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  • Voyage en Éthiopie et autres écrits africains est un récit de voyage d'une grande plume de la littérature italienne du XXe siècle.
    Il s'agit d'un recueil d'articles écrits en 1939 par Curzio Malaparte pour le grand quotidien italien Corriere della sera. L'écrivain entendait rendre compte de « l'italianisation » de l'Éthiopie après sa conquête par le régime fasciste. Le livre emmène le lecteur dans une Éthiopie imaginaire et réelle à la fois ; les paysages y sont abstraits et concrets ; les lieux y sont personnifiés et les hommes réduits parfois à de simples choses.
    Perdant ses repères, le lecteur n'a pas l'impression de lire un reportage mais de pénétrer dans un monde unique : celui d'un grand auteur. Les faits, pourtant, sont présents et tout à fait réels : combats avec les rebelles éthiopiens, vie des villages, rencontre de certaines autorités de l'administration coloniale. Malaparte nous étonne à chaque page par une accumulation d'images surprenantes, inoubliables.
    C'est bien plus qu'un récit journalistique, chaque scène devenant unique, épique. L'écriture procède par accumulation de visions ; le voyage devient hallucination. L'Éthiopie nous est livrée comme un immense théâtre aux décors changeants, qui décline ses couleurs au gré du parcours du soleil. À la lecture de certains passages plus idéologiques, impossible de faire la part de ce qui est dû au contexte fasciste, à l'expression d'une véritable pensée ou encore à une simple esbroufe, le doute étant toujours permis avec Malaparte.
    Il est certain, en tout cas, que ces discours sont prétextes à littérature. Jointe à ce récit, on lira la correspondance entre Malaparte et le Corriere della sera. Non seulement il ne donna de lui aucune nouvelle durant des mois, mais il remit ses articles longtemps après la date convenue. On ne peut qu'admirer l'incroyable liberté et l'audace de l'écrivain.

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  • La désobéissance, pour Renzo Piano, est la seule façon d'exercer son métier car elle permet de prendre un temps d'avance sur son temps. C'est une attention et une vigilance au quotidien, qui se manifestent par un respect du paysage, des coutumes et des traditions de chaque pays, mais c'est aussi la garantie de jeunesse et de fraîcheur, et la marque d'un professionnalisme qui permet de réinventer sans cesse des formes nouvelles.
    La Désobéissance de l'architecte est une sorte d'autobiographie qui, de Gênes, nous mène au centre Georges-Pompidou, à Paris, de la Postdamer Platz de Berlin à l'auditorium de Rome, du centre culturel Jean-Marie-Djibaou, en Nouvelle-Calédonie, au musée de Sarajevo, mais c'est aussi le manifeste d'un créateur enthousiaste et réaliste, ouvert à toutes les disciplines, qui compte des amis dans tous les domaines de la création et mène une véritable réflexion sociale sur les villes et les banlieues, enrichie d'une réflexion éthique et esthétique sur le sens que nous entendons donner à nos vies.

  • Cet entretien, jusqu'alors inédit, a été retrouvé à New York dans les archives de l'institut culturel italien. Enregistré en 1969, lors du deuxième voyage de Pasolini à New York, et destiné aux étudiants et professeurs de l'université américaine, il dépasse largement cette audience puisque Pasolini y retrace sa vie et livre sans détours les raisons comme les intuitions de ses engagements politique, poétique ou cinématographique. Il évoque avec spontanéité son enfance dans le Frioul, Dieu, mais aussi la nouvelle gauche, la bourgeoisie ou le racisme, Jean-Luc Godard, des souvenirs sur ses premiers poèmes, sur le tournage d'Accattone ou de Théorème. Cette voix, d'autant plus troublante qu'elle nous vient des années 1970, a gardé, décidément, toute sa fraîcheur et sa généreuse intelligence du monde.

  • En 1961, Alberto Moravia entreprend un voyage en Inde en compagnie d'Elsa Morante, sa femme, et de leur ami Pier Paolo Pasolini. De ce voyage, la littérature gardera deux livres complémentaires et éblouissants : L'Odeur de L'Inde, de Pier Paolo Pasolini, et Une certaine idée de l'Inde, d'Alberto Moravia, jusqu'alors inédit en français, traduit ici par Ida Marsiglio. Ce qui saisit Moravia, c'est, par-delà la violence du choc culturel, la vision d'un pays en train de relever un véritable défi social. Analysant les causes de l'extrême pauvreté, il s'en entretient avec le Premier ministre Nehru, dénonçant le système des castes (légalement aboli, mais qui continue de régir les rapports du quotidien). Il s'intéresse aux nombreuses religions, décortique les innombrables superstitions du pays et note les effets - positifs et négatifs - des colonialismes qui s'y sont succédé. Enfin, il traduit avec une rare élégance de style l'immensité et la douceur des paysages.

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  • Qu'est-ce que l'expérience du temps ? Qu'est-ce que l'expérience du temps au prisme de la matérialité du corps féminin, à celui de la jeunesse ou de la vieillesse ?

