Cent Pages

  • « Prenez cette oeuvre à la fois neuve et ancienne, recherchée et libre, consciente de la tradition et ancrée dans le présent, l'oeuvre de ces mains diligentes, ce film magistral d'une vie d'artiste ! Suivez le héros et mêlez-vous au monde multiple et étrange des hommes, étonnez-vous, riez, et laissez-vous emporter ! » Extrait de Thomas Mann, Frans Masereel, 1927, publié en préface de cette édition.

  • Cette nouvelle de Huysmans est resté inédite jusqu'en 1964, date à laquelle Maurice Garçon la découvre et la publie chez J.-J. Pauvert.
    C'est l'histoire d'une commande - et d'un refus. En 1888, en Angleterre, un avocat amateur de littérature, Harry Quilter, avait fondé une revue, The Universal Review. Il entendait rassembler les meilleurs écrivains de tous les pays et publier leurs oeuvres. Huysmans est sollicité et écrit une nouvelle dont il avait esquissé l'idée sur un petit carnet quelques années auparavant. Quilter est déçu. Il attendait de Huysmans quelque chose dans l'esprit d'À Rebours et refuse la nouvelle, que son auteur range définitivement dans un tiroir.

  • Armand

    Emmanuel Bove

    Nous poursuivons après Bécon-les-Bruyères (2009) et Arrestations célèbres (2015) le travail d'édition de l'oeuvre d'Emmanuel Bove sous une forme nouvelle.
    Bove n'a pas encore trente quand en 1927 paraît Armand, son deuxième livre. Il est auréolé du succès de Mes Amis, publié deux ans auparavant. La critique est élogieuse et admirative. On compare le jeune écrivain à Proust et Dostoïevski.
    Armand est dédicacé à »Madame Colette». »Un livre humain, une émotion surhumaine», c'est ainsi que les éditions Émile- Paul annoncent le roman.
    L'atmosphère créée par Bove, avec ses descriptions minutieuses, ses ombres denses et ses lumières surexposées, cette »photographie» si singulière, est proche de l'expressionnisme allemand. »Bove sait peupler, surpeupler ces silences de tout ce qui recouvre le mutisme de ses héros: non seulement les sensations qui les bouleversent, mais ces infinitésimaux effets, ces minuscules échos du monde extérieur, qui, à toute minute s'enchevêtrent avec les réactions de notre esprit ou de notre coeur.»

  • écrivain, critique d'art, secrétaire de la célèbre revue blanche, éditeur de rimbaud, de laforgue, félix fénéon entre au matin en 1906 pour y tenir, au titre de rédacteur anonyme, la rubrique des " nouvelles en trois lignes ".
    Il y exerce insidieusement un humour ravageur qui s'en prend au conformisme bourgeois et aux rites de la france républicaine, justifiant plus que jamais le jugement de mallarmé : " il n'y avait pas, pour fénéon, de meilleurs détonateurs que ses articles. " " f. f. " subvertit la logique du fait divers en jouant de toutes les ressources du langage. il traite la nouvelle de presse comme un genre littéraire qui sous sa plume devient une sorte de haïku journalistique.
    Tout comme alphonse allais ou jarry, il s'y révèle l'un des maîtres de la fumisterie " fin de siècle ". jamais l'art de jouer du désastre n'aura été aussi précis et salutaire que dans ce recensement de l'actualité à la belle époque.

  • Sonnets Nouv.

    Sonnets

    William Shakespeare

  • Crimes exemplaires

    Max Aub

  • « La quantité de travaux de cet artiste infatigable épuise, comme l'écriture imagée des Egyptiens, toutes les formes du monde contemporain. Si tout était anéanti : livres, monuments, photographies, descriptions, etc. et qu'il ne restât plus que les bois qu'il a gravés en dix ans, on pourrait, avec eux seuls, reconstituer le monde d'aujourd'hui. » Extrait de Frans Masereel. L'homme et l'oeuvre de Stefan Zweig (Maintenant, 1946) publié en préface de cette édition.

    Réédition en petit format du livre La Ville (Cent pages, 2008).

  • Mark Twain a écrit plusieurs récits qui ont l'argent pour thème.
    Dans son récit le plus célèbre, l'homme qui corrompit Hadleyburg (1899), le mirage d'un sac de pièces d'or entraîne la déchéance morale d'une austère ville de province.
    Dans ce récit les instruments de la farce sont un sac, une lettre dans une enveloppe à ouvrir tout de suite, une lettre dans une enveloppe à ouvrir plus tard, dix-neuf lettres identiques envoyées par la poste, diverses missives et apostilles qui tournent toutes autour d'une phrase mystérieuse, authentique formule magique: à celui qui la connaît reviendra le sac d'or.
    Dans les romans du XIXème siècle, l'argent occupait une place importante : force motrice de l'histoire chez Balzac, pierre de touche des sentiments chez Dickens; chez Mark Twain, l'argent est jeux de miroirs, vertiges du vide.

