La Bibliotheque

  • Les abattoirs de Chicago représentent un moment crucial de l'aventure industrielle et du bond en avant de l'Amérique en cette dernière partie du XIXe, développement du train, invention du wagon réfrigéré, extension des marchés, travail à la chaîne, abattage de masse... A la suite des remarquables travaux de Siegfried Giedion, La Mécanisation aux pouvoirs, nous avons voulu dans ce bref essai revenir sur l'événement Chicago et ce qu'il représente comme conséquence. Peut-on dire qu'il existe un miracle de Chicago comme il a existé un miracle grec, tant les techniques, les audaces, l'absence de scrupule, la force illimitée ont toutes les marques d'une réussite industrielle exemplaire ? Ou peut-on plus prudemment tâcher de montrer les conséquences sur l'homme et sur la vie animale ? Ce que nous avons dénommé « le monde humain ».
    D'un village indien au début du XIXe siècle à une métropole d'un million sept cent mille habitants un siècle plus tard... C'est cette histoire que nous allons esquisser, voir le monde humain surgir d'une plaine immense et sauvage, histoire des abattoirs de Chicago, histoire troublante, inquiétante, révélatrice de ce qui nous arrive, nous entoure, nous enveloppe.

  • Le texte sur le Castor dans L'Histoire naturelle est un des plus longs consacré à un animal. C'est dire combien Buff on était fasciné, mieux le castor mettait en doute l'édifi ce cartésien qu'il s'était construit.
    Et ce doute, on le voit à plusieurs reprises dans l'oeuvre, Buff on le chérit. Ce jeu avec la coupure radicale humaniste, il l'entretient. La confrontation avec Le Discours est aussi très éclairante. Le sommeil des animaux, le jeu de balance, etc.
    Et puis il y a l'extraordinaire ingéniosité du castor au contact de l'eau, de la complexité de ses courants, de ses variations, de ses forces, barrages, cabanes, calcul des résistances, etc. Animal-faber qui pourrait en remontrer à beaucoup. Outre cet étonnement devant cette habileté, Buff on va jusqu'à adopter un castor du Canada.
    Les deux textes nous interrogent sur l'intelligence du vivant, la place de l'homme dans la nature, questions essentielles dans les impasses que nous avons tissées.

  • Ce premier tome qui présente trois heures de Paris vues en 1900 et en 2020 s'inscrit dans un ambitieux projet de trois tomes et de neuf heures parisiennes.
    Tout part des Minutes parisiennes, entreprise de l'éditeur Ollendorff autour de 1900. Écrivains et graveurs devaient dépeindre 24 heures de Paris heure par heure. Il n'y en eut que onze de réalisées.
    La Bibliothèque emboîte le pas d'Ollendorff, ajoute textes, dessins et photographies d'aujourd'hui. Paris 1900 et Paris 2020 dialoguent...
    Ainsi à 7 h du soir, Louis Stéphane Ulysse et Thomas Beulaguet répondront à Gustave Geffroy et à Joaquim Sunyer ; à 9 h du soir Jean-Philippe Domecq (texte et photos) répondra à Jean Lorrain et à Théophile Alexandre Stenlein ; à 8 h du matin, Nadja (texte et dessins) répondra aux 10 h du soir de Joris Karl Huysmans et à Charles Jouas.
    L'alchimie du temps qui passe, de Paris qui change s'effectue sur plus d'un siècle, dans l'esprit du lecteur qui lit successivement une heure ancienne et une heure actuelle. Précipité passionnant de la cité, expérience, rêverie qui se dégage de ces rencontres.
    Paris change et ne change pas. À la lecture de ces voyages dans le temps on se posera la question. Les rues, la disposition des immeubles, la grande toile d'araignée... Le Dictionnaire historique des rues de Paris de Jacques Hillairet datant de 1963 aurait pu être aussi bien lu par l'équipe de 1900 que par celle de 2020, à quelques modifications près... Nous verrons que c'est dans la manière de voir, dans les consciences des Parisiens, que Paris change encore davantage.

