Syllepse

  • Dans le premier chapitre du Capital, Marx caractérise l'économie vulgaire en ces termes?: elle «?se contente des apparences [...] et se borne à élever pédantesquement en système et à proclamer comme vérités éternelles les illusions dont le bourgeois aime à peupler son monde à lui, le meilleur des mondes possibles?». Et ce tout simplement parce qu'elle ne parvient pas ou renonce même à «?pénétrer l'ensemble réel et intime des rapports de production dans la société bourgeoise?».
    Or, de même qu'il existe ainsi une apologie vulgaire du capitalisme, il en existe une critique non moins illusoire. Même ignorance radicale des rapports capitalistes de production, même fascination exercée par leurs apparences fétichistes (la marchandise, l'argent, la comptabilité nationale et ses instruments statistiques, etc.), même volonté d'en rendre compte en termes de pseudo-lois transhistoriques, même enfermement dans le cadre d'une idéologie sacralisant la propriété privée, la liberté d'entreprendre et l'égalité réduite à sa dimension juridique, qui limite du même coup ses propositions de réforme à des mesures de redistribution des revenus et de la propriété.
    C'est à démontrer que Thomas Piketty en reste au niveau de cette critique illusoire que cet ouvrage s'emploie, tout en développant en contrepoint les éléments d'une critique radicale.

  • Ils récupèrent dans les poubelles des objets qu'ils revendent. On les appelle les biffins, de ce vieux mot d'argot synonyme de chiffonniers. Une exploration des marges de la société.
    Ils sont des milliers à Paris. Toujours plus nombreux depuis les années 1980 avec les crises successives et le durcissement des politiques migratoires.
    On les dit aussi «pauvres» ou même «?survivants?». «Marchés aux pauvres», «de la survie», titrent bien des journaux. Et pourtant... Une économie informelle où d'anciens travailleurs, des retraités ou des chômeurs, trouvent un moyen de survie. Des étrangers qui trouvent là un moyen de s'arrimer sur un sol hostile. Des femmes à qui la vente offre le moyen de se libérer de leur ex-mari et de se découvrir capables de parler, de négocier, de s'affirmer.
    Tandis que dans les rues, la récupération laisse place à la chance, dans la vente ils s'éprouvent comme des partenaires égalitaires. Le marché devient un lieu d'interconnaissance et espace par excellence des sociabilités. Ils s'efforcent ainsi de bâtir un monde, à contre-courant des dominants, où s'inclure po­si­ti­vement et à égalité.
    C'est ce combat quotidien dont Mélanie Duclos rend compte dans ce livre, fruit de quelque quatre ans d'enquête de terrain au marché des biffins de la Porte de Montmartre.
    Un récit qui plonge dans les vies des biffins et des biffines pour saisir leur histoire, leurs actes et leurs idées, leurs désirs et leurs souhaits si souvent contrariés, en un mot leur culture, alternative et résistante, et dont le braconnage nocturne des poubelles forme le socle matériel.
    Un récit, enfin, qui restitue ce que peuvent mettre en pratique, en rêves et en mots, ceux-là qui les premiers souffrent de l'ordre établi.

  • Et si l'individualisme et le libéralisme, qui déter­ minent si fortement nos manières de considérer le monde, façonnaient aussi les mouvements politiques engagés pour la justice sociale et l'émancipation ?
    Après avoir soumis les « alternatives » écologistes à cette question, Aude Vidal interroge les nouveaux fé­ minismes radicaux.
    Le renouveau que connaît aujourd'hui le mou­ vement semble également le déborder sur ses marges :
    Prostitution, inclusion des femmes trans et des per­ sonnes non­binaires, difficile articulation avec les pen­ sées queer et décoloniales sont l'occasion d'autant de frottements.
    Ringard et étriqué, le féminisme hérité de la deuxième vague ? Ou bien le foisonnement des fé­ minismes d'aujourd'hui ne serait­il pas l'occasion de dérives libérales ?
    L'accent mis sur l'autodéfinition de soi et la plu­ ralité des genres ne reviendrait­il pas à nier le genre comme résultant des rapports sociaux de sexe pour en faire une caractéristique individuelle ?
    Le féminisme du choix, en postulant que tous les choix effectués librement par des femmes sont des choix féministes, n'est­il pas devenu le point de ren­ contre entre féministes libérales et nouvelles fémi­ nistes radicales ?
    Comment accueillir ces questions qui renouvellent le féminisme, souvent de manière stimulante ou salu­ taire, sans rien céder sur la défense des femmes et de leur intégrité ?

