• Comment, dans un paysage politique en ruines, reconstituer la vérité des faits? La réponse d'Eyal Weizman tient en une formule-programme: « l'architecture forensique ». Approche novatrice au carrefour de plusieurs disciplines, cette sorte d'architecture se soucie moins de construire des bâtiments que d'analyser des traces que porte le bâti afin de rétablir des vérités menacées. Impacts de balles, trous de missiles, ombres projetées sur les murs de corps annihilés par le souffle d'une explosion: l'architecture forensique consiste à faire parler ces indices.
    Si elle mobilise à cette fin des techniques en partie héritées de la médecine légale et de la police scientifique, c'est en les retournant contre la violence d'État, ses dénis et ses « fake news ». Il s'agit donc d'une « contre-forensique » qui tente de se réapproprier les moyens de la preuve dans un contexte d'inégalité structurelle d'accès aux moyens de la manifestation de la vérité.
    Au fil des pages, cet ouvrage illustré offre un panorama saisissant des champs d'application de cette démarche, depuis le cas des frappes de drone au Pakistan, en Afghanistan et à Gaza, jusqu'à celui de la prison secrète de Saidnaya en Syrie, en passant par le camp de Staro Sajmište, dans la région de Belgrade.

  • Lors de l'attaque de Naplouse en avril 2002, les soldats israéliens évitaient les rues, les allées et les cours : ils progressaient à travers les maisons, par des trous qu'ils creusaient dans les murs, les planchers, les plafonds. Cette stratégie a été ensuite utilisée par des instituts et des think tanks aux États-Unis : la nouvelle guerre urbaine, mise au point en Israël, devient un sujet d'étude international. Les Israéliens ont construit dans le Néguev une ville entière, où les murs des maisons sont « pré-percés », et qui est louée par toutes les armées qui le souhaitent pour l'entraînement à la nouvelle guerre urbaine. Eyal Weizman explique comment cette nouvelle pensée, mal comprise par les réservistes israéliens, a été l'une des causes de la défaite israélienne au Liban à l'été 2006. Il montre aussi comment cette façon de penser la guerre recouvre en réalité une lutte de pouvoir entre les anciens et les modernes, à l'intérieur même de l'establishment militaire israélien.

  • « Il nous faudrait absolument ce que j´appelle une ""dromologie"", c´est-à-dire une discipline qui s´intéresse aux ravages de l´accélération et de la course. » disait Paul Virilio en 1977. Les évènements qui ont bouleversé 2020, avec la conjonction du drame écologique, de l´accident viral, des confinements, des couvre-feux, des multiples crises économiques et sociales, confortent les prémonitions de Paul Virilio et plus que jamais, imposent la nécessité d´une pensée de la vitesse. Une pensée ouverte aussi bien à la géopolitique qu´à la ville, aux territoires, mais aussi aux libertés et aux solidarités. Le nom de Dromologie, s´est imposé à un collectif inter¬national d´auteur.e.s souhaitant révéler, partager et approfondir cette nouvelle approche théorique du monde. « Nous allons vers un village global, annonce Paul Virilio en 1991, qui sera en réalité le plus grand confinement et la plus grande incarcération jamais vécus ».

  • Ce livre traite de politiques et d'architecture : leurs incidences et leurs influences réciproques.
    Une occupation civile : la politique de l'architecture israélienne est une collection de documents établis par des architectes israéliens, chercheurs et auteurs qui examinent le rôle de l'architecture israélienne dans le conflit du Moyen Orient. Au travers d'une série d'écrits, cartes et photographies, Une occupation civile démontre comment au cours du siècle dernier, l'architecture et l'urbanisme se sont transformés d'une activité professionnelle banale vers un outil tactique et une arme stratégique. Dès le début du XXe siècle, le mouvement sioniste s'est assimilé à la construction d'une terre d'accueil pour les Juifs sur le sol d'Israël. À partir de l'implantation offensive des Towers, et des villages de Stockade dans les années 30, à travers la planification totale du territoire d'Israël, juste après son indépendance, avec la colonisation des territoires occupés à partir de 1967 et jusqu'à présent. L'architecture israélienne a été un moyen employé pour concrétiser le projet sioniste, autant qu'elle en a affiché les buts utopiques .
    Le débat politique et professionnel qui a suivi l'interdiction à la vente de la première édition du livre par son éditeur d'origine, l'Association israélienne des architectes unis, a fait la preuve que l'architecture n'est en rien innocente. Si Israël est perçue comme un des laboratoires des plus radicaux de notre temps, les sujets initiés par ce livre doivent être considérés dans une plus large mesure : les politiques de l'architecture israélienne sont les politiques de toute architecture.

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