  • Sous l'égide de Verlaine et autour de trois maîtres en peinture, Magnasco, Arcimboldo, Magritte, cet ouvrage explore et raconte la part d'ombre de la bibliothèque, sa face cachée comme souvent ignorée.
    Cet envers du décor, si morbide qu'il paraît, ne doit pas occulter ce déjà-là fondamental : Bibliothèque est autant vivante que vous et moi. Pas seulement parce que les livres qui la font sont tout à fait vivants justement (et deux livres y suffisent, exactement comme la paire d'oeil à votre vue) mais parce qu'elle est une personne, qu'elle a un visage, ce que suggère son prosôpon : ce terme grec désignant archaïquement la figure humaine comme la façade d'un bâtiment.
    Peu avant sa mort (1896), Verlaine rédige son recueil biblio-sonnets, treize poèmes commandés par Pierre Dauze pour sa Revue biblio-iconographique. On y trouve ce vers, clôturant le poème Pauca Mihi : « De devenir biblio-chose aussi ! » Etre biblio-chose, « cette chance immense » et « malheur triplement réussi » nous lance Verlaine et en effet ses sonnets explorent les deux faces, l'une lumineuse, l'autre macabre de la chose livresque.

  • De quoi s'agit-il cette fois, à quel aspect de notre humanité s'intéresse Michéa Jacobi. Oh !
    Une phrase de Robert Musil nous mettra vite au parfum : « Notre désir n'est pas de ne faire plus qu'un seul être, mais au contraire d'échapper à notre prison, à notre unité, de nous unir pour devenir deux, mais de préférence encore douze, mille, un grand nombre d'êtres, d'être ravis à nous-mêmes. » Et selon sa méthode qui n'est ni directive, ni commune, Michéa Jacobi nous fait rencontrer vingt-six évadés, de Judas en passant par Olympe de Gouges, sans oublier ni Obama, ni Hokusaï.
    Chacun de ses livres n'est pas seulement un élément de l'humanité, mais aussi un ferment de liberté, tant la variété, la fantaisie de destins nous offrent de chemins.

  • En 1889, âgé de 23 ans, déjà auréolé d'une réputation de génie précoce, Rudyard Kipling traverse les Etats-Unis. Il y passera quatre mois et avec cette énergie qu'il avait déployée aux Indes en tant que jeune reporter et factotum du journal anglo-indien The Pioneer, il arpente le pays tout entier, visite San Francisco, pêche le saumon, côtoie cow-boys et industriels, visite les abattoirs de Chicago. Ce premier contact d'un jeune écrivain d'une culture anglo-indienne à l'esprit acéré, avec l'Amérique en dévoile bien des aspects toujours d'actualité avec une verve et une drôlerie réjouissante : le port d'arme, le philodollarisme, la presse, le pragmatisme sans frein. Et curieusement, son témoignage acerbe recouvre celui qu'un autre Anglais, a priori plus humaniste, fit trente ans plus tôt : Charles Dickens.

  • On connaît Monsieur Teste, Charlot, Bartleby, mais on ne connaît pas encore Monsieur Néant. Il échappe d'ailleurs à son créateur, Emmanuel Moses, hébété, muet, surpris... Vous, moi quand l'aile du burlesque vous frôle et la brume vous auréole.
    Emmanuel Moses a écrit récemment Dieu est à l'arrêt du tram, Les anges nous jugeront, il manquait Monsieur Néant.
    Il s'agit d'un texte inclassable, proche de Tardieu, entre la description, la vision poétique et le burlesque. N'appartenant pas à un genre bien défini, sinon celui très gauchi du portrait ou de l'autoportrait, Emmanuel Moses se livre à un exercice subtil de dépeçage d'oignon pour notre plus grand plaisir. Qui est donc ce quidam ? Lui, une ou plusieurs de ces projections, une ombre comique et maladroite de film muet... Utilisant ses souvenirs, son journal, ses observations, son sens poétique Emmanuel Moses crée Monsieur Néant à moitié Chaplin, à moitié Socrate et nous l'offre par une série de saynètes, sa vie quotidienne, son rapport aux autres, ainsi qu'une certaine vision de la société, humaine ou satirique selon l'humeur. L'ensemble fait environ 160 pages et il doit y avoir une vingtaine de "chroniques", celles-ci pouvant aller de quatre ou cinq lignes à trois pages.

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  • 26 portraits d'hommes et de femmes de toutes les époques et de tous les pays qui dessinent différentes manières de jouir, que ce soit par le vin, la nourriture à outrance, l'opium, les arts, les ébats de la chair, l'amour de Dieu ou celui de la nature. Sont notamment évoqués l'artiste Louise Bourgeois, la danseuse Franziska Elssler, le cuisinier Taillevent ou le philosophe Zhu Yang.

