Diversités / Discriminations

  • Jamais ils n'en avaient parlé. De quoi ?
    De ce qui est au centre de la société française, dans tous les domaines : le mépris.
    Tapie, Pinault, Onfray, Sarkozy, Hidalgo, Luchini et bien d'autres... Tous ont un point commun : à un moment ou à un autre, ils ont été confrontés à cette épreuve dont ils ont fait une force.
    Avec une liberté de ton à laquelle nous ne sommes pas habitués, ils se sont confiés à Sébastien Le Fol.
    Tous ont souffert un jour de ne pas avoir les bons codes, les bonnes manières, les bons diplômes, les bons réseaux. D'où cette terrible phrase souvent entendue : « Reste à ta place... ! ».
    Mais au lieu de les accabler, cette arrogance les a galvanisés.
    Ce livre inclassable mêle l'histoire et l'enquête. On passe de l'Ancien Régime à la Ve République, de Louis XIV à Macron. Il en résulte un décryptage iconoclaste du malaise de la société française. De l'école aux coulisses de la réussite, on y découvre un monde fermé, obéissant à des règles connues des seuls initiés.
    Un document exceptionnel sur un phénomène de société qui est aussi un enjeu politique à la veille d'une élection capitale.

  • Racée

    Rachel Khan

    « On est tous des additionnés », affirmait Romain Gary dans Pseudo. Rachel Khan ne le sait que trop bien. Noire, gambienne, d'origine musulmane et catholique par son père, blanche, juive et française par sa mère, elle est fière de se dire « racée ». Mais comment vivre cet excès de « races » à l'heure des replis identitaires où seule la radicalité importe ? Comment se positionner avec ce « pedigree » alors que l'injonction est de choisir un camp ?

    À travers une série de mots, notions et expressions « politiquement correctes », Rachel Khan pose un regard tant critique que malicieux sur notre époque idéologisée qui interdit toutes formes de nuances. Elle condamne les « mots qui séparent » ? souchien, racisé, afro-descendant, intersectionnalité, minorité... : présentés comme des outils indispensables pour combattre le racisme, ils enfoncent en fait le couteau dans les plaies qu'ils prétendent cicatriser. Puis les « mots qui ne vont nulle part » : vivre-ensemble, diversité, mixité et non-mixité, etc., qui appauvrissent le langage et, dans une « bienveillance inclusive », alimentent la haine et les silences. Mais elle défend avec force les « mots qui réparent » ? intimité, création, désir ? qui, eux, rétablissent le dialogue, favorisent la pensée non unique et unissent notre société, gangrénée par les crispations identitaires et les oppositions stériles entre les genres.

  • Le racisme en images : déconstruire ensemble Nouv.

    Parler de racisme, c'est parler d'une histoire-monde, celle de la xénophobie, de l'antisémitisme, des préjugés, de l'esclavage ou celle de la ségrégation. Mais c'est aussi parler d'images : la caricature, les objets, l'affiche politique ou de propagande, la publicité ou le tract, la photographie ou la peinture... Nombreux sont les supports qui ont véhiculé la représentation de l'« autre » comme un être inférieur, stigmatisé dans sa différence, que celle-ci soit ethnique, religieuse, culturelle ou sexuelle. Ils relèvent d'une culture visuelle qui a contribué pendant des siècles à façonner des relations tronquées, marquées par une violence pouvant aller jusqu'à l'extermination ou au génocide. En analysant près de 250 images, l'historien Pascal Blanchard et l'anthropobiologiste Gilles Boëtsch décryptent les différentes strates de cette haine de l'autre dans une perspective à la fois historique, culturelle et thématique. Car comprendre la construction de ce discours racial sur le temps long, c'est participer à sa déconstruction. Les auteurs donnent aussi la parole à une quinzaine de personnalités : chacune livre ici un éclairage à hauteur de sa propre expérience, de ses convictions et de ses engagements. Une saisissante histoire visuelle et mondiale du racisme pour en maîtriser désormais tous les codes et représentations.

  • W. e. b. du bois - double conscience et condition raciale Nouv.

  • Les juifs de France Nouv.

