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"Tous les mercredis soir, Minuccia et Uvaspina attendaient la mort de leur mère."
Ainsi s'ouvre cette fascinante chronique familiale emmenée par la mère, Graziella dite la Dépareillée. Fantasque et mélodramatique, elle a rencontré son mari, le notaire Pasquale Riccio, à un enterrement pour lequel elle avait été engagée comme pleureuse. Issue des quartiers populaires, la Dépareillée a quitté les venelles sales et cacophoniques pour les bords de mer cossus, mais reste possédée par une profonde tristesse. Tous les mercredis soir, quand Pasquale quitte l'appartement, elle feint sa propre mort devant les yeux ébahis de ses enfants. Uvaspina tient son surnom d'une baie que l'on presse et dont le jus sert à guérir les maux d'autrui. Il est habitué, depuis toujours, à supporter les moqueries de ses camarades, la honte de son père et la férocité de sa soeur, Minuccia. Habitée par une sombre force, elle est prise de colères terribles qui la transforment en une toupie ravageuse détruisant tout sur son passage. Le dernier protagoniste n'est autre que Naples, cette ville aux entrailles bouillonnantes, avec ses quartiers tendus vers le ciel, ses tentacules immergés dans la mer. C'est précisément entre ville et mer qu'Uvaspina rencontre Antonio, le pêcheur aux yeux vairons, qui lui racontera mille et une histoires. Mais cette idylle ne saurait durer. À l'image du Vésuve surplombant la ville, le drame ne demande qu'à être réveillé.
Monica Acito nous livre un premier roman d'une rare intensité, une histoire magique empreinte d'amour et de folklore. -
Mexico Médée
Dahlia de La Cerda
- Éditions du sous-sol
- Feuilleton Fiction
- 15 Janvier 2026
- 9782386630194
Entièrement vêtue de noir, coiffée de tresses et arborant des tatouages de serpents, c'est au volant d'une Volkswagen Jetta que Médée parcourt Aztlán, lieu mythologique aztèque symbolisant le Mexique.
Qui de mieux que l'archétype de la mère infanticide, de l'irrationnelle, de la jalouse pour aider des femmes à avorter, à donner la vie, à s'extraire de relations abusives ou encore à fouiller la terre à la recherche de leurs enfants disparus ?
Dans un style original et plein d'humour noir, l'autrice expose la cruelle réalité des adolescents enlevés ou recrutés par les narcotrafiquants au Mexique, elle relate et dénonce la violence du crime organisé et celle de l'armée.
Après Chiennes de garde, Dahlia de la Cerda poursuit son oeuvre, loin des carcans, nécessaire tant par sa modernité stylistique que par son engagement politique. -
Un lieu ensoleillé pour personnes sombres
Mariana Enriquez
- Éditions du sous-sol
- Feuilleton Fiction
- 2 Octobre 2025
- 9782364689596
Des voix magnétiques, pour la plupart féminines, nous racontent le mal qui rôde partout et les monstres qui surgissent au beau milieu de l'ordinaire. L'une semble tant bien que mal tenir à distance les esprits errant dans son quartier bordé de bidonvilles. L'autre voit son visage s'effacer inexorablement, comme celui de sa mère avant elle. Certaines, qu'on a assassinées, reviennent hanter les lieux et les personnes qui les ont torturées. D'autres, maudites, se métamorphosent en oiseaux.
Les légendes urbaines côtoient le folklore local et la superstition dans ces douze nouvelles bouleversantes et brillamment composées, qui, de cauchemars en apparitions, nous surprennent par leur lyrisme nostalgique et leur beauté noire, selon un art savant qui permet à Mariana Enriquez de porter, une fois de plus, l'horreur aux plus hauts niveaux littéraires. -
À vingt-cinq ans, Sofia travaille comme serveuse en attendant de finir peut-être, un jour, sa thèse. Elle semble avoir mis sa vie entre parenthèses pour s'occuper de sa mère, Rose, qui souffre d'une mystérieuse maladie des os.
