Poli-politique De L'image

  • Depuis l'annonce d'un « tournant visuel » au début des années 1990, la vision s'est imposée comme un mot-clé dans les sciences humaines et sociales. La visualité, en dépit d'usages foisonnants dans les débats anglo-américains, demeure une notion plus méconnue. À l'appui de la première traduction française du texte fondateur de W.J.T. Mitchell sur le pictorial turn, cette anthologie propose une brève archéologie des Visual Studies comme champ d'études politiques sous la forme d'un tour d'horizon de ces notions polysémiques et plurielles.
    Des savoirs féministes sur l'image au rôle séminal du visible dans l'oeuvre de Michel Foucault, des icônes byzantines aux stars d'Hollywood, les six textes rassemblés constituent une anthologie à la fois critique et accessible, qui éclaire les mutations de la pensée politique contemporaine. Reprenant l'argument d'un célèbre ouvrage collectif édité par le critique d'art étasunien Hal Foster, Visions et visualités en questionne l'héritage intellectuel trente ans plus tard, après l'essor global des études visuelles. Où l'on apprend que la visualité n'est pas réductible à un regard socialement construit, mais qu'elle désigne historiquement une capacité politique : une vision en mesure de redéfinir ce qu'est aujourd'hui l'imagination de l'égalité et de l'émancipation.

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  • Sexe en public. Coordonné par Nelly Quemener et Florian Voros. Ce neuvième numéro de la revue POLI - Politique de l'image, intitulé « Sexe en public », interroge les formes contemporaines de publicisation de la sexualité. L'émergence de nouvelles normes de pudeur, ainsi que l'instauration d'une régulation étatique de la pornographie, ont constitué au cours du XIXème siècle les images, objets, corps, relations et émotions sexuelles en des entités « obscènes », c'est-à-dire sommées de rester en dehors (ob) de la scène (scena) de la représentation publique. Or on assiste depuis plusieurs années à une relative banalisation culturelle de la pornographie, dont les codes se voient de plus en plus réappropriés dans des domaines culturels légitimes ou grand public, des musées d'art contemporain aux clips musicaux pop et hip-hop des majors de l'industrie musicale. Surtout, le web et les nouvelles technologies s'imposent comme des espaces tout à la fois de domestication du porno et de publicisation de la sexualité, ainsi que le montrent les usages érotiques des technologies mobiles ou la mise en ligne sur les porntubes de vidéos amateur. Des débats autour la « sexualisation » et la « pornification » de la culture aux sociabilités sexuelles sur les réseaux sociaux, en passant par la mise en visibilité au sein du web et des festivals de cinéma de sexualités alternatives, féministes ou queer, il s'agira dans ce numéro d'explorer la place tout à la fois centrale et marginale de la sexualité dans l'espace public, et d'interroger les tensions qui traversent ces logiques simultanées de privatisation et de publicisation.

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  • Le numéro 3 de la revue Poli - Politique de l'image est entièrement consacré au discours écologique et à ses représentations. Entre discours militants et stratégies commerciales, les représentations écologiques traversent aujourd'hui l'ensemble du paysage culturel. Du cinéma au jeu vidéo, des documentaires animaliers à la publicité, ce troisième numéro identifie l'empreinte de l'écologie dans les produits culturels actuels.

    Au-delà du « greenwashing », ce numéro sonde les modifications profondes que le moment écologique opère actuellement sur les industries culturelles et créatives. À travers une dizaine de contributions provenant de chercheurs et de professionnels, il revient sur le tournant vert de ces dernières années qui a émergé conjointement à la multiplication des circuits de l'information, retraçant l'avènement possible d'un âge éco-médiatique. Entre autres contributions : Emmanuel Paris interroge les rapports entre la « classe créative » et les discours écologiques médiatiques ; Laurent Jullier et Jean-Marc Leveratto reviennent sur la leçon d'écologie d'Avatar ; Judith Halberstam se penche sur « l'anthro-pomorphisme créatif » du cinéma d'animation numérique ; Ferenc Fodor analyse le lexique propre au récit médiatique du « changement climatique » ; le développeur Jenova Chen questionne les repré-sentations écologiques au sein des jeux vidéos ; Sylvain Menétrey questionne l'agriculture selon Farmville, le célèbre jeu intégré à Facebook ; quant à Charles-Antoine Courcoux, il réécrit l'histoire du cinéma catastrophe au prisme de sa figuration de l'environnement.

    Il s'agit là d'un numéro transmédiatique, interrogeant l'impact de l'écologie sur l'ensemble des champs de la représentation.