  • Dans la lignée du livre Afrofem qui entendait « traduire politiquement ses révoltes en révolu­ tion » contre le racisme d'État et le féminisme dominant, ce livre est un manifeste qui tente d'es­ quisser des horizons d'organisation et de libéra­ tion pour la condition noire en France.
    Le coeur de ce manifeste est le suivant : « Être noir·e et vouloir appartenir à une communauté et à un projet politique révolutionnaire de libération qui s'inscrivent dans une pensée panafricaniste, anticapitaliste et radicalement afroféministe. » Dans une langue vive, ce manifeste veut éclai­ rer les objectifs et les modalités d'une telle entre­ prise dans un pays où le mot « race » provoque passions et fantasmes.
    Partir de l'expérience spécifique des Noir·es en France, mais aussi des rapports entretenus par la France avec les Noir·es permet de comprendre le défi que représente un tel projet.
    Dans un pays obsédé par le spectre du « com­ munautarisme », l'autrice propose de faire de la notion de « communauté » une arme contre le projet néolibéral et individualiste de dépolitisa­ tion des luttes de libération noire.
    Afroféministe, ce manifeste s'inscrit dans une lecture politique du monde qui voit la nécessité pour tout projet de libération d'en finir avec les structures d'exploitation économique, sociale et politique que sont le racisme, le patriarcat et le capitalisme.

  • Bordeaux s'est développé en jouant un rôle essentiel dans la constitution de l'Empire français.
    Ce livre s'intéresse à l'histoire de la ville à travers les noms de rues, voies et autres lieux choisis pour honorer ceux qui ont contribué à la construction de la France coloniale.
    Ce n'est pas, le plus souvent, en tant que négriers, esclavagistes, sabreurs, administrateurs coloniaux, théoriciens du racisme que beaucoup de personnalités ont été honorées. Elles l'ont été pour d'autres raisons mais elles ont été clairement engagées dans le système colonial.
    Bien des bienfaiteurs de la ville ont fait ruisseler un peu de leur fortune accumulée par la production et le négoce des produits coloniaux issus de l'esclavage et du travail forcé. Bien des militaires et des hommes politiques honorés ont contribué à leur ouvrir et à protéger leurs marchés. Bien des universitaires ont apporté la caution scientifique justifiant la domination.
    Ce guide n'ignore pas les quelques anticolonialistes à qui une place a tout de même été faite dans la ville. Il visite quelques lieux de mémoire et propose quelques coups de projecteur sur des aspects peu enseignés de l'histoire coloniale.
    Que ce guide permette de voir la magnificence de la ville sous un autre jour. Qu'il invite à d'autres promenades. Qu'il contribue à décoloniser les imaginaires.
    C'est un produit de haute nécessité dans la lutte contre toutes les formes de racisme.

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  • Dans un précédent livre, Michel Warschawski dressait le portrait du conducteur d'un bulldozer fonçant sur des maisons palestiniennes. « Cette figure, écrit Jean Ziegler dans sa préface, a valeur de parabole. Pareil au conducteur du bulldozer, coupé de la réalité, ignorant la souffrance de ses victimes, aveugle et inconscient des conséquences de ses actes, le présent gouvernement israélien d'ex- trême droite fonce à tombeau ouvert vers sa propre destruction. » Michel Warschawski, ajoute Jean Ziegler, « compare les migrations vers l'Amérique des Irlandais affamés et des pauvres du sud de l'Italie à celle vers la Palestine des Juifs atteints dans leur existence, mais dénie toute légitimité à l'État juif colonial qui opprime depuis lors - et toujours plus agressivement - les Palestiniens ».
    L'installation à Jérusalem, « définitivement » annexée, de l'ambassade des États-Unis, la féroce répression de la « marche du retour », la poursuite accélérée de la colonisation, le vote de la Loi fondamentale faisant d'Is- raël l'État de la nation juive sont autant de signaux d'alarme.
    C'est ce moment que choisit Michel War- schawski, pour dire que l'évolution du ré- gime israélien est non seulement une me- nace permanente contre les Palestiniens mais aussi une dangereuse impasse pour le peuple juif-israélien, et qu'il est temps de faire retraite.

