Intervalles

  • Notre humanité

    Ai Weiwei

    Ai Weiwei est un artiste contemporain polyvalent : sculpture, installation, photographie, performance et architecture sont quelquesuns de ses moyens d'expression. Il est également l'un des artistes les plus influents au monde et un réalisateur de documentaires engagé.
    Son oeuvre toute entière alerte sur les attaques contre la démocratie et la liberté d'expression, les violations des droits de l'Homme et les déplacements de personnes.
    Ce recueil de citations illustre l'éventail et la profondeur des réflexions d'Ai Weiwei sur notre humanité et sur les migrations de masse, questions qui l'occupent depuis des décennies. Les mots d'Ai Weiwei témoignent d'une urgence profonde. Ils témoignent aussi d'un rôle impérieux que peut avoir l'art pour donner une voix aux sans-voix.

  • Ces trois textes font partie d'un cycle de nouvelles dont le personnage récurrent est un chien.
    Le chien, le maître ainsi que ses parents proches débute par une transgression lorsque Köntho met à la porte sa mère afin d'accueillir sa jeune épouse. Scandalisés, les anciens s'offusquent et le traitent de « chien ». Köntho rétorque qu'il est en effet la réincarnation d'une « chienne rouge ». Chacun se souvient alors d'événements traumatisants survenus une vingtaine d'année plus tôt : un cas de rage avait conduit les autorités à tuer tous les chiens. Un aller-retour entre les excès sanguinaires de la Révolution culturelle et ces minuscules péripéties constituent le fil du récit.
    Journal de l'adoption d'un hapa tend vers le fantastique grotesque en mettant en scène un narrateur, petit fonctionnaire, et un pékinois doué de parole, le hapa. Ayant délaissé son précédent maître, ce chien est adopté par le narrateur qui l'emploie dans son service. Il manigance alors pour grimper dans la hiérarchie. La très fine description d'une société où les luttes de pouvoir, l'hypocrisie et la flagornerie sont omniprésentes donne toute sa saveur à ce récit.
    Dans Le vieux chien s'est soûlé, le narrateur est un enfant dont la famille vit de l'élevage de moutons. Fils unique, il devra succéder au père, ce qui rend dispensable sa présence sur les bancs de l'école. Si l'intrigue est ténue (l'enfant veut sauver son chien), le texte oppose habilement les manipulations des adultes à la fraîcheur un peu rouée de l'enfant qui pointe les contradictions des grandes personnes et les travers d'une société où cupidité et impératif de « développement économique » n'épargnent rien ni personne.
    On pourrait voir en Tagbumgyal un écrivain réaliste s'autorisant quelques touches de fantastique. Mais dans son univers, parler des chiens, c'est parler des hommes. De fait, il a un sens aigu de l'observation.
    La narration est imagée, portée par une écriture cinématographique, des détails où perce son humour. Ni héros ni épopée ici, mais des sentiments étriqués, des situations ridicules, de petites lâchetés ou des trahisons ordinaires pour révéler les rouages néfastes d'une société où seuls l'exercice du pouvoir et les intérêts particuliers prévalent. Ces faits et gestes peuvent se mêler au cours de l'histoire, comme dans Le chien, le maître ainsi que ses parents proches, mais c'est pour mieux en souligner le caractère dérisoire. Car Tagbumgyal est avant tout un écrivain, non un idéologue. Sa subjectivité ne laisse dans l'ombre rien de la nature humaine ; sa critique de la religion est indulgente, son observation de la société malicieuse, et l'histoire tragique de son pays n'est évoquée qu'au moyen d'une distance ironique. C'est par cet art de l'ambiguïté que Tagbumgyal laisse toute liberté d'interprétation au lecteur.