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  • Questionne le rôle de l'archive dans les pratiques culturelles contemporaines. Longtemps restée une profession de l'ombre, l'archiviste est désormais un rôle culturel ordinaire. Depuis l'avènement des environnements numériques, la recherche de document et la sauvegarde en ligne, sur des réseaux sociaux, dans "les nuages" ou sur des plateformes sécurisées, sont aujourd'hui des actions quotidiennes qui témoignent de nouveaux rapports à l'information.
    Archives périssables, indéchiffrables ou partielles, les promesses de l'archive relèvent de l'incertitude. À leur fragilité matérielle répond une fragilité sémiotique, car archiver c'est anticiper la pertinence à venir d'un récit dont la signification future est pourtant sans garantie. La chronopolitique de l'archive consiste alors en une mise en ordre du présent. Instrument d'écriture de l'histoire, les archives produisent activement les mondes qu'elles documentent, constituent les traces qu'elles prétendent préserver.
    Le mode opératoire de l'archive est celui d'une externalisation de la mémoire. Qu'ils peuplent les étagères des institutions ou occupent l'espace de nos disques durs, les documents archivés apparaissent comme autant d'injonctions à l'oubli ouvrant à de possibles redécouvertes. L'archive n'inviterait-elle pas à substituer l'architecture du récit institué aux mouvements frénétiques de la mémoire ? L'archive n'inciterait-elle pas à figer un souvenir déjà presque oublié ? Ne manifesterait-elle pas une tentation de clôture de la perception ? La dissonance entre archive et mémoire ouvre à la relativisation des réalités qu'elles modèlent.
    C'est cet état de tension qui anime ce numéro de POLI, qui s'essaye à faire promettre à l'archive que nos mémoires vivent.

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  • Comment appréhender les pratiques professionnelles qui s'exercent au quotidien dans les musées, pour poser un regard critique sur cette institution ? La liste des identités et pratiques professionnelles qui se déploient dans et autour de l'espace muséal s'est allongée depuis les grandes rénovations entamées dans les années 1980 en France. Si certaines de ces professions font l'objet d'enquêtes sociologiques - comme les conservateurs ou médiateurs - la multitude de professionnels qui construisent le musée demeure souvent masquée par la voix unique et officielle de l'institution. L'exposition est par exemple souvent étudiée en tant que lieu de discours et de représentations, elle l'est plus rarement en tant que résultat d'un processus de production particulier qui met en jeu une diversité d'acteurs. Les objets exposés comme l'organisation spatiale et matérielle de l'exposition et de sa visite portent toutefois la trace de ces pratiques qui se déroulent dans les espaces "réservés au personnel". Ce douzième numéro de la revue POLI propose un détour par les coulisses pour investir l'espace muséal par les pratiques professionnelles restées dans l'ombre en raison de leur caractère usuel et routinier. Il souhaite ainsi interroger leur rôle dans la manière dont les musées s'énoncent, se représentent et établissent un rapport particulier avec leurs publics.

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  • Publier une photo de soi en ligne, dénoncer des discours de haine sur les réseaux sociaux, contribuer à des logiciels open source ou financer un projet artistique collaboratif sont des activités qui relèvent a priori du loisir, du don ou de la passion.
    De même, faire quelques heures de cuisine, de bricolage, de livraison ou de traitement de données pour des client·es rencontré·es via des applications mobile relève a priori du travail autonome et indépendant. Ces activités se développent pourtant de plus en plus sur des plateformes qui incitent les internautes à la productivité, mobilisent du temps et de l'énergie, transforment les activités privées et subjectives en valeur économique, imposent un encadrement contractuel à la défaveur des usager·es et n'offrent au mieux qu'une rémunération précaire. Peut-on alors parler d'une nouvelle forme d'exploitation, qui serait spécifique au capitalisme des plateformes numériques ?
    Ce numéro de Poli - Politique de l'image examine les mécanismes de subordination et d'appropriation du travail dans un contexte de généralisation de l'usage des technologies numériques et d'approfondissement conjoint des dimensions marchandes et participatives d'internet. Discutant la pertinence des concepts de reproduction sociale, d'audience labor, d'usine sociale, de travail immatériel, de digital labor ou de venture labor, les contributions réunies dans ce numéro interrogent à la fois la nouveauté et l'historicité des modèles économiques et des expériences de travail liées au web 2.0.