  • Le Corps des Libraires rassemble 21 histoires dont librairies et libraires sont les principaux protagonistes.
    Il évoque des librairies célèbres ou historiques. Il lève le voile sur certaines librairies choisies, que les amateurs de livres fréquentent sans tapage comme d'autres visitent des coins à champignons.
    Le Corps des Libraires est à la fois un livre d'histoire(s) et un guide. On y rencontre des revenants, des livres providentiels, des labyrinthes et des libraires héroïques, quelques personnages pathétiques et bien d'autres anecdotes curieuses.

  • Le 10 et 11 février 1918 durant le conflit entre l'Italie et l'empire austro-Hongrois trois hors-bord équipés de torpilles vont accomplir un périple de 14 heures de navigation à travers les mailles des défenses Autrichiennes pour couler leurs navires de guerre mouillant au fond de la baie de Buccari.
    L'entreprise d'une vraie audace, de peu de conséquences militaires, les torpilles se perdant dans les filets de protection, eut de grandes conséquences morales :
    Retentissement national et international (articles dans le New York Times, le Figaro, Ouest Eclair, etc) et une influence incalculable.
    D'Annunzio participa à ce raid. D'ailleurs, le récit court et beau jamais traduit en français est du très bon D'Annunzio. Panache, portraits de marins, homosexualité souterraine et guerrière (Genet n'aurait pas fait mieux), amour éperdu de l'Italie, vitalité, sens de la phrase épique. Il laissera trois bouteilles dans la baie, contenant une lettre adressée aux ennemis autrichiens. Et s'ils ne les ont ni trouvées, ni ouvertes, ni lues, D'Annunzio en dévoile le contenu urbi et orbi Michel Orcel, romancier, poète, essayiste, traducteur de l'Arioste, de Jerusalem délivré présente et traduit ce texte. Il a en outre réuni un dossier : notes, index, articles de journaux sur la Beffa di Buccari, ainsi qu'un extrait d'un article très intéressant paru dans La Revue des deux mondes, « Une visite au commandant d'Annunzio » de Marcel Boulenger.
    Ce livre peut être inclus dans les livres célébrant le centenaire de la guerre de 14-18.

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  • En regardant les images filmées il y a quatre-vingts ans lors des Jeux olympiques de 1936, on en oublierait qu'elles ont été tournées en plein coeur de l'Allemagne nazie.
    Le triomphe de Jesse Owens qui remporte à Berlin quatre médailles d'or (au 100 mètres, au 200 mètres, au 4x100 mètres et au saut en longueur) semble consacrer encore aujourd'hui la victoire du sport et de l'idéal olympique, comme si le jeune athlète noir américain avait été notre champion, et qu'il était parvenu, sportivement, à vaincre le monstre nazi.
    L'exploit superbe de Jesse Owens est incontestable, mais cette belle histoire à laquelle nous aimerions croire, n'est qu'un arrangement avec la réalité, une fiction dans laquelle le sport a été un alibi.
    /> En héritant des XIe Olympiades attribuées à la ville de Berlin avant son arrivée au pouvoir, Hitler avait bien compris que cet événement mondial devrait être un instrument décisif dans la prise de contrôle de la société allemande par le parti National-socialiste en même temps que les Jeux offriraient une vitrine grandiose pour la reconnaissance internationale de l'Allemagne nazie.
    Le livre de Jérôme Prieur raconte en détail cette gigantesque opération de propagande commencée dès 1933, ainsi découvre-t-on la préparation, l'orchestration et la mise en scène d'un spectacle qui fut bien moins sportif que politique, et les Jeux de 1936, un jeu avec les apparences.

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  • Le premier ouvrage de collection de la Bibliothèque Interdite ! Ce véritable livre d'histoire de 96 pages (format A4, tout en couleur) sur la croisade des mondes de Sabbat retrace l'ensemble de la campagne depuis la fondation de la croisade par le maître de guerre Slaydo jusqu'à la victoire sur Hérodor et la rumeur d'incarnation de la Sainte (qui se déroule dans le roman Sabbat Mater). Ce livre magnifique regorge d'illustrations originales, de cartes d'état-major et fourmille de milliers d'informations sur cette croisade pendant laquelle se déroule les aventures des Fantômes de Gaunt. Il a été écrit par Antonid Biota, tacticien expérimenté, présent en première ligne et qui a participé aux combats dès la première heure.