  • C'est en prenant pour point de départ la mort de Steve Maia Caniço dans la nuit du 21 au 22 juin 2019 que le journaliste Nicolas Mollé mène l'enquête.
    Une enquête destinée à détricoter l'ensemble des décisions qui ont conduit à la mort de Steve ce jour-là.
    Parti à la rencontre de la famille de Steve, de militants nantais, de syndicalistes, d'acteurs de ce drame, Nicolas Mollé livre un récit saisissant. Cet ouvrage est également une enquête sur le maintien de l'ordre à Nantes, des grèves de 1955 à la répression brutale des luttes autour de la ZAD, contre la loi Travail et, plus récemment, la répression des Gilets jaunes.
    « La schlague. En pleine nuit. Des coups. De matraques, à la volée. De pieds. Un Taser qui crépite. Des grenades qui explosent. La terreur. Une grenade atterrit dans une gerbe d'étincelles sur les épaules d'un homme trébuchant. Des ogives en plastique dur de lanceur de balles de défense fusent dans l'obscurité. Un chien berger malinois aboie et se cabre comme un ressort sous l'impulsion du policier le tenant en laisse. C'est la Fête de la musique quai du président Wilson.
    Steve Maia Caniço s'est noyé à 24 ans. Il a perdu la vie dans la Loire au cours de la nuit du vendredi 21 au samedi 22 juin 2019 à Nantes. Son corps a été retrouvé le lundi 29 juillet. Après plus d'un mois d'incertitudes, de manifestations, de mobilisations de la part de ses proches et de collectifs spontanés, de prises de positions ou d'interpellations des politiques. Il flottait à deux kilomètres de sa disparition, quai Fernand-Crouan, dans un secteur proche du bras de la Madeleine, au pied de la grue jaune Titan.
    Tout le monde sait qui a tué Steve. Un après-midi de septembre, ce slogan éphémère orne en lettres rouges les marches qui mènent vers la tour Bretagne à Nantes.

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  • Le capitalisme triomphant des années 1990 a ­perdu de sa superbe. Après avoir promis monts et merveilles, il s'est mué en une machine infernale produisant de la régression sociale et des inégalités, incapable de faire face au changement climatique, et sécrétant une montée générale de l'autoritarisme en lieu et place de la démocratie promise.
    Face à cela, les programmes de la gauche institutionnelle estiment qu'il faut repartager les richesses et orienter le capitalisme dans le sens de l'intérêt général. Si les profits des entreprises n'ont jamais été aussi imposants, ne pourrait-on pas les réduire pour faire place à plus de social et d'écologie, se demandent-ils??
    Mais ce n'est guère possible car la valeur de l'entreprise est spéculative et déterminée par les anticipations des dividendes. Si les profits sont moindres, les valorisations baisseront et les actionnaires cesseront d'investir même si l'entreprise gagne de l'argent.
    Une politique sociale et écologique sérieuse doit donc exproprier les actionnaires pour laisser place à des entreprises autogérées par leurs salariés, les usagers et les citoyens.
    Une nouvelle définition de la démocratie se dessine?: une rencontre permanente entre des travailleurs et des usagers ou citoyens pour décider et réaliser ensemble.
    Le livre se conclut sur l'amorce d'un programme de transformation qui conjugue des mesures sociales et écologiques avec une stratégie d'éviction des actionnaires. Ce programme, adapté à un pays de la zone euro, intègre divers scénarios liés à cette situation.
    Afin de faciliter la compréhension des mécanismes économiques ou de compléter ses connaissances, le livre renvoie à des «?tutoriels?» en ligne (economie.org) où l'auteur décrypte le fonctionnement de la finance, de l'argent et la macroéconomie.
    Outil pédagogique, le livre est articulé avec les apports aujourd'hui indispensables de l'apprentissage et de l'acquisition des connaissances en ligne.
    L'ouvrage engage une réflexion sur le dépassement de la notion même de propriété des moyens de production et trace une voie de transition pour en sortir.

