• En dialoguant avec le jeune philosophe espagnol Javier Bassas, Jacques Rancière explicite et illustre une idée qui est au coeur de tout son travail : les mots ne sont pas, comme on le dit souvent, les ombres auxquelles s'oppose la réalité solide des choses. Les mots sont eux-mêmes des réalités dont l'action construit ou subvertit un ordre du monde. En politique, le combat des opprimés a constamment emprunté aux maîtres leurs mots et détourné le sens de ces mots pour briser le consensus, c'est-à-dire le rapport établi entre les choses et les mots qui compose le paysage sensible de la domination. Cette puissance des mots qui défait un ordre établi en subvertissant le paysage normal du visible, Jacques Rancière la montre encore à l'oeuvre dans les mouvements démocratiques récents depuis la révolution de jasmin tunisienne jusqu'aux mouvements d'occupation des places.

  • Riche, claire et mélodieuse, la langue française est perçue comme la langue de l'amour ou encore de la raison. C'est également une langue complexe, dont l'orthographe se distingue par ses exceptions à la règle, ses nuances et ses caprices sémantiques...
    La langue française n'est pas un don du ciel, mais le fruit d'une longue histoire, qui reflète l'évolution de notre société. Cet ouvrage présente, au fil de 50 chapitres, les moments-clés de l'histoire de notre langue, de la transcription des sons gaulois avec des lettres latines à la féminisation des noms de métiers.
    Vous découvrirez l'ancien français, à l'articulation hésitante, et le moyen français, où l'ordre des mots se fixe et où l'étymologie complique nos graphies. Puis vient le XVIe siècle, qui voit la prolifération des imprimeurs et des grammairiens, le XVIIe, celui de l'Académie et de son premier dictionnaire, et le XVIIIe, où le français supplante le latin comme première langue européenne. Au siècle suivant, sa graphie se fige : arrive alors le règne des dictées...
    Riche en anecdotes truculentes et éclairantes, ce livre magnifiquement illustré retrace l'évolution d'une langue qui n'a pas fini de susciter des débats passionnés !

  • En finir avec l'homme : chronique d'une imposture Nouv.

    Depuis quand, et comment, et pourquoi le mot « homme » en est-il venu à désigner le genre humain tout entier ? Au fil d'une passionnante analyse sur l'usage historique de ce terme, son étymologie, la plus-value sémantique qu'il a progressivement acquise, Éliane Viennot retrace l'histoire d'un abus de langage qui gonfle « l'Homme » à la dimension de l'humanité. Au pays du Musée de l'Homme, de la Maison des Sciences de l'Homme, des Droits de l'homme et du citoyen, cette histoire-là relève d'une exception française qui sent fort l'imposture masculiniste. Il est temps que « l'homme » se couche, sémantiquement parlant, qu'il regagne son lit de mâle humain et laisse place aux autres individus du genre Homo, aux personnes humaines.

  • Provincialiser la langue : langage et colonialisme Nouv.

    Les discours coloniaux français sur les pratiques langagières en Afrique procèdent de l'idée selon laquelle la langue devrait servir l'unification d'un État-nation, considéré comme le seul modèle de société moderne. Ces discours s'articulent autour de deux injonctions. La première commande l'évincement des langues africaines au profit de la langue coloniale. La seconde fait de la notion-même de « langue » un objet de valorisation sociale ;
    Elle se traduit par une tentative de standardisation des langues africaines et l'instauration de l'école de type européen comme seul moyen d'instruction, de culture et d'élévation sociale. Mais cette politique coloniale a fait l'objet de fortes résistances. La plupart des pays colonisés par la France n'ont jamais abandonné la multitude d'autres langues qu'ils pratiquaient. Et à la différence de ce qui s'est passé en France métropolitaine, ils n'ont jamais cessé d'appréhender le langage comme une élaboration intrinsèquement hétérogène de pratiques langagières placée sous le signe de la création, de l'inventivité et du plaisir du jeu avec les mots.
    Pour Cécile Canut, saisir un tel mouvement implique de penser autrement notre rapport au langage, en renonçant à se demander si les gens parlent conformément à des normes pour chercher à comprendre ce qu'ils font quand ils parlent.
    Son étude des pratiques langagières et des imaginaires linguistiques d'Afrique de l'Ouest invite à provincialiser non pas seulement la langue française mais la notion même de « langue », la « langue standard » imposée comme modèle d'une supposée modernité. Car provincialiser la langue, c'est retrouver la parole, le dialogue et la vie du langage.