    Celle qui se pose - et nous pose - ces questions est une femme italienne de plus de quarante ans (Nel mezzo del camin di nostra vita) qui, progressivement, a vu se détourner d'elle le regard des hommes, qui a renoncé à l'espoir d'avoir un jour des enfants, qui voit son corps subir les outrages du temps, qui se retourne sur sa jeunesse, si proche, si présente mais à jamais perdue, et qui ne renonce ni à sa féminité, ni à sa liberté.

    Ce n'est pas un regard nostalgique ; il s'agit d'une méditation sur le temps considéré comme unité de mesure, mais aussi lien de l'âme et du corps, et de cet étrange équilibre - ou déséquilibre - qui nous accompagne toute la vie dans nos peurs comme dans nos amours.

    Dans ce récit à la fois philosophique et singulier, romanesque et méditatif, Antonella aborde tous les âges de la vie avec une franchise toute napolitaine ! Le livre a remporté le Premio Napoli 2006 (prestigieuse récompense littéraire de la péninsule).

  • En 1946, Luigi Bartolini publie un roman, Voleurs de bicyclettes, qui va être adapté au cinéma par Vittorio De Sica sous le titre français Le Voleur de bicyclette, film culte qui s'imposera comme le parangon absolu de ce que, dans une Italie vaincue, on appellera le néoréalisme. Le film fera pleurer des millions de spectateurs de par le monde.
    Au même titre que Rome, ville ouverte, de Roberto Rossellini, Le Voleur de bicyclette est emblématique d'un cinéma qui se veut plus proche de la réalité : tournages en extérieur dans des décors naturels, lumières naturelles, acteurs non professionnels. Consacré à la pauvreté, au chômage et à la vie dans les banlieues populaires, on a parfois conféré à ce film une valeur quasi-documentaire.
    C'est bien l'esprit de l'oeuvre de Bartolini, qui enquête dans les classes les plus pauvres de la société italienne, mais dont l'humour et une certaine méfiance à l'égard de ses semblables évite tout misérabilisme.
    Le livre fut réédité après la sortie du film dans une version expurgée.
    Nous publions pour la première fois en français la traduction de l'intégralité du texte.

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  • Sont ici rassemblés neuf textes de joseph conrad sur la mer et les bateaux, neuf textes inédits en français, oú se lit l'indignation d'un marin (quelques réflexions sur la perte du titanic, quelques aspects admirables de l'enquête, 1912) qui assiste au bouleversement d'un monde, celui des hommes de mer sacrifiés à la nouvelle économie et au tourisme.
    Mais tous ces textes, talent oblige, sont empreints de la même tendresse grave et nostalgique devant l'inéluctable.

  • La " biographie orale " est une forme particulièrement séduisante pour un certain nombre de raisons, une des plus importantes étant que le lecteur reçoit des informations de première main, un peu comme s'il tombait par hasard au milieu d'une réunion ; dans le cas qui nous intéresse ici, il s'agirait d'un cocktail auquel seraient conviés tous ceux qui ont connu truman capote.
    Le lecteur voit ainsi se dérouler la vie de capote dans l'ordre chronologique, prenant ses informations auprès d'un groupe originaire de monroeville, dans l'alabama, oú le jeune truman a passé de nombreuses années de sa jeunesse, avant de suivre la turbulente carrière de l'écrivain, pour terminer par les murmures de ses amis venus le pleurer à crooked pond. ainsi découvre-t-on, au fil du temps et des pages, la vie extraordinaire de truman capote, son amitié avec harper lee, ses coups de foudre, ses amis, ses ennemis, ses livres.
    Jusqu'à sa chute fascinante et monstrueuse. cette biographie inhabituelle laisse le lecteur immensément libre, et le portrait final de truman capote ressort ainsi très nuancé et extraordinairement vivant.