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  • Du mur que le président Donald Trump entend ériger à la frontière avec le Mexique au mur de séparation édifié par Israël dans le cadre de son projet colonial en passant par Frontex et les multiples murs de l'Europe forteresse, tout indique que nous assistons à ce que l'auteur appelle le «nouveau cloisonnement du monde».
    Ces «murs» érigés le long des frontières internationales représentent aujourd'hui plus de 10% du linéaire mondial de frontières.
    Ces murs sont la partie émergée de systèmes de surveillance et de contrôle plus vastes. On trouve aujourd'hui ces dispositifs sur tous les continents. S'ils sont généralement justifiés par la lutte contre les trafics et le terrorisme, la plupart sont en fait des barrières anti-migrants et ont pour objectif de limiter ou contraindre la mobilité des êtres humains.
    Les frontières contemporaines tendent ainsi à devenir de nouveaux «rideaux de fer»: des «frontières de fer».
    Comment, à la vision «ouverte» et positive des frontières, qui culmina avec la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, a succédé une ère de soupçon, de peur et de violences symbolisée par la multiplication de ces « murs » ?
    Au bout du compte, c'est la question du rôle et de l'impact de ces installations qui sera au coeur de cet ouvrage.
    Des expérimentations de l'époque coloniale à la création néolibérale d'un vaste marché de la sécurité, l'auteur souligne l'augmentation des décès liée au contournement de ces dispositifs, le coût en vies humaines de ce monde muré.
    Les nombreuses cartes qui enrichissent cet ouvrage en font un véritable guide pour comprendre cette nouvelle segmentation de la planète.

  • L'année 2013 a vu se multiplier les commémorations de la marche pour l'égalité et contre le racisme de 1983, initiée en réaction à la multiplication des crimes racistes et sécuritaires.
    Pourtant, trente ans après, les morts dans les commissariats, entre les mains de la police ou sous les balles des forces de l'ordre n'ont pas cessé.
    Enfin, l'impunité dont bénéficient les auteurs de ces crimes continue de leur être assurée par la justice.
    Ce livre propose une série d'enquêtes, d'analyses et d'entretiens sur des affaires récentes et sur le combat menée par les proches et les familles des victimes pour obtenir la vérité et la justice sur ces morts.
    L'ouvrage donne la parole à ces familles et livre une série d'analyses sur le racisme d'État, l'impunité judiciaire dont bénéficient les violences et les crimes policiers.
    Il tente également d'offrir des pistes pour s'organiser contre la « présomption de légitime défense » accordée à la police, contre la propagande médiatique, contre l'oubli qui permet à ces crimes de se reproduire depuis des dizaines d'années contre les habitants des quartiers populaires désignés comme l'ennemi intérieur.
    En pleine offensive islamophobe, dans un contexte de montée de l'extrême droite et de radicalisation à droite de l'ensemble du champ politique, ce livre vient apporter un éclairage sur le fonctionnement de la police et de la justice française du point de vue de ceux qui les subissent.
    On pourra notamment lire un entretien avec Farid El Yamni, frère de Wissam El Yamni, mort le 1l janvier 2012, à la suite de son interpellation violente par une dizaine de policiers.
    Un autre avec Amal Bentounsi, la soeur d'Amine Bentounsi, abattu d'une balle dans le dos le 21 avril 2012, à Noisy-le- Sec. Amal Bentounsi fait par ailleurs l'objet d'une plainte du ministère de l'intérieur pour diffamation.
    Le Parti des Indigènes de la République et la Brigade Anti-Négrophobie livrent pour leur part une analyse du racisme d'État et de la persistance des crimes policiers et des agressions islamophobes dans le contexte actuel.