  • Avez-vous déjà volé:
    A. De l'argent liquide ?
    B. Des objets (un livre de poche au kiosque, des fleurs dans le jardin d'autrui, une édition originale, du chocolat sur un terrain de camping, des crayons bille qui traînaient, un souvenir d'un mort, des serviettes de toilette dans un hôtel, etc.)?
    C. Une idée?

  • Le poète est emprisonné par les mots, par leur apparence de signification, le désir qu'il pourrait avoir de leur faire porter...
    Quoi ? un message ? Il voudrait lancer un dictionnaire contre les barreaux de cette prison et il nous dit (D): »Tout cela est évident - mais l'est-ce vraiment ? On voudrait simplement dire que l'écrivain ne peut échapper aux mots de son histoire, il ne peut en tout cas pas échapper dans une idée.» Il poursuit immédiatement en tendant de clarifier ce qu'est Splendide-Hôtel: »Ceci est une oeuvre de critique.» Ce n'est donc pas un roman, sans doute un poème (en partie), peutêtre même un résumé de l'oeuvre de Sorrentino, mais c'est surtout une »oeuvre de critique», et c'est également un grand hommage à Arthur Rimbaud et à William Carlos Williams. Comme Beckett, Sorrentino cherche ici à discréditer le langage : »Y forer un trou après l'autre jusqu'à ce que ce qui est tapi derrière lui, que ce soit quelque chose ou rien, commence à suinter - je ne peux pas imaginer de but plus élevé pour un écrivain d'aujourd'hui» (Lettre allemande) La construction du livre est évidente, il s'agit d'un alphabet, ou plutôt d'un abécédaire : 27 lettres ornementales, dont cet étrange R barré entre E et F, sept lignes d'un poème de Thomas Nashe; or cette lettre étrange, symbole de prescription médicale, nous dit que »la beauté n'est que fleur».
    Sorrentino tente de redonner grâce à la beauté, une beauté tombée en disgrâce à force de vouloir lui donner un sens, et on retrouve dans ce livre toute son ironie déversée sur l'art prétentieux, l'art message, l'art social, les »artistes» ; il est proche de Flaubert, qui écrivait à Louise Colet : »Une bonne phrase de prose doit être comme un bon vers, inchangeable, aussi rythmée, aussi sonore» et, parlant de Rimbaud, le maître du silence, Sorrentino, écrit : »Méfiez- vous de tous ceux qui pensent que l'artiste ne pense pas ce qu'il dit.» Sur cet alphabet qui peut paraître complètement aléatoire, l'auteur, en grand amateur de jazz, joue des riffs, certains, comme si souvent en jazz, sont déjà présents dans les livres précédents de Sorrentino et se retrouveront dans ses livres postérieurs, sa nostalgie sans sentimentalisme de l'Amérique de sa jeunesse, Sheila Henry, les listes, l'artifice qu'est la création littéraire, son refus de présenter des personnages à trois dimensions bien campés, etc., et justement, les musiciens de jazz, de Clifford Brown à Lester Young.

  • Centurie

    Giorgo Manganelli

    Toute l'oeuvre de Manganelli tourne autour d'un questionnement ou d'un détournement de l'écriture; chacun de ses livres est un de ces météores noirs. Il s'avance dans la critique, dans le fait divers, relit Pinocchio ou Poe. Mais, avec Centurie, c'est à la maladie du roman qu'il s'attaque. À quoi bon ce ronron des histoires, si votre intrigue, son enjeu, sa manière et son dénouement, on peut tout faire tenir en une page ?
    Alors ce serait une sorte de rictus. Mais Giorgio Manganelli, affrontant le défi de 100 romans d'une seule page, doit bien déplier 100 fois le dispositif possible. Alors c'est toute la gamme du fantastique, tout le spectre narratif de la langue qui sont convoqués.
    Son métier est le rêve (72), Il se réveille au milieu de la nuit et prend clairement conscience de n'avoir rien compris aux Allégories de sa propre vie (84), Cet homme est mal à l'aise, c'est évident (87), Dans la ville à demi abandonnée, dévastée par la peste et par l'histoire, vivent quelques habitants qui déménagent continuellement d'une maison à l'autre (88), Dans sa précédente incarnation, cet homme était un cheval (91), L'inventeur du cygne noir est un homme mélancolique (93), Un homme avide de rêves rêvait si abondamment que, dans l'immeuble où il habitait, personne d'autre ne réussissait plus à rêver (96), Un écrivain écrit un livre sur un écrivain qui écrit deux livres, l'un et l'autre sur deux écrivains, dont l'un l'un écrit parce qu'il aime la vérité, l'autre parce qu'elle lui est indifférente [...] (100), même de recopier les 100 incipits est un formidable déclencheur d'imaginaire, ou d'écritures en cascade.