  • Tous nos corps

    Guéorgui Gospodinov

    Après deux romans labyrinthiques, Guéorgui Gospodinov nous offre un recueil de 103 microfictions environnementales.
    Pour l'auteur, « il y a quelque chose de dramatique et à la fois d'apaisant dans les histoires courtes parce qu'elles sont synchronisées avec la brièveté des corps. Elles s'arrêtent soudainement, peuvent être drôles et absurdes, brusques et mal assurées, personnelles et distanciées à la fois. » Ici, le corps du narrateur se fond avec le corps social, le corps animal, le corps floral, sur un ton à la fois tendre et drôle, humoristique et ironique, sensible et méditatif, et d'autant plus empathique que « je sommes nous ».
    L'empathie de Gospodinov est avant tout environnementale. En effet : « La littérature est bien trop anthropocentrée. J'aimerais que les humains se taisent parfois afin que l'on puisse entendre la voix de la mouche, de la grenouille, du bambou, du Minotaure et de tout ce qui a droit de cité. »

  • A 12 ans, Sylvie échoue avec sa mère divorcée dans un village du de Seine-et-Marne. Une adolescence morne, solitaire et transgressive débute alors, teintée de belles rencontres qui ont en partage le goût du rock.
    Une chanson, un chapitre, c'est le rythme proposé par Sylvia Hansel pour relater ce cheminement vers l'âge adulte. Cinquante titres constituent la bande-son d'un récit autobiographique tressé avec décalage, humour et sans fausse pudeur.
    A travers un éclairage sur la gestation de morceaux des Stones, de The Who, du Velvet Underground, de Nirvana, de The Breeders, de Bowie, etc., le lecteur découvre aussi le pouvoir cathartique du rock, capable de réconforter, d'égayer et finalement de façonner une personnalité qui va s'approprier les notions d'émancipation, de féminisme, de pression sociale. Et nourrir peu à peu le projet de monter un groupe, pour que cette éducation rock n'roll en autodidacte prenne finalement la forme d'un projet de vie.

  • Le dicorona

    Olivier Auroy

    Il faut nommer les choses pour qu'elles existent. Pour les apprivoiser. Tout a commencé le premier jour du confinement. Olivier Auroy s'est rendu au supermarché où il a assisté à une scène invraisemblable. Des personnes se disputaient le dernier paquet de spaghettis bio. Eurêka !
    PSYCHO-PÂTE, le premier mot du Dicorona était né.
    Le Dicorona est un dictionnaire de mots-valises. Un mot-valise se construit en fusionnant la dernière syllabe d'un premier mot avec la première syllabe du deuxième.
    Un exemple ? RACONTAMINER. Le mot est formé de RACONTER et de CONTAMINER.
    Olivier Auroy s'est rendu compte que la pandémie agissait comme une sorte de filtre. Notre quotidien changeait radicalement. Socialiser, travailler, se divertir, faire du sport... tout devenait différent, au point de modifier l'essence même de ces activités.
    Mieux, ce contexte si particulier donnait naissance à des phénomènes nouveaux... qui n'avaient pas encore de noms.
    Il s'est vite pris au jeu. Onomaturge depuis 25 ans, la conception du Dicorona lui a permis de pratiquer sa gymnastique intellectuelle. Ce dictionnaire contient 60 mots-valises créés pendant le confinement et le déconfinement. Ils se veulent informatifs, humoristiques ou poétiques.
    Puisse ce Dicorona vous divertir et transformer cette période inédite en un souvenir moins douloureux. C'est aussi cela, la fonction de ce dictionnaire : ranger la pandémie dans la bibliothèque et ne pas en faire une souffrance refoulée. Car à la façon des oulipiens, on nomme parfois les choses pour mieux en plaisanter.

  • Le Clézio, Virginia Woolf, Françoise Sagan... Nombreux sont les auteurs à avoir commencé un roman par une phrase sur le temps qu'il fait. La dessinatrice Marthe Pequignot a recueilli 52 incipits dans un semainier illustré intitulé Bibliométéo. En regard des 52 illustrations originales, une par semaine du calendrier, elle invite de façon ludique et joyeuse les amoureux des livres à noter les anniversaires de leurs amis. Elle les invite surtout à une grande chasse aux livres, afin que tous (re)découvrent un début atmosphérique.
    Elle répond par la même occasion à une provocation facétieuse de l'éditeur Guillaume Robert, qui affirmait en 2016 sur France Inter « Les gens ne parlent que d'eux, donc on reçoit des premiers romans autobiographiques dont la première phrase évoque toujours la météo, c'est vraiment surprenant... Moi... pour la météo, je regarde LCI. » La collection d'incipits météorologiques illustrée rassemblée dans ce calendrier peut aussi très facilement se transformer en lecture, en chasse aux livres ou en un atelier convivial et ludique que l'illustratrice anime régulièrement dans de nombreuses bibliothèques.