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  • Ce livre est né de la volonté de rendre visible le flux permanent de personnes qui meurent victimes de l'État policier français.
    Elles ont été étouffées, abattues, percutées, battues à mort, lors de contrôles, d'arrestations, d'expulsions, de mouvements sociaux, ou dans d'autres circonstances encore, par des policiers, des gendarmes.
    L'auteur, le collectif Cases Rebelles, s'empare ici de la forme du portrait militant, hérité de l'art mural, du graff, d'artistes activistes comme Emory Douglas, et largement réactivé dans les mouvements actuels contre la police raciste aux États-Unis, avec Oree Originol notamment.
    Le dessin rompt avec la froideur clinique des listes. Facilement diffusable, affichable, il est une tentative de reprendre la rue et ses murs.
    Le récit des circonstances et des suites judiciaires permet de saisir comment toutes ces petites histoires, souvent tombées dans l'oubli, forment la grande Histoire de la domination policière en France et son caractère à la fois de classe, raciste et colonial.
    Quelques familles ont obtenu une forme de reconnaissance et de justice, mais dans leur grande majorité, elles ont fait face à l'impunité.
    Les dessins se veulent aussi porteurs d'amour pour les victimes et de solidarité pour leurs proches.

  • Nous voulons montrer ici comment le racisme n'est pas divisible. Toutes les attitudes et toutes les politiques de rejet, d'exclusion, de persécution, d'épuration ethnique sont à combattre.
    Le souvenir des persécutions et du génocide juif nous incitent à une vigilance particulière, nous enjoint de ne jamais être du côté des bourreaux, quelle que soit leur religion supposée. Nous avons certes dans le coeur cette blessure liée à l'antisémitisme et à Auschwitz, comme une écharde purulente. Mais nous vivons maintenant et nous devons constater que les principales victimes du racisme ne sont plus les Juifs.
    Proposer une parole juive contre le racisme aujourd'hui, c'est prendre le parti de l'universel, contre tous les nationalismes ; de la fraternité, contre tous les replis sur soi ; de l'action solidaire en faveur des réfugiés, des Rroms, des peuples en lutte contre l'oppression.
    Richement illustré, le livre s'adresse à un public large d'élèves, de professeurs, d'éducateurs qui souhaitent faire le point sur le racisme et sur les moyens de le combattre ensemble.

  • Pendant deux ans, Michel Warschawski, journaliste et militant pacifiste israélien, a livré à l'hebdomadaire Siné Hebdo une chronique des événements courants du conflit israélo-palestinien et de la colonisation des territoires palestiniens voulue par l'État d'Israël.
    Ces billets d'actualité décrivent par le menu les réalités, politiques, sociales et culturelles de cette région du globe. Opposant farouche à la politique coloniale de son pays, l'auteur ne parle pas du " processus de paix ", qu'il craint n'être que virtuel. Il évoque au contraire d'autres processus qui compromettent une " paix juste et durable ", à savoir la colonisation, le Mur de la honte, l'apartheid, la fuite en avant et la fascisation de l'État d'Israël.
    Comme l'écrivent dans leur avant-propos André Rosevègue et Michèle Sibony, de l'Union juive française pour la paix, Michel Warschawski " nous fait entrer dans les arcanes d'un État qui appartient à son armée plutôt que l'inverse ".

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  • - L'enjeu des manuels scolaires dans la construction d'un récit national en période de conflit - Représentations des figures du «Juif» et du «Palestinien» dans les manuels français, israéliens, palestiniens et suédois - L'idéologie dans les manuels scolaires et les enjeux politiques sous-jacents

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  • Une Commune de Paris en terre coloniale ? Les années 1869-1870-1871 sont marquées en France par une grave crise de régime se traduisant par plusieurs crises sociales répétées, par l'affaiblissement politique et enfin par l'effondrement du régime napoléonien suite à la défaite militaire, l'occupation allemande d'une large partie du territoire français et le soulèvement de la Commune de Paris.
    Cette période chargée a occulté ce qui se passait dans l'empire colonial français des événements qui méritent d'avoir leur place dans la mémoire du combat des opprimés.
    Décembre 1868 : Le massacre des prolétaires réunionnais, immigrants indous ou cafres devant la mairie de Saint-Denis de la Réunion par les troupes françaises quand en France dans la région des puits de mine du Tarn on procède, cette même année aussi à la tuerie des gueules noires du plateau du Gua.
    Septembre 1870 : Le préfet du Tarn, responsable de la fusillade des mineurs, est celui qui se retrouve gouverneur de la Martinique en charge de la répression de l'insurrection qui vient d'éclater.
    Avril 1871 : Insurrection de Kabylie et de la province de Constantine en Algérie, en pleine Commune de Paris et au début du procès des insurgés martiniquais.
    On retrouvera dans les bagnes de Guyane et de Nouvelle-Calédonie, communards et pétroleuses parisiens, insurgés et « femmes incendiaires » de Martinique ainsi que les rebelles kabyles partageant parfois les mêmes transports maritimes pour rejoindre leurs destinations dans l'enfer vert des bagnes.
    Ces coïncidences, au demeurant peu essentielles, ne doivent pas conduire à ignorer les dynamiques propres générées par les situations complexes des sociétés coloniales quand bien même les révoltes se sont placées dans le contexte de la chute du régime impérial, de la proclamation de la République et de l'occupation du territoire français.
    L'étude que Gilbert Pago nous donne à connaître de l'insurrection paysanne de la Martinique décortique les explosives relations sociales, raciales, coloniales dans un territoire qui émerge à peine du système esclavagiste. Il sert à révéler un pan de l'histoire de la France coloniale au moment de la transition entre la fin du premier empire colonial français et la mise en place de la relance en fin du 19e siècle de la colonisation européenne.

