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Mon vrai nom est Elisabeth
Adèle Yon
- Éditions du sous-sol
- Feuilleton Fiction
- 6 Février 2025
- 9782364689572
Une chercheuse craignant de devenir folle mène une enquête pour tenter de rompre le silence qui entoure la maladie de son arrière-grand-mère Elisabeth, dite Betsy, diagnostiquée schizophrène dans les années 1950. La narratrice ne dispose, sur cette femme morte avant sa naissance, que de quelques légendes familiales dont les récits fluctuent. Une vieille dame coquette qui aimait nager, bonnet de bain en caoutchouc et saut façon grenouille, dans la piscine de la propriété de vacances. Une grand-mère avec une cavité de chaque côté du front qui accusait son petit-fils de la regarder nue à travers les murs. Une maison qui prend feu. Des grossesses non désirées. C'est à peu près tout. Les enfants d'Elisabeth ne parlent jamais de leur mère entre eux et ils n'en parlent pas à leurs enfants qui n'en parlent pas à leurs petits-enfants. "C'était un nom qu'on ne prononçait pas. Maman, c'était un non-sujet. Tu peux enregistrer ça. Maman, c'était un non-sujet.'
Mon vrai nom est Elisabeth est un premier livre poignant à la lisière de différents genres : l'enquête familiale, le récit de soi, le road-trip, l'essai. À travers la voix de la narratrice, les archives et les entretiens, se déploient différentes histoires, celles du poids de l'hérédité, des violences faites aux femmes, de la psychiatrie du XXe siècle, d'une famille nombreuse et bourgeoise renfermant son lot de secrets. -
C'est l'histoire d'une fille qui n'est pas d'accord avec l'ordre social.
Nos visages sont-ils des images, des devantures ?
Notre attention est-elle devenue une propriété, comme les terrains ?
Est-ce que quelque chose s'est cassé en nous ?
De l'enfance à l'écriture, en passant par un bar mystérieux, une maison abandonnée, un immeuble rempli de sectes, ou le sommet d'une montagne, la narratrice nous entraîne dans une odyssée parsemée de miroirs homériques, de chants d'aèdes qui nous montrent le livre en train de se faire.
Les Forces reprend et détourne les motifs du roman d'apprentissage.
Alternant le prosaïque et le théorique en un éclair, le livre se déploie dans une narration allant du tragique au comique. Nous vivons le parcours initiatique et politique de la narratrice. L'ensemble est porté par une nature perçue comme un flux incessant, une énergie vitale, dont chaque élément peut contenir la totalité. On pense à Fiodor Dostoïevski, à Samuel Beckett, à Simone Weil également dans son approche de la force.
Un roman cardinal dans l'oeuvre de Laura Vazquez. -
Aliène
Phoebe Hadjimarkos Clarke
- Éditions du sous-sol
- Feuilleton Fiction
- 5 Janvier 2024
- 9782364687516
Hannah n'est pas un chien comme les autres, c'est le clone d'une première Hannah, qui trône empaillée au milieu du salon. Elle suscite les peurs et les reproches muets du village, à mesure qu'on découvre au matin des animaux massacrés, et qu'elle-même rentre parfois ensanglantée.
Cette situation est le point de départ d'un récit de traque et de cauchemar délicatement progressif, la plupart du temps fantomatique. Jamais l'assaillant n'est clairement nommé, jamais la cible n'est clairement identifiée. Fauvel sait être une proie, mais de qui ? Dans le village, un groupe de chasseurs, tous ouvriers ou anciens ouvriers de l'usine d'eau minérale, peu loquaces et mal lotis par la vie, font naître les fantasmes, tantôt sexuels, tantôt horrifiques. Et plus particulièrement chez Fauvel, coupée du monde par sa conscience éparpillée, et chez Mitch, un jeune sociologue qui enquête sur les récits d'enlèvements par les extraterrestres, nombreux dans la région, surtout chez les anciens ouvriers de l'usine.
Au fil d'une pseudo-enquête hallucinée, le roman explore les notions de domination, d'animalité et de violence. À travers la proximité, voire l'amalgame entre animaux et humains, Aliène questionne la nature de ce qui est caché, la vie animale, et surtout l'instinct de peur. Tel est le véritable fil du récit, rarement traité avec autant de nuance et de force. -
La mer et son double
Julia Lepère
- Éditions du sous-sol
- Feuilleton Fiction
- 8 Janvier 2026
- 9782386630378
Au large de ce qui pourrait être les États-Unis, une femme surgit mystérieusement dans un lieu étrange pour en filmer les contours. La ville de P., sorte de cité western où l'errance et la torpeur sont causées par une chaleur redoutable, est peuplée de personnages singuliers : une tenancière de bar, une jeune fille qui joue avec les fantômes, un poète, un sculpteur, un pianiste. La mer suscite la méfiance, les colons gardent farouchement leurs frontières face aux Exilés.