Toutes deux quittent Londres pour la côte andalouse, où Rose est prise en charge au sein de la luxueuse clinique du très controversé docteur Gómez, un médecin aux méthodes et aux motivations douteuses, mais qui apparaît comme son ultime chance de guérir.
Enivrées par la chaleur épaisse et la séduction des corps sur la plage envahie de méduses, les deux femmes voient leur relation imploser quand Sofia rencontre Ingrid Bauer, une jeune allemande qui réveille son désir et sa quête d'identité.
À travers les figures opposées de la mère et de la fille, Deborah Levy déploie un roman initiatique aux allures d'éducation sentimentale à la Sagan, une ode sensuelle et intemporelle à la puissance féminine.
«J'enquête sur les symptômes de ma mère depuis aussi loin que je m'en souvienne. Si je me considère comme une détective accidentelle mue par un désir de justice, cela fait-il de sa maladie un crime non résolu ? Si oui, qui est le coupable et qui est la victime ?» -
Chiennes de garde
Dahlia de La Cerda
- Éditions du sous-sol
- Feuilleton Fiction
- 1 Mars 2024
- 9782364687189
Une jeune héritière d'un empire narco fait construire une tombe digne d'un palace à sa meilleure amie assassinée ; une migrante tuée revient à la vie, bien résolue à se venger de ses agresseurs ; une sorcière invoque le seigneur des Ténèbres pour se débarrasser de sa voisine et de ses chiens qui défèquent dans son jardin ; une femme devient tueuse à gages pour subvenir aux besoins de sa famille...
Qu'elles soient femmes au foyer, influenceuses, trafiquantes, riches ou pauvres, les héroïnes de Chiennes de garde sont déterminées à résoudre leurs problèmes par elles-mêmes, car elles savent que, s'il y a bien une chose sur laquelle elles ne peuvent pas compter, c'est sur l'aide de Dieu.
Composé de treize histoires liées, aussi féroces que fascinantes, ce premier livre de Dahlia de la Cerda décrit sans complaisance les difficultés et les dangers dus au simple fait d'être née femme au Mexique. Écrites à la première personne, ces histoires offrent au lecteur une plongée dans les différentes réalités, sociales et politiques, de ce pays. Dotée d'un talent immense pour restituer le discours de rue et d'une bonne dose d'humour noir, Dahlia de la Cerda nous rappelle que «la vie est une chienne, c'est pour ça qu'il faut ruer dans les brancards».
«Le Mexique est un énorme monstre qui dévore les femmes.
Le Mexique est un désert fait de poudre d'os.
Le Mexique est un cimetière de croix roses.
Le Mexique est un pays qui déteste les femmes.» -
Notre part de nuit
Mariana Enriquez
- Éditions du sous-sol
- Feuilleton Fiction
- 19 Août 2021
- 9782364684669
Un père et son fils traversent l'Argentine par la route, comme en fuite. Où vont-ils ? À qui cherchent-ils à échapper ? Le petit garçon s'appelle Gaspar. Sa mère a disparu dans des circonstances étranges. Comme son père, Gaspar a hérité d'un terrible don : il est destiné à devenir médium pour le compte d'une mystérieuse société secrète qui entre en contact avec les Ténèbres pour percer les mystères de la vie éternelle.
Alternant les points de vue, les lieux et les époques, leur périple nous conduit de la dictature militaire argentine des années 1980 au Londres psychédélique des années 1970, d'une évocation du sida à David Bowie, de monstres effrayants en sacrifices humains. Authentique épopée à travers le temps et le monde, où l'Histoire et le fantastique se conjuguent dans une même poésie de l'horreur et du gothique, Notre part de nuit est un grand livre, d'une puissance, d'un souffle et d'une originalité renversants. Mariana Enriquez repousse les limites du roman et impose sa voix magistrale, quelque part entre Silvina Ocampo, Cormac McCarthy et Stephen King.
