Littérature générale

  • - Être une femme, c'est avant tout être sujet à l'oppression - « La boîte à outils de Delphy vient déboulonner le mythe de la naturalité » (nonfiction.fr) « Précis et rigoureux [.], les articles de Delphy témoignent d'une pensée qui, à chaque ligne, essaye de réfléchir à contre-courant, de s'opposer aux évidences qui empêchent les opprimés de s'apercevoir du poids qui pèse sur leurs épaules et qui, parfois, les pousse même à apprécier leur propre oppression. Bref, autant d'invitations à penser autrement » (Rue 89).

  • - « Les femmes n'ont pas tort du tout quand elles refusent les règles de vie qui sont introduites au monde, d'autant que ce sont les hommes qui les ont faites sans elles », Montaigne - « Je n'ai jamais réussi à définir le féminisme. Tout ce que je sais, c'est que les gens me traitent de féministe chaque fois que mon comportement ne permet plus de me confondre avec un paillasson », Rebecca West « J'étudie l'oppression des femmes. Mais l'oppression des femmes est spécifique non pas parce que les femmes seraient spécifiques, mais parce que c'est un type d'oppression unique. »

  • Le 9?juillet 1990, Víctor Polay Campos et 47 membres du Mouvement révolutionnaire Túpac ­Amaru (MRTA) s'évadent d'une prison de haute sécurité à travers un tunnel long de plus de 300 mètres.
    Ce tunnel, creusé depuis l'extérieur de la prison, a mobilisé des dizaines de «?taupes?» qui, dans le plus grand secret, ont vécu dans les entrailles de la terre pendant des mois et des mois.
    Peu après l'évasion, le MRTA fait appel au journaliste et écrivain péruvien Guillermo Thorndike pour raconter cette histoire. Journaliste respecté, auteur de récits historiques sur les mouvements révolutionnaires au Pérou, d'enquêtes, écrivain au style très affirmé, l'auteur va livrer un récit puissant de cette aventure.
    À la fois roman vrai de la préparation minutieuse de cette évasion, des efforts hors du commun nécessaires à son aboutissement, mais aussi évocation puissante du Pérou de ces années de conflit et de guérilla, de tortures et de prison, Le Tunnel s'inscrit dans la tradition de la crónica latino-américaine mais aussi dans celle, plus large, de la non-fiction littéraire et du nouveau journalisme. Genre consacré dans les pays anglo-saxons, avec de grands noms comme ceux de Truman Capote, Gay Talese ou encore Tom Wolfe, mais aussi dans toute l'Amérique latine, il commence à s'installer dans le paysage littéraire français.
    Des maquis de la guérilla aux sommets andins, en passant par les rues de Lima et les murs de la prison de Canto Grande, Le Tunnel se veut fidèle à la réalité. Le récit rend hommage à ces hommes et à ces femmes en invitant à une exploration littéraire teintée de réalisme magique de cette histoire de terre, de larmes, de sang, mais aussi d'espoir, de courage et d'amour.

  • Ce livre s'adresse à un large public, celui qui a suivi l'« affaire DSK ».
    Son sujet n'est pas l'affaire judiciaire (qui ne fait que commencer). Il ne traite pas non plus des agressions sexuelles. Son sujet est le sexisme comme idéologie rationalisant les atteintes aux droits des femmes.
    Il analyse les réactions à l'arrestation de Dominique Strauss-Kahn à New York le 14 mai 2011, puis à son inculpation. Ces réactions, qui ont été majoritairement celles de ses amis politiques, révèlent en fait l'attitude de la majorité des hommes politiques et journalistes français. Ceux-ci ont commencé par déclarer qu'il ne pouvait en aucun cas être coupable des faits qui lui sont reprochés, parce qu'il en serait incapable. Ils ont exprimé une incrédulité totale quant à la possibilité même du crime et ont comparé la situation faite à DSK à un véritable calvaire.
    La possibilité même du crime a été déniée : soit parce que l'accusation du procureur était fausse - ce qui revenait à dire que la femme de chambre qui l'avait dénoncé mentait -, soit parce qu'aux USA on confond sexualité et crime.
    Son inculpation a été présentée comme l'effet du puritanisme qui refuse tout ce qui est sexuel. La contrainte impliquée par le viol a été niée, euphémisée ou minimisée. Politiques et journalistes ont fait passer le caractère sexuel des faits reprochés à DSK dans la case de la « vie privée », qui ne regarde pas la justice, des « moeurs » et des choix personnels qui ne regardent pas la loi.
    Les féministes auteures de ce livre mettent en cause ces propos qui assimilent le viol à la vie privée, au libertinage, à la liberté sexuelle. Elles affirment que la présomption de véracité de la victime « présumée » doit être tout autant préservée que la « présomption d'innocence » du suspect.
    Que le viol existe, et que le consentement des deux parties n'est pas un ornement dont on peut se passer, une cerise sur le gâteau, mais la ligne de partage entre un acte licite et un acte criminel.
    Enfin, les auteures se demandent si ces propos ne révèlent pas un refus, de la part de la société française, de la loi française, pour laquelle cette ligne de partage est aussi fondamentale que pour la loi états-unienne.