  • Qu'est-ce que la dyslexie ? Quelles en sont les causes ? Est-il possible de la prévenir ? Mon enfant est-il dyslexique ? Comment puis-je l'aider ?
    La dyslexie n'est pas une fatalité ! Bernadette Piérart, spécialiste de l'accompagnement de ce trouble spécifique de la lecture, en examine les causes possibles. Elle envisage la dyslexie comme un itinéraire dysharmonique dans les étapes que parcourt tout enfant qui apprend à lire et à écrire. Elle propose des pistes de remédiation et, mieux encore, des outils de prévention. Alliant théorie et pratique, l'ouvrage répond aux nombreuses questions que peuvent se poser les parents et les professionnels accompagnant des enfants dyslexiques. Il permet ainsi à chacun de mieux appréhender ce trouble pour le dépasser !
    Un ouvrage de référence sur la dyslexie, ses origines et les possibilités de prise en charge !

  • Pour comprendre comment fonctionne l'orthographe française et écrire sans fautes  : toutes les règles, de nombreux exemples et 500 exercices corrigés.

    Les règles d'orthographe en 60 doubles pages associant la révision et l'entraînement * Sur la page de gauche, le rappel de la règle, illustré de nombreux exemples dans un français vivant.
    * Sur la page de droite, un entraînement progressif permettant d'observer la règle étudiée puis de la mettre en pratique dans différentes situations, notamment dans un écrit de type professionnel.
      Mais aussi  :
    * À intervalles réguliers, des bilans pour réinvestir les connaissances acquises.
    * Une préparation à la Certification Bescherelle orthographe.
    * Tous les corrigés à la fin de l'ouvrage.
      Pour quels publics  ?
    /> Étudiants et adultes souhaitant améliorer leur orthographe, dans le cadre d'une formation universitaire, professionnelle ou à des fins personnelles.
     

  • Culture de droite

    Jesi Furio

    Qu'est-ce que la culture de droite ? Furio Jesi consacre les études ici réunies à l'analyse des matrices souterraines, du langage et des manifestations des « idées sans mots » de la culture de droite du dix-neuvième siècle , ce faisant il démasque les lieux communs, les formules et les mots d'ordres qui font allusion à un noyau mythique : les principes récurrents de Tradition, Passé, Race, Origine, Sacré. Dans cette perspective, l'auteur enquête sur les appareils linguistiques et iconographiques qui sous-tendent le néo-fascisme, le nazisme et le racisme, et sur les matériaux mythologiques manipulés par la propagande politique de droite pour légitimer son pouvoir et l'ordre social dominant.

  • « C'est le point de vue qui crée l'objet. » (Ferdinand de Saussure).

    Monument des sciences humaines, le Cours de linguistique générale a bouleversé dès sa parution en 1916 les sciences du langage, mais aussi l'anthropologie, la préhistoire, l'ethnologie, la sociologie, la psychologie ou la psychanalyse, et jusqu'à notre vision de l'être humain. Mettant l'accent sur la dimension relationnelle du langage, conçu fondamentalement comme un instrument de communication, Ferdinand de Saussure (1857-1913) y proposait une façon révolutionnaire de penser la langue, une théorie du signe, et annonçait l'avènement d'une discipline nouvelle : la sémiologie, cette « science qui étudie la vie des signes au sein de la vie sociale » et dont la linguistique fait partie.

  • DIRE LE MONDE

    Francis Wolff

    • Pluriel
    • 1 Juillet 2020

    Le maître-livre de Francis Wolff : un essai éclairant et passionant qui explique que c'est le langage qui est au fondement de ce que nous appelons un monde.
    « Que faut-il pour faire un monde ? Des noms, des verbes et des pronoms personnels. Ou plus précisément : des noms liés par des verbes pour pouvoir décrire le monde, des pronoms personnels (je, tu) liés à des verbes pour pouvoir y agir. C'est à la défense de ces thèses que ce livre est principalement consacré. » La philosophie savante s'est détournée des grands problèmes métaphysiques : qu'est-ce qui existe réellement ? pourquoi tout ce qui arrive, arrive ? peut-on tout savoir ? peut-on agir librement ? Ces questions doivent pourtant être sans cesse reprises. Elles sont ici reconstruites sur la base d'un des fils conducteurs de la pensée contemporaine : c'est le langage qui fait du réel un monde. Publié pour la première fois en 1997, Dire le monde est devenu un classique, souvent repris et discuté. Cette édition est ainsi augmentée des commentaires de six philosophes de différents pays et spécialités, Étienne Bimbenet, Jim Gabaret, Luiz Henrique Lopes dos Santos, Élise Marrou, Carlos Ulises Moulines et Bernard Sève, ainsi que des réponses de Francis Wolff.