  • Novembre

    Gustave Flaubert

      Novembre Novembre, écrit au cours des années 1841-1842, est une bonne initiation à l'oeuvre de Flaubert. Il s'agit d'un texte de jeunesse hanté par les thèmes romantiques - exaltation de soi, aspiration à l'infini, sentiment de la solitude et de la mort, amour impossible -, qui inscrit Flaubert dans la lignée des écrivains de son temps: Chateaubriand ou Musset. Le personnage féminin du récit est Marie, une jeune prostituée au grand coeur. Son portrait anticipe la place singulière qu'occuperont le désir féminin et l'amour dans l'oeuvre de l'écrivain. Marie, qui affirme la violence de sa sensualité, apparaît comme la face cachée de Madame Bovary Cé renversement marque bien cette lutte intérieure par laquelle Flaubert s'efforcera de gommer son romantisme de jeunesse, d'en maîtriser le lyrisme pour se forger son style.

  • Les « Nouvelles en trois lignes » sont des récits de faits divers publiés par le quotidien Le Matin (1884- 1944) page 3, en « Dernière Heure ». Elles paraissent presque tous les jours, leur nombre est variable, elles ne sont pas signées. Félix Fénéon fait une brève apparition au Matin, dit-on, entre avril et décembre 1906.
    On le cite une première fois, le 28 avril. Le brigadier colonial Hory est en partie joyeuse dans un quartier mal famé de Toulon.

  • L'Honneur de Pédonzigue n'est pas un roman. C'est, aux dires de son auteur, une »épopée» dont la prosodie est singulière : chacune des phrases se décompose en groupe de six syllabes, sonne comme un alexandrin avec rimes internes. Pourtant, il s'agit bien d'un roman de la médiocrité, d'une fresque de la bêtise et de la vanité. La bourgade qu'il nomme Pédonzigue est un condensé de la France franchouillarde, celle des petits boutiqiuers, des intelligences stériles, des petits appétits. Rabiniaux ne recule pas devant l'outrance, il s'en repaît. Pédonzigue est une toile de Bosch repeinte par Dubout.

  • Communiste et révolutionnaire français dont la devise était : "Le devoir d'un révolutionnaire, c'est la lutte toujours, la lutte quand même, la lutte jusqu'à extinction." Il fut fidèle à cette devise. Il fait le coup de feu en juillet 1830, encore en mai 1839, participe à la révolution de février 1848. Il peut entendre les fusillades des journées de juin enfermé dans la forteresse de Vincennes.
    Lors de la Commune il est en prison. Il passera d'ailleurs selon les calculs précis d'un biographe trente-trois ans, sept mois et seize jours en prison, sans compter la résidence forcée, la haute surveillance et l'exil. Il y gagnera le surnom de "L'enfermé". En 1868-69 il rédige ces Instructions pour une prise d'armes qui ne seront publiées pour la première fois qu'en 1930. Il s'agit d'un manuel de la barricade, d'un précis, d'un vademecum de l'insurrection. Les villes, et Paris en particulier, sont des champs de bataille.
    Ce programme est purement militaire et laisse entièrement de côté la question politique et sociale.

  • Ok voltaire

    Antoine Blondin

    O.K Voltaire a paru en 1987, hors commerce, puis en 1991, à la mort d'Antoine Blondin, au Quai Voltaire Editions. Qu'ai-je fait de ma vie, dont il reprend de larges extraits, a paru pour la première fois en 1963 dans Livres de France.

    « Qu-ai je fait de mon existence ?... Pour ce qui me concerne, c'est une façon très optimiste de poser la question. Peut-être conviendrait-il plutôt de me demander ce que l'existence a fait de moi. Je me suis en effet rarement dérobé aux tentations qui s'offraient de part et d'autre de mon chemin, si bien qu'en me donnant l'illusion de mener mon temps à ma guise, je n'ai fait que le plier aux circonstances. De grandes libertés m'ont réduit en esclavage. Je me suis beaucoup abandonné en route.
    Je ne traverse que rarement le boulevard Saint-Germain et mon univers se borne à deux cents mètres de bitume, une plantation de cafés-tabacs. »

  • La folie de l'or

    Gilbert Sorrentino

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  • Greguerias

    Gomez De La Serna R.

    Depuis le XVIIIe siècle, des artisans fideliers, vermicelliers, aux industriels, plus de 60 entreprises, petites ou grandes ont fabriqué des pâtes, marquant durablement de leur empreinte les départements de la Savoie et de la Haute-Savoie.
    Aujourd'hui, l'entreprise Alpina Savoie a pleinement conscience d'être l'héritière d'une expérience séculaire et d'un savoir-faire de qualité issu de cette activité traditionnelle née il y a plusieurs siècles dans le Duché de Savoie. Grâce à une recherche historique et de nombreuses interviews enrichies par des documents originaux, cet ouvrage vous plongera dans une passionnante histoire culturelle et économique, l'histoire des pâtes de Savoie.

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