  • Les boxeurs raccrochent les gants, les rois abdiquent, il arrive que les papes eux-mêmes déposent leurs tiares. Elvis Presley assassine lentement Elvis Presey sur scène, Arthur Rimbaud passe du commerce des rimes à celui de l'ivoire et le troubadour Folquet de Marseille abandonne la lyre pour se faire inquisiteur. La gloire les a élus ou ils l'ont scrupuleusement poursuivie et voilà qu'il la quitte pour devenir eux-mêmes et moins qu'euxmêmes quelquefois. Ils triomphaient et voilà qu'ils rejoignent ceux qui n'ont même pas eu besoin de grandeur pour s'abstenir d'être grand. Ceux qui ont laissé choir le sexe, la bonne chère ou le simple plaisir de vivre, tous les anachorètes, les ermites et les sâdhu enfouis dans des fosses, perchés sur des colonnes ou cachés dans des frondaisons.
    D'Antoine, sombre initiateur de l'érémitisme à Sabataï Zévi faux messie apostasiant sa foi en passant par Brigitte Bardot tournant pour de bon le dos au cinéma, le paysan Komal Raj Giri se faisant stériliser à Katmandou ou le calligraphe Xu Weï s'écrasant les couilles à coup de maillet, Michéa Jacobi, Plutarque au petit pied, fait en 26 biographies un inventaire hétéroclite.
    Et Michéa Jacobi va croquer quelques-uns de ces fainéants.

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  • Lorsque Montaigne écrit : « Quand je me joue à ma chatte, qui sçait si elle passe son temps de moy plus que je ne fais d'elle ? » (Essais, livre II, chapitre 12), il introduit deux éléments dans la relation entre humains et animaux : la dimension du jeu, qui suppose une conscience avancée de la fiction et du faire-semblant, et la dimension de l'altérité et de la réciprocité des points de vue.
    Françoise Armengaud prend pour point de départ ces quelques lignes que Montaigne consacre à sa chatte pour explorer les écrits et la pensée du philosophe du point de vue de sa chatte. C'est en quelque sorte Montaigne « revisité » par un petit félin qui se révèlera parfois fort impertinent.
    Le « pitch » de cette fantaisie-fiction est la découverte par le chat Archibald (chez qui habite FA) du manuscrit des Mémoires de Pelote, ladite chatte. Cette chatte était jusqu'ici une parfaite inconnue. L'auteure lui donne voix et figure en écrivant son histoire, et en nous mettant sous les yeux la vie de Montaigne telle qu'elle la partage avec lui, ainsi que sa philosophie et sa sagesse.Cette chatte ne pouvait être que Chatte de Bibliothèque. Elle vit dans la « librairie » de la tour du château.
    C'est pour Montaigne une observatrice et une partenaire qui ne se prive point de bouffonner. Le dernier chapitre présente, à la manière anglo-saxonne, un portrait de Montaigne « en chat » : as a cat.
    Cette fantaisie doit réjouir le lecteur, mais, bien qu'agrémentée de nombreux entrechats, c'est une fantaisie érudite et sérieuse : la plupart des points concrets sont historiquement avérés (une fois admis l'anthropomorphisme du récit félin).

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  • Activez toutes les fréquences du voix-net.
    Auto gamma cinq-cinq-deux. Outrepassez relais sys.nav. A toutes les forces impériales dans le secteur loki. Système de défense orbital de Rynn franchi, batteries surface-orbite insuffisantes. La flotte Crimson Fist a subi de lourdes pertes et doit se retirer. Les Orks débarquent sur Rynn. Situation critique. Sans aide, la planète va probablement tomber. Demande envoi de renforts de... Transmission interrompue.
    Il n'y a que l'empereur. Il est notre bouclier. Il est notre protecteur.