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Les dangers de fumer au lit
Mariana Enriquez
- Éditions du sous-sol
- Feuilleton Fiction
- 13 Janvier 2023
- 9782364685185
«Le monde magnifique et horrible de Mariana Enriquez, tel qu'on l'entrevoit dans Les Dangers de fumer au lit, avec ses adolescents détraqués, ses fantômes, les miséreux tristes et furieux de l'Argentine moderne, est la découverte la plus excitante que j'ai faite en littérature depuis longtemps».
Kazuo Ishiguro, Prix Nobel de littérature.
Peuplées d'adolescentes rebelles, d'étranges sorcières, de fantômes à la dérive et de femmes affamées, les douze histoires qui composent ce recueil manient avec brio les codes de l'horreur, tout en apportant au genre une voix radicalement moderne et poétique. Si elle fait preuve d'une grande tendresse envers ses personnages, souvent féminins, des êtres qui souffrent, qui ont peur, qui sont opprimés, Mariana Enriquez scrute les abîmes les plus profonds de l'âme humaine, explorant de son écriture à l'extraordinaire pouvoir évocateur les voies les plus souterraines de la sexualité, du fanatisme, des obsessions. -
Au sommet de sa carrière, Elsa M. Anderson perd ses moyens et quitte la Salle dorée de Vienne en plein récital du Concerto n°2 de Rachmaninov. Une fuite en avant qui prend rapidement la forme d'une quête d'identité.
À Athènes d'abord, dans un marché aux puces, où la jeune pianiste observe une inconnue affublée d'escarpins en peau de serpent en train d'acheter une paire de petits chevaux mécaniques. Elsa ne peut alors s'empêcher de convoiter les mêmes objets, comme s'ils détenaient la clé d'un secret bien enfoui en elle.
D'Athènes à Londres puis à Paris, au fil des réapparitions soudaines de ce mystérieux double en talons hauts qui semble la poursuivre, Bleu d'août dresse le portrait éblouissant et virtuose, tout en mélancolie et métamorphose, d'une femme empêchée de jouer sa partition tant qu'elle ne se confronte pas à son passé. -
La Récréation est finie
Dario Ferrari
- Éditions du sous-sol
- Feuilleton Fiction
- 21 Août 2025
- 9782364689756
Marcello, la trentaine, vit à Viareggio, en Toscane. Il semble se complaire dans sa condition d'étudiant dilettante, se satisfaisant de petits boulots. Afin d'échapper à un avenir tout tracé - reprendre le café de son père -, il tente de décrocher une bourse de doctorat en lettres et, contre toute attente, l'obtient.
L'aspirant chercheur se voit alors confier l'étude de l'oeuvre de Tito Sella, un terroriste des années de plomb, rapidement arrêté puis décédé en prison, après avoir achevé divers écrits, dont sa prétendue autobiographie, La Fantasima - un manuscrit perdu et fantasmé, qui devient pour Marcello un véritable objet de quête.
Deux histoires se tissent en parallèle. D'une part, la vie quotidienne de Marcello et de son groupe d'amis dans une petite ville de province, ainsi que sa découverte des arcanes du monde universitaire avec ses luttes de pouvoir et d'egos. D'autre part, celle de Tito Sella, et l'identification progressive du jeune homme à cette figure du passé, mue par une forme d'empathie et d'admiration pour ce terroriste-écrivain.