Ailleurs, au milieu de l'océan Atlantique, une naufragée ayant perdu la mémoire se voit repêcher par un cargo trois jours après la disparition tragique d'un des membres de l'équipage, une nuit de tempête.
Ne restera à ces deux femmes qu'à trouver la sortie du labyrinthe, à rassembler les indices et ainsi reconstruire leur identité.
Un magnifique premier roman servi par une écriture incandescente, donnant à penser le langage comme refuge. -
Le livre du large et du long
Laura Vazquez
- Éditions du sous-sol
- Feuilleton Fiction
- 10 Mars 2023
- 9782364686793
Une épopée versifiée, imaginée comme une exploration du monde par les actions, les gestes, les aventures.
La narratrice vit des scènes et des idées, dans son esprit et en dehors, à toute allure. Elle est tour à tour et à la fois : folle, amoureuse, malade, sage, inquiète, calmée.
Un livre comme une encyclopédie incarnée, libre et subjective, une lecture et une auscultation du monde, allant des plus petites choses : la peau, les insectes, les atomes ; aux plus larges : les populations humaines, la guerre, les ciels. Des choses les plus intérieures : les sensations, les questionnements propres ; aux plus matérielles : la médecine, l'anatomie, l'architecture.
Une foi dans le langage rendu à sa force et à sa netteté, à ses trouvailles «brisant les verrous des choses», un vif désespoir éclatant, un humour et une vivacité, un livre aussi réjouissant que troublant.
Après La Semaine perpétuelle (Éditions du sous-sol, mention spéciale du jury prix Wepler 2021) et son anthologie Vous êtes de moins en moins réels (Points, 2022), Laura Vazquez creuse une différence, un courage. -
Le musée des contradictions
Antoine Wauters
- Éditions du sous-sol
- Feuilleton Fiction
- 4 Mars 2022
- 9782364686335
Des voix s'élèvent, s'approchent du centre de la scène qu'est ce livre et s'expriment. Ce qui les lie, c'est qu'elles portent toutes des contradictions. On pourrait s'en inquiéter, dans un monde où il faut constamment choisir son camp. Mais ici, l'homme n'est ni bon ni mauvais. Il hésite, souffre, espère et doute, comme nous tous. N'est-ce pas là l'expérience qui est la nôtre aujourd'hui ? Chercher tant bien que mal à accorder nos paroles et nos actes ? Tenter de trouver du sens là où il n'y en a plus ? Voir que les choses sont sans espoir, et pourtant être résolu à vouloir les changer ?
Une adresse aux lecteurs qui intensifie la poésie, une façon de se réapproprier le discours sous forme de nouvelles. Antoine Wauters va toujours plus avant dans l'exploration des frontières du roman, et nous le suivons. -
La Semaine perpétuelle
Laura Vazquez
- Éditions du sous-sol
- Feuilleton Fiction
- 19 Août 2021
- 9782364685833
Le père rêve d'une éponge qui lave le passé.
La mère est partie, il dit qu'elle n'existe plus.
Sorti du monde, le fils poste des vidéos sur Internet et il écrit des poèmes.
La fille ne supporte pas la réalité trop proche et toutes ces personnes qui avancent avec leurs millions de détails.
La grand-mère entend les clignements et les soupirs de chaque moustique.
Tout ce qui leur arrive est dans l'ordre du monde.
La Semaine perpétuelle est d'abord un livre sur les gens d'Internet. Écriture animiste, où toutes les choses du monde peuvent parler - où le monde est possédé. Un livre à la vivacité poétique frappante, la découverte d'une voix.
Quand son esprit monte au plafond, elle se regarde, elle se voit dans le lit, et la grand-mère ajoute un ciel sur chaque chose. Elle regarde les objets, elle fait le tour de la pièce, elle ajoute un ciel pour chaque meuble, un ciel sur la télé, un ciel sur des bouts de pain, un ciel sur les yaourts, un ciel par couverture, un ciel sur le plancher, un ciel sur le gymnase, un ciel sur chaque enfant, Salim, Sara, un ciel sur chaque tête, et un ciel sur chacune de leurs dents, un ciel sur leur front, un ciel sur chaque mèche et tout devient léger.
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Le colonel ne dort pas
Emilienne Malfatto
- Éditions du sous-sol
- Feuilleton Fiction
- 19 Août 2022
- 9782364686649
Dans une grande ville d'un pays en guerre, un spécialiste de l'interrogatoire accomplit chaque jour son implacable office.
La nuit, le colonel ne dort pas. Une armée de fantômes, ses victimes, a pris possession de ses songes.