  • Mauriac écrivait ses Mémoires intérieurs, il s'agissait de ses lectures et d'une certaine façon, il constituait un autoportrait à la manière du Bibliothécaire d'Arcimboldo. C'est ce que tisse dans ces pages Hubert Haddad, partant d'une défense du roman et du style, il nous invite à partager ses préférences : l'aborigène Paul Wenz, le syndrome d'Elpenor, belle variation autour de la phrase de Gracq : « Même tombée au rang de joujou, la noblesse du rail demeure pour moi imprescriptible. », puis c'est Proust et la musique, ce cher Julien Gracq et même Hugo et sa prodigalité, Chateaureynaud, qu'Hubert Haddad entrevoit- ils sont amis, ils ont à peu près le même âge- en se penchant sur son miroir, et enfin Modiano, dont une lecture à la fois politique, critique et sagace révèle les ombres qui sont celles de notre après-guerre français. Huit facettes d'inspiration, de respiration, aussi habitées les unes que les autres, et qui font qu'Hubert Haddad est Hubert Haddad.

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  • Voici un ovni, un objet rare, peut-être un livre culte comme M. Teste que nous livre ici Fabrice Hadjadj d'où l'on sort étonné, cabossé d'une parabole sur notre monde d'aujourd'hui, quand les signes obligés de la réussite nous cachent l'accès à la simplicité du monde.
    C'est de se défaire qu'il s'agit.
    « Si cet opuscule tombe entre tes mains, lecteur, c'est que tu as commencé de sentir à quel point les livres de pensée positive, de mindfulness et de développement personnel passent à côté de quelque chose d'essentiel au creux de toi : la part risible et pitoyable, celle qui décourage les meilleures volontés, celle qui ne fait pas recette... En un mot, tu le devines sans arriver à l'admettre : le fond de ton être est clown.
    Voici enfin 99 bonnes leçons qui ne t'empêcheront plus de trébucher contre cette vérité. »

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  • Après Abattoirs de Chicago, le monde humain, l'interrogation se poursuit sur ce qui est en train de nous arriver. Cette fois, ce ne sont plus les abattoirs, Chicago, l'Athènes du monde industriel, mais quelques centaines de mètres de plages normandes, des falaises du Jurassique, la faune des oiseaux, la mer, l'envie de voler et de nager et au large le va et vient incessant des porte-containers qui alimentent de la Chine ou d'ailleurs la chorégraphie de la consommation.
    Le monde humain déjà évoqué dans le premier ouvrage se redouble ici de la question de la planète terre, comment s'est-elle formée, avec quelle lenteur, sinuosité, les falaises, la faune leur observation, les citations de Darwin en miroir du pas du marcheur et ce soupçon qui frôle la certitude qu'on est en train de défaire ce qui a mis tant de temps à se constituer dans une richesse de formes, de vies incroyables qu'on a sous les yeux et qui ne se résume pas à des écrans et à nos mille et une manières de communiquer sans voir.
    Et s'il n'était même plus nécessaire d'aller loin, s'il suffisait de marcher en dehors des villes et d'observer. Une sorte de petit discours de la méthode à la portée de chacun et que chacun peut faire.
    Ce livre est un bréviaire d'observations, de contes, il raconte des histoires autour de l'anthropocène, c'est-à-dire le moment où on ne peut plus se contenter de l'histoire humaine et qu'il faut bricoler, jouer autrement.
    Et le souci de faire un livre vivant, nourri de fables : vies parallèles du loup chasseur de saumon et de l'homme qui invente le crawl, des liens entre le corbeau et le cormoran, de l'homme qui brisait l'horloge du roi, des nuages vus par des peintres obsessionnels. Et Darwin en vieux sage à barbe blanche mettant un peu de raison.
    Et les vignettes de Thomas Beulaguet, comme des notes de musique.
    Juste pour épingler ce tout doit disparaître de boutique de fringues du monde humain.
    Les deux livres, l'un à Chicago, l'autre sur une plage normande tournent autour de la même inquiétude, forment un diptyque.

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  • Encore un livre de la collection de L'Ecrivain Voyageur consacré aux îles, après celles d'Aran, de Capri, celles disparues de Paris, ces livres sont aussi de petites îles où le lecteur peut se rendre. Le texte de Joachim Sartorius joint les faubourgs d'Istambul aux îles, nous offre un festin à Prinkipo, découvre le balcon du monde. Nous apprenons des pans de l'histoire turque et des récits de pêcheur. Beaucoup de saveurs et de musique aussi. Nicolas Bouvier y aurait trouvé son compte. Les îles sont ici des miroirs de chacun.

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