oeuvre singulière et plurielle, La récréation est finie raconte le parcours de deux jeunes insatisfaits, de deux générations perdues, de deux époques à l'incroyable symétrie. -
Ce que nous avons perdu dans le feu
Mariana Enriquez
- Éditions du sous-sol
- Feuilleton Fiction
- 12 Janvier 2017
- 9782364681651
Un enfant de junkie disparaît du jour au lendemain dans un ancien quartier cossu de Buenos Aires, livré désormais à la drogue et à la violence. Des jeunes femmes se promettent dans le sang de ne jamais avoir d'amants et sont obsédées par la silhouette fugace d'une adolescente disparue. Adela, amputée d'un bras, aime se faire peur en regardant des films d'horreur jusqu'à en devenir prisonnière. Pablo est hanté par la figure du Petiso Orejudo, un enfant serial killer, alors qu'il vient de devenir père. Un voyage confiné en voiture dans l'humidité du nord se termine sur un malentendu. Marcela, elle, se mutile en pleine salle de classe, au grand désarroi de ses camarades. Vera, un crâne repêché dans la rue, se meut en double dénué de chair d'une femme au bord de la crise de nerfs. Paula, ancienne assistante sociale, se bat avec ses démons et ses hallucinations. Marco, lui, se cache derrière sa porte, mutique, espérant échapper à l'existence, dehors. Sous l'eau noire, des secrets bien gardés par la police sont prêts à ressurgir. Et des femmes, désespérées, s'enflamment pour protester contre la violence. Enriquez n'est pas tendre. Sorte de Julio Cortázar féminine et féministe, elle partage avec l'auteur de Tous les feux l'art de jouer avec les codes du fantastique sans jamais y plonger à corps perdu. Le monstre n'est pas tapi dans les bois : nous sommes les monstres. D'une main de maître, elle dessine avec Ce que nous avons perdu dans le feu un univers romanesque qui flirte avec l'horreur mais sans y sombrer. Mêlant petites histoires et grande Histoire, elle évoque le passé de l'Argentine - ses morts, ses fantômes - par petites touches.
Dans une langue délicate et faussement simple, elle déploie une construction narrative où le suspense et l'humour s'entremêlent pour mieux nous faire rire et frissonner du même coup.
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Cambrai 1917. Sur un champ de bataille, John, un soldat, gît à terre à la suite d'une explosion, incapable de bouger ou de sentir ses membres. Il voit ses souvenirs défiler avant de s'évanouir dans une tempête de neige.
Nord du Yorkshire 1920. John revient de la guerre vivant mais amputé d'une jambe. Il retrouve sa femme Helena, une artiste. Il reprend son activité de photographe et s'efforce de continuer à vivre. Mais le passé fait irruption avec insistance dans le présent, alors que des fantômes apparaissent sur des clichés, des visages qu'il ne se souvient pas avoir photographiés.
Ainsi commence un récit sur quatre générations, une série d'histoires interconnectées sur près d'un siècle, tissant un texte pareil à un morceau de musique dont chaque mouvement répéterait un certain nombre de motifs, et ses variations : les liens qui unissent les êtres, dans la vie comme dans la mort ; la fugacité de l'existence ; la différence entre savoir et comprendre ; l'art comme une forme d'amour. -
«Je suis arrivé par la douleur à la joie», écrit le poète José Hierro.
De chambres d'hôtel en aéroports, assailli par une profusion de souvenirs, Manuel Vilas poursuit la mise à nu de son narrateur. Il orchestre la symphonie de la mémoire et enrichit son tableau de nouveaux motifs comme celui de l'allégresse. Toujours entouré de ses musiciens, ombres de son passé, en dialogue incessant avec les doubles de ses fantômes, auxquels il ajoute Arnold (pour Schönberg), sa part sombre, son ange de la dépression. Le passé coule partout, vague sans cesse rabattue, il est dans les machines à presser les oranges, dans les chemises jamais assez blanches, dans les cours d'eau, comme sous le sol que l'on foule.
«La joie venait toujours après la peine», chante Apollinaire, Alegría tend résolument du côté de la lumière et Manuel Vilas offre, après Ordesa, un grand livre solaire. Son audace littéraire et sa capacité à transfigurer l'intime en universel le désignent comme un de nos écrivains contemporains majeurs.
