• Pour payer son loyer et subvenir aux besoins de sa petite famille, Joe n'a eu d'autres choix que d'accepter le maximum d'heures supplémentaires à la pizzeria où il travaille. Complètement fauché, il est obligé de rentrer à pied après son service du soir, alors qu'il pleut des cordes depuis de jours. Il aime Nicole, sa femme, mais lui reproche tout de même cette situation instable. S'ils n'avaient pas eu le bébé, tout serait peut-être différent.
    Pour couronner le tout, sa belle mère toxico s'installe chez eux après avoir quitté son compagnon. Alors, il boit plus que de raison pour endurer l'adversité, quitte à passer pour un vrai salopard auprès de ses proches et de ses collègues du restaurant. Joe touche le fond, seule une intervention divine pourrait le sortir de ce mauvais pas. Le Bord du gouffre narre quatre jours de l'existence d'un homme, quatre jours où les évènements malheureux coïncident pour faire sombrer Joe.
    Avec fatalisme, mais en évitant habilement le pathos, Noah Van Sciver y dépeint les conditions de vie des indigents de l'Amérique. Un état de précarité réaliste qu'il connaît bien pour avoir travaillé dans des fast-foods avant que sa carrière d'auteur ne décolle. Parue aux Etats-Unis quelque temps avant la trilogie des Fante Bukowski, cette oeuvre, beaucoup plus sombre et pessimiste, dénote déjà l'intérêt de ce jeune auteur pour les figures romantiques, les illusions perdues et la complexité de la comédie humaine.

  • A l'époque où l'on ne connaissait pas encore ni le haut débit ni les applications de rencontre, draguer sur internet n'était pas forcément chose aisée. Surtout lorsque, adolescent, il fallait partager l'unique ordinateur de la maison avec le reste de ses nombreux frères et soeurs. Dans Mon aventure torride, Noah Van Sciver raconte, avec autodérision, comment il a décroché son premier rendez-vous galant en surfant sur l'ancêtre de nos messageries instantanées.
    En une quarantaine de pages impétueuses, il n'épargne rien de cette période de jeunesse où il vivait dans une banlieue minable de Phoenix à la fin des années 90. Traînant dans son quartier avec ses amis skateurs, de médiocres frimeurs, Noah apprend à ses dépens que tout n'est pas rose et que la vie est, parfois, faite de situations délicates, de petites déceptions et d'humiliations, mais que rien ne pourra jamais anéantir l'esprit de camaraderie.
    Sauf, peut-être... le temps qui passe. On connaissait le talent de Noah Van Sciver pour la fiction grâce à la trilogie des Fante Bukowski, on lui découvre maintenant une aisance certaine pour l'autobiographie qu'il pratique avec légèreté et désinvolture. De ce récit court se dégage une nostalgie truculente et drolatique : marque de fabrique de cette jeune coqueluche de la bande dessinée américaine qui, au vu de sa généreuse productivité, pourrait nous offrir très rapidement de nouvelles pépites !

  • Voici déjà un an que Fante Bukowski s'est installé à Colombus, une ville en pleine extension, capitale culturelle de l'Ohio. En "? beautiful loser ? " qui se respecte, héros-poète et roi des poseurs, il n'a toujours pas rencontré le succès qu'il pense égocentriquement mériter. Tant qu'il n'aura pas connu la bonne fortune avec sa littérature, il devra dealer avec la précarité. Ainsi, il occupe ses journées à picoler, discuter avec une prostituée au grand coeur et traîner avec Norma, son amie performeuse.
    Mais, alors qu'il reste encore le loyer à payer et que ses parents ne lui versent plus un centime depuis des mois, un miracle survient : un éditeur lui propose de devenir "? ghost writer ? ". Il devra écrire l'autobiographie de Royella, une starlette qui a le vent en poupe. Pour lui, l'enjeu est de taille ; ne risque-t-il pas de passer pour un vendu ? ? Qu'importe, pour l'instant il a trop besoin de cet argent.
    Et puis, il va enfin pouvoir fanfaronner auprès de son père à propos de sa réussite critique et financière... "? Fante Bukowski, L'échec était parfait ? " est le troisième et dernier volet de la série de Noah Van Sciver, auteur prolifique de la bande dessinée indépendante américaine actuelle. Explorant pour la première fois le passé de Fante, notamment au travers des relations qu'il entretenait avec son père, il parachève, avec l'humour caustique qu'on lui connaît, son récit sur la figure de l'écrivain maudit.
    Il aura ainsi rendu son personnage plus célèbre qu'il n'aurait jamais pu lui même l'espérer.