  • Christine Delphy nous propose avec ce recueil des " interventions " qui s'inscrivent dans le déroulement de la politique du mouvement féministe en France. L'actualité des questions qui se posent au mouvement féministe et de celles que ce mouvement pose à la société, année après année, constitue la ligne de force des " interventions " publiées ici. Ces textes sont pour beaucoup des éditoriaux que l'auteure, rédactrice en chef de la revue Nouvelles Questions féministes, a rédigés au cours des mois et des années. D'autres sont des entretiens qu'elle a donnés à diverses revues ; ou encore des chroniques proposées à l'hebdomadaire Politis. Constater, avec un recul de trente ans, la permanence de certaines questions, ou l'émergence de thèmes qui s'affirment de plus en plus au cours des années, comme celui de l'identité nationale, a donné à Christine Delphy l'idée de constituer ce recueil. En somme, il doit son unité à une permanence, la surdité entêtée de l'establishment aux revendications des femmes, et à une " nouveauté ", le refus du même establishment d'entendre la revendication d'autres exclues, les " issues de l'immigration ".

  • A l'heure où un projet de loi est discuté au Parlement français, ce livre souligne que «vouloir inverser la charge pénale en libérant les personnes prostituées des poursuites pour les transférer sur les véritables auteurs de la violence prostitutionnelle, les clients prostitueurs, c'est ébranler l'un des piliers les plus résistants du pouvoir masculin». En Suède, en Norvège et en Islande, les féministes ont réussi à faire adopter des lois pénalisant l'achat de services sexuels et le proxénétisme tout en décriminalisant l'activité des personnes prostituées.
    Le modèle nordique reconnaît que ceux qui payent pour du sexe - les prostitueurs - sont responsables de l'existence de ce qui est devenu une véritable industrie mondialisée : la vente de services sexuels. Les auteures dévoilent le rôle et la fonction du lobby favorable à la prostitution d'autrui et déconstruisent la légende selon laquelle le «modèle nordique» porterait préjudice aux personnes prostituées.
    Publiée en norvégien en 2010, puis traduit en anglais en 2011, ce livre décrit le processus politique qui a précédé et fait suite à la promulgation de la loi de 1999 interdisant l'achat de services sexuels. Les auteures analysent les luttes contre la pornographie et la prostitution, en exposant les discussions au sein du mouvement féministe sur l'«oppression sexualisée». Suède, Norvège, puis Islande et Danemark. Les auteures présentent les caractéristiques des mouvements féministes dans les pays nordiques, les différentes analyses sur la prostitution, les services de soutien aux prostituées et tirent un premier bilan des réformes engagées.
    Une large place est donnée à la parole des survivantes de la prostitution.

  • Lors de ses Entretiens de 1952, André Breton déclarait: "Au cours des trois années qui précédent la nouvelle guerre, le surréalisme réaffirme sa volonté de non-composition avec tout le système de valeurs que met en avant la société bourgeoise.
    Cette volonté s'exprime avec le maximum d'intransigeance et d'audace dans le recueil de Benjamin Péret: Je ne mange pas de ce pain-là. " Ce recueil, publié aux Éditions surréalistes en 1936, est devenu rapidement introuvable. Il est désormais emblématique d'un poète surréaliste et militant révolutionnaire qui, peu après sa parution, partit combattre en Espagne contre le franquisme. Péret s'y livre à une véritable entreprise de démolition à l'égard de la religion, la patrie, le nationalisme et les politiciens de son époque.
    Je ne mange pas de ce pain-là prend aujourd'hui une extraordinaire résonance et jette un défi aux nouveaux intégrismes et à l'ordre moral ambiant de notre époque. Les poèmes sont suivis d'une enquête d'Heribert Becker sur sa réception auprès des lecteurs de l'oeuvre de Péret.