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Obéissantes et Assassines
Sarah Bernstein
- Éditions du sous-sol
- Feuilleton Fiction
- 6 Mars 2025
- 9782364689558
Au tournant des saisons, dans une grande et sombre demeure au milieu de la forêt, une narratrice (peu fiable) nous raconte. Elle s'est installée ici, chez son frère récemment quitté par sa femme et ses enfants, afin de s'occuper de lui. Elle se consacre aux tâches ménagères, à la découpe du bois, lui lit le journal, le lave même, l'habille. Elle ne parle pas la langue de ce pays reculé du nord, où vivaient cependant leurs ancêtres persécutés. Peu à peu, d'étranges évènements se produisent autour d'elle : une hystérie bovine conduit à l'extermination du cheptel local, une brebis sur le point de mettre bas est prise dans une clôture, une chienne tombe mystérieusement enceinte, une épidémie de pomme de terre se propage... Les villageois paraissent accuser la narratrice, incapable de se défendre. Quand son frère revient de voyage, lui-même semble atteint par un mal étrange...
Obéissantes et Assassines est un roman gothique et troublant, à l'écriture envoûtante, qui interroge la crédulité du lecteur, constamment sur le qui-vive, et explore les liens entre le pouvoir et la peur de l'autre. Un tour de force littéraire brillamment mené sous l'égide de Paula Rego et Marie NDiaye. -
«Comme s'il y avait quelque chose au-delà d'un baiser. Il n'y a rien».
Le baiser qui scelle l'histoire d'amour aussi brûlante qu'inattendue entre Salvador et Montserrat surgit en pleine pandémie, dans une cabane au milieu des bois où s'est réfugié Salvador, un professeur de 58 ans. Il a rencontré la belle et sauvage Montserrat au village voisin, où elle tient la seule épicerie du coin. Nous sommes en mars 2020, Salvador relit Don Quichotte à l'aune de ce sentiment d'absolu, cette passion dévorante qui le lie à Montserrat, son Altisidore inespérée, et qui apparaît comme un acte de résistance à l'heure de l'isolement forcé. Jusqu'à ce que ressurgisse inévitablement le passé de chacun, à mesure que s'installe la routine des deux amants.
Les Baisers est un grand roman d'amour, tendre et sensuel, drôle souvent, dramatique, où l'intimité des personnages résonne singulièrement avec la nôtre. La peau des amants, leur désir charnel, leurs baisers, y apparaissent aussi palpables que nécessaires. C'est enfin une réflexion sur la façon dont, en pleine crise mondiale, deux êtres humains tentent de retrouver du sens. -
Le monde selon Barney
Mordecai Richler
- Éditions du sous-sol
- Feuilleton Fiction
- 3 Mai 2018
- 9782364683570
Le bouillant Barney Panofsky s'est toujours laissé guider par deux croyances : la vie est absurde et les humains sont incapables de se comprendre véritablement. Alors, pourquoi se priver ? Beuveries, parties de hockey et de jambes en l'air, amours impossibles... Du Paris de l'après-guerre à son Montréal natal, où il a fait fortune dans le cinéma et la télévision, Barney aura vécu intensément et sans jamais regarder derrière lui. Jusqu'au jour où son ennemi juré, un écrivain à succès, l'accusera publiquement d'être un tabasseur de femmes, un faux intellectuel et même un assassin. Forcé de se défendre, Barney, ivrogne et sénile, se plongera dans l'écriture de ses mémoires et de son passé.
Oeuvre majeure de Mordecai Richler, succès mondial, Le Monde selon Barney marque à la fois le point d'orgue et le point final de sa riche carrière. Dans ce roman déguisé en autobiographie, qui lui a valu le prix Giller en 1997 avant d'être adapté au cinéma en 2010, l'auteur montréalais nous livre, avec une hargne et un humour plus dévastateurs que jamais, les confessions d'un homme au bord du gouffre, rongé par la rancoeur et les remords, mais animé d'une furieuse envie de vivre.
Traduction de Lori Saint-Martin et Paul Gagné.
