Le Monde A L'envers

  • Les écologistes sont sur le terrain de la lutte contre les nuisances ce qu'étaient, sur celui des luttes ouvrières, les syndicalistes : des intermédiaires intéressés à conserver les contradictions dont ils assurent la régulation, des négociateurs voués au marchandage (la révision des normes et des taux de nocivité remplaçant les pourcentages des hausses de salaire), des défenseurs du quantitatif au moment où le calcul économique s'étend à de nouveaux domaines (l'air, l'eau, les embryons humains ou la sociabilité de synthèse) ; bref, les nouveaux courtiers d'un assujettissement à l'économie dont le prix doit maintenant intégrer le coût d'un « environnement de qualité ». On voit déjà se mettre en place, cogérée par les experts « verts », une redistribution du territoire entre zones sacrifiées et zones protégées, une division spatiale qui réglera l'accès hiérarchisé à la marchandise-nature. Quant à la radioactivité, il y en aura pour tout le monde.

  • Revenu garanti, salaire à vie, revenu de base... Il est devenu commun dans certains courants contestataires de revendiquer l'attribution à chaque citoyen d'un revenu inconditionnel, « notre société étant suffisamment riche pour se le permettre ».

    Ce livre, en s'interrogeant sur la notion de solidarité - peut-elle se réduire à un virement bancaire mensuel ? -, invite à questionner les poncifs individualistes de l'époque déguisés en « réformes révolutionnaires ». L'autrice porte un regard antiproductiviste, anarchiste et féministe sur cette revendication.

  • Développement personnel, habitats groupés, jardins partagés... : face au désastre capitaliste, l'écologie se présente comme une réponse globale et positive, un changement de rapport au monde appuyé par des gestes au quotidien.
    Comme dans la fable du colibri, « chacun fait sa part ».
    Mais en considérant la société comme un agrégat d'individus, et le changement social comme une somme de gestes individuels, cette vision de l'écologie ne succombe-t-elle pas à la logique libérale dominante, signant le triomphe de l'individualisme ?

  • Linky c´est un compteur d´électricité dit « intelligent », et prétenduement écologique. Un beau mensonge quand on sait qu´il faut jeter les 35 millions d´anciens compteurs, pourtant plus solides et plus économes en énergie.Si nous ne faisons rien, Linky va exploser une frontière. Avec cet outil, c´est l´État et le monde marchand qui pénètrent dans notre domicile. Dans le même temps, chacun, de nos faits et gestes seront tracés et marchandisés à notre insu, sous la forme de données.Bonus ! Contient un mode d´emploi pour démonter un compteur Linky et rebrancher un ancien compteur.

  • Comme tout le monde, Damien Lelièvre déteste les banques. Mais il est conseiller financier. Il nous offre une visite dans les coulisses des banques, entre techniques de vente manipulatrices, pression hiérarchique et ravages du numérique.

  • "Avant j'adorais l'espoir. C'est sympa, l'espoir. Et puis, en 2014, Eric Piolle a été élu maire de Grenoble. Comme c'était le premier maire écolo d'une ville de province de plus de 100 000 habitants, il est devenu "l'Espoir" pour toute une partie de la gauche. Moi, j'ai continué mon boulot de journaliste critique". Depuis six ans, le journal indépendant, Le Postillon, gratte derrière la communication municipale lénifiante des écologistes et du Parti de gauche au pouvoir.
    Ce livre révèle les actions et prétentions déconcertantes du maire Eric Piolle. C'est un cas d'école qui permet aussi de saisir comment l'écologie au pouvoir ne peut être que dévoyée.

  • Italie, années 1970. Des manifestations en ouvertures de squats, de radios pirates en cocktails Molotov, de débats sur la lutte armée en répression policière, Les Invisibles tracent le portrait de ces jeunes gens qui se jetèrent corps et âme dans la révolution. Représentant éminant de la Neovanguardia italienne, le milanais Nanni Balestrini est notamment l'auteur de La Violence illustrée, L'Éditeur, Nous voulons tout, Sandokan.

  • Comme le roi Midas transformant tout ce qu'il touche en or, l'économie transforme tout ce qui s'approche d'elle en marchandise. La nature ne fait pas exception.
    En donnant un prix à l'air, à l'eau, aux espèces et à l'ensemble de l'environnement, l'économie achève dans un même mouvement de saccager en protégeant.
    Les entretiens réunis dans ce livre documentent ce nouvel eldorado du capitalisme.

