Mathias Gardet

  • Pour qui s'intéresse aux oeuvres et aux politiques sociales du XXe siècle, le chanoine Jean Viollet et ses oeuvres du Moulin-Vert sont partout. Or, si l'on en parle beaucoup, qu'en sait-on ? Peu de chose. La découverte d'archives et d'un manuscrit inédit, reproduit en tête de ce livre, permet de mieux cerner l'homme d'oeuvres entreprenant qu'était Jean Viollet. Fondant associations ouvrières familiales, société du logement ouvrier, sociétés d'habitations à bon marché, colonies de vacances, préventoriums, unions pieuses, écoles pour jardinières d'enfants ou résidentes sociales, mutualités familiales, Jean Viollet, loin de procéder à la mise en place d'une seule oeuvre se déployant progressivement sur des champs d'intervention de plus en plus larges, constitue une myriade de petites structures indépendantes dont le seul point commun est leur siège social, rue du Moulin-Vert, dans le 14e arrondissement de Paris.

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  • Expérience souvent fondatrice de notre enfance, les colonies de vacances sont profondément enracinées dans nos souvenirs et notre imaginaire. Malgré les mutations sociologiques et idéologiques qu'elles ont connues durant plus d'un siècle, elles semblent parfois échapper à l'emprise du temps et des modes, comme en témoignent les milliers de clichés conservés par des collectionneurs nostalgiques ou par des associations. Ce sont ces archives extrêmement riches et jamais publiées que revisite Mathias Gardet en suivant l'emploi du temps d'un séjour type en colonie. Car ce qui caractérise ces vacances destinées à faire connaître aux petits citadins les vertus du grand air, c'est la répétition immuable des activités qui, du réveil à l'extinction des feux, rythment la vie des colos de la fin du XIXe siècle aux années 1970 : travaux manuels, sieste, repas, promenade, courrier, petits et grands jeux, sport. ou le quotidien de nos plus belles vacances.

  • Le mouvement des PEP débute durant l'été 1915 pour venir au secours des orphelins de guerre. S'inscrivant d'emblée au sein de l'institution scolaire, l'oeuvre est lancée par les plus hauts responsables de l'Instruction publique, et l'appel se propage par la voie hiérarchique : recteurs, inspecteurs d'académie, chefs d'établissement, puis instituteurs et institutrices. En l'espace d'un an, la mobilisation prend de l'ampleur.
    Les comités départementaux rivalisent d'ingéniosité pour récolter des fonds afin de redistribuer des subsides, privilégiant - logique pédagogique oblige - les élèves les
    plus assidus et méritants. S'il s'appuie sur l'institution publique, le mouvement conserve jalousement son identité associative en se constituant en fédération. À la fin des hostilités, loin de se tarir, le mouvement des PEP retrouve un second souffle, passant du statut d'oeuvre de guerre à celui d'oeuvre de paix, et de l'aide aux orphelins de guerre à la prise en charge des orphelins dits «civils » ou plus largement des « enfants nécessiteux ». Après avoir rejeté les premiers temps la formule des internats, en réaction au monde clos des orphelinats, la Fédération des PEP décide d'encourager à son tour l'éclosion de fondations permanentes en participant à la grande croisade sanitaire de l'entre-deuxguerres - sanatoriums, préventoriums, aériums, écoles de plein air et colonies de vacances -, en créant des écoles professionnelles et en instaurant même des pensionnats. Le mouvement entend y défendre ses principes laïques. Une laïcité combative, que contestent avec non moins de fougue les adversaires
    catholiques.