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L'apprentissage de Duddy Kravitz
Mordecai Richler
- Éditions du sous-sol
- Feuilleton Fiction
- 2 Février 2017
- 9782364682290
Duddy Kravitz, jeune homme de confession juive, fils de chauffeur de taxi, a grandi à Montréal pendant la guerre entre les boutiques minables et les terrains vagues de la rue Saint-Urbain. Et, pourtant, il voit son avenir en grand. Déterminé à échapper à la pauvreté à tout prix, Duddy multiplie les entreprises plus ou moins hasardeuses : il travaille comme serveur dans un hôtel de luxe, se lance dans une société de production audiovisuelle spécialisée dans les anniversaires, mariages et bar¿mitsvas, se retrouve embarqué dans un trafic de drogue à la frontière canadienne... Sans jamais perdre de vue son principal objectif : acheter une parcelle de terre dans les Laurentides, parce que son grand-père, Simcha, lui a toujours répété qu'un homme qui ne possédait pas de terres n'était personne. Grâce à Yvette, qui l'aime, Duddy voit la réussite lui sourire, jusqu'au jour où son ambition l'amène à commettre l'irréparable. Indestructible, amoral, intrépide, intrigant, séducteur, menteur invétéré... Duddy est un personnage haut en couleur inoubliable, touchant et hilarant.
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Fils d'un tout petit héros
Mordecai Richler
- Éditions du sous-sol
- Feuilleton Fiction
- 3 Novembre 2023
- 9782364686915
Dans la famille Adler, il y a le grand-père, Melech, figure du ghetto juif de Montréal et gardien des traditions qui préside d'une main de fer aux destinées du clan et du dépôt de charbon qu'il possède. Il y a le fils, Wolf, bon à rien qui passe son temps à jouer aux cartes et à décevoir sa femme de toutes les manières possibles. Lui qui deviendra, par un fâcheux quiproquo - ou un heureux hasard, c'est selon -, l'idole de tout un quartier. Et, surtout, il y a le plus jeune, Noah, l'idéaliste qui ne supporte plus le carcan de son milieu et l'hypocrisie de ses aïeux. Noah, qui choisira de rompre avec ses proches pour tenter de forger sa liberté au volant d'un taxi et sur les bancs de l'université. Il ne tardera toutefois pas à découvrir que le monde étranger n'est pas moins rigide et codifié que celui qu'il a quitté.
Avec cette saga familiale à la satire mordante, Mordecai Richler nous plonge dans le Montréal de l'après-guerre, celui des enseignes au néon de la rue Sainte-Catherine et des salles de billard enfumées de la Main, des appartements sans eau chaude du Mile End et des bars huppés du centre-ville. Une ville bigarrée où la révolte acharnée d'un jeune homme ne suffira pas à faire tomber les murs entre les communautés. -
Les absences de Haïm Birkner
Omer Meir wellber
- Éditions du sous-sol
- Feuilleton Fiction
- 26 Août 2022
- 9782364684935
Dans un avenir proche, Haïm Birkner est sur le point d'avoir 108 ans. Il est le plus vieil homme d'Israël, et peut-être le dernier survivant de la Shoah. Alors que l'on propose de le célébrer, Haïm scandalise quand il décide soudain de retourner en Hongrie, dans l'appartement de ses parents qu'il ne s'est jamais résolu à vendre.
Un siècle de souvenirs défile. Les images s'accumulent et se juxtaposent pour composer le roman d'une vie tantôt sincère, tantôt ironique, tantôt tragique, tantôt fantasmée. Juif de Budapest, il se souvient de son enfance, son père, ses mensonges et ses sales affaires, et de ces rouleaux de la Torah qu'ils ont sauvés de la synagogue ; mais aussi de son amour de jeunesse. Il raconte sa fuite du ghetto vers la Palestine dans des circonstances troubles, sauvé mais privé à jamais du statut de victime. Et la vie après : le kibboutz, le mariage, la séparation, les petits boulots, les tricheries, les autres femmes, les nombreuses rencontres, les conflits entre ceux survivants de l'ancien monde et ceux pionniers de l'État d'Israël.