  • Le Ballet des retardataires est le témoignage unique d'une des rares Européennes à avoir pénétré le monde ultra fermé et traditionnel du taïko au Japon, et la première à avoir séjourné dans l'école la plus secrète et la plus fermée du Japon.
    Jeune Française n'ayant jamais voyagé, elle arrive pleine de naïveté dans un monde aux règles incompréhensibles, à la discipline quasi militaire et où personne ne parle anglais. Aux entraînements, succèdent incompréhension chronique, fatigue extrême, typhons, tremblements de terre et fantômes. L'héroïne distingue de plus en plus mal la réalité du fantasme et emmène le lecteur vers cette frontière flottante où la réalité et le rêve se chevauchent.
    Roman initiatique sur les transformations intérieures que peut provoquer le choc des cultures, l'héroïne s'y révèle à elle-même tandis qu'elle fait découvrir au lecteur une facette méconnue du Japon. Le Ballet des retardataires est en effet un témoignage unique sur l'art du tambour japonais traditionnel.
    Le récit progresse au rythme des journées sans fin de l'apprentie, teinté d'une étrange poésie et d'un humour truculent. Le livre devient alors une sorte de partition, hommage au taïko, si méconnu en Europe.
    Le Ballet des retardataires ne se lit pas, il se déguste comme un bonbon, succulent, coloré et piquant.

  • Une romancière happée dans le tourbillon du quotidien rencontre le champion du monde d'équilibre statique à vélo. Pourquoi après chacune de leurs rencontres repart-elle pleine d'inspiration et d'envie ?
    Derrière des apparences de champion de l'inutile, elle découvre un homme passionné aux multiples facettes : aventurier, conférencier et psychologue cogniticien.
    Grâce au récit de ses voyages et aux recherches scientifiques qu'il évoque, elle va découvrir d'où vient notre motivation, notre créativité et notre capacité à réaliser l'impossible.
    À travers ce dialogue à bâtons rompus, Daphné Kauffmann et Clément Leroy nous invitent surtout à nous dépasser... en s'arrêtant.

  • Depuis quelques années, une pléthore de livres promet le bonheur à ses lecteurs. Sous des titres plus ou moins taquins, ils singent les guides de développement personnel et envahissent les librairies comme si les lecteurs étaient tellement déprimés que seule la littérature pouvait triompher là où les antidépresseurs ont échoué. On appelle communément les perles de ce tsunami littéraire des « feel good books ».
    Mais fait-on vraiment de la littérature avec de bons sentiments ?
    Seize auteurs d'aujourd'hui réunis sous la férule de Stéphane Rose ont tenté de démontrer le contraire.

  • "Le récit des Petites fées de New York démarre avec Morag et Heather, deux petites fées hautes de cinquante centimètres, portant épéé, kilt vert et cheveux mal teints, qui volettent par la fenêtre du pire violoniste de New-York, un type antisocial et obèse nommé Dinnie, et vomissent sur sa moquette. Qui sont-elles et comment sont-elles arrivées à New-York, et en quoi tout cela concerne-t-il l'adorable Kerry, qui vit dans l'immeuble d'en face, est atteinte de la maladie de Crohn et confectionne un alphabet des fleurs, et en quoi tout cela concerne-t-il les autres fées (de toutes nationalités) de New-York, sans oublier les pauvres fées opprimées de Grande-Bretagne, voilà le sujet du livre. Il contient une guerre, ainsi qu'une mise en scène fort inhabituelle du Songe d'une nuit d'été de Shakespeare, et des solos de guitare de Johnny Thunders des New York Dolls. Que peut-on demander de plus à un livre ?" (Neil Gaiman)