Dehors, il pleut sans cesse. La Ville et les hommes se confondent dans un paysage brouillé, un peu comme un rêve - ou un cauchemar. Des ombres se tutoient, trois hommes en perdition se répondent. Le colonel, tortionnaire torturé. L'ordonnance, en silence et en retrait. Et, dans un grand palais vide, un général qui devient fou.
Le colonel ne dort pas est un livre d'une grande force. Un roman étrange et beau sur la guerre et ce qu'elle fait aux hommes.
On pense au Désert des Tartares de Dino Buzzati dans cette guerre qui est là mais ne vient pas, ou ne vient plus - à l'ennemi invisible et la vacuité des ordres. Mais aussi aux Quatre soldats de Hubert Mingarelli. -
Dans cette pièce, il y a deux filles. C'est leur histoire d'amour. Leur désir de fusion. Devenir une seule. Comprendre l'autre parfaitement. Quelque chose d'impossible. Le zéro.
"tu voudrais inverser les choses jusqu'à ce qu'elle ne soient plus des choses
oui
tu voudrais que je le fasse pour toi
oui
est-ce que tu voudrais que je le fasse pour toi
oui
est-ce que tu voudrais qu'il n'y ait plus un chemin de la naissance à la mort
oui
tu veux la guérison pour tout ce qui existe
oui' -
Mythologie du .12
Célestin De Meeûs
- Éditions du sous-sol
- Feuilleton Fiction
- 22 Août 2024
- 9782364688032
C'est l'histoire d'un jour de solstice d'été au milieu de nulle part. C'est l'histoire de deux jeunes types qui zonent sur le parking d'un supermarché dans une vieille Clio, à se chambrer et à enchaîner les bières et les joints.
C'est l'histoire d'un médecin, dont la vie rangée et la famille modèle, construites dans une obsession de réussite, volent en éclats, un homme éméché qui ressasse, impuissant, ses échecs et s'enferme peu à peu dans un monologue paranoïaque et délirant.
C'est l'histoire d'une soirée qui n'en finit pas, d'un snack sur le bord de la route, d'un trip dans la nature et d'une petite cabane au bord de l'eau, de Max et de Théo, de Rombouts et du tenancier de Chez Moustache, d'un médecin à la dérive, de traînards, de la haine et de l'ennui, de ce qu'on ne regrette que parce que cela nous échappe, du besoin de possession et du constat amer que rien ne se contrôle, de l'ivresse et de la violence. -
La bauge, peut-être demain, après la catastrophe.
Tout n'est que boue à perte de vue.
Au centre, le refuge, où le Jardinier règne en maître sur deux castes : les pelleteux, chargés de repousser la boue, et les puterels, une cour de très jeunes hommes et femmes privilégiés mais à sa merci. Certains sont nés là et ne connaissent rien du monde extérieur. D'autres, plus rares, sont venus d'ailleurs, par-delà les ruines, et prétendent ne pas savoir pourquoi.
Il en est ainsi de Lana et Rigal, qui, lassés de lutter contre la boue, coulée après coulée, ont décidé de fuir l'hostilité des lieux pour faire la route inverse. Flanqués du Puterel roux et de la Môme, sa jeune protégée, ils tentent d'échapper aux dangers de l'environnement et des hommes pour retrouver le chemin de la lumière.
Au fil d'une narration tirée au cordeau, qui lève progressivement le voile sur le passé de ces personnages aussi énigmatiques qu'attachants, la dystopie prend peu à peu la forme d'une épopée flamboyante, portée par une langue d'une grande richesse et d'une formidable inventivité. -
C'est l'histoire de deux jeunes hommes qui n'ont pas trente ans, deux exaltés. L'un a une passion pour la peinture. On le connaît. C'est Auguste Renoir. L'autre a une passion pour l'égalité et il sera le délégué à la police puis le procureur de la Commune de Paris. On le connait à peine. C'est Raoul Rigault.
Leur rencontre doit tout au hasard. La première a lieu dans la forêt de Fontainebleau alors que l'un peint sur le motif et l'autre fuit la police de Napoléon III. Renoir prête une blouse de peintre à Rigault pour lui porter secours et ils passent quelques jours ensemble. Ils marchent sur le chemin des merles, ils partagent des oeufs durs et une fiasque de vin, ils roulent des cigarettes, ils conversent, de tout et rien, des nuages dans le ciel, du régime impérial. Et puis ils rentrent à Paris.
La deuxième rencontre a lieu à la préfecture. Renoir a été arrêté comme espion à la solde des Versaillais, parce qu'il peignait les bords de la Seine. Et, cette fois-ci, c'est Rigault qui lui sauve la mise. Entre deux toiles et deux décrets, ils se revoient de temps à autre, déjeunent, parlent, se baladent dans un Paris chamboulé. Ce sont deux compagnons. L'un peint le monde, l'autre le renverse, chacun aux prises avec sa révolution.