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  • on se souvient que chvéïk, citoyen tchèque, habite prague, et vend des chiens volés lorsqu'il n'est pas militaire.
    que son créateur, jaroslav hasek, avait raconté son destin dans un long roman rédigé de 1920 à 1922, présenté en français en trois volumes distincts: le brave soldat chvéïk, les nouvelles aventures du soldat chvéïk, et les dernières aventures du soldat chvéïjk (editions gallimard). on y suivait l'itinéraire d'un obscur héros, engagé avec enthousiasme dans les péripéties de la première guerre mondiale.
    ce personnage est hors du commun, d'abord parce qu'on se demande longtemps - sans jamais répondre - s'il est véritablement idiot ou seulement simulateur, ensuite parce que selon roger grenier " il dénonce l'absurde en y adhérant de toutes ses forces, l'excès de zèle étant sa façon imparable de pratiquer le sabotage ". qu'un peu plus tard, bertolt brecht prolongea les aventures de notre héros en écrivant de 1941 à 1944 la pièce de théâtre schweyk dans la deuxième guerre mondiale (éditions de l'arche).
    nous avons, pour notre part, montré ailleurs pourquoi et comment chvéïk - ou son petit-fils -est réapparu au 21e siècle, dans un contexte de mondialisation économique sans repères, sans morale, oú la seule valeur proclamée est celle de la toute puissance de l'argent. et puis, en avril 2003, a éclaté la guerre d'irak. pendant l'été 2003 une évidence apparut: chvéïk était avant tout un soldat et la république tchèque, membre de la " jeune europe ", avait décidé de participer au conflit.
    le petit-fils de chvéïk devait nécessairement être mêlé à la guerre d'irak.

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  • Un scénario-poème pour continuer la geste familiale d'Armand Gatti.
    Après Augusto aux abattoirs de Chicago et Armando, balayeur au Tir aux pigeons de Monaco, voici le temps d'expliquer " comment Sauveur Lusona mon grand-père a fait des docks du port de Marseille un jardin japonais ". Le tout sous forme d' " entretiens avec le soleil sur le jour de sa mort ".

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  • " A mon jugement il restera le poète surréaliste par excellence, car il sut mieux que personne trouver tout le parti qui se pouvait tirer de l'automatisme verbal, et l'on chercherait vainement ailleurs un trésor d'images aussi prodigieux que celui dont il fit montre pendant sa longue activité.
    Amateurs de poésie, aficionados de l'image et du verbe, fanatiques, comme moi, je l'espère, lisez Péret. Vous aurez du bonheur. " André Pieyre de Mandiargues

  • - Venir à bout de l'emprise du crime organisé sur le trafic - La « guerre aux drogues » une politique néocoloniale - La tolérance zéro est inefficace Comme ce fut le cas aux États-Unis avec la prohibition de l'alcool dans les années 1920, la prohibition conduit aujourd'hui à une intensification de la violence liée au commerce des drogues dans le monde entier. Plus de 50 000 personnes auraient perdu la vie depuis le début de l'offensive militaire du gouvernement mexicain contre les cartels de la drogue.

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  • Le 3 mai 1972, Fabienne Lauret est embauchée à l'atelier de couture des usines Renault à Flins dans les Yvelines.
    Issue de la génération de Mai 68, elle est une éta- blie, le nom que l'on donne à ces jeunes qui entraient à l'usine pour changer le monde. Elle y restera plus trente-sept années avant de prendre sa retraite en 2008.
    Loin des clichés, Fabienne nous raconte l'envers et l'enfer quotidien d'une usine mythique et la condi- tion ouvrière moderne : souffrance au travail et ex- ploitation. Elle interroge également la finalité de la production.
    Féministe, elle est particulièrement sensible à la condition des ouvrières et au sexisme dont elles sont victimes, tant de la part de leurs collègues ouvriers que de la direction et contre lequel elle se battra pa- tiemment.
    Déléguée syndicale CFDT, elle anime ses pre- mières grèves et son récit nous plonge au coeur des luttes sociales qui secouent le site de production d'au- tomobiles. Élue au comité d'entreprise, puis salariée de celui-ci, elle participe au développement d' une autre conception de cette institution sociale qui, selon elle, ne peut se réduire à des « bonnes oeuvres ».
    Ces pratiques innovantes heurteront les conserva- tismes de la nouvelle majorité syndicale du comité d'entreprise , qui utilisera contre elle les méthodes pa- tronales les plus éculées .
    Si L'Envers de Flins est un journal de vie quoti- dienne en usine, il nous entraîne également à l'ex- térieur de l'usine où d'autres combats attendent Fa- bienne, notamment avec les groupes femmes locaux.
    Parcours de vie, le livre est le témoignage vivant et fort d'une féministe ouvrière et s'inscrit dans la lignée ouverte par L'Établi de Robert Linhart (éditions de Minuit).