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  • En Chine, sous l'ombre tutélaire de Mao, les dra- peaux rouges flottent sur un capitalisme débridé, cor- rompu et féroce.
    L'immense Chine est autant saturée de corruption que de pollution. Comment expliquer cet impossible paradoxe issu d'une révolution communiste ? Pour El- liott Liu, il faut remonter aux sources de la formation du Parti communiste. Fortement imprégné de l'idéo- logie stalinienne, dont il ne se déféra jamais, Mao a conçu dès l'origine le « socialisme » comme une forme de capitalisme d'État où le Parti serait le médiateur unique des contradictions de la société chinoise.
    L'ouvrage examine la formation idéologique du Parti communiste et les différentes étapes de sa longue marche vers le pouvoir qu'il exerce sans partage de- puis 1949. Durant la guerre de libération, les premiers signes d'un maoïsme tout à la fois autoritaire et op- portuniste apparaissent : l'émancipation des femmes (« la moitié du ciel » selon Mao) est bridée et reléguée au second plan pour ne pas bousculer la société pay- sanne patriarcale qui constitue la base sociale de la révolution ; les prises de terres des paysans qui veulent accomplir leur réforme agraire est freinée et entravée pour ne pas perdre l'appui de l'aristocratie foncière alliée au Parti communiste.
    Cependant, la lente construction de ce nouveau ca- pitalisme d'État ne va pas sans contradictions violentes dont la « Révolution culturelle » est le paroxysme, no- tamment en 1967 lors de la Commune de Shanghai qui vit l'irruption d'un violent mouvement de la classe ouvrière disputer à la bureaucratie parasitaire sa posi- tion dirigeante. Dans sa lutte contre d'autres fractions bureaucratiques, après en avoir appelé à la mobilisa- tion de la toute jeune classe ouvrière et de la paysan- nerie, Mao les abandonne et les réprime violemment.
    Pour Elliott Liu, la défaite de ce mouvement indé- pendant, qui portait cependant des illusions sur la na- ture du pouvoir maoïste, signera l'accélération des ré- formes pro-capitalistes, notamment sous l'ère de Deng Xiaoping, dont la Chine d'aujourd'hui est le produit.
    Un livre qui propose des clés pour comprendre la Chine d'aujourd'hui, devenue un acteur de premier plan du capitalisme mondialisé.

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  • Le 25 novembre 2007, Lakhamy et Moushin, deux adolescents de Villiers-le-Bel, décèdent suite à la collision de leur moto avec une voiture de police.
    Plusieurs nuits de révoltes éclatent, laissant s'exprimer la colère de centaines d'habitants qui refusent de croire à la version policière d'un accident. Des dizaines de policiers sont blessés, notamment par des tirs d'armes à feu. La répression judiciaire succède à la pacification policière. Trois séries de procès ont lieu, apportant chacun leur lot de condamnations. Le 21 juin 2010, s'ouvre le procès des tireurs présumés.
    Un procès pour l'exemple, au terme duquel cinq habitants de Villiers-le-Bel seront condamnés à des peines allant de 3 à 15 ans de prison, en l'absence de preuves, et essentiellement sur la base de témoignages anonymes. En retraçant les mécanismes de la répression des révoltes de Villiers-le-Bel, ce livre s'inscrit dans la dynamique politique des mobilisations en soutien aux inculpés, débutées au moment du procès.
    L'autopsie du procès des "tireurs" met à nu les mécanismes d'une vengeance d'Etat et la fiction d'une justice indépendante. Au-delà des condamnations prononcées, c'est bien le procès de la banlieue et de ses habitants qui a été fait par une classe politique et des magistrats aux ordres. Le procès en appel des tireurs présumés s'ouvrira le 4 octobre 2011 au tribunal de Nanterre.