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  • En 1976, à Hong Kong, Tiziano Terzani rencontre un devin qui le met en garde : « Ne prends surtout pas l'avion en 1993 ! » Seize années plus tard, le 31 décembre 1992, il décide de respecter la prophétie.
    Pendant un an, il voyage en train, en bateau, en bus ou à dos d'éléphant, et redécouvre une Asie que le voyageur pressé ne connaît plus.
    Cette année sans prendre les airs est le prétexte pour brosser l'un des tableaux les plus riches et les plus vivants jamais peints de l'Asie, de sa culture propre, de sa spiritualité et de ses peuples.
    Avec lui, on suit la chasse aux esprits dans les ruelles de Bangkok, l'hystérie géomancienne des généraux birmans, les pelotons d'exécution des khmers rouges au Cambodge, et l'on découvre un continent aux prises avec ses propres démons.
    Écartelée entre une modernisation à travers laquelle se dessinent les prémices de la mondialisation et des cultures ancestrales souvent garantes du lien social, c'est une zone du monde en pleine mutation où nous entraîne l'auteur.
    Dans chaque pays visité, Terzani va aussi à la rencontre de nouveaux devins, une façon de jouer avec le prétexte même de son périple et de confronter la prédiction initiale aux dires de nouveaux prophètes, pas toujours très inspirés, mais c'est surtout une façon d'approcher comme personne avant lui la spiritualité propre à ce continent si fascinant.
    Souvent comparé à Kapuscinski, à Bruce Chatwin ou à Nicolas Bouvier, Terzani signe ici un très grand livre.

  • Depuis dix ans, les Athéniens et les Spartiates sont en guerre. La déesse Athéna, lasse de voir son peuple se battre, décide d'envoyer à Athènes Brémusa, redoutable amazone peu encline au dialogue, et Métris, nymphe dont le seul pouvoir est de faire apparaître où bon lui semble des marguerites et des boutons d'or. C'est donc ce duo improbable qui se voit chargé d'une mission capitale : faire en sorte que la conférence de paix qui doit se tenir à Athènes aboutisse à un succès.
    La Paix, c'est justement la pièce que monte au même moment Aristophane, et il se pourrait bien qu'elle joue un rôle décisif dans l'accomplissement de la mission de Brémusa et Métris. Mais encore faudrait-il pour cela qu'il parvienne à la monter, car entre ses rivaux dramaturges qui monopolisent toute l'attention des citoyens, l'aspirant poète qui lui colle aux basques, l'incapacité de ses acteurs à retenir ne serait-ce qu'une réplique, et son propre mécène qui semble avoir été piqué par la mouche de la radinerie, Aristophane ne s'en sort pas.
    D'autant que chez les généraux des deux camps, la paix semble loin de faire l'unanimité... Mêlant les mouvements d'humeur de dieux tatillons, les débats politiques qui rappellent furieusement ceux du xxie siècle et les coups bas dans les coulisses d'un théâtre, Martin Millar compose une farce spirituelle et fort à-propos sur une Grèce antique aux prises avec des maux qui sont aussi ceux de notre temps.

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  • Karl et Frederick sont deux frères nés à Ters, une ville imaginaire d'Albanie qui cristallise à merveille l'histoire chahutée des Balkans.
    À la mort de leur père, un fervent stalinien qui a baptisé ses deux fils en l'honneur de Marx et d'Engels, Karl doit revenir à Ters, où il n'a pas mis les pieds depuis plus de deux décennies.
    Les deux frères sont brutalement confrontés à leurs différences et à leurs visions antinomiques du passé, du présent et du futur.
    Karl, le fils frondeur, a coupé les ponts et émigré pour devenir écrivain. Frederick, lui, n'a jamais quitté Ters et s'est toujours plié aux convictions paternelles et aux dogmes de la patrie.
    Tandis que Karl tente de faire la lumière sur le passé de sa famille et de cet étrange territoire, Frederick préfèrerait tout ensevelir dans une omerta mêlée d'oubli. La trajectoire de chacun des deux frères entraîne le lecteur à travers les spasmes de l'Europe du XXe siècle sur deux continents.
    Gazmend Kapllani, l'une des voix les plus précieuses de la littérature européenne, a composé avec Le Pays des pas perdus un roman à couper le souffle. Cette odyssée tourmentée sur les braises de l'histoire récente illustre brillamment les dilemmes individuels et collectifs qui traversent l'Europe du XXIe siècle.