  • Pourquoi les personnes courageuses ont-elles des couilles, alors que les mauviettes doivent s'en faire pousser une paire ?
    Pourquoi dit-on d'une femme qu'elle tombe enceinte, mais d'un homme qu'il la met enceinte ?
    Pourquoi les femmes sont-elles bavardes comme des pies ?
    D'où vient notre tendance à disséquer les femmes en un panier de fruits : des melons ou des prunes à la poitrine, une peau d'orange, la cerise pour l'hymen ?
    Pourquoi les blagues sur les blondes font-elles rire ?
    Depuis combien de siècles les femmes sont-elles "hystériques" ?
    Pourquoi l'homme est-il conquérant quand la femme est facile ?

    La réponse à ces questions et à bien d'autres se trouve dans ce Dictionnaire critique du sexisme linguistique, recensant des centaines d'expressions sexistes.

  • Grammaire globale du français contemporain tel qu'il s'écrit et se parle, la Grammaire méthodique du français accorde une place centrale à la syntaxe et à la morphologie, qu'elle articule avec les autres dimensions de la langue, tant formelles (phonétique, prosodie, ponctuation et orthographe) qu'interprétatives (sémantique et pragmatique). Elle constitue un outil de consultation et de travail pratique et efficace pour les étudiants et enseignants français et étrangers, mais aussi pour tous les amoureux de la langue française qui désirent en parfaire la connaissance et la maîtrise. Le texte de cet ouvrage applique les Rectifications orthographiques de 1990.

  • Depuis le mythe de la tour de Babel, la diversité linguistique suscite d'innombrables questions : combien de langues y a-t-il sur terre ? Quelles sont leurs limites ? Pourquoi ce nombre diminue-t-il ? Est-ce que je peux inventer ma propre langue ? Les animaux parlent-ils une ou plusieurs langues ? Mathiars Enard explore toutes ces interrogations et finalement, en réponse à celle que nombre de personnes se posent : faut-il préserver la diversité des langues ? Ou, au contraire, ne serait-il pas magnifique de tous parler la même langue ? Il rappelle que le récit de l'aventure humaine est lié à la différence des langues.

  • C'est en linguiste de terrain que Claude Hagège a abordé le champ des langues. Son intérêt pour leur réalité vécue, leur chair vive et le terreau d'origine de la parole humaine en font un adepte d'une approche empiricoinductive, aboutissant ainsi à des conclusions d'ordre général à partir d'une matière concrète.
    Les contributions apportées par Claude Hagège en linguistique se fondent sur l'étude de langues sémitiques, africaines, amérindiennes, austronésiennes puis sinotibétaines. Des formes sagittales et du logophorique à la théorie des trois points de vue et l'anthropologie casuelle, c'est toute la richesse et la complexité des langues qui sont ici creusées et révélées. À travers ces travaux, la linguistique s'incarne comme une science humaine à part entière.

  • La grammaire de référence, qui suit l'évolution de la langue et propose des réponses nuancées aux questions que l'on peut se poser en français.

    LE BON USAGE, c'est la grammaire de l'usage à travers l'observation constante d'un français vivant. Témoignent de cette évolution les 40 000 citations de 2500 auteurs, issues d'oeuvres littéraires et de la presse écrite, que le lecteur peut découvrir au fil des pages.

    LE BON USAGE, c'est la grammaire de référence, qui apporte une réponse à toutes les difficultés que l'on peut rencontrer en français. Toute en nuances, jamais elle n'impose ; elle suggère, en donnant les différents usages suffisamment courants pour être pris en considération.

    LE BON USAGE, c'est la grammaire incontournable des utilisateurs les plus exigeants de la langue française : écrivains, correcteurs, traducteurs, journalistes, rédacteurs, professeurs de français...