Les Absences de Haïm Birkner est l'histoire inventée et parfois vraie d'un homme las et dévasté, confronté une dernière fois à son passé. -
Ça ne va pas très fort ces derniers temps pour Czeslaw Przesnicki. À trente-cinq ans, cet autoproclamé «écrivain raté», ressortissant polonais d'expression antarctique, se retrouve interné dans un hôpital psychiatrique liégeois. Vétérinaire contrarié, auteur d'un premier roman qui s'est vendu à six exemplaires, tenaillé par une sévère disette sexuelle et l'angoisse de la page blanche, Czeslaw sent que ses nerfs vont eux aussi bientôt le lâcher... Il erre dans les couloirs d'une étrange institution dont les patients se nomment Nabokov, Beckett, Cioran ou encore Ionesco. Vol au-dessus d'un nid de génies - tous autant de grandes figures de l'exil qui, accusées d'avoir renoncé à leur idiome maternel, doivent se soumettre à une énigmatique «thérapie bartlebienne» censée les remettre dans le droit chemin linguistique.
Roman cosmopolite étourdissant d'espièglerie et d'inventivité, Les Palimpsestes, sous les abords d'un hommage fantasque à la littérature, dresse le portrait aussi touchant que désopilant d'un personnage en crise. Tiraillé entre plusieurs langues, plusieurs identités, plusieurs masques, ce descendant déjanté des héros kafkaïens est le visage tragi-comique de notre époque, et sa folie est la nôtre.
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Le cavalier de Saint-Urbain
Mordecai Richler
- Éditions du sous-sol
- Feuilleton Fiction
- 9 Mai 2019
- 9782364684157
Jake Hersh a-t-il tout raté ? À trente-sept ans, le réalisateur montréalais n'a pourtant pas grand-chose à se reprocher. Issu d'un milieu modeste, il jouit d'une petite réputation dans le milieu du cinéma et coule des jours heureux à Londres, aux côtés de sa belle shiksa, Nancy, et de leurs trois enfants. Mais lorsqu'une jeune Allemande l'accuse faussement d'agression sexuelle, c'est de sa propre vie que Jake se met à faire le procès. Pour échapper aux regrets qui l'accablent et aux poursuites qui menacent sa famille et sa carrière, il se prendra à fantasmer la vie de son cousin Joey. Cet ancien voyou des ruelles de Montréal deviendra, dans l'imagination féconde de Jake, le Cavalier de Saint-Urbain, héros de la guerre civile espagnole et pourfendeur de nazis, qui n'hésite pas à traquer l'infâme Dr Mengele jusqu'aux confins de la jungle sud-américaine.
Le Cavalier de Saint-Urbain est l'un des plus grands succès de Mordecai Richler. Avec la férocité et l'impertinence qu'on lui connaît, le romancier plonge ici dans l'effervescence des années soixante et dresse le portrait d'une génération écrasée par le sentiment d'être passée à côté des grands bouleversements de son époque.
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Moonbloom
Edward lewis Wallant
- Éditions du sous-sol
- Feuilleton Fiction
- 19 Janvier 2017
- 9782364681699
Norman Moonbloom est un rêveur qui n'a jamais réussi à aller au bout des choses. Après des études avortées, il se voit confier par son frère autoritaire un poste de gérant de plusieurs immeubles à New York, pour la plupart défraîchis et sur le point de s'écrouler. D'un air distrait et distant, il fait la tournée des locataires pour récolter ses précieux loyers. Mais alors que la mission semble des plus simples, il va devoir se confronter à l'intimité des autres. Et les personnages qui peuplent ces appartements sont hauts en couleur. Il y a Karloff, un Juif d'Europe centrale centenaire qui a choisi de vivre dans la crasse et de boire pour oublier. Stan Katz, le joueur de trompette blanc qui partage un appartement avec Sidone, un batteur noir homosexuel - les deux font la bringue à défaut de faire la paire. Des familles étriquées, des couples qui se disputent à coups de jets de bouteilles, des professeurs alcooliques qui récitent du T.S. Elliot en conspuant la société. Sans parler de leurs récriminations constantes : réparer ceci, réparer cela, boucher ce trou, repeindre, remplacer, vider... Sortant peu à peu de sa léthargie, c'est plein d'entrain et de façon frénétique qu'il va alors tenter de remettre à neuf ces immeubles et de rafistoler ces êtres bosselés, et prendre du même coup conscience de sa propre existence. Edward Lewis Wallant nous entraîne avec Moonbloom au coeur d'un microcosme grouillant de vies qui, à la façon d'un George Perec dans La vie mode d'emploi, dresse un tableau de la comédie humaine drôle et émouvant.
