• Les processions sont avant tout des rituels religieux qui se transforment, mais aussi un enjeu social par le rang occupé, un objet politique par la présence dans l'espace public, un vecteur d'identité urbaine par le rapport au saint patron. Toutes ces dimensions font l'objet de remises en cause et de débats au 18ème siècle : strictement religieux (au sujet du faste, de la sécularisation de la société), mais aussi historiques, sociaux, philosophiques et littéraires, ce que cristallise, par exemple, l'affaire La Barre. Nourrie d'une grande diversité de sources, manuscrites et imprimées, publiques et privées, cette étude aborde ainsi des transformations profondes du siècle, dans son rapport au religieux, la tension sociale entre individu et communauté, le rapport à l'opinion publique.

  • Cet ouvrage contient l'édition intégrale de deux textes rédigés par le marchand drapier orléanais Pierre Etienne Brasseux, de 1773 à 1781. Le premier, le Mémorial à mes enfans, n'est connu qu'au travers d'extraits. Il présente un récit des événements orléanais et nationaux de 1703 à 1781. Il permet de définir le rapport du marchand aux affaires politiques, religieuses et économiques. Il éclaire la vie orléanaise et les rivalités sociales au sein des institutions.
    Il montre également la volonté de construire une figure bourgeoise.
    Le second est un recueil de notices sur les hommes célèbres de l'Orléanais. Totalement inconnu, ce texte est donné au public pour la première fois. Il souligne l'intérêt de Brasseux pour l'histoire locale, partagé avec de nombreux bourgeois de cette époque. Cette édition s'appuie sur une importante recherche documentaire, qui a mis à jour des actes de la famille permettant de reconstituer les itinéraires sociaux, mais aussi les intérêts intellectuels de l'auteur, grâce notamment à sa bibliothèque. Par la diversité des thèmes envisagés et des commentaires, ce livre témoigne pour une époque et éclaire le basculement de la seconde moitié du XVIIIe siècle, participant à la réflexion sur l'opinion des hommes de cette époque.

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  • La vie religieuse d'orléans au xviiie siècle est habituellement résumée autour de deux éléments majeurs : le jansénisme et la déchristianisation, ou du moins l'éloignement de la religion.
    Les figures épiscopales de l. -g. fleuriau, pour le premier, et de l. -s. de jarente, pour la seconde, incarnent cette réalité. pourtant, au travers de la présentation de la vie paroissiale et de sa gestion quotidienne (comptes. délibérations, rapport avec le curé, aménagement de l'église), des fêtes, des processions. des confréries, des testaments. du jansénisme, de la vie des dévots, de la présence d'objets.
    D'images et de livres pieux dans les maisons et de leur localisation dans les intérieurs, la réalité religieuse s'avère beaucoup plus complexe. non seulement l'importance du jansénisme est à nuancer, du moins à préciser, mais la déchristianisation n'est pas de mise. de nombreux orléanais vivent à l'écart des querelles jansénistes. la religion de la croix et de la sensibilité, pourtant présentée connue l'opposé du jansénisme, se diffuse autour des jésuites.
    De ce point de vue, en poussant la porte (les églises d'orléans au xviiie siècle. des confréries et des maisons. en suivant les missions et les processions. ce livre offre une image plus équilibrée et concrète de la vie religieuse locale. le jansénisme s'avère alors important surtout par les discussions qu'il motive, les querelles, qui polissent les fidèles à prendre position. il en est de même pour la déchristianisation.
    Loin de reculer, la nature de la religion change. les paroissiens donnent moins d'argent aux quêtes, mais investissent davantage dans les bancs à l'église. certaines confréries voient leurs effectifs diminuer. mais leur dévotion est plus spiritualisée et, au final, leur vitalité est maintenue. surtout, le testament et l'inventaire après décès résument ces évolutions. la place de la religion diminue dans le premier, sans disparaître, mais obéit de plus en plus à une volonté personnelle.
    L)e même, l'inventaire nous permet d'entrer dans les maisons orléanaises, de l'hôtel aristocratique au logis artisan. partout les livres, images et objets pieux sont de plus en plus présents et forment ce que nous avons appelé un " complexe religieux domestique " qui atteste d'une place croissante laissée à la religion dans la sphère privée. cette lecture globale, dans une variété de documents et pour toute la société, souligne la nécessité de confronter tous les plans de la vie religieuse (individuel/ collectif.
    Ecclésiastique/laïc, public/privé) et atteste non pas d'une déchristianisation, niais d'une individualisation et d'une privatisation des pratiques, du passage d'une religion quantitative et massive à une attitude plus personnelle. en m mot, le passage d'une religion de tous à une religion de chacun.

