléau universel et l'un des défis majeurs des sociétés du XXIe  siècle. On  tue une femme est un ouvrage pour dénoncer l'insoutenable et un outil permettant de penser, de comprendre et d'agir contre les féminicides.

  • La famille est présentée tantôt comme le dernier refuge des hommes et des femmes, dans un monde turbulent et imprévisible, tantôt comme une « institution » passéiste et délétère. Le célèbre cri d'André Gide dans Les  Nourritures terrestres en 1927  : « Familles je vous hais », dénonce le repli sur soi, les bonheurs égoïstes, les « foyers clos » et les « portes refermées ». La  famille est également le creuset où s'exercent toutes sortes de vexations et de brutalités pouvant conduire à la mort d'un de ses membres.
    Cet ouvrage a pour visée de s'attacher à la face sombre de la cellule familiale. Il s'arrête sur les transgressions, traite de la place, du rôle et des interactions entre victimes et auteurs, et enfin s'interroge sur la place des enfants et les violences qu'ils subissent. Pour mener à bien cette enquête, des disciplines variées sont ici convoquées. Les approches retenues, allant de la clinique à la démographie, de l'histoire au droit, de la caricature aux représentations théâtrales, permettent ainsi de saisir le phénomène complexe des violences en  famille.

  • Attiré par le fumet de viande rôtie, Zeus se laisse tromper par Prométhée ; au creux du cou de sa belle l'amant vient chercher un avant-goût d'extase et si Rufus n'a pas de succès avec les femmes, la raison en est simple : ses aisselles abritent un bouc, insoutenable.
    L'Antiquité est un monde d'odeurs, un pot-pourri de senteurs méditerranéennes, volatiles mais tenaces, qui accompagnent chaque moment de la vie quotidienne, la toilette bien sûr, mais aussi le mariage, le banquet, la mort et la prière. Ouvrez grands vos yeux et vos narines pour suivre les parfums enfouis de la boutique d'un apothicaire, de l'ombre du gymnase, de l'intimité du gynécée ou du brouhaha des cuisines, extraits d'une centaine de textes de l'Antiquité, connus parfois, surprenants souvent, qui sentent ou puent, embaument ou encensent, se répandent et se partagent même une fois le livre fermé.

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  • Quel meilleur moyen qu'un dictionnaire pour approcher un objet aussi difficilement saisissable, omniprésent et d'évidence, qu'est le corps humain ? Quel meilleur moment que l'Antiquité gréco-romaine, période créatrice de modèles et de canons de représentations ? Qu'a donc de spécifique ce corps antique, en quoi est-il fondateur d'une certaine manière d'appréhender notre propre surface corporelle, notre rapport à nous-mêmes ?

    Des historiens, des archéologues, des historiens de l'art ou de la religion, des spécialistes de la médecine antique, des philosophes, des philologues et des anthropologues sont mobilisés pour éclairer des mots antiques et des mots modernes, des mots grecs et des mots latins, des mots familiers et des mots savants, des mots courants et des mots techniques, toujours replacés dans leur environnement documentaire et leur contexte historique. En quelque 320 entrées, il s'agit de proposer des lectures multiples, de varier les focales, de multiplier les approches pour circonscrire au mieux cet objet d'histoire.

    Prendre aux mots le corps antique, c'est d'abord et avant tout, savoir de quoi l'on parle. D'Abstinence à Yeux, c'est un monde corporel qui se décline, étrange et pourtant familier, lointain et pourtant si proche, révélateur au fond de notre façon de penser l'Antiquité aujourd'hui. Plus précisément, de nos façons de penser l'Antiquité.