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  • « Le clivage politique racial, sans effacer les autres clivages, est devenu central, déterminant les stratégies des différents acteurs, bousculant les équilibres, provoquant des recompositions du champ politique, des convergences et de nouveaux conflits, qui ne seraient pas intelligibles sans donner sa place à la recrudescence des résistances indigènes » (S. Khiari, La contre-révolution coloniale en France).
    C'est à cette recrudescence des luttes « indigènes » qu'est consacré le présent ouvrage, qui tente de brosser une cartographie des luttes de l'immigration postcoloniale et des habitants des quartiers populaires des années 1980 à nos jours.
    « Marche pour l'égalité », expériences politiques multiformes dans la banlieue lyonnaise, « voile » et « féminisme islamique », émeutes de 2005, mobilisation face aux violences policières, émergence d'une contre-culture rap : notre époque est marquée par le surgissement sur la scène politique de la « question indigène » qui marque une nouvelle étape de la lutte antiraciste.
    Si on s'interroge encore en France sur la manière de combattre le racisme, les auteurs, en évoquant diverses expériences de racisme et de lutte contre ce dernier, s'interrogent sur ce que signifie « la race », qu'ils lisent comme un critère de division et de distribution des populations, à l'instar de la classe ou du genre. C'est à l'introduction de la problématique de la « race », et à son articulation étroite à de celle de la classe et du genre, qu'invite cet ouvrage. Les contributions d'universitaires et d'activistes qui composent ce livre constituent tout à la fois un travail de mémoire et une solide analyse critique de cette part d'ombre de la République.

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  • Face à la faillite du système de santé grec, médecins et patients autogèrent leurs dispensaires. Un autre système de santé émerge, une résistance sociale s'organise.
    L'effondrement du système de santé est certainement une des conséquences les plus tragiques de la crise économique et sociale qui secoue la Grèce depuis maintenant plusieurs années. De réductions répétées du budget de la santé en privatisations carnassières, hôpitaux publics et structures sanitaires se sont effondrés sous les coups d'une politique d'austérité impitoyable avec les malades.
    Selon Médecins du Monde, 25 à 30 % des personnes qui se présentent aujourd'hui aux portes d'un hôpital grec sont refusées.
    La mortalité périnatale a augmenté de 40 %. La vaccination des adultes et des enfants est en chute libre. Les médicaments deviennent rares, les traitements, notamment contre le cancer, sont interrompus.
    Devant cette faillite générale du système de santé, médecins, acteurs du secteur et simples citoyen·nes sont entrés en résistance. Les dispensaires sociaux autogérés sont nés de ce mouvement du refus de la faillite sanitaire.
    Conçus à l'origine en 2008 pour venir en aide aux premiers migrants débarqués sur les côtes grecques, ils ont rapidement, devant l'ampleur de la crise économique, ouvert leurs portes à l'ensemble de la population.
    Ces nouvelles structures sont organisées sur trois principes.
    Le premier est que le travail y est totalement bénévole.
    Le second est que les soins sont gratuits. Le troisième est une totale indépendance vis-à-vis de l'État ou d'organismes privés. Ils couvrent l'ensemble du territoire et ce sont des centaines de milliers de patients qui ont recours à leurs services.
    Face au manque de médicaments et de matériels médicaux, un réseau international de solidarité a apporté toute l'aide possible à ces dispensaires autogérés.
    À l'aide de témoignages et de portraits bouleversants de patients et de personnels soignants sur la difficulté d'être malade aujourd'hui en Grèce, ce livre nous raconte le fonctionnement de ces centres où une nouvelle relation médecin-patient émerge.
    Un nouveau mode de fonctionnement de la société se dessine. Une ambition que résume une des animatrices d'un centre : « Nous voulons comme dispensaire devenir un collectif encore plus ouvert à la société. Nous croyons que les dispensaires autogérés sont un exemple d'émancipation des citoyens qui pourrait inspirer toute l'Europe et pas seulement en ce qui concerne la santé. »