  • Florilège de Notre-Dame de Paris va vous faire découvrir une des plus extraordinaires de nos cathédrales : Notre-Dame de Paris. À travers des pages extraites des oeuvres de nos plus grands écrivains, pas à pas, nous découvrirons à la fois l'histoire de ce monument et sa place dans l'Histoire des hommes. Des siècles passés jusqu'aux jours présents, nous avons pour guides les chroniqueurs du Moyen Âge, les plus grands écrivains français et étrangers, des poètes, et tous n'ont pas seulement admiré, mais aimé Notre-Dame de Paris, nous restituant leurs impressions par des écrits où ils semblent tous avoir été touchés par une grâce particulière. L'auteur, qui pendant des années a rassemblé une somme de données éparses dans de nombreux ouvrages, nous livre ici les fruits de ses recherches dans les bibliothèques, des ouvrages conseillés par des amis, ou encore glanés au hasard d'une lecture, mais aussi et surtout dans les " cases aux trésors " que sont encore - pour combien de temps ? - les boîtes des bouquinistes des bords de Seine. Depuis plus de huit cents ans, la cathédrale fascine, captive, inspire. Pour tous, qu'ils soient de France ou d'ailleurs, et parfois de très loin, elle a toujours été plus qu'un monument : le signe de la présence de Dieu pour les uns, le symbole de la longue, glorieuse et douloureuse histoire de France pour les autres. Notre-Dame de Paris unit dans une même ferveur Claudel et Hugo, Lacordaire et Verlaine, de Gaulle et Jean-Paul II, et l'index des auteurs de cet ouvrage recense les noms les plus prestigieux et parfois les plus inattendus du panthéon littéraire (Alain-Fournier, Aragon, Balzac, Chateaubriand, Freud, Gandhi, Lamartine, Malraux, Mauriac, Montesquieu, Nerval, Péguy, Prévert, Rabelais, Proust, Odin, Saint-Simon, Tallemant des Reaux, Marguerite de Valois, Villon, Viollet-Le-Duc, Zola... Pascal Tonazzi peut avec raison faire sienne cette affirmation d'Auguste Rodin : Les cathédrales sont mes fées merveilleuses, elles m'instruisent en me charmant. Et il en est ainsi de tous ceux qui ont eu le bonheur de croiser sur leur route Notre-Dame de Paris.

  • Mario De Sio a vingt ans. Ses parents sont séparés depuis son enfance : le père, agent immobilier, vit à Rome. Mario, lui, a vécu à Paris avec sa mère, jusqu'à la mort de celle-ci. Mario se dit poète (le voeu le plus cher de Moravia) ; il s'identifie même à Guillaume Apollinaire, dont la vie a bien des points communs avec la sienne, mais il n'a jamais écrit de poème. C'est ce qu'il avoue à une mère et à sa fille, ses voisines dans l'avion qui le conduit à Rome, où il se rend pour faire la connaissance de son père, dont il n'a plus qu'un souvenir diffus.

    Et c'est en retrouvant le décor de son enfance, et ce père qu'il connaît si peu, que surgit dans sa mémoire le fantôme de sa mère, dans une scène violemment érotique, traumatique, et aux relents incestueux.

    Ayant renoué avec les deux passagères de l'avion, il se laisse guider dans ses errances romaines par cette jeune fille de treize ans et sa mère, et par une autre femme, plus mûre, que son père a l'intention d'épouser, et avec laquelle il transfigurera ses fantasmes incestueux.

    On a l'impression dans ces pages de retrouver Agostino, le héros du célèbre roman de Moravia, et aussi la vie intérieure et sexuelle du jeune homme qu'il aurait pu être ; on ne peut qu'être admiratif devant une telle performance qui joue avec aisance d'innocence mêlée de provocation, de jouissance et de liberté.

  • Espoirs

    Paolo Rossi

    Philosophe italien contemporain, Paolo Rossi dénonce dans ce livre divers courants de pensée de plus en plus en vogue à notre époque : messianismes révolutionnaires, mythe du surhomme accompagnant les angoisses suscitées par les innovations biotechnologiques, grandes peurs autour du réchauffement climatique, espoirs illusoires et désespoirs des plus invalidants, alimentés par des intellectuels de tous bords.

    En scrupuleux historien des idées, Paolo Rossi montre que ces thèmes ne sont pas nouveaux, et que ces inquiétudes ou ce pessimisme ambiant reposent sur de dommageables raccourcis de la pensée, sur des interprétations tendancieuses, mais encore et surtout sur la paresse intellectuelle de tous ceux qui ne prennent pas le recul critique nécessaire pour penser paisiblement et en toute lucidité l'évolution de l'humanité.

    Contre le désespoir facile, il convient de nourrir un espoir mesuré et réfléchi, sur les pas de Freud, de Primo Levi ou de Jacques Monod.

  • Apulée aux cheveux longs, tombant sur son front ; Catulle si jeune, si provincial et studieux ; Flaubert et sa robe de chambre écarlate, ses reliques, son divan à la turque sur lequel il fumait la pipe en méditant ; Hildegarde de Bingen, qui, à quarante-deux ans, aperçut une lumière venue du ciel qui traversa sa poitrine comme une flamme. Et saint Augustin, Balzac, Freud, Pythagore, Thérèse d'Avila, Voltaire, Zénon...

    Silvia Ronchey raconte les vies de soixante-cinq hommes et femmes illustres comme si elle les avait connus intimement.
    Mais quel est leur point commun ? Un secret. Et ce secret n'est révélé qu'à la fin du livre, si bien que chacun des portraits peut être lu comme un très beau récit, une synthèse érudite ou un défi pour le lecteur.
    S'agit-il de portraits fidèles ? Ils sont plus que fidèles : comme la carapace de la tortue qui, si elle n'épouse pas parfaitement le corps de l'animal, le contient et le révèle, ces récits enveloppent les vies qu'ils relatent, sans coïncider précisément avec elles ; pris, en quelque sorte, à la dérobée, ils les illuminent d'un éclat particulier, leur conférant une fraîcheur nouvelle.

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