maram al masri

  • Une souris fait irruption dans la chambre où vit la poète. Elle va grignoter ses affaires, ses livres, ses sous-vêtements, laisser des crottes un peu partout... Et bouleverser son quotidien...
    Un conte plein d'humour et de poésie où le réalisme d'une histoire qui a la saveur du vécu se teinte de fantaisie et de tendresse. Et par-delà l'affrontement épique de la poétesse et de la souris, peut-être bien une fable qui en dit plus long qu'il ne paraît.

  • Que fait cette femme derrière son rideau ?
    Elle observe la vie au dehors. Elle rêve. Elle se souvient de la joie du bébé qu'elle a attendu. Elle revoit le plaisir fou avec son petit dans ses bras. Elle pense aux enfants de Syrie, là-bas sous les bombes. Elle se souvient du bébé qu'elle a perdu. Le rideau bouge dans le vent. La femme à sa fenêtre pense à la douleur de toutes les mamans. Un petit cheval en bois, un nounours attendent celui qui peut-être ne reviendra pas. Ou bien ce sont les enfants, qui attendent le retour de leur maman. Alors la femme à sa fenêtre prend un crayon. Elle écrit, oui, elle dessine la chanson du bonheur. Et d'immenses sourires surgissent sur le visage des enfants. Ici, les mots et les images triomphent de la douleur parce qu'ils portent l'espoir et la liberté.

  • Ligne 5, République, Bobigny... Ligne 9, Jasmin, La Muette, Charonne... Chaque jour des millions de femmes et d'hommes se croisent dans le métro parisien, les yeux rivés à l'écran de leur téléphone mobile, pressés d'arriver à destination. Et pourtant, il y a tant à voir et tant à vivre dans ce monde souterrain. Tant de livres à déchiffrer sur les visages que l'on côtoie. Tant de scènes à filmer avec la caméra de l'empathie. Tant de jeunes et de vieux, de malades et de bien-portants, de riches et de pauvres "emportés dans le même voyage". Il fallait un regard de poète pour mettre au jour l'inépuisable richesse de ces transports en commun. Ce regard, c'est une femme venue de Syrie qui nous l'offre, dans ces "métropoèmes" écrits directement en français.
    La poésie aussi est un service public.

  • Cerise rouge sur un carrelage blanc... Le titre que Maram al-Masri a donné au livre qui l'a révélée au grand public ressemble à celui d'une nature-morte. Des lèvres peintes abandonnées à la froideur du quotidien.
    Une tache de sang que rien n'efface. Un fruit dans la neige. Une blessure. Les cent poèmes que rassemble ce recueil, publié pour la première fois en édition bilingue, ne disent pas autre chose. « Ma douleur sera /rouge /comme une cerise mûre écrasée /sur un carrelage /blanc ». Qu'elle rêve d'amours ardentes ou déplore sa solitude, une femme aspire à la liberté. Son cri étouffé porte une promesse. Et l'on comprend lisant ces vers d'une simplicité aussi désarmante que ceux d'Emily Dickinson, que l'érotisme est souvent le premier mode de libération des femmes. Un prélude à la poésie.

  • LE MOT DE L'ÉDITRICE:

    Maram al-Masri est l'exilée d'un pays-blessure qui saigne en elle. Petite mère d'orphelins. Funambule toujours sur le fil entre tristesse et espérance. Je l'ai vue se vêtir du drapeau de son pays, incarnant la Syrie martyrisée ; glisser son portable sous son oreiller, ne plus respirer, ensevelie sous ses morts. Depuis que la révolution syrienne a éclaté, Maram guette chaque jour les vidéos sur Facebook ou YouTube.
    Ainsi sont nés les poèmes de ce recueil. Ils ne cherchent pas à apprivoiser les images de l'horreur, ils nous les donnent à voir. Là, une mère porte en terre son enfant. Ici, un enfant figé près du cadavre de ses parents. Et ces caisses de bois nu qui dansent, dansent... La journaliste que je suis s'incline devant cette incomparable puissance d'évocation. Ce carnet intime d'une douleur n'a pas fini de nous hanter.

  • D'où vient-elle ? D'un pays de soleil, sur les rives orientales de la Méditerranée, là où furent trouvées les tablettes des premiers alphabets.
    Ses souvenirs ont la couleur des jardins suspendus, l'odeur du cumin et de la menthe, la transparence du verre soufflé. Maram al-Masri est née à Lattaquié, en Syrie. Ce n'est pas dans son pays que je l'ai rencontrée, mais à Paris où les pas de l'exil l'ont portée. En 2009, une résidence d'écriture l'entraîne dans le nord de la France : Maram découvre les villes noyées de brume, les maisons qui se serrent les unes contre les autres comme pour se tenir chaud, une région aux antipodes de sa terre natale.
    Et pourtant, pourtant, lorsque se mêlent rires d'enfants et fragilités sociales, crises économiques et ambiance de fêtes foraines, le regard du poète ne connaît plus de frontières.