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  • En 1941, alors qu'andré breton et de nombreux surréalistes sont en exil en amérique, une poignée de jeunes gens décident de se réunir à paris dans le but de maintenir le surréalisme en france occupée.
    En référence au vers de rimbaud ("la main à plume vaut la main à charrue"), le groupe se baptise la main à plume et affiche ainsi sa volonté d'insoumission aux pouvoirs en place. l'opposition ne sera pas qu'intellectuelle et cette génération des "vingt ans en l'an quarante" payera un lourd tribut à la lutte armée. en quatre années d'existence, la main à plume parviendra à éditer, dans une semi-clandestinité, une dizaine de publications collectives et une trentaine de plaquettes individuelles.
    Soixante ans après, cette anthologie rassemble pour la première fois quelques-uns de ces textes, poèmes et illustrations. issus de brochures devenues rarissimes, ces écrits, produits dans des conditions difficiles, révèlent que le groupe, loin du rôle intérimaire qu'on lui attribue trop souvent, a aussi apporté des réflexions neuves dans deux champs d'investigation parmi les plus importants du surréalisme : l'image et l'objet.
    On pourra notamment s'en rendre compte avec le large choix de textes provenant du projet d'anthologie sur l'objet, qui est resté inédit jusqu'à ce jour.

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  • La prison n'est pas une île coupée du monde. Loin de l'exotisme carcéral qui consiste à aborder l'univers pénitentiaire en le déconnectant de son contexte, ce livre propose une inversion des regards. Au-delà des tableaux saisissants, régulièrement rapportés d'excursions au-dedans des enceintes pénitentiaires, il s'agit de reconnaître que la prison n'est qu'une excroissance de la société, sa reproduction exacerbée. Dans cette perspective, le prisme du travail pénal est particulièrement intéressant pour explorer les finalités de cette institution, les " usages " que les personnes incarcérées font des " offres " d'activités intra-muros, le sens de la peine et du " traitement pénitentiaire ". On sait que l'empêchement de l'activité est fondamentalement privation du pouvoir de l'action. Etre privé de métier, c'est être cantonné à des " occupations ", être amputé des conditions nécessaires à la fois à la construction de soi et à la construction du vivre ensemble. En ce sens, la prison constitue bien un véritable observatoire de questions communes à toute société comme à tout individu. E l'étude du travail en prison éclaire les fonctions du travail dans le monde libre comme elle impose aussi de repérer comment les caractéristiques contemporaines du " monde du travail " se déploient dans l'enceinte de la prison. La restauration du travail, de ses fonctions économique, sociale, psychologique a une portée générale susceptible de transformer à la fois le " travailleur " et le système dans lequel il vit, dedans, comme dehors. C'est bien dans cette perspective que se situe l'ensemble des contributions de cet ouvrage collectif, au-delà de la diversité et de la complémentarité des expériences de chacun des quatre auteurs.

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  • Jean-Louis Bédouin a porté au plus haut degré de fidélité les exigences surréalistes : la vie à pleines dents, les amitiés passionnées, l'attrait de l'inconnu, le goût du jeu, le besoin d'actions collectives, le refus des compromissions, l'engagement total.
    L'un des principaux animateurs du groupe surréaliste parisien d'après-guerre, l'auteur d'une Anthologie de la poésie surréaliste, le commentateur d'André Breton, de Benjamin Péret, de Victor Segalen, le diffuseur des idées surréalistes, le connaisseur des masques et des arts dits "primitifs", fut aussi, et peut-être avant tout, poète. L'oeuvre poétique de Jean-Louis Bédouin est enfin rassemblée dans ce livre.

  • La geste familiale de Gatti se termine avec le portrait de Laetitia, la Mère.
    Auprès Chicago, Monaco et Marseille, c'est le retour aux collines du Montferrat, " le lieu d'exil de toute une vie ". Mais Laetitia a un nom qui disait la joie, une " joie aussi tragique que toutes les militances réunies ".

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  • Les violences faites aux femmes participent de la domination masculine, dont elles sont l'expression la plus extrême.
    A l'instar de l'Espagne qui s'est dotée d'une " loi organique contre la violence de genre ", le Collectif national pour le droit des femmes entend impulser une réflexion sur le caractère systémique de ces violences. Il propose donc un document qui est conçu comme un projet de loi-cadre qui prend en compte l'ensemble des violences: violences dans la famille et le couple, au travail, dans les lieux publics, violences lesbophobes, prostitution...
    Une telle loi organisera l'information, la sensibilisation, la prévention, les sanctions des auteurs, l'accompagnement et la protection des victimes. Elle complète les lacunes de la législation française actuelle: non-prise en compte des violences psychologiques, définition inopérante du harcèlement sexuel, absence de moyens de prévention des violences sexistes, barrière étanche entre le civil et le pénal, etc.

  • A couteaux tires

    Skalpel

    • Syllepse
    • 28 Janvier 2014

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  • Péret Benjamin, révolutionnaire permanent : " On ne peut séparer, chez lui, le poète du militant révolutionnaire, l'amoureux du poète, le révolté du militant.
    Mais on ne doit pas oublier qu'il ne confondit jamais les plans de la réalité correspondant à ces multiples vocations. Péret ne fit jamais double emploi avec lui-même. " Jean-Louis Bédouin, 1960

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