  • Le biscuit national

    Zuska Kepplova

    Comme dans L'Auberge espagnole, chacun des personnages du Biscuit national a quitté un chez soi pour s'essayer au rêve européen. Mais, si cette génération d'après la chute du mur peut voyager, contrairement à la précédente, y a-t-il vraiment un rêve européen ? Entre Paris, Londres, Helsinki et Budapest, cette génération développe parfois une certaine nostalgie du foyer, mais également une sorte de frustration polymorphe :
    - Petra est une étudiante modèle et insouciante qui travaille comme femme de chambre dans un hôtel parisien afin de financer ses études.
    - Anka est une amie d'enfance de Petra qui voyage régulièrement en Angleterre comme travailleuse saisonnière.
    - Mika est le frère de Petra, qui a transformé son prénom pour mieux s'intégrer en Finlande où il travaille pour une multinationale.
    - Natália est l'une des colocataires de Petra. Elle a choisi de partir pour Paris après avoir échoué au concours d'entrée d'une école d'arts en Slovaquie et sert des bières dans un pub irlandais de la capitale.
    - Partie étudier à Budapest, Juliana quitte rapidement la cité universitaire pour partager un appartement avec un jeune Français qui travaille sur place.
    - Enfin, « Trianon-Delta » tente de circonscrire les contours d'un surprenant triangle amoureux composé d'un Hongrois, d'une Roumaine et d'une Slovaque.

  • Saisons en friche

    Sonia Ristic

    Saisons en friche est un grand roman sur l'univers des squats. À travers des personnages attachants, Sonia Ristic restitue la saveur d'une période qui fut fondatrice dans son parcours littéraire. Elle plonge surtout le lecteur dans un tohu-bohu plein de charme où l'aventure se conjugue au collectif et où l'humain est au coeur de tout.
    Sonia Ristic a puisé dans ses souvenirs la trame de ce roman sur un collectif d'artistes tiraillé entre les mille contradictions qui ont jalonné le quotidien de la plupart des squats. Si on y croise aussi les questionnements qui nervurent aujourd'hui la société française dans son ensemble, sans naïveté ni résignation, c'est peut-être tout simplement parce que la vie y est vécue plus intensément qu'ailleurs. C'est cette énergie militante, joyeuse et d'une vigueur inouïe qui émane de ce roman tumultueux et plein de tendresse.

  • Nous sommes en 2020 et l'arrivée d'un nouveau directeur secoue la rédaction engourdie d'un célèbre hebdomadaire parisien.
    Son critique cinéma, un chroniqueur qui en a vu d'autres, observe d'un oeil mi-goguenard mi-blasé la mise en place d'un management 3.0 tandis qu'on transforme à marche forcée le journal moribond en étendard du néo-progressisme. Fini le temps du « cool », c'est l'ère du « woke » qui doit advenir.
    Plus tire-au-flanc que meneur d'hommes, notre chroniqueur doit pourtant devenir l'un des apôtres de cette mutation radicale. Cerise sur le gâteau, il est un petit peu juif aussi, ce qui ne lui avait jamais posé de problème jusqu'ici.
    Tellement peu, d'ailleurs, qu'il avait presque oublié que l'antisémitisme pouvait le concerner.
    Qu'à cela ne tienne : un comique pas très drôle, un patron se prenant pour Saint-Just, un reporter police-justice jouant les gros bras, une féministe à l'ancienne désabusée et une « social justice warrior » exaltée vont se charger de lui ouvrir les yeux.

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  • Une petite vie

    Khosraw Mani

    Une petite vie nous invite à un voyage hors des sentiers battus et des représentations que l'on peut avoir de la littérature afghane.
    L'auteur y met en scène un monde, en l'occurrence un café, dans lequel la réalité et l'imagination se mêlent. Un monde dans lequel le lecteur est invité à prendre un taxi imaginaire et à entamer un voyage vers une destination énigmatique. Dans ce café-monde, on peut croiser une musique triste, une musique joyeuse, voir une aventure advenir en un rien de temps, et le silence soudain s'installer. Comme un tableau où l'on pourrait pénétrer sans trop se demander où se trouvent les frontières entre le rêve et la réalité.
    Et si la réalité n'était que le fruit de notre imagination ?