    Les juifs de France

    Robert Mauss

    • Cerf
    • 21 Octobre 2021

    Ce n'est jamais bon signe quand on recommence à s'en prendre aux juifs. Aujourd'hui, alors qu'ils ne représentent pas 1% de la population française, ils subissent une violence raciste sur deux.
    L'antisémitisme connaît un fort regain qu'encouragent les réseaux sociaux. Il est entretenu par la folle haine d'Israël. Il se nourrit des complotismes d'extrême droite et d'extrême gauche. Il grandit sous la rivalité des communautarismes. Il explose avec l'essor de l'islamisme. Dans le même temps, paradoxalement, la vie juive en France n'a jamais été aussi dynamique de toute son histoire.
    Qui sont vraiment nos compatriotes de confession ou de culture juive ? Le journaliste Robert Mauss a demandé à une bonne vingtaine d'entre eux de retracer leur passé, de décrire leur présent, d'envisager leur avenir. Responsables institutionnels, personnalités publiques ou citoyens ordinaires, ils se racontent. Certains expriment l'optimisme vital propre au peuple de la Bible. D'autres, l'inquiétude politique d'une minorité agressée. D'autres encore, le désir radical de l'exil.
    Quarante ans après Juifs et Français, l'ouvrage phare d'André Harris et Alain de Sédouy, cette enquête de terrain révèle comme jamais une réalité française sans laquelle la France ne serait pas ce qu'elle est.
    À lire absolument. Pour savoir et pour comprendre. Pour prévoir et pour parer.

  • Pour conserver son pouvoir face à la majorité noire qui augmentait et se révoltait, le gouvernement a chargé une commission d'aller enquêter sur le racisme institutionnel dans le monde entier. En Australie, aux Pays-Bas, aux Etats-Unis, ses membres ont observé ce qui était efficace et ce qui ne l'était pas. De retour en Afrique du Sud, ils ont élaboré le système d'oppression raciste le plus extrême que l'humanité ait jamais connu.
    Trevor Noah naît en 1984 à Johannesbourg d'une mère noire et d'un père blanc. Sous l'apartheid, qui interdit les relations interraciales, son existence même est déjà un crime. Malgré le racisme et la violence qui l'entourent, il multipliera les subterfuges afin de mener une vie libre... et drôle.

  • Le documentaire Petite fille en 2020 nous aura rappelé que la question des jeunes trans gagnerait à être mieux connue du grand public. Longtemps, les identités trans et non binaires chez l'enfant ont été comprises comme une pathologie du développement à mettre en veilleuse, voire à corriger plus tard.

    À l'image des personnes homosexuelles qui ont subi ces mêmes violences, un·e enfant qui exprime une identité de genre non conforme n'est absolument pas malade. Défendant l'approche dite « transaffirmative », qui repose sur une vision non binaire du genre, non pathologisante, respectant l'autodétermination et l'expertise des personnes sur leur vie, cet ouvrage pluridisiciplinaire entend fournir des fondements théoriques et pratiques sur le sujet, dans le but d'accompagner et d'améliorer la qualité de vie de ces enfants souvent vulnérables.

  • "La race est particulièrement visible dans l'alimentation. D'abord parce que le concept fut inventé pour justifier la gourmandise de certain·es Européen·nes. Ensuite parce que la nourriture prend une telle place dans nos vies - la majorité d'entre nous mange trois fois par jour - que les restaurants, les supermarchés ou les cuisines sont des lieux privilégiés pour créer et perpétuer les constructions sociales.
    Si je vous dis maintenant que le racisme, tel qu'on le connaît aujourd'hui, trouve son origine dans une histoire de sucre, vous risquez d'avoir du mal à l'avaler. C'est pourtant vrai. Le racisme s'est installé dans les têtes des Européen·nes en même temps que le sucre arrivait sur leurs tables. La corrélation n'a rien de fortuit. Ce système de pouvoir fut précisément créé pour que les Européen·nes puissent consommer du sucre en ayant la conscience tranquille.
    Et l'industrie alimentaire l'entretient depuis". Dans Voracisme, l'auteur mène l'enquête sur les liens consubstantiels entre racisme et alimentation, depuis l'esclavagisme dans les cultures de cannes à sucre au 17e siècle jusqu'aux cuisines de nos restaurants, en passant par l'histoire du marketing alimentaire.

