Littérature générale

  • Je l'ai croisé une seule fois, mais nous avions parlé longtemps.
    C'était juste avant qu'il disparaisse, en 1989. le visage de bernard-marie koltès, l'intensité de son regard, m'ont toujours accompagné depuis. c'est dans cette voix et ce regard que, depuis, je lis et relis ses textes. ce qui est étrange, c'est comment, à distance, on perçoit autrement : on s'attache à un détail, à une phrase, une image. cela vous hante, parce qu'on y découvre, même si longtemps après, des indications formelles vitales.
    Parce que cela se veut d'abord théâtre, exige le corps, la bouche et les lumières, c'est une manière unique de rythme, une torsion autre de la syntaxe, un déport dans le choix des objets nommés, qui ont ajouté à notre langue. une énigme, à la pointe de l'oeuvre de koltès, nous indique ce qui est aujourd'hui, pour l'exercice de la littérature, simplement nécessaire. examiner cela, au microscope s'il faut, c'est plus qu'un hommage, c'est honorer une dette.

    Sur commande

  • On se découvre dans le jardin, puis au milieu de la cour nue, puis au bord d'une route départementale.
    Le jardin était luxuriant, on y apercevait ma grand-mère sous son chapeau de paille les matins d'été. le livre ne traverse pas la vie, la vie traverse le livre. d'oú ces marques pratiquées sur le bord des pages. on ne fait pas l'expérience d'un livre en découvrant le reflet de sa propre expérience, c'est le livre qui vient à nous et nous traverse, qui se découvre dans notre expérience. c'est le souvenir de ce que nous fûmes qui est à l'origine du livre.

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