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  • Les années de la Libération et de la Reconstruction sont des moments d'effervescence pour le ministère de l'Éducation nationale. Il espère rétablir l'idéal laïque de l'école publique et reconquérir une partie de ses prérogatives dans le domaine de l'éducation des enfants déficients. C'est aussi une période d'intense mobilisation des instituteurs qui, après avoir constitué leur force militante, cherchent à se repositionner sur l'avant-scène politique et continuent à défendre leur rôle d'éducateur au sens large du terme, une fonction pivot qu'ils entendent articuler à partir de l'école, et au-delà. Ils veulent être présents dans les temps non scolaires, en investissant massivement les nouvelles fonctions de moniteurs ou de directeurs de colonies de vacances ; ils revendiquent leur place dans les domaines plus spécifiques tel celui de l'enfance inadaptée, et la reconnaissance de leurs compétences et de leur spécialisation, faisant ainsi le pendant aux nouvelles professions du social. De par son expérience, le mouvement des Pep se trouve au carrefour des nouvelles politiques Jeunesse, tant dans le domaine des loisirs que de la protection sociale, et devient un des piliers du second front laïque qui se constitue dans les années 1950. Malgré ses proximités avec le ministère de l'Éducation nationale, la Fédération des Pep continue, comme elle l'avait fait dans le cas des orphelins de la première guerre puis de la croisade sanitaire de l'entre-deux-guerres, à faire un pas de côté, en se positionnant clairement comme une initiative privée, dans un domaine périscolaire, voire extra-scolaire. Plutôt que de renforcer les dispositifs de l'enseignement spécialisé existants, elle incite ses Associations départementales à créer et à gérer directement des équipements qui se veulent complémentaires, mais dans des secteurs où l'empreinte et la culture scolaire sont quasi inexistantes. Ce sera le cas des Maisons d'enfants à caractère social, des Instituts médicopédagogiques, puis des Centres médico-psycho-pédagogiques que le mouvement encourage, en les adaptant à sa conception particulière du pédagogico-médical, à fonder.

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  • Après plus de vingt années de guerre civile, l'Eglise et l'Etat au Mexique se retrouvent profondément déstructurés. A partir de 1929, ces deux entités mettent l'accent sur la reconstruction à travers l'Action catholique mexicaine et le Parti national révolutionnaire ; l'une étant axée sur le politique et puisant ses références dans la révolution mexicaine, l'autre sur le religieux et se référant au catholicisme social. Soeurs ennemies, elles apparaissent aussi comme des soeurs jumelles qu'il devient possible de confondre.

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  • Au cours de la Seconde Guerre mondiale, des millions d'enfants, orphelins ou brutalement séparés de leurs parents, sont recueillis dans des camps ou villages d'enfants. Cette aide humanitaire se double d'une utopie pédagogique. Instituteurs, prêtres, médecins ou psychiatres fondent, dans l'urgence et le dénuement, des communautés largement inspirées de l'éducation nouvelle et de l'autogestion : des « républiques d'enfants ». De l'Italie à la Hongrie, en France comme en Allemagne, les enfants se muent en jeunes travailleurs, ils élisent gouvernements et tribunaux. Dans l'esprit internationaliste d'après-guerre, ces citoyens doivent contribuer au relèvement de l'Europe anéantie.
    Les auteurs ont défriché les archives pour tisser le récit vivant, incarné et parfois terrifiant de cet épisode méconnu. En quelques années, alors que le monde des adultes bascule dans la guerre froide et les Trente glorieuses, ce moment de foisonnement et d'expérimentation intenses tombe en effet dans l'oubli. Véritable point aveugle des années d'après-guerre, de l'histoire des pédagogies alternatives et des politiques humanitaires, il méritait d'être mis au jour.

  • Un magistral face à face d'archives : la parole de la jeunesse populaire des années 50/60  face à celle de l'Éducation surveillée. C'est grâce à des archives bouleversantes et totalement inédites que sont révélées ici les trajectoires de douze adolescents, six filles et six garçons, aux prises avec la justice au sortir de la guerre. Véronique Blanchard, auteure de « Mauvaises filles » et Mathias Gardet délivrent leur analyse d'une justice obsédée par le contrôle social.

  • Premier panorama illustré et documenté de l'histoire de la justice des enfants:cet ouvrage vient combler une réelle lacune éditoriale. Mauvaises graines, vauriens, voyous, blousons noirs, racailles: les mots changent, la stigmatisation perdure pour qualifier les mêmes jeunes, ceux des classes populaires. Depuis deux siècles les mentalités oscillent entre le choix de punir et la volonté d'éduquer. Les auteurs respectifs de "Mauvaises filles" et d' "Histoire d'une jeunesse en marge" contribuent ici avec leur regard d'historiens à nourrir un débat de société toujours actuel sur le mal être et la délinquance des jeunes.