  • En un demi-siècle, depuis les lois sur les droits civiques aux États-Unis, le combat pour la libération emmené par les luttes noires américaines a pris une dimension internationale ; il a joué à la fois le rôle de révélateur des grandes injustices et de catalyseur des espérances du moment.
    Angela Davis a été un témoin majeur de ce demi-siècle. Militante communiste et proche des Black Panthers dès 1968, elle accompagne la radicalisation des mouvements noirs et leur engagement sur une multiplicité de fronts, de la guerre du Vietnam à la lutte contre l'apartheid en Afrique du Sud.
    Ce recueil d'entretiens et de textes inédits d'Angela Davis donne à voir cet engagement sans trêve pour la libération.
    Figure iconique et mondialement reconnue, le parcours et l'engagement d'Angela Davis sont bien connus en France - notamment à travers son Autobiographie (récemment rééditée) - tout comme sa lutte contre l'enfermement et la prison, déployée dans Les Goulags de la démocratie.
    Ce recueil d'articles et d'entretiens rassemble des textes et interventions contemporaines d'Angela Davis. Derrière une grande pluralité d'enjeux se dégagent deux grandes thématiques.
    Davis y décrit d'abord la violence d'État et l'oppression comme des phénomènes mondiaux :
    Elle souligne ainsi la porosité entre l'oppression des Palestiniens et l'incarcération en masse des Africains-américains, ou encore les liens entre les violences policières et la guerre sans fin menée au Moyen-Orient. Depuis sa perspective états-unienne, Angela Davis revient ainsi sur une série d'événements qui ont scandé la dernière séquence de la politique d'émancipation : les mobilisations autour de Ferguson, puis le mouvement Black Lives Matter contre les violences policières racistes, condensent un plus large spectre de résistances à l'échelle du monde.
    D'autre part, le livre trace une continuité entre les luttes du passé et les luttes présentes.
    On y rencontre d'abord les grandes figures ou séquences des luttes africaines-américaines :
    Non seulement Malcolm X et les Black Panthers, mais aussi la guerre de Sécession et W.E.B Du Bois. Davis rappelle ainsi combien ces luttes se sont nourries des luttes de libération en Asie, en Afrique, en Amérique latine, et les ont inspirées en retour.
    Mais ce livre porte aussi un regard optimiste sur les formes émergentes de résistance, et sur la capacité des nouvelles générations à reprendre le flambeau d'une lutte sans frontières contre l'injustice et l'oppression.

  • La famille de Carole n'est pas tout à fait comme les autres. Elle a un petit quelque chose en plus : Marcel, leur fils aîné, a trois chromosomes 21. Lorsqu'ils apprennent la nouvelle, le jour de sa naissance, Carole et Sylvain ont l'impression que le ciel leur tombe sur la tête. Mais très vite, grâce à ce bébé débordant de joie de vivre qui les aide à affronter toutes les difficultés, ils décident d'être heureux et de faire de ce fameux chromosome la chance de leur vie.
    Ce livre raconte sans tabou le quotidien d'une tribu extraordinaire : la peur, les doutes, la colère, la complexité de la prise en charge médicale et des démarches en tout genre, mais surtout le bonheur de voir grandir un enfant, des parents, une famille.Carole pose avec humour et tendresse son regard sur la trisomie 21, le handicap et, plus largement, la différence.

  • Enquête sur l'inclusion scolaire des handicapés.
    A la fois témoignage et outil pour les familles et les enseignants, ce livre met en cause l'inclusion au rabais mise en place par le gouvernement. Cette enquête livre un constat alarmant sur l'intégration des enfants handicapés à l'école : Manque de formation des équipes enseignantes, aucun matériel adapté, auxiliaires de vie manquantes-sous diplômées et sous payées, classes surchargées... Seuls 20% des enfants autistes ont ainsi accès à l'école. Une inclusion qui ne satisfait personne, et qui provoque des affrontements réguliers entre les familles qui se battent pour que leurs enfants aient accès à l'instruction et des enseignants à bout de nerfs, considérant parfois ces enfants comme « une surcharge de travail ». Tout cela face à une administration rigide qui refuse d'évoluer.
    C'est au travers de témoignages de parents, d'enseignants, d'AVS, de personnes handicapées qui ont vécu moqueries, dénigrement, harcèlements... que l'auteur dresse un tableau bien sombre de l'école publique d'aujourd'hui.