  • Contrairement à ce que l'on imagine peut-être, le paysage poétique des femmes du monde arabe est riche. Déjà, dans l'histoire de la culture arabe classique, plusieurs femmes ont fait entendre leur voix à travers la poésie.
    Au XXe siècle, en liaison avec le mouvement de libération et de modernisation des sociétés arabes, des femmes sont réapparues. Les plus fameuses sont l'Irakienne Nazik al-Malaïka, la Palestinienne Fadwa Touqan, les Syriennes Colette Khoury ou Ghada Al Saman...Mais on peut constater ces dernières années une véritable explosion de la poésie féminine arabe, sans doute favorisée par Internet et des réseaux sociaux qui font qu'il n'est plus indispensable d'avoir publié des livres pour diffuser ses poèmes. Même si, dans certains pays, l'accès à la publication reste difficile. Parfois certaines poétesses choisissent de changer leur nom pour épargner leur famille et leurs proches, car la poésie est du domaine de l'intime et dévoiler l'intime est sou- vent mal vu, perçu comme un acte d'impudeur.
    Le lecteur sera parfois étonné par le respect de la tradition poétique arabe et parfois par la modernité des textes, mais ce qui unit ces femmes, c'est leur liberté d'expression, une liberté gagnée dans un monde difficile ou nulle n'est « prophétesse en son pays »...

    En espérant qu'à travers ces paroles de femmes, le lecteur (ou la lectrice) se fera une idée un peu nouvelle, non seulement des femmes arabes, mais aussi des hommes qui, même s'ils sont invisibles, sont présents dans ces pages. La modernité est comme la vague d'un grand océan qui au fur et à mesure a gagné le monde entier... Les mouvements qui ont bouleversé la poésie française et occidentale ont aussi touché les rivages de la poésie arabe et la modernité de la poésie arabe, aujourd'hui, non seulement n'a rien à envier à celle des autres pays mais peut en retour influer sur elles. S'il y a une mondialisation des sociétés, il y a aussi, à travers une grande diversité qui est une richesse, une mondialisation de la poésie.

  • Composé de portraits de femmes victimes de violences, ce nouveau recueil de Maram al-Masri est aussi un chant d'amour, de tendresse et de liberté. « Maram al-Masri écrit sur les sujets tabou - la passion physique, l'absence de foi, l'adultère, la solitude, le désespoir avec une candeur et une intensité qui la distingueraient même pour des Occidentaux. » The Times « Les histoires divergent mais les blessures se ressemblent... Celles-ci peuvent alors se laisser apparaître pour tenter de se soigner... par la caresse des mots chargés de l'émotion partagée... » Héléni Fitsili « Ses poèmes font appel à tout ce qu'il y a d'enfoui chez nous toutes. A la fois cri de douleur et cri de joie... ils font sauter les carcans de la société... » Khadija Nahar « Toutes les femmes et les hommes aussi - du monde ne peuvent que la remercier d'avoir écrit un tel livre. » Esther Barbosa

  • On se retrouve poitrine contre poitrine, ventre contre ventre. On s'approche, on se mélange, on transpire, jusqu'à la délivrance. Au premier abord, les poèmes sensuels de Maram al-Masri semblent évoquer la valse qui entraîne deux êtres épris l'un de l'autre, la frénésie qui s'empare des sens, l'ivresse du désir. Mais rapidement une interrogation s'empare du lecteur : Et si la poétesse parlait d'autre chose ? Si ce corps à corps amoureux et douloureux était celui qu'elle entretient avec le texte. Si la poésie permettait à la femme qui " dénude son âme " d'enfanter d'une autre manière. Par la fontaine de ma bouche rappelle cette idée de René Daumal : " Il faut être deux pour faire un poème. Celui qui parle est le père, celui qui écoute est la mère, le poème est leur enfant. " Au fond, un poème qui ne rencontre pas son lecteur est une semence perdue.

  • Les poèmes que rassemble "Je te" menace d'une colombe blanche ont la fraîcheur des matins d'avril, l'ingénuité frémissante de la sensualité, la transparence heureuse des amours juvéniles. Mais une ombre les menace, celle des premières blessures, de la trahison, de la séparation, de l'exil qui tient aujourd'hui encore Maram al-Masri loin de sa terre natale. Peu d'images dans cette poésie, dont Adonis, Salah Stétié ou de grands poètes français ont salué la beauté, mais la calligraphie, nette et déliée, des émois d'une femme qui vient à nous "en habitante de la Terre".