  • Une année s'est écoulée depuis que nous avons quitté Fante Bukowski. Il lutte toujours pour faire reconnaître son travail d'écrivain auprès des élites littéraires. À ce jour, il n'a toujours pas été publié, ce qui ne l'empêche pas de fantasmer son futur succès. Dans ce second volume, il se veut poète. Orgueilleux et arrogant, il n'est pas du genre à remettre en cause ses capacités et las d'essuyer les refus des éditeurs qui ne comprennent rien à rien, il décide de s'autopublier. Alors qu'il s'échine laborieusement à essayer de vendre les 20 000 exemplaires de son fanzine de 8 pages, Audrey, son ex-copine, connaît quant à elle la consécration avec la publication de son dernier roman. Malgré son caractère relativement antipathique, Fante Bukowski est un personnage pour le moins attachant.
    Dans l'ombre de son ego âpre se cache un être sensible en quête d'amour. Si Audrey cherche à renouer avec lui, c'est peut-être grâce à la rencontre inattendue d'une prostituée que sa vie va prendre un nouveau tournant... N'en déplaise aux critiques, Noah Van Sciver est une étoile montante de la bande dessinée indépendante américaine. Bientôt, il comptera parmi les auteurs majeurs du XXIe siècle. La légende est en route. Dans ce second volume de Fante Bukowski, il démontre sa capacité à manier l'art de la parodie en forçant les traits, sans jamais tomber dans la caricature ou le pathos.

  • Fante Bukowski

    Noah Van Sciver

    Kelly Perkins a quitté le bureau d'avocat de son père il y a un an. Il est désormais Fante Bukowski, auteur en devenir, hirsute et négligé. S'il désire de tout son coeur devenir une star littéraire et prouver à son père sa valeur, il apparaît surtout comme la caricature de l'artiste aigri. Martelant sa machine à écrire dans une chambre d'hôtel, soignant son mal-être avec du vin bon marché, il en est réduit à télé-phoner à sa mère pour quémander de quoi vivre. S'identifiant à John Fante et Charles Bukowski, il se sent incompris, et plus encore, inadapté au monde de consommation et de jouissance qui l'entoure. Lors d'une soirée littéraire, il rencontre pourtant Audrey, une jeune auteure déjà publiée, qui a apprécié sa lecture publique de poèmes. Fraîche, excentrique et cassante, elle s'amourache et lui offre l'opportunité d'être enfin lu par Ralph Bigsburgh, l'imbu mais incontournable découvreur de talents.
    Noah Van Sciver maintient en équilibre son personnage, à la fois insupportable et touchant, déchiré entre ses rêves d'authenticité et le désir de vivre les clichés les plus éculés de l'artiste maudit. Son dessin direct et énergique, soutenu par une mise en couleur franche, teinte d'humour et de tendresse la trajec-toire de son Fante Bukowski à travers le monde de l'édition, ses auteurs confirmés et ses wannabe. Son récit pose en sourdine la question terrifiante de tout aspirant artiste : "Et si même j'arrive à écrire quelque chose qui en vaille la peine, y aurait-il au bout du chemin quelqu'un pour le lire ?"

  • Johnny Appleseed

    ,

    • Revival
    • 25 Septembre 2019

    L'Américain John Chapman, alias Johnny Appleseed, est un pionnier de l'agriculture biologique contemporaine. Il s'est fait connaître en semant des graines de pommiers du Wisconsin à l'Indiana. Plus tard, celle-ci donneront naissance à l'industrie du cidre brut. Johnny Appleseed planta également les germes de la non-violence et du végétarisme, prônant la paix entre les Amérindiens et les colons et véhiculant la philosophie humaniste du théologien suédois Emanuel Swedenborg.
    Sa vie, extraordinaire, est ici adaptée en bande dessinée.
    Paul Buhle est maître de conférences à la Brown University. Il est l'auteur et l'éditeur de plus de 35 livres consacrés au radicalisme et à la culture populaire en Amérique du Nord. Né en 1984, Noah Van Sciver est une figure montante de la bande dessinée indépendante américaine. Il est l'auteur d'une série de trois volumes très remarquée : Fante Bukowski (éd. Employé du Moi).

  • Pour l'amour de l'art Nouv.

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