  • Sommes-nous en guerre ? Suite aux attentats et au redéploiement de soldats dans les rues, la question militaire s´installe de nouveau dans le débat public. Et avec elle, la critique antimilitariste qui a tendance, par méconnaissance, à fantasmer l´armée.Cet ouvrage propose des éléments de compréhension de l´institution militaire pour s´atteler à sa critique et à celle de notre société.

  • Depuis un siècle et demi, Grenoble s'est imposée dans le domaine des hautes technologies grâce à la relation privilégiée qu'entretient l'industrie avec la recherche scientifique locale. « Ce modèle grenoblois », considéré comme une recette miracle de développement économique, a été reproduit dans toutes les régions de France (pôles de compétitivité). Mais cette symbiose implique un troisième acteur plus discret : l'armée.

    À travers le cas de la technopole grenobloise, L'Université désintégrée met en lumière les liens inextricables entre enseignement supérieur et business militaire. Le groupe Grothendieck est composé d'étudiant·e·s, de démissionnaires de l'Université, de non-experts experts de leur vie, de jardiniers utopistes et de fouineuses d'information.

  • Mille accents s'entremêlent dans les cours de français donnés dans ce centre social de quartier. Demandeurs d'asile, salariés, réfugiés, femmes et hommes des quatre coins du monde, lettrés ou jamais scolarisés, jeunes et personnes âgées, tous viennent apprendre une langue et tromper la solitude de l'étranger en France. Cette bande dessinée leur donne la parole.

    Auteure et dessinatrice grenobloise, professeure de français pour étrangers, Coline Picaud raconte en images les histoires extraordinaires et banales de femmes et d'hommes ordinaires, au travers notamment d'interviews et de rencontres.

  • Caisses automatiques, kiosques intelligents, robotique industrielle, standards téléphoniques « appuyez sur la touche étoile pour parler à un conseiller » : inexorablement, les machines tendent à remplacer les humains.
    Marxistes comme libéraux se réjouissent de ces progrès de l'aliénation, bercés du mythe d'une société « post-capitaliste » libérée du travail. Un monde où nous serons tous des artistes vivant d'un revenu garanti, batifolant nus dans les herbes folles, assistés de robots de compagnie nous donnant la becquée à heures fixes.
    Écrit depuis le nord de la France, symbole d'un point de bascule historique, ce texte s'attaque au vieux monde industriel comme au nouveau monde technologique.

  • Bruyant et contestataire, fossoyeur des années 70, le punk poursuit sa trajectoire aussi nihiliste qu'inventive avec l'idée de tout faire par soi-même (Do it yourself) en refusant la marchandisation et l'institutionnalisation. Le présent se vit intensément : morceaux effrénés et explosifs, disquaires dénicheurs de musiques turbulentes, fanzines et affichage sauvage, concerts à la montagne et tournées à travers le monde, drogue et bastons, squats incroyables et éphémères, expériences collectives, militantisme féministe... Cette histoire vivante, issue de nombreux entretiens, retrace 40 ans d'histoire du punk à Grenoble. Illustré de documents, ce livre est accompagné d'une compilation CD de 15 titres.

  • Disgrazia !

    Coline Picaud

    Entre 1921 et 1930, plus d'un million d'Italiens quittent leur pays pour la France. Parmi eux, une famille sicilienne tente sa chance à Grenoble.
    D'une génération à l'autre, ce récit graphique retrace l'histoire de cette migration qui fût, comme tant d'autres, marquée par la pauvreté et le labeur.

  • Ce dernier numéro de la revue De tout bois revient sur l'abandon du projet de Center Parcs de Roybon, tire un bilan de cette lutte de 13 ans et propose des pistes de réflexions pour les luttes à venir.
    Au-delà du cas particulier de cette lutte, la revue De tout bois tâche de tisser des liens avec les grands enjeux actuels (écologie, crise du capitalisme, nouvelles formes de luttes).

  • Récit d'émancipation sociale et féminine Mais pour toi demain, il fera beau serpente entre les lignes du destin et de l'Histoire. Cette bande dessinée de reportage relate la jeunesse de Gracia, fille d'immigrés siciliens à Grenoble.
    Auberges de jeunesse, amour, littérature, sardinières et marins, exil, antimilitarisme s'entremêlent comme le chaos bien ordonné de nos vies.

