• Au début des années 2020, le consensus de la Silicon Valley se délite. Inégalités folles, stagnation de la productivité, instabilité endémique... la nouvelle économie n'est pas advenue. Les algorithmes sont omniprésents, mais ce n'est pas pour autant que le capitalisme s'est civilisé. Au contraire.
    La thèse de ce livre est qu'avec la digitalisation du monde se produit une grande régression. Retour des monopoles, dépendance des sujets aux plateformes, brouillage de la distinction entre l'économique et le politique : les mutations à l'oeuvre transforment la qualité des processus sociaux et donnent une actualité nouvelle au féodalisme. L'ouvrage commence par proposer une généalogie du consensus de la Silicon Valley et met en évidence les cinq paradoxes qui le minent.
    La thèse centrale est ensuite déroulée, rythmée par des développements sur les GAFA, les chaînes globales de valeur ou encore le système de crédit social chinois. Les grandes ?rmes se disputent le cyberspace pour prendre le contrôle sur des sources de données. Les sujets sont attachés à la glèbe numérique. Dans l'ordre économique qui émerge, les capitaux délaissent la production pour se concentrer sur la prédation.

  • Depuis les années 1970, les économies riches ont connu un développement accéléré des opérations financières.
    La crise de 2007-2008 et la longue récession dans laquelle l'économie mondiale est engluée depuis ont brutalement exposé le coût économique et social exorbitant de cette financiarisation. Pourtant, rien n'indique que nos sociétés soient en train de s'émanciper de l'emprise de la finance. Les velléités de réglementation se sont cantonnées à la remise en cause d'innovations financières parmi les plus récentes, sans toucher aux rapports entre la finance et les autres sphères économiques tels qu'ils se sont noués au cours des dernières décennies. Il y a là une résilience qui doit être expliquée : la financiarisation n'est pas un épiphénomène, elle touche au coeur de l'organisation du capitalisme contemporain. L'hypothèse qui sous-tend cet ouvrage est qu'elle constitue le produit de contradictions économiques, sociales et politiques qui restent irrésolues.
    Comme l'écrit joliment Fernand Braudel, la financiarisation, « c'est le signe de l'automne ».
    L'auteur construit un cadre théorique pour interpréter les racines de ce phénomène, les tensions qu'il génère, ainsi que les solutions temporaires qu'il a apportées aux contradictions de l'accumulation. Il examine les principales explications dont la financiarisation a fait l'objet : s'agit-il d'une déviation perverse par rapport à une dynamique capitaliste brimée et déstabilisée par des politiques réglementaires, budgétaires et monétaires inappropriées ? Ou doit-on la considérer comme une traduction pathologique de dysfonctions systémiques ?
    L'éruption financière ne serait alors que la manifestation d'un épuisement du capitalisme dont pourrait témoigner la succession de crises de plus en plus violentes que le monde a connues depuis le début des années 1980.
    Le propos est pessimiste. Si la financiarisation est le signe de l'automne, elle est déjà lourde des frimas de l'hiver. La sophistication financière a permis un temps de masquer la déconnexion croissante entre l'épuisement de la dynamique productive, les exigences du capital et les aspirations des populations mais la crise de 2007- 2008 a fait tomber le voile, mettant à nu la grande régression dans laquelle nous sommes engagés. Pour interrompre la transition en cours vers un postcapitalisme prédateur, le pouvoir de la finance doit être brisé.
    L'ouvrage se conclut sur des propositions de politiques économiques qui rendraient possible une bifurcation émancipatrice.

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  • La crise et la montée des périls environnementaux ont fait apparaître une appréciation plus critique, du capitalisme.
    Le système serait désastreux sur le plan économique, social et écologique... mais resterait un horizon indépassable pour l'humanité. A l'encontre de cette idée, Cédric Durand montre le caractère historique - donc voué à disparaître - de ce système socioéconomique. Il analyse les ressorts de sa dynamique pour expliquer son instabilité et pointe, dans les désordres actuels, des indications convergentes de son épuisement.
    La question du postcapitalisme est ainsi mise à l'ordre du jour.

  • Suzanne de Brunhoff (1929-2015) était une économiste marxiste spécialiste des questions monétaires et financières. Les textes rassemblés dans ce volume témoignent de la fécondité de son oeuvre et de son originalité. Ils feront découvrir au lecteur une trajectoire dont la remarquable cohérence intellectuelle et éthique tient à n'avoir jamais dissocié l'engagement théorique de l'intervention politique. Concentrés sur des domaines largement délaissés par les pensées critiques, les arguments théoriques qu'elle a fournis restent indispensables pour penser le capitalisme contemporain et comprendre ses turbulences.

    Avec le soutien de la Fondation Gabriel Péri, de l'université Paris 13 et de la région Île-de-France.

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