    Nouveauté : un index des auteurs cités (en couleur dans le livre) invite à une promenade littéraire dans les pages du BON USAGE.

  • La langue n'est pas sexiste, si l'on veut bien considérer que c'est le sujet parlant, le locuteur, le scripteur, qui est à la fois maître et esclave de l'usage qu'il ordonne. Il peut alors ajouter à ses façons de parler des relents de sexisme, mais il peut également y échapper par des usages intelligents.
    C'est donc du discours qu'il est question - et non de la langue - faisant que seul le sujet parlant est responsable de ce qu'il dit.
    L'expression « Droits de l'Homme » concernet- elle l'homme générique en embrassant les droits des femmes ? Tout ce qui concerne la féminisation de la langue, de la critique sexiste à la transformation des noms de métier, du genre grammatical à la féminisation des formes, est passé en revue sans oublier l'écriture inclusive qui propose des transformations d'usage de la langue, dont l'auteur examine les bonnes et les mauvaises solutions.

  • Le long effort des grammairiens pour masculiniser le français a suscité de vives résistances chez celles et ceux qui, longtemps, ont parlé et écrit cette langue sans appliquer des règles contraires à sa logique. Initiée au XVIIe siècle, la domination du genre masculin sur le genre féminin ne s'est en effet imposée qu'à la fin du XIXe avec l'instruction obligatoire. Depuis, des générations d'écolières et d'écoliers répètent que "le masculin l'emporte sur le féminin", se préparant ainsi à occuper des places différentes et hiérarchisées dans la société.
    Ce livre retrace l'histoire d'une entreprise à la misogynie affirmée ou honteuse, selon les époques. Riche en exemples et en citations, il convie à un parcours plein de surprises où l'on en apprend de belles sur la "virilisation" des noms de métier, sur les usages qui prévalaient en matière d'accords, sur l'utilisation des pronoms ou sur les opérations "transgenre" subies par certains mots. Explorant plus avant les pistes qu'il a ouvertes, sa nouvelle édition prolonge la réflexion sur le langage sexiste (écriture inclusive, règle de proximité, formules épicènes, nouveaux pronoms...).

  • Passions polygraphes

    Katy Barasc

    Très académiquement ordonnée en deux genres, masculin/neutre et féminin, la langue française se laisse désormais gagner par un tumulte graphique dont ces Passions polygraphes se font l'écho. Katy Barasc, en philosophe, cherche le signe qui viendrait inscrire dans la langue ce qui ne peut s'y prononcer. Entre passions tristes des vigiles du binarisme et passions joyeuses des iconoclastes, ce qui bruisse dans ces pages est jouissance de l'écriture.

  • Du 10 au 13 octobre 1975, les participants à ce débat se réunirent à l'abbaye de Royaumont, autour de Jean Piaget et de Noam Chomsky. Ce livre est issu de la seule rencontre personnelle qui ait jamais eu lieu entre le fondateur de l'épistémologie génétique et celui de la linguistique générative, c'est-à-dire de deux systèmes conceptuels, voire deux « philosophies », qui ne cessent d'inspirer depuis leur première formulation d'innombrables travaux scientifiques un peu partout dans le monde.
    Des chercheurs de tous pays attachés ont pris une part active à ce débat, élargissant son horizon et permettant d'en dégager une synthèse qui n'a pas, à ce jour, d'équivalent.

  • Dans le monde entier, les travaux qui se réclament du « discours » ont envahi l'ensemble des sciences humaines et sociales et des humanités. À quelque discipline qu'ils appartiennent, ceux qui aujourd'hui sont amenés à étudier des textes écrits ou oraux ont besoin de comprendre les enjeux de l'analyse du discours et les ressources qu'elle propose.

    Cet ouvrage veut aider les étudiants à appréhender ses présupposés majeurs et les grandes divisions qui le structurent, à comprendre comment les analystes du discours élaborent leurs objets à l'aide de catégories comme genre, type de discours, formation discursive... Ils pourront également prendre la mesure de la diversité des modes de manifestation du discours : de la banale conversation entre amis à la philosophie, des interactions orales aux écrans d'ordinateur, car l'univers du discours dans lequel nous construisons nos identités et donnons sens à nos activités apparaît profondément hétérogène.