  • "Les races n'existent pas ! Au nom de ce gimmick présenté comme le point final de toute discussion raisonnable, un catéchisme subtil vient perturber notre compréhension du mot "race". Un catéchisme culpabilisant pour celles et ceux qui habitent ce corps racialement indicible. Un monde profondément marqué, si ce n'est obnubilé, par le corps de minorités dites visibles, lesquelles sont régulièrement sommées dans une injonction paradoxale d'"être comme les autres", de ne pas "se sentir différentes".
    Toute ma vie n'est qu'une perpétuelle réaction contre les attaques subies par mon corps, par la couleur de mon corps, par la forme de mon corps, par le bruit fait par mon corps, par l'odeur dégagée par mon corps et, pourquoi ne pas l'écrire, par un générique qui est censé ne pas avoir d'existence. J'ai fini par me convaincre que cette invisibilité et cette indifférence ne sont finalement que les piliers d'une forme nouvelle de soumission, et que le négationnisme racial ne sert qu'à perpétuer la domination des Blanc" Fabrice Olivet est un militant associatif.
    Il a déjà publié La ¬question métisse (Mille et Une Nuits, Fayard, 2011).

  • Il existe de grandes différences entre les hommes et les femmes dans la façon d'être surdoué et de vivre cet état. Les femmes à haut potentiel ne répondent pas de la même manière que les hommes aux contraintes d'une société dans laquelle les schémas de réussite sont encore imprégnés de sexisme. Le défi est double pour elles : dans un monde fondé sur l'image d'une femme au corps parfait et non d'une femme dotée d'un cerveau, il leur faut réussir à articuler leur féminité et leur intelligence et se faire accepter.
    En se fondant sur les dernières études sociologiques et scientifiques, et sur de nombreux exemples de patientes, Monique de Kermadec met en lumière les nombreuses barrières sociales et professionnelles auxquelles se heurtent ces femmes qui se sentent en décalage. Elle leur donne des clés pour optimiser leur potentiel afin d'arriver à assumer le rôle qu'elles pourraient avoir dans notre société pour le bénéfice de tous.

  • «De telles listes sont dressées depuis les années 1970. Compilées par plusieurs générations de militants, elles sont enfouies dans les caves des archives associatives et présentent toutes le même format, à la fois sec et funeste. On y trouve la date du crime, le nom de la victime, suivis d'une ou deux phrases laconiques. Elles frappent par leur rudesse, leur longueur et leur nombre. Poser une liste conduit inexorablement à en trouver une autre quelques jours plus tard. Ces listes expriment l'idée d'une injustice. Elles dénoncent le racisme et l'impunité du racisme. Elles pointent du doigt les crimes, mais également la grande majorité des procès qui ont fini par des peines légères avec sursis ou des acquittements, quand ce n'est pas un non-lieu qui est venu clore l'affaire.
    Elles disent en substance que la racialisation, autrement dit le fait de placer des personnes dans une catégorie raciale afin d'asseoir un rapport de pouvoir et d'en tirer profit, tue deux fois. La première violence touche à l'intégrité physique de la personne. La seconde violence a lieu à l'échelle institutionnelle. Elle est une conséquence du traitement pénal qui ignore la nature raciste des crimes jugés.» De la grande vague de violence de 1973 dans le sud de la France aux crimes policiers des années 1990 en passant par les crimes racistes jalonnant les années 1980, cet ouvrage, issu d'une base de données de plus de 700 cas, nous invite à prendre la mesure de cette histoire à l'heure où le racisme institutionnel et l'action de la police continuent chaque année à être à l'origine de nombreux morts.