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Paris sur l'avenir
Nathaniel Rich
- Éditions du sous-sol
- Feuilleton Fiction
- 27 Août 2015
- 9782364680715
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Camille de Chevigny New York City, dans un futur proche : Mitchell Zukor, un jeune mathématicien doué, est engagé par un nouveau cabinet de conseil financier mystérieux, FutureWorld, une entreprise située dans un bureau vide de l'Empire State Building. Son travail : calculer les pires des scénarios possibles par le menu détail. Ses systèmes ou prospectives sont vendus aux sociétés clientes afin de les indemniser contre toutes catastrophes futures. Les affaires sont florissantes. Mitchell s'immerge ainsi dans les mathématiques appliquées aux catastrophes écologiques et aux guerres. Peu à peu, il devient obsédé par ces systèmes élaborés autour des craintes. Il perd également contact avec son dernier lien avec la réalité : Elsa Bruner, une amie qui a elle aussi son propre secret. Les prévisions de Mitchell vont crescendo et remplacent ses pires cauchemars, jusqu'au jour où l'un de ses scénarii touche Manhattan. Mitchell devient le seul individu à pouvoir en profiter. Mais à quel prix ? À la fois thriller littéraire et histoire d'amour inattendue, Paris sur l'avenir de Nathaniel Rich tient du roman captivant et de la quête philosophique.
Né en 1980, Nathaniel Rich vit à la Nouvelle-Orléans. Paris sur l'avenir est son premier roman traduit en France.
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À l'école de l'amour
Olivia Manning
- Éditions du sous-sol
- Feuilleton Fiction
- 7 Janvier 2016
- 9782364680951
Jérusalem, 1945. La Seconde Guerre mondiale touche à sa fin et des milliers d'exilés affluent dans la ville-monde pour y trouver refuge, alors que le mandat colonial britannique touche à sa fin et que les tensions entre le peuple Juif et Arabe s'exacerbent. Félix Latimer, jeune orphelin anglais fraîchement débarqué de Badgad, s'y est lui aussi installé en attendant de pouvoir prendre le bateau qui le ramènera chez lui.
Esseulé, il n'a d'autre choix que de rejoindre la pension de famille d'une certaine Miss Bohun, une parente éloignée qui a accepté de le recueillir. Miss Bohun, membre emblématique des "Ever-Readies", un groupe fondamentaliste catholique, dirige la pension d'une main de fer et ne laisse rien passer à ses drôles de pensionnaires que tout oppose, si ce n'est cette vie d'attente. D'abord impressionné et charmé par celle-ci, Félix tombe vite des nues : sous sa morale rigide et ses airs vertueux se cache en réalité une femme pingre et sèche qui profite de la misère de ses pensionnaires pour s'enrichir.
Alors qu'il se désespère dans cette maison froide et hostile où son seul compagnon de jeu est un chat nommé Faro, arrive la jeune Mrs Ellis, une veuve de guerre enceinte qui fricote avec les intellectuels dans les cafés. A la recherche de tendresse et d'amour, Félix va se laisser charmer par cette figure maternelle de substitution - qui est touchée par cet amour mais incapable de lui rendre la pareille.