Arts et spectacles

  • Nouvelle édition revue et augmentée.

    Raconter le Monde, ma part misérable et infime du Monde, la part qui me revient, l'écrire et la mettre en scène, en construire à peine, une fois encore, l'éclair, la dureté, en dire avec lucidité l'évidence. Montrer sur le théâtre la force exacte qui nous saisit parfois, cela, exactement cela, les hommes et les femmes tels qu'ils sont, la beauté et l'horreur de leurs échanges et la mélancolie aussitôt qui les prend lorsque cette beauté et cette horreur se perdent, s'enfuient et cherchent à se détruire elles-mêmes, effrayées de leurs propres démons. Dire aux autres, s'avancer dans la lumière et redire aux autres, une fois encore, la grâce suspendue de la rencontre, l'arrêt entre deux êtres, l'instant exact de l'amour, la douceur infinie de l'apaisement, tenter de dire à voix basse la pureté parfaite de la Mort à l'oeuvre, le refus de la peur, et le hurlement pourtant, soudain, de la haine, le cri, notre panique et notre détresse d'enfant, et se cacher la tête entre les mains, et la lassitude des corps après le désir, la fatigue après la souffrance et l'épuisment après la terreur.

    Ce volume est composé d'articles et d'éditoriaux commandés à Jean-Luc Lagarce par les théâtres et des revues. Il est établi d'après l'ordre chronologique d'écriture des textes. La présente édition intègre les exergues aux éditoriaux écrits pour le Théâtre Granit tels qu'ils apparaissent dans le contexte original.

  • J'écris principalement mon Journal dans les cafés. Je pars marcher et j'emporte mon cahier glissé sur le devant‚ sous le pull ou retenu par la ceinture du pantalon ou encore dans un sac. Il m'arrive de l'écrire très tard dans la nuit‚ jusque dans mon lit. Et je peux noter de petits événements avec plusieurs jours de retard‚ voire une semaine ou deux.

    Ce premier volume, qui commence avec l'entrée en théâtre de Jean-Luc Lagarce, s'achève sur son séjour à Berlin en 1990. Il présente les quinze premiers cahiers de son journal qui en compte vingt-trois. Les cahiers I à IX ont été résumés par Jean-Luc Lagarce sous le titre Itinéraire.

  • Je n'ai jamais interrompu mon Journal‚ j'y ai consacré machinalement beaucoup plus de temps encore‚ j'allais m'asseoir dans les cafés et je tenais mon petit registre et pour ne pas me noyer définitivement‚ j'ai tenté aussi de mettre au propre les cahiers précédents. Chaque jour‚ j'ai recopié calmement les années précédentes. Peut-être les choses reviendront-elles sans trop de violence, on se dit cela, je ne sais pas. On peut écrire sans écrire‚ tricher‚ mais aussi rester là en silence‚ inutile ou impuissant. Quelque texte essentiel se construit dans la tête sans plus aucun désir de le voir sur le papier‚ sans plus aucune force de le donner‚ ne serait-ce qu'à soi-même.

    Ce second volume, qui débute lors du séjour à Berlin de Jean-Luc Lagarce en 1990, présente les derniers cahiers, XVI à XXIII, de son journal.

  • Metteur en scène, Jean-Luc Lagarce rédigeait des notes d'intention pour présenter ses projets de mises en scène. Au-delà de leur aspect utilitaire, ces textes sont non seulement une vision dramaturgique du spectacle qu'il envisageait mais aussi une vision du monde, de son monde, que son écriture nous transmet comme un écho à ses propres pièces.

    Tous ces textes réunis dans le présent volume ont été écrits bien avant leur réalisation, parfois des années auparavant et certains resteront lettres mortes auprès de potentiels producteurs.

    Ils sont le témoin de l'histoire d'un désir de la scène mais aussi l'affirmation d'une écriture qui, au fil des années, peut paraître s'éloigner de son objet (décrire le projet) mais qui nous transmet, encore aujourd'hui, une pensée théâtrale originale sur laquelle le temps n'a pas de prise.


    Ces textes sont précédés d'un entretien inédit, réalisé par Jean-Michel Potiron, dans lequel Jean-Luc Lagarce évoque son travail de mise en scène et notamment la place essentielle de la dramaturgie et de la langue.