  • Luigi Rizzi nous conduit au coeur du plus grand dénominateur commun de l'humanité, le langage, retraçant son histoire, ses variations et l'infini de ses possibilités de développement.
    Depuis plus de cinquante ans, des chercheurs du monde entier collaborent à une vaste entreprise de description et d'analyse des langues humaines au sein de ce qu'on a appelé la « linguistique générative ». La question fondatrice de ce programme de recherche est liée au caractère illimité des capacités linguistiques. Elle conduit à la formulation d'hypothèses sur la combinatoire syntaxique, son noyau invariant, les mécanismes de variation à travers les langues ainsi qu'à la production d'une cartographie précise des structures étudiées. Bien que complexes, ces structures peuvent être ramenées à l'application récursive de mécanismes extrêmement simples, objet d'étude du Programme Minimaliste. Ce domaine de recherche se nourrit aussi des études très éclairantes sur l'acquisition du langage menées dans un cadre interdisciplinaire de sciences cognitives.

    Sur commande
  • Initiation à la linguistique française présente de manière accessible mais complète les domaines de la linguistique :
    Langage et communication, phonétique et phonologie, syntaxe, morphologie, sémantique, pragmatique.
    Cette synthèse offre aussi un état actuel des connaissances en philosophie du langage et de l'esprit, psychologie cognitive, neurosciences et pragmatique cognitive.
    Conçu à partir d'un cours universitaire accompagné de travaux pratiques, cet ouvrage est le fruit d'une longue expérience d'enseignement auprès d'étudiants de littérature, de linguistique et de psychologie en première année de licence.

  • « Signes et déchets de signes, phrases et déchets de phrases font nos milieux de vie. En cela, l'actualité récente a souvent révélé, s'il en était besoin, quelque chose comme des états pourris de la parole, pourris à force de déliaisons, de rétrécissements, d'inattention, de bâclage, de négligence, de morgue, de dédain. Des états pourris de la parole politique, de la parole médiatique, et de nos propres échanges, c'est-à-dire des phrases que nous mettons dans le monde et entre nous, dans la rue, dans le travail, sur les réseaux, dans les tweets, ces « gazouillis » ». Marielle Macé - Déjà auteure pour AOC d'un formidable texte sur « Nos cabanes », Marielle Macé a confié au début 2021 un long et important article à propos des « états pourris de la parole » tels que notamment révélés par la crise sanitaire. Mais attention, parler d'une pollution de la parole n'est pas une manière de déplorer un quelconque appauvrissement de la langue, ce n'est ni un esthétisme, ni un élitisme. C'est le désir de penser la parole comme un milieu partagé et vulnérable, comme une « zone à défendre » : un lieu commun dont il faut prendre soin. C'est précisément ce que faisait Céline Curiol quelques mois plus tôt dans les colonnes d'AOC avec « Paroles malheureuses », une nouvelle en forme de dystopie autour d'une épidémie de mots pathogènes. Et si notre vulnérabilité relevait directement du propre de l'humain : de la langue ?

  • Le Carrousel encyclopédique des grandes vérités de la vie moderne est une oeuvre-monde, une somme baroque et absolue. Écrit sur une période de plus de dix ans, ce livre inventorie et compile des faits et des observations, autant de vérités réelles ou fausses, probables ou non, fabriquées ou périmées. Collection d'aphorismes catégoriques et détraqués, le Carrousel forme un point de rencontre improbable entre l'esprit luxuriant de la Renaissance, les moralistes du XVII e siècle et la paranoïa totalitaire du XX e. Ce texte fou ne recule devant aucun préjugé ni aucune superstition pour ouvrir un vortex de mots qui noue et dénoue les jeux de la vérité et du langage. Un manège d'inattendu, de rire et d'optimisme.
    Il faut se méfier des gens qui disent qu'ils vont toujours bien.

  • La Francophonie a une âme. Et cette âme n'est pas uniforme ni monocorde. Elle bruit d'autres âmes. Elle a traversé bien des frontières et s'est laissé imprégner par l'esprit et le rythme d'autres langues [... ] Et si nous voulons alimenter et entretenir le feu de la Francophonie, il faudra mettre le français à la croisée des langues et des imaginaires, mais aussi au défi des avancées scientifiques, des évolutions socio-économiques et des urgences environnementales.
    A ce prix seulement, nous verrons l'âme de la Francophonie grandir, se déployer et vibrer au chant de l'universel. Louise Mushikiwabo

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