  • Après le désagrégement de l'Union Européenne, dans un pays des Balkans renommé « Patrie populaire », tous les moyens sont bons pour façonner un endoctrinement sévère. Le parti nationaliste au pouvoir instaure un contrôle sectaire : les indésirables sont envoyés dans des camps de rééducation ou bien disparaissent sans laisser de traces, tandis qu'on dépose leurs enfants dans des Maisons du bonheur.
    C'est dans cette société hyper technologisée que revient John, ancien journaliste américain, que son ex-femme a appelé à l'aide. Il découvre que Maya, ancienne confrère qu'il aime toujours, a été punie pour ne pas avoir respecté la censure : on lui a enlevé sa fille. Maya vit, depuis, dans la soumission, avec un seul désir : récupérer sa fille en devenant une citoyenne exemplaire.
    John va devoir se rapprocher de la Résistance pour tenter de retrouver la fille de Maya (qui est aussi la sienne), n'hésitant pas à sympathiser dangereusement avec les déçus du régime.

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  • En attendant qu'une brillante carrière de scénariste s'ouvre enfin à lui, Vincent enchaîne les rendez-vous en banlieue parisienne pour placer des produits d'entretien en duo avec Joseph, le commercial le plus graveleux qui soit.
    Pétri de complexes, Vincent a pudiquement tu sa profession à la séduisante et cérébrale Noémie, préférant se présenter sous les traits d'un critique d'art free-lance.
    Une cascade de quiproquos au cours d'un vernissage d'art contemporain cataclysmique va obliger Vincent à pousser le mensonge un peu plus loin. Et si c'était l'occasion rêvée de faire aboutir enfin son projet de scénario ?
    En haut de l'affiche est une satire facétieuse des milieux du cinéma et de l'art contemporain. À travers une galerie de personnages caméléons, Fabrice Châtelain a composé une comédie désopilante et enlevée qui égratigne furieusement la société et le conformisme.

  • Dans le monde de la mode masculine, l'Italie est une référence.
    Londres possède Savile Row, Paris ses groupes de luxe et New York Madison Avenue, mais le génie de l'Italie en matière d'élégance masculine est incontestable.
    Bien au-delà de ses marques mondialement célèbres, l'âme du style italien se niche dans les ateliers et les salons de vénérables artisans qui, depuis des générations, créent les plus beaux vêtements qui soient.
    Hugo Jacomet, le célèbre « Parisian Gentleman », est parti à la recherche de cette âme et de cette main italiennes. Trois ans de voyages en Italie, du Piémont à la Sicile, ont permis de lever le voile sur ces artisans qui, trop souvent dans l'ombre, habillent les hommes les plus élégants de la planète.

  • Peu après les attentats du 11 septembre 2001, la journaliste italienne Oriana Fallaci publie un article puis un livre intitulés La Rage et l'orgueil, dans lequel cette grande figure progressiste italienne s'en prend au monde musulman dans son ensemble. Les musulmans y sont comparés à de « nouveaux croisés » et les imams à des « guides spirituels du terrorisme » dont les mosquées « grouillent jusqu'à la nausée de terroristes ou d'aspirants terroristes ».
    Effondré par les outrances d'une femme dont la carrière de brillante intervieweuse l'avait amenée à dialoguer avec le Shah d'Iran, Willy Brandt, Lech Walesa, le colonel Kadhafi, Yasser Arafat, Indira Gandhi, à se débarrasser de son voile devant l'ayatollah Khomeini ou encore à faire admettre à Kissinger que la guerre du Vietnam s'était avérée « inutile », Tiziano Terzani s'attelle à la rédaction d'une réponse, qui va prendre la forme de lettres adressées à son petit-fils Novalis.
    Ces Lettres contre la guerre sont d'abord l'oeuvre d'un Occidental qui a passé près de la moitié de sa vie en Orient, sans jamais y perdre ses racines ni son cartésianisme. Mieux que quiconque en Europe, il a senti la nécessité du dialogue Nord-Sud et Est-Ouest, et l'absurdité non seulement de la guerre dite « contre le terrorisme » mais aussi de toutes les guerres menées sous les prétextes de « modernité » ou de « civilisation », et qui ne sont souvent que les cache-nez de l'avidité des hommes et de leur soif de pouvoir.
    Fidèle à sa méthode de grand baroudeur du journalisme, c'est depuis le Pakistan et l'Afghanistan que Terzani écrit la plus grande partie de ces lettres.
    Là, il comprend « le drame du monde musulman dans sa confrontation avec la modernité, le rôle de l'islam en tant qu'idéologie antimondialisation ».
    Ce texte est visionnaire à plus d'un titre. Au détour de chaque phrase, on y décèle les erreurs qui furent celles de l'Occident dans son rapport au monde musulman et plus largement à toutes les autres cultures, avant et après le 11 septembre 2001.
    Lettres contre la guerre, d'où émanent à la fois une colère sourde et un pacifisme de combat, est une contribution essentielle au débat géopolitique mondial et une pierre cruciale sur la voie de la paix des nations. Sa lecture, près de quinze ans après sa rédaction, n'a jamais semblé aussi nécessaire.