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  • Champ d'intervention intellectuel concerne d'ordinaire les politiques de l'image ? Tout simplement parce que le fait sonore entretient de multiples relations avec le visuel, et à l'heure où la notion de « culture visuelle » peine encore à s ' imposer po l i t iquement dans le monde francophone, il s'agit, en premier lieu, de repenser la complexité des rapports entre le son et l'image, de mettre en évidence l'articulation du visible et du sonore dans un continuum sinon matériel, au moins de rapports de forces. Les perceptions visuelles et auditives sont distinctes, le fait est entendu, pourtant l'ensemble de ce qui composait l'expérience sensible a été (re-)défini par l'artisanat scientifique, l'industrie et les médias, les possibilités mécaniques de l'enregistrement conférant une nouvelle matérialité tant aux images qu'aux sons.
    Leur articulation est forte, mais encore s'agit-il de la penser comme un problème scientifique et politique de plein droit.
    Ce numéro s'est construit par couches appliquées progressivement autour d'un long entretien avec Jonathan Sterne dans lequel celui-ci retrace le travail effectué pour l'écriture de son ouvrage Une Histoire de la modernité sonore. L'auteur revient sur ses sources d'inspirations visuelles, sa distance avec la musicologie, ses affinités profondes avec les Cultural Studies, ainsi que sur la manière de repenser les formes de discipline et de répression politique par le son. Autant de thèmes que ce numéro cherche, à son tour, à mettre en résonance, en discutant aussi bien les discours d'appropriation du sonore que la matérialité revêtue par ce dernier au travers des outils d'enregistrement, de production et de diffusion, et la place qui leur est accordée dans des situations aussi différentes que les expériences artistique, ethnographique et coloniale, industrielle et numérique ou encore éducative. En somme, un objet d'étude mobile et rhizomatique, à l'écart du champ esthétique restrictivement entendu, et au plus près des

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  • Visible le contretype des films.
    Comment naît un film ? Quelle écriture, quelles images, quelles voix rendent compte du projet ? Quels documents produisent artistes et cinéastes pour se représenter leur travail, en suivre le chantier ? Mais aussi quelles sont les fausses pistes, les idées abandonnées, les collaborations impossibles ?
    Comment un film change-t-il sans cesse d'aspect au cours de sa genèse ? En partenariat avec la Fondation nationale des arts graphiques et plastiques, la Maison d'Art Bernard Anthonioz accueille dix-huit artistes et cinéastes de pointligneplan.

    Chacun revient sur sa pratique pour en élucider un des mouvements, ressaisissant un fragment de film passé ou à venir afin d'en révéler le cheminement, les traces et le devenir.
    Après plus de dix années d'un travail critique, d'édition et de diffusion de films au croisement du cinéma et de l'art contemporain, pointligneplan expose les chantiers du cinéma aujourd'hui.

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  • Des diagrammes mathématiques aux représentations satellites, des laboratoires muséaux aux jeux vidéo, ce huitième numéro de la revue Poli - Politique de l'image dissèque les modes de représentation de la science et ses procédés d'imagerie propres. À l'instar de la reproduction ordinaire médiatisant l'oeuvre d'art, l'imagerie scientifique est parfois restée discrète, voire transparente. La représentation du savant dans la culture populaire ou celle du savoir dans la culture muséale sont autant de visibilités restées dans l'ombre, auxquelles ce numéro prête une attention particulière. Il s'agit de montrer qu'au-delà de la scientificité même, l'image et le regard ont toujours été à la pointe de la culture scientifique. Ils en sont les indispensables compléments, un constat que les développements médiatiques et techniques les plus récents ne cessent de conforter.
    Véritable agent révélateur des visibilités restées dans l'ombre, ce numéro s'attache à dévoiler de nouveaux points de vue pour diagnostiquer les images de la sciences.

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  • Qu'ils soient rendus invisibles par les mécanismes de ségrégation urbaine ou qualifiés de « minorités visibles » par les institutions publiques chargées de la régulation des médias, les groupes sociaux les plus vulnérables au racisme semblent pris au piège de la dialectique du visible et de l'invisible. La catégorie de « race » elle-même peut être conçue comme une « image persistante », une trace sédimentée des cultures coloniales qui aurait perduré en imprégnant les nombreuses médiations sociales et techniques qui se superposent au regard.
    L'enchevêtrement des régimes de visibilité et du racisme se manifeste à divers niveaux : dans les modes de production de l'information et de mise en récit du monde social, dans la distribution différenciée des espaces et temps sociaux, voire dans les techniques mêmes de production du champ visuel qui sont issues d'une histoire racialement marquée. C'est ce dernier aspect que ce numéro souhaite appréhender. Aller au-delà de la question de la recomposition permanente du visible et de l'invisible pour saisir la production et reproduction technique de la « race ».

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