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  • Une histoire sensible et documentée de la jeunesse en difficulté publiée à l'occasion du 150e anniversaire de la fondation Apprentis d'Auteuil. Du petit vagabond traqué par la police au jeune migrant isolé, ce parcours unique est illustré par plus de 200 documents : archives, photos et fac-similés.

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  • Les châteaux sont ordinairement perçus comme des lieux de prestige, des symboles de pouvoir.
    Berceau des familles nobles, ils peuplent les récits historiques, véhiculant leur lot de fantasmes. Mais on oublie trop souvent qu'en France cet imposant parc immobilier a pu loger - et loge parfois encore - des oeuvres à vocation sociale, opérant ainsi une reconversion de ce patrimoine en "châteaux du social". Déjà remarquable durant la seconde moitié du XIXe siècle, ce phénomène a pris au cours du siècle suivant une plus grande ampleur, encore mal évaluée.
    Ces demeures ont accueilli des populations d'un style qui rompait avec leurs habitants traditionnels. Orphelins, tuberculeux, jeunes délinquants, handicapés physiques ou mentaux, etc., y ont pris leurs quartiers. Ces initiatives ont été le fait d'une grande diversité d'acteurs, allant des notables fortunés à des associations et fondations, jusqu'aux syndicats et comités d'entreprise, sans oublier les pouvoirs publics.
    Les châteaux ont ainsi changé de mains et sont devenus instrument des politiques sociales qui se sont succédé depuis plus d'un siècle. Pour faire front contre la tuberculose : aériums, préventoriums, sanatoriums, sans oublier les écoles de plein air ; pour respirer le bon air : colonies de vacances à la mer, à la montagne ou la campagne ; pour la rééducation morale par les travaux des champs : colonies pénitentiaires agricoles, dites communément maisons de correction ; pour promouvoir la pédagogie de la vie collective : écoles de cadres, centres régionaux d'éducation physique et sportive et autres centres de formation pour adultes (assistantes sociales, éducateurs...) ; pour sortir de l'hôpital : expériences de démédicalisation et de psychothérapie institutionnelle ; pour accueillir des familles en vacances et pratiquer des loisirs : maisons familiales, parfois auberges de jeunesse...

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  • Le volume se penche sur les figures de l'étrangeté à travers l'histoire de la justice des enfants et de l'aide sociale à l'enfance. Il s'agit là de s'intéresser à la construction de ces étrangers que sont les délinquants et plus généralement les enfants dits en danger pour la Justice des enfants et l'aide sociale à l'enfance depuis le XIXe siècle. Est mise en ½uvre une réflexion sur les identités et les constructions de l'étrangeté du point de vue de l'institution et du point de vue du mineur.e.s placé.e.s, afin de « traverser le miroir », à la manière de Lewis Caroll. Nous proposons aux rédacteurs de la revue une expérience de décentrement afin de questionner ce sentiment d'étrangeté de manière complexe. Un dispositif d'écriture singulier permet de percevoir à la fois le proche et le lointain dans la figure de l'étranger, son « étrange familiarité », mais aussi de renverser le regard en décrivant l'étrangeté de l'intervention institutionnelle pour le.la mineur.e placé.e. Car si l'altérité de ce dernier justifie l'enquête judiciaire, sociale, médicale, psychologique réalisée pour en percer le mystère, ces démarches inquisitrices constituent tout autant une énigme pour celle ou celui qui en est l'objet.

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  • L'ouvrage repose sur un travail original, venant combler les faiblesses de l'historiographie française sur la naissance et la structuration du secteur de l'éducation spécialisée. Les deux auteurs, bien connus pour leur travaux sur les établissements éducatifs et les professionnels de l'éducation spécialisée, propose une histoire de la naissance et de l'évolution de l'éducation spécialisée en Bretagne. Si l'étude est centrée sur une région, l'ouvrage dépasse largement le cadre régional pour fournir au lecteur une approche nationale. Les analyses portent sur les aspects juridiques, administratifs et institutionnels et apporte beaucoup sur les questions de financement, d'aménagement du territoire, sur les relations Etat/départements, sur les relations entre les ministères concernés par l'éducation spécialisée et leurs représentants départementaux, sur le monde des éducateurs.
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