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  • Aujourd'hui, l'Antiquité fantasmée est rouge. L'imaginaire collectif contemporain perçoit le monde des Grecs et des Romains comme sanglant, sanguinaire voire sanguinolent. Du sang du crime à celui du combat, du sacrifice au martyre, de la magie à la cuisine, de la pourpre sénatoriale aux fards des courtisanes, un univers rouge ressort de cette Antiquité fantasmée. Les tragédies, les romans, les bandes dessinées, les péplums ont véhiculé l'idée d'une société où le sang et les larmes étaient abondamment versés par une communauté « primaire », livrée à ses instincts et à ses peurs. Sur la scène du théâtre, dans l'arène, sur le champ de bataille, le sang coule. Sang vengeur, sang du spectacle, sang de la victoire âprement gagnée ou de la défaite humiliante, il permet aussi la communication avec le divin. Or si les textes antiques offrent de quoi rassasier les amateurs de sang, ils sont loin de s'y limiter : du vêtement porté avec ostentation à la joue que l'on maquille, du pétale de la fleur épanouie à la lèvre soulignée, le rouge, rosé ou soutenu, se dévoile, se montre, s'affiche ou se cache, pour nous parler d'amour et parfois nous faire rougir. Arme politique ou arme d'un règlement familial, il est aussi un maillon essentiel de la filiation, la couleur éclatante du sentiment partagé, de la première émotion amoureuse, celle de la fleur cueillie et odorante, mais surtout celle de la pourpre qui signifie le luxe et l'opulence.
    Le présent recueil est constitué d'une centaine de textes d'auteurs grecs et latins (Homère, Prudence, Hippocrate, Lucien, Dracontius ... ) qui offrent une approche inédite de l'histoire et l'anthropologie de l'Antiquité autour d'un fil rouge.

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  • Vingt ans après la publication de La Fille d'Athènes, Mythes, cultes et société, ouvrage majeur de Pierre Brulé, il convient de suivre les traces de ces petites Athéniennes, sans doute devenues épouses et mères et, ce faisant, de revenir sur les travaux pionniers de cet helléniste hors norme. En effet, il importe de se mettre en quête de la place que le féminin tient dans les mythes et les rites grecs, de reconsidérer la vision que les hommes proposent des pratiques religieuses des femmes et de revisiter les divinités qui les concernent plus spécifiquement, autant de pistes abordées dans le présent ouvrage.

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  • Gros titres et manchettes ont donné aux violences sexuées et sexuelles contre les femmes une nouvelle actualité. Souvent présentés de manière tapageuse, les gestes et actions contre le corps féminin ne sont guère analysés, car c'est le registre de l'émotion et de l'indignation qui se trouve privilégié.

    Le présent ouvrage entend analyser les violences qui portent atteinte à l'intégrité physique et morale des femmes sans enfermer celles-ci dans le rôle de victime, tout en insistant sur les mesures protectrices d'une part, coercitives d'autre part. Pour mener à bien une telle étude, il convenait de multiplier les regards, sans se disperser, tant il est vrai qu'une telle question de société, actuelle et inscrite dans l'histoire, a besoin de nombreuses disciplines pour rendre compte de sa complexité. Leur examen permet de saisir à la fois le fonctionnement et les transformations des rapports sociaux de sexe, voire du genre. Les auteurs s'interrogent sur la quasi-universalité du phénomène, tout en étudiant son ampleur, ses variations, ses répercussions et ses contextes. Pour mener à bien une telle enquête, quatre approches sont privilégiées afin de prendre la mesure des violences sexuelles et sexuées, de suivre les formes de brutalisation, de s'interroger sur leur mise en scène et enfin d'examiner les dispositifs punitifs et les mesures prises pour "réparer".

    Avec le soutien de l'université de Poitiers et de la MSHS de Poitiers.

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  • Le sang est une substance à laquelle on prête de nombreux pouvoirs. Fluide biologique, réalité concrète de la vie qui palpite ou s'enfuit, plus ou moins épais, visqueux ou translucide, il est porteur de tout un imaginaire que les Anciens ont interrogé durant l'Antiquité gréco-romaine. Du sang du crime à celui du combat, du sacrifice à la mort du martyr, de la magie à la cuisine un univers rouge semble ressortir de cette Antiquité fantasmée. Marqué du sceau de l'ambivalence, il a quelque chose de magique : porteur de vie et de mort, le sang signe les saisons du corps féminin et annonce la mort quand il sourd de la blessure du guerrier : il est le baromètre de la vie qui dit aussi la parenté.
    C'est une histoire du sensible qui est menée ici par le liquide biologique vital, par la couleur, celle du sang rouge ou noir, de la pourpre. C'est aussi une histoire sociale car, par le sang c'est la transmission, la descendance et la filiation, la souillure, la pureté, les rites que l'on observe ; c'est encore une histoire de la guerre, du crime et de la justice.