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  • A l'heure où nos sociétés s'interrogent sur les enjeux de la visibilité des religions dans l'espace public, ce livre propose pour l'époque moderne une réflexion sur l'ensemble des manifestations extérieures des identités, cérémonies et pratiques religieuses dans l'espace urbain. Il interroge la pastorale, les pratiques et les récits qui en sont faits, sur le temps long et dans un croisement des disciplines pour souligner des évolutions, tout à la fois religieuses, juridiques, politiques ou culturelles. Les rapports entre religieux et constructions d'identités urbaines soulignent l'affirmation d'une identité confessionnelle ou de référents que sont les reliques et rituels dans la pensée de la ville. Les conflits entre confessions ou internes aux confessions, tant pour les affrontements religieux du XVIe siècle que de la Révolution française, posent la question de la confessionnalisation mais aussi celle de la sécularisation de l'espace urbain. Le statut du religieux est ainsi réinterrogé dans ses articulations avec le politique, le culturel, et dans sa place même au sein des sociétés. Ce livre propose ainsi une réflexion globale sur les formes, enjeux, remises en cause du visible à l'échelle européenne autour des questions de la place du religieux dans l'espace public, de l'intériorisation des pratiques et identités, des conflits confessionnels, de la contribution religieuse à l'histoire et à l'identité urbaines, de l'importance de la mémoire, du statut des minorités, de l'interprétation de la présence du religieux dans la société par les sciences humaines.

  • Ce volume pluridisciplinaire étudie des textes de nature diverse (juridiques, liturgiques, bibliques, hagiographiques, historiques, dévots, littéraires, privés) dans leurs rapports avec les pratiques religieuses du monde urbain de l'Europe moderne. Leur production et leur usage révèlent une étroite connexion et une intense circulation au sein des villes entre publics, pratiques et espaces. Comme support, mise en oeuvre ou miroir des pratiques, ils éclairent les relations entre les dimensions privée et publique, individuelle et collective, orale et écrite, spontanée et rituelle, théorique et pratique de la vie religieuse, ainsi que ses dynamiques socioculturelles, économiques et politiques. Du XVe au XVIIIe siècle, la négociation de nouveaux rapports entre fidèles et clergés autant que les conflits confessionnels ont donné une importance inédite au vécu des croyants et favorisé l'émergence de la conception moderne du for intérieur. Ce volume ouvre de nouvelles pistes de recherche vers un comparatisme confessionnel tenant compte de réalités plurielles et complexes.

    Volume édité par Élise Boillet (CNRS - CESRUMR 7323, Université de Tours) et Gaël Rideau (Université d'Orléans, POLEN), avec les contributions de Élise Boillet, Didier Boisson, Giorgio Caravale, Monique Cottret, Laurent Curelly, Philippe Desmette, Audrey Duru, Javier Espejo Surós, Ótto Gecser, Pierre Antoine Fabre, Philippe Martin, Gaël Rideau, Véronique Sarrazin, Stefano Simiz, Julien Véronèse.

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  • Cet ouvrage pluridisciplinaire s'intéresse à des rituels se caractérisant par leur double dimension, privée et publique. Ces deux espaces de la ritualité, loin de s'exclure, et plus que simplement complémentaires, s'avèrent le plus souvent nécessaires à l'efficacité pratique ou symbolique des rituels mis en oeuvre.

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  • Cet ouvrage se propose de relire la ville comme un espace et une société mis en ordre et partagés, en amont de l'intervention policière ou du contrôle institutionnel. Il décrit ainsi la perception de la ville que peuvent porter différents acteurs de l'ordre urbain, la dimension religieuse de la ville à l'époque moderne ou les croisements entre partages sociaux urbains et débats idéologiques nationaux à partir de la Révolution. Une image différente de la ville en ressort, faite d'une invention quotidienne du partage et qui mêle politique et religion, espace et société, normes et pratiques.

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