    Après Disgrazia !, Coline Picaud continue à enquêter sur son histoire familiale et plus particulièrement sur celle, à la fois ordinaire et extraordinaire, de sa grand-mère.

  • La procréation médicalement assistée (PMA) n'a rien à voir avec l'égalité des droits ; elle doit être combattue en tant que telle, et non pas pour son extension aux homosexuels ; nous n'avons rien à gagner, et tout à perdre à la reproduction artificielle de l'humain : autant d'évidences que ce livre doit hélas rappeler.
    Eugénisme, marchandisation du vivant, manipulation génétique des embryons, transhumanisme : la PMA, ni pour les homos, ni pour les hétéros !

  • Dans le combat politique, la bataille des idées joue un rôle déterminant. Alain Soral, Eric Zemmour et Alain de Benoist l'ont bien compris. Ils dispensent dans les médias leurs thèses anti-universalistes, inégalitaires et misogynes. Thèses qui irriguent toute la société, et en premier lieu le Front national. Ce petit ouvrage propose une lecture critique de la pensée de ces intellectuels de l'autre droite qui ont fait de la " guerre culturelle " leur stratégie principale.

  • C'est une affaire entendue depuis des dizaines d'années : dans les bistrots, les ateliers, les salles d'attente ou les chaumières ; à Grenoble ou ailleurs, on appelle Le Dauphiné Libéré le « Daubé ».
    Ce surnom lui va si bien, résonne tellement comme une évidence que personne ne se donne la peine de l'expliquer. D'où vient-il ? Un hasard, un mauvais jeu de mots ? On ne sait pas. Le Dauphiné Libéré est daubé, voilà tout. Pourquoi perdre son temps à le démontrer ? Mais à trop se reposer sur cet acquis, on en ignore les enseignements. Car chercher à comprendre pourquoi Le Dauphiné Libéré est daubé permet de faire un voyage au coeur de l'histoire de la Presse Quotidienne Régionale, de la presse en général et de la vie politique grenobloise et d'en ramener des éléments de compréhension et du critique du monde dans lequel on vit.
    Tel est le but de ce livre qui se penche sur l'histoire, le développement et le fonctionnement actuel du Daubé.

  • Un dicton dit : " Dieu a créé le monde et les Néerlandais ont créé les Pays-Bas ". Et dans ce pays que l'on imagine bien tranquille, un Néerlandais, lui, a crée un rat ! Au travers d'instants de vie et de luttes, on découvre les péripéties d'un petit rongeur à la naïveté touchante qui évolue dans un monde qui le dépasse. Dans cette bande dessinée culte, Johannes van de Weert emploie talentueusement la ligne claire et le zoomorphisme pour nous brosser avec humour une fresque méconnue et haute en couleur de trois décennies d'histoire politique et sociale.
    Voici comment commencent Les aventures...

  • Dans cette courte lettre ouverte à un représentant de la « start-up nation », Matthieu Amiech analyse l'enjeu du quinquennat d'Emmanuel Macron : renforcer l'emprise du capitalisme de haute technologie sur la vie des populations, si possible avec leur collaboration enthousiaste.
    Précarisation du marché du travail, chantage « antifasciste » : l'économie collaborative peut se résumer ainsi : faire adhérer les gens à leur propre asservissement.

  • Cette revue se donne pour but de faire vivre la lutte contre le Center Parcs de Roybon (Isère) et d'en laisser des traces.
    Au-delà du cas particulier de cette lutte, la revue De tout bois tâche de tisser des liens avec les grands enjeux actuels (écologie, crise du capitalisme, nouvelles formes de luttes).

  • En partant d'un exemple apparemment trivial - qui soupçonnerait le PVC d'être cancérigène ? -, les contributions réunies ici documentent les ravages quotidiens de l'industrie, sur notre santé et sur l'environnement. Une polémique sur le rapport de la gauche à l'emploi, à l'industrie et aux ouvriers. Un débat politique entre les partisans de la réindustrialisation et ceux qui rappellent cette évidence : nos vies valent plus que nos emplois.

  • Sélection de photos de graffitis grenoblois, pour une métropole apaisée.

empty