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  • Jean-Luc Lagarce est un écrivain de théâtre, on le sait. Ce que l'on sait moins, c'est que l'écrivain Jean-Luc Lagarce a commencé son chemin d'écriture en étudiant la philosophie.
    Il s'agit pour lui de lire l'histoire du théâtre en Occident depuis sa formation grecque jusqu'aux dramaturgies contemporaines de l'après-guerre. Cette lecture est guidée par une intuition ancienne : comment les formes de théâtre négocient-elles avec l'expression du pouvoir politique ? Et qui préside aux règles de cette négociation ? Ceux qui créent le théâtre de la cité ou ceux qui dirigent la cité du théâtre ? Comment évoluent ces rapports incertains du théâtre et du pouvoir, au fil des siècles ? Lagarce reprend point par point ces questions. Dans une langue fine et critique, il nous emmène loin des poncifs mensongers des communicants de la scène institutionnelle à propos du lien naturel entre « l'art et la cité ».
    En lisant Théâtre et Pouvoir en Occident, on retrouve aussi sur le mode théorique, le programme qui appelle les marques futures de son écriture dramatique. Il cherche à poser la nécessité des questions qu'il va instruire dans son écriture théâtrale.
    Bruno Tackels

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  • C'est l'heure ultime pour partir‚ La cérémonie des adieux‚ Mais avant de te quitter‚ (Je dois maintenant mourir)‚ Écoute-moi un peu‚ Je voudrais seulement te dire, Ô‚ seulement te dire :
    Je vois doucement venir le jour‚ À l'heure de l'obscurité‚ Nous ne devons pas craindre le pire‚ Je t'emporte‚ mon seul amour‚ Tu es mon unique réalité.

    Livret écrit en 1989 pour un opéra jazz composé par Mike Westbrook‚ ce texte librement inspiré du dernier chapitre de Don Quichotte de Cervantès est aussi un hommage à l'univers de Jacques Demy.

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  • Dans le pays lointain, pièce de jean-luc lagarce à laquelle ce volume est entièrement consacré, le pays natal, lieu de l'enfance et de la famille, est devenu lointain : le retour au pays marque la rupture avec le familier, et la difficulté à apprivoiser ce qui pourtant avait pu être si proche.
    C'est cette distance que les études ici réunies cherchent à questionner, à redoubler presque : leurs auteurs n'ont aucune proximité initiale ni avec l'oeuvre ni avec l'écrivain. l'écart entre ces " regards lointains " et la pièce est mis en jeu de façon multiple : se croisent des approches philosophiques, des interrogations éthiques et des analyses de la forme, ou de la dynamique de cette écriture théâtrale.
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  • Et, comme un livre dans lequel on pourrait entrer, entrer dans l'histoire comme on pénétrerait plus avant sur le plateau, aller dans le roman comme on voyagerait en pensée dans les mots et les phrases, devenir des personnages, se mettre en parade, l'idée de l'enfance, comme on irait marcher dans sa propre imagination, en explorateur et metteur en scène de sa vie, on joue, et de jouer, on dit le vrai plus vrai que le vrai.
    Et quand viendra l'apaisement oú s'éteint le rêve et oú les morts se relèvent et les acteurs saluent, et quand viendra le calme des sentiments, lorsqu'ils reprendront leur cours, restera encore, comme une légère douleur, une petite mort, le souvenir de ce temps du faux, et l'espoir inavoué que cette nouvelle vie soit le début d'une nouvelle pièce encore, l'entrée dans un autre rêve, plus grand encore que les autres et les englobant tous, à l'infini, toujours.

    Ce livre présente l'ensemble des mises en scène réalisées par Jean-Luc Lagarce avec le Théâtre de la Roulotte durant son activité professionnelle.

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  • Resituer « Lagarce dans le mouvement dramatique », c'est choisir de mettre en lumière des correspondances dramaturgiques, de tisser des liens de contemporanéité entre cet auteur et des écritures de la fin du xixe siècle ou des débuts du xxe siècle, voire d'époques plus anciennes, telles l'âge classique ou celui des Lumières. C'est aussi dessiner une sorte de portrait de groupe qui mettra en valeur les liens esthétiques existant entre Lagarce et d'autres dramaturges contemporains. Et c'est enfin témoigner d'une oeuvre en mouvement, c'est-à-dire profondément novatrice, qui, d'une pièce à l'autre, ne cesse de renouveler, de réinventer les formes du drame et de la scène.

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  • Un ou deux reflets dans l'obscurité est constitué d'extraits du journal de Jean-Luc Lagarce qu'il avait sélectionnés à l'occasion de la création du spectacle Les Solitaires intempestifs et de l'écriture des récits L'apprentissage et Le Voyage à La Haye.
    Ce livre est illustré de photographies de Lin Delpierre prises au cours des répétitions et des tournées de trois spectacles durant la période d'écriture des journaux, et complété par le regard de Georges Banu... « les photos comme des nouvelles »...

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