La Peau du dos est un enchantement d'écriture, alerte et joyeux, plein de lumière et de vie. Bernard Chambaz offre un roman splendide, attentif aux aurores et à la splendeur des crépuscules. -
De nouveaux endroits
Lucile Génin
- Éditions du sous-sol
- Feuilleton Fiction
- 7 Janvier 2022
- 9782364685970
Dans le miroir, une grande fille blonde et gracile, une fille tout étirée en muscles. Une fille aux yeux bleus translucides, si clairs qu'ils donnent toujours l'impression qu'elle ne regarde jamais vraiment ses interlocuteurs en face. Souvent, elle s'assoit sur le rebord de son velux et elle contemple le ciel pendant des heures, en se demandant comment c'est d'être adulte, comment c'est d'être libre, comment c'est d'être ailleurs.
Cette fille, c'était moi.
Au sortir de l'adolescence, Mathilde, enfant d'un couple séparé, peine à trouver sa voie, entre ses désirs, ses idéaux et les pièges qu'on lui tend. Elle s'en va à l'autre bout du monde, désireuse de comprendre qui est sa mère : Anne, alcoolique à peine désintoxiquée. Pourtant là-bas, en Colombie-Britannique, les réponses apportées ne sont pas toujours celles qu'elle croyait chercher. Et au-delà de l'énigme maternelle, il lui reste surtout à réaliser ses propres rêves, trop longtemps étouffés par la violence et les illusions.
Acuité du regard, ironie désabusée, découverte des blessures de l'existence et des accommodements avec la réalité, un premier roman d'une insolence salutaire.
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Mal d'époque
Maria sonia Cristoff
- Éditions du sous-sol
- Feuilleton Fiction
- 28 Octobre 2022
- 9782364683822
Un ancien soldat de retour à Buenos Aires rôde dans les rues de la «ville monstre», suivant des signes qu'il croit recevoir pour accomplir une mystérieuse mission.
Une jeune chercheuse argentine en voyage à Bordeaux glane des informations sur la figure singulière et fascinante d'Albert Dadas, cas psychiatrique ayant vécu au xixe siècle, atteint d'automatisme ambulatoire. Une folie du fugueur qui l'amène inconsciemment à marcher et errer de ville en ville, des périples de Nantes à Lyon, ou jusqu'en Russie et en Algérie.
Mal d'époque narre l'histoire parallèle de ces personnages avec une prose qui épouse le rythme d'une marche effrénée.
Dans ce roman résolument unique, María Sonia Cristoff plonge le lecteur dans une nuée de doutes et aborde des thèmes tels que la guerre - et ses conséquences psychologiques -, l'immersion dans le monde virtuel - où la frontière entre réalité et fiction est brouillée - et l'illusion de liberté dans un monde chaque jour un peu plus contrôlé. -
Dans un futur qu'on devine proche, Paris est en état de guerre, coupé en deux ; des forces insurgées occupent la rive droite, le gouvernement tient la rive gauche, une mission internationale est déployée le long de la Seine. Chaos, ruines, snipers. Léa, conductrice pour la mission internationale, accepte un contrat risqué : se rendre dans une fourgonnette sur la rive droite pour aller restituer un cercueil contenant la dépouille d'une figure de l'opposition dont on ne lui a pas précisé l'identité. En échange, elle pourra ensuite quitter Paris. Mais rien ne se passe comme prévu.
Dans la rumeur d'une ville qui se réveille, Léa, sorte de moderne Antigone, découvre un sentiment d'appartenance nouveau et inattendu au monde et à elle-même. Léawald présente une traversée acharnée d'un Paris nocturne, en guerre et à peine reconnaissable, où tout est possible, la violence autant que la solidarité, jusqu'au lever du jour.
Entre deux mondes, à la lisière, Dov Lynch déploie un roman remarquablement visuel empruntant à l'esthétique funèbre d'un Enki Bilal.
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Lucile Novat détourne les codes du genre et inscrit son histoire dans un lieu mémorable : la maison d'éducation de la Légion d'honneur. Jouxté à la nécropole royale, cet internat aux airs de château de conte ou de maison hantée est le théâtre d'une ronde de personnages menée par la surveillante Vanessa, originaire de Saint-Denis. À travers ses yeux, elle invite le lecteur à faire connaissance avec Lou, Yasmine, Adèle et Suzanne. Ces adolescentes, plus ou moins privilégiées, portent toutes un symbole, lourd pour leur jeune âge, une médaille militaire remise à leur père ou grand-père, leur clé d'entrée ici.
Leur présent et leur passé s'entremêlent dans ce roman choral, jusqu'à un drame irrémédiable, que personne n'avait vu venir.