  • Alors qu'elle corrige des copies sur le thème d'Orgueil et Préjugés de Jane Austen, Anne Robatel voit apparaître le point médian. C'est la première fois qu'elle en rencontre un dans une copie d'élève, mais la parité que ce point entend promouvoir suscite depuis plusieurs semaines des débats passionnés dans les classes où elle enseigne la littérature anglaise et la traduction.
    Perplexe, Anne Robatel commence à coucher sur le papier les mille contradictions que ce petit signe typographique fait vibrer en elle.
    Un essai, déjà, prend forme.
    S'appuyant sur des anecdotes personnelles, convoquant aussi bien des références à Virginia Woolf qu'à Shakespeare, interrogeant son propre féminisme et son expérience de l'enseignement des langues française et anglaise, elle tente avec malice, justesse et intelligence, de trouver un point médian entre féminisme et amour de la langue française.
    Elle invite surtout le lecteur, dans ce revigorant essai, à une réflexion apaisée sur un sujet devenu polémique.

  • L'écuyère

    Ursula Kovalyk

    Pendant les années 1980, dans une petite ville de la République socialiste tchécoslovaque, Karolína approche de l'adolescence dans une famille pas comme les autres. Pour fuir une mère obnubilée par ses nombreux petits amis et une grand-mère qui porte un couteau sur elle en permanence, Karolína rejoint dès qu'elle le peut un centre équestre à la périphérie de la ville. Là, elle se lie d'amitié avec Romana, une fille avec une jambe plus courte que l'autre, et avec Matilda, une cavalière et formatrice qui aide les deux filles à se dépasser. Ensemble, elles forment bientôt une équipe de voltige équestre détonante, tandis que l'univers de Karolína s'élargit avec la découverte de Pink Floyd, du tabac et, surtout, d'un talent secret :
    Une aptitude à voir au plus profond de l'âme des autres. C'est alors que la fin du bloc de l'Est et l'irruption soudaine de l'économie de marché vont bouleverser ce fragile équilibre.
    L'Écuyère est un roman poétique et caustique sur l'adolescence.
    C'est aussi une évocation spasmodique et rebelle de la double révolution à laquelle une jeune fille pleine de rêves et un pays tout entier sont soumis au même moment.

  • 1421 suit les traces de Zheng He, l'amiral chinois du XVe siècle qui, à la tête de sa fl otte, aurait découvert l'Amérique 70 ans avant Christophe Colomb, l'Australie 350 ans avant Cook, et réussi le tour du globe un siècle avant Magellan.
    L'auteur déroule l'histoire à la manière d'un roman policier, où l'on côtoie les balbutiements de la navigation astrale dans l'hémisphère sud et l'avancement incroyable de la technique maritime orientale juste avant le grand isolement chinois. 1421 est une enquête au long cours qui fi nit par nous apprendre une vérité dissimulée (ou commodément oubliée) depuis plus de 500 ans : les grands navigateurs européens n'étaient sans doute que des nains juchés sur les épaules des géants asiatiques qui les avaient précédés.

    1 autre édition :

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