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  • Cet ouvrage explore des configurations singulières au sein desquelles des rapports de genre se construisent, évoluent et changent de forme, dans des espaces a priori familiers (l'école, le travail, la vie conjugale...) ou plus étrangers (la Révolution de 1789, le régime de Vichy...). En sollicitant les points de vue de l'anthropologie, de la sociologie et de l'histoire, de la psychanalyse et de la philosophie, il s'agit donc d'étudier empiriquement les processus de transmission et de transgression du genre.

    Publié avec le soutien de l'université de Poitiers.

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  • Ces contributions montrent comment le corps, paré de ses ornements, de ses objets et de ses artifices, dit la condition humaine dans ses hiérarchies et ses cloisonnements. Il séduit, attire et fascine comme il dérange. Les parures et artifices sont ainsi autant de manières d'exposer, par le corps et sur le corps, l'être et le paraître des Anciens.

  • Les contributions rassemblées dans ce volume mènent de la Phénicie à la Grèce, de l'Égypte à la Maurétanie Tingitane, de l'Afrique à Poitiers en passant par Périgueux, pour arriver à la péninsule Ibérique. Elles s'attardent sur les apports épigraphiques, traquent les graffitis, s'interrogent sur la place de traces minuscules. Elles composent les Mélanges offerts à Alain Tranoy.

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  • Les techniques de parfumerie et les caractères politiques et sacrés des parfums sont nés en Mésopotamie et en Égypte à l'âge du Bronze. Les parfums, produits de luxe et marqueurs culturels participent aux grands échanges méditerranéens aux côtés des textiles, des métaux ou du vin. Ils accompagnent, dès le VIIIe siècle, l'installation des Grecs sur le pourtour méditerranéen avant de se démocratiser à l'époque hellénistique avec de nouvelles sources d'approvisionnement en matières premières ouvertes en partie par les conquêtes d'Alexandre. La paix romaine permet une nouvelle diffusion des parfums avec une gamme de plus en plus riche de techniques et de produits. Le parfum, s'il peut être familier, confectionné à partir d'essences locales, est aussi un produit rare, raffiné, précieux, lointain qui est tout à la fois un objet culturel et un produit économique. Utilisés par les hommes et les femmes, les parfums sont offerts aux dieux et aux défunts, les effluves formant un lien sensible entre le monde matériel et les autres mondes. Intégrés dans les cultes, dans les cérémonies publiques et dans les rituels funéraires, ils donnent à ceux qui les utilisent, vivants ou morts, cette odeur, cet aspect lumineux et charismatique si caractéristiques du divin. Ils offrent des sensations tactiles et olfactives tout autant que des projections imaginaires. Le pouvoir des odeurs est certes symbolique, mais il s'appuie aussi sur des combinaisons subtiles de senteurs, sur des contenants aux formes et aux matières spécifiques. L'ouvrage associe des historiens, des historiens de l'art, des philologues, des archéologues, des botanistes et des chimistes afin de multiplier les sources et de donner aux parfums et aux odeurs la cohérence nécessaire d'un objet de recherche. Pour cela cinq entrées ont été retenues : la matière du parfum, les odeurs du culte, le statut et le pouvoir des odeurs, les objets du parfum, et le parfum comme objet culturel et produit économique. Reste alors au lecteur à suivre ce sillage des odeurs parfumées qui conduit dans les contrées anciennes où " les parfums, thumiamata, étaient du cinnamome, de l'encens et du safran ; les fleurs, des narcisses, des roses et des myrtes ; l'exhalaison des fleurs rivalisait avec l'odeur des parfums qui brûlaient, le souffle qui montait dans l'air mélangeait l'odeur, et c'était un vent de délice " (Achille Tatius, Leucippé et Clitophon, II, 15).

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