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  • Sanofi est dans notre armoire à pharmacie et au coeur de nos vies avec les vaccins, les médicaments... Multinationale de l'industrie pharmaceutique, Sanofi jouit d'une santé florissante et se voit classée parmi les premiers du CAC 40. Mais lorsque la firme pharmaceutique quitte la rubrique financière de la presse pour entrer dans les pages sociales, on entend un autre son de cloche : fermetures de sites, suppressions d'emplois, sacrifices de capacités de recherche et de production...
    Qui dispose du remède ? Ceux qui travaillent : équipes de recherche, développeurs, producteurs, distributeurs, visiteurs médicaux et commerciaux. Ils et elles ont légitimité à décider, avec la société, de la politique de santé et des orientations pour la production des médicaments. Cet ouvrage met en lumière en quoi ces enjeux nous concernent tous, à la fois parce qu'il s'agit de notre santé et parce qu'il s'agit d'une tentative de construction d'un autre regard sur ce que petit devenir la société.
    Les auteurs nous invitent à réfléchir à une alternative à Big Pharma et à Big Money : celle d'une appropriation par la société de la chaîne de la santé. Le médicament conçu, produit et commercialisé comme un bien public, un bien commua, et non comme une marchandise. Pas d'incantation, mais une exigence et une volonté de rendre possible une telle alternative. Non, vraiment, tout n'a pas été essayé.

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  • Tous les médias sont-ils de droite ? évidemment non.
    Du moins si l'on s'en tient aux orientations politiques qu'ils affichent. mais justement, qu'ils prescrivent des opinions ou se portent garants du consensus, les médias dominants non seulement se comportent en gardiens du statu quo, mais accentuent les tendances les plus négatives inscrites, plus ou moins en pointillé, dans le mécanisme même de l'élection. ce sont ces tendances qui font l'objet du présent ouvrage: la primauté accordée aux jeux politiciens sur les enjeux politiques; la personnalisation outrancière détriment de la présentation de projets: l'atrophie de l'espace médiatique au bénéfice des candidats du bipartisme; la réduction du "politiquement pensable" et sa confiscation par les cercles prétendus experts.

    L'analyse proposée soulève une double question politique : jusqu'à quand les forces politiques se laisseront-elles intimider par un "pouvoir" qui repose largement sur leur soumission leur crédulitéoe jusqu'à quand la question de la réappropriation démocratique des médias continuera-t-elle à être considérer comme une question subalterneoe l'objectif de ce livre est de parcourir un champ de bataille.
    Oui, un

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  • Depuis 1993, les « réformes » du système de retraites se suivent. et se ressemblent, le gouvernement voulant maintenant remettre en cause le droit à la retraite à 60 ans. Face à l'augmentation du nombre de retraités, il s'agit fondamentalement de baisser le montant des pensions. La paupérisation des retraités est programmée. Le système par répartition basée sur la solidarité entre les générations est ainsi petit à petit vidé de son contenu. Si l'objectif de le remplacer par un système par capitalisation a pris du plomb dans l'aile avec la succession de crises financières, il n'est cependant pas abandonné. Des « réformes systémiques » du système par répartition sont, de plus, envisagées qui en transformeraient la logique avec l'instauration d'un régime à points ou à « comptes ». D'autres solutions existent pourtant, comme ce livre le montre, à condition de lever plusieurs tabous. Elles supposent un nouveau partage de la richesse produite en s'attaquant aux revenus financiers, ce qui est possible par l'augmentation des cotisations. Elles supposent aussi un partage de l'emploi en cessant de focaliser sur l'augmentation de l'emploi des seniors, pour viser à réduire le chômage, notamment celui des jeunes, et à améliorer le taux d'emploi des femmes en même temps que leurs conditions d'emploi. Selon un sondage Ifop du 13 février, «six Français sur dix se prononcent contre le recul de l'âge de départ à la retraite au-delà de 60 ans. Et plus d'un sur deux est opposé à l'allongement de la durée de cotisation» (Le Monde).

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