  • Anthologie de la poésie syrienne d'aujourd'hui « La Syrie est touchée par le soulèvement, la répression et la guerre ; le sang n'en finit pas de couler.
    Dans ces circonstances, à plusieurs reprises je me suis demandé : « Comment peut-on encore aimer ? » Cette sensation de joie, de plaisir et même d'exaltation qui va avec l'amour est-elle encore possible, et légitime ?
    Venant de Syrie, quelqu'un m'a répondu : « Surtout en temps de guerre, comme un acte de vie ».
    Contrairement à ce qu'on pourrait penser, l'amour en effet non seulement résiste, mais s'exprime avec une force et une intensité rares. La poésie syrienne d'aujourd'hui en porte témoignage.
    Je veux, à travers le choix des poèmes que vous allez lire, montrer le visage humain, le visage de beauté de ce peuple qui mérite de connaître la paix, la liberté et la démocratie. » Maram al-Masri

  • « Neuf mois pour qu'un coeur palpite... ». Le recueil de Maram al-Masri débute par l'évocation d'une vie à naître. La naissance, les premiers mots, les premiers pas. D'un poème à l'autre, l'auteure esquisse une histoire sentimentale de la maternité. Mais soudain, le texte bascule :
    L'enfant lui est enlevé, le bonheur d'aimer cède la place à une déchirure, son corps de mère entre dans la guerre. Avec une simplicité désarmante, Maram raconte un épisode douloureux de sa propre histoire, faisant de l'enlèvement de son fi ls en Syrie l'acte fondateur de sa vie de poète. Un second texte, intitulé Le Semainier, témoigne de sa lutte pour conquérir le droit d'écrire et de se donner à elle-même une seconde chance de vivre. Un livre écrit avec le sel des larmes et le ventre noué des grandes émotions.

  • Une femme qui voyage avec sa valise, quoi de plus normal ? Mais la valise en a assez de toujours voyager et d'être maltraitée... Un dialogue alors s'engage entre la poète et sa valise rouge, à la fois drôle et émouvante.

    Les grands thèmes de l'existence, de l'exil, à travers la vie quotidienne, rend cette fable des temps modernes universelle. Accompagné des dessins poétiques de Daniel Duhamel Arrapel, ce premier conte de Maram al-Masri nous emporte dans son humanité réaliste, au-delà des montagnes et des océans.

    Sur commande
  • La poésie arabe compte dans son histoire quelques grandes voix féminines (celle de la princesse Wallada par exemple). Mais c'est au XXe siècle que la poésie féminine s'affirme comme un véritable phénomène. L'objectif est de faire découvrir ici les nouvelles voix de la poésie des femmes qui se font entendre dans le monde arabe. Le lecteur français sera certainement surpris (et séduit) par la liberté de ton, de forme et de pensée de la plupart d'entre elles.
    Pour l'essentiel, elles écrivent hors des sentiers rebattus de la grande tradition poétique arabe. La plupart d'entre elles a fait le choix du vers libre. Leur vocabulaire est résolument contemporain, leurs images sont souvent étonnamment modernes. Mais cette liberté formelle exprime une volonté de libération humaine.
    L'amour, le désir, les interdits sociaux ou religieux, la revendication de liberté et de dignité des femmes sont souvent le feu intérieur qui anime ces textes. Cette anthologie, qui réunit plus de trente femmes poètes, a été choisie, traduite et présentée par Maram al-Masri, auteur au Temps des Cerises du recueil Les Âmes aux pieds nus.

  • Maram al-Masri est née à Lattaquié, en Syrie.
    Après des études de littérature anglaise à Damas, où le recueil Je te menace d'une colombe blanche paraît en 1984, elle quitte sa terre natale et s'installe à Paris où elle connaîtra une situation difficile. En 1997, son second recueil, Cerise rouge sur un carrelage blanc, est publié à Tunis par les éditions de L'Or du Temps. La poésie de Maram al-Masri est alors saluée par la critique, des pays arabes puis traduite dans de nombreuses langues : en allemand, anglais, italien, espagnol, serbe, corse ou turc.
    En 2003, les éditions PHI font paraître une traduction française de ce second recueil préfacé par Lionel Ray. Quatre ans plus tard, les éditions Al Manar publient Je te regarde, recueil initialement publié à Beyrouth, qui obtient le Prix de poésie de la SGOL, que Maram al-Masri partage avec Bruno Doucey. Je te menace d'une colombe blanche, traduit de l'arabe par François-Michel Durazzo, est publié pour la première fois en français par les éditions Seghers en 2008.
    L'année suivante, un recueil composé de portraits de femmes victimes de violences paraît aux éditions Le Temps des Cerises sous le titre Les Ames aux pieds nus. Chacune de ces oeuvres contribue à faire de Maram al-Masri l'une des voix les plus attachantes et les plus singulières du monde arabe.

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