  • Comment penser la question raciale lorsqu'on est blanc ?? Telle est la question que pose ce livre. La mort de George Floyd - après tant d'autres - et le mouvement qu'elle a suscité ont montré que la question raciale ne concerne pas seulement les "? racistes ? " ou les personnes qui en sont victimes, mais bien l'ensemble de la société. Pourtant, la question raciale reste largement impensée du côté des Blancs.
    Cet essai montre comment, du fait de l'héritage des systèmes raciaux européens, les Blancs vivent toujours dans une "? maison blanche ? " ? : une disposition intellectuelle, psychologique et affective qui altère leur regard et leur façon d'être au monde. L'auteur retrace, à partir d'expériences personnelles, les contours et les formes de cette situation, sans céder à la culpabilisation ou à l'angoisse que suscite souvent cette question.
    L'objectif de la prise de conscience qu'il propose n'est pas "? d'aider ? " ceux qui ont été ou sont les cibles des systèmes raciaux européens, mais de nous défaire de ce biais cognitif et affectif fondamental, afin de faire advenir un nouveau rapport au monde, et à nous-mêmes. Gauthier Marchais est enseignant-chercheur à l'Institute of Development Studies de l'Université du Sussex, en Grande-Bretagne.
    Il publie ici son premier livre.

  • La France n'a pas encore pleinement pris la mesure de l'ampleur et des incidences du racisme et des discriminations qui la déchirent. Des millions d'individus, notamment issus de l'immigration postcoloniale, subissent au quotidien micro-agressions et stigmatisation. Ils voient leurs opportunités d'ascension sociale entravée, leurs vies écourtées. Ces épreuves suscitent bien souvent colère et sentiments d'injustice.
    Elles poussent parfois à l'engagement des personnes qui n'y étaient pas disposées. A partir d'une enquête inédite dans plusieurs quartiers populaires en France et en Amérique du Nord, ce livre démontre les conséquences du déni de reconnaissance qui entoure les discriminations : dépression, exil, repli sur soi... Au regard du drame silencieux qui s'opère sous nos yeux, il invite à une prise de conscience collective.
    /> Mais le racisme suscite aussi des conséquences plus positives : une jeunesse se lève face aux violences policières, se mobilise dans des associations ou investit les partis politiques, en développant des savoirs et savoir-faire nouveaux, et par là son pouvoir d'agir. Peut-être est-ce l'émergence d'une nouvelle génération militante, engagée dans des luttes pour l'égalité ?

  • Lorsque j´ai publié Fichu voile en 2011, c´était parce qu´après le terrain scolaire, c´était sur celui de la fonction publique, mais aussi celui du parlement, que se jouait désormais la question du voile. Et la loi d´interdiction du voile intégral était alors en gestation. Dix ans plus tard, les mêmes questions restent en suspens, mais d´autres s´y sont ajoutées : le voilement des fillettes se répand, les tenues de sport à connotation religieuse se multiplient, et l´idée selon laquelle interdire le voile serait une discrimination se banalise, comme en témoigne l´autorisation récente du port du voile dans les Hautes Écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Parallèlement, tout critique du voile semble devenir de plus en plus difficile, voire dangereuse à formuler. La banalisation de celui-ci est à l´oeuvre, alors même que se radicalisent les discours et les actes de ceux qui le défendent. Et cette banalisation se fait au prix des principes universalistes.

  • On pense tout connaître de l'antisémitisme, en avoir fait le tour, ne plus rien pouvoir découvrir. Pourtant le public le perçoit essentiellement à travers le prisme de la Shoah et de la résurgence de l'antisémitisme ces dernières années. Mais depuis quand existe-t-il ? Où sévit-il ? Pourquoi ? Sous quelles formes ? En réalité le phénomène est si ancien, étendu et complexe, que la plupart de ses aspects échappent au plus grand nombre.
    Dans cet ouvrage, l'auteur pose un regard historique et sociologique sur ce phénomène et aborde les questions dérangeantes, notamment celles qui dérangent le plus et qu'on n'ose généralement pas poser : Les Juifs pratiquent-ils la « double allégeance » ? Israël instrumentalise-t-il l'antisémitisme ? La Bible peut-elle être un ferment d'antisémitisme ? La Shoah fut-elle la cause de la création de l'État d'Israël ?
    Concepts, histoire, fantasmes, Israël, moyens de lutte, toutes les facettes du phénomène sont décryptées en de brefs chapitres pédagogiques, qui laissent s'exprimer les protagonistes, dans un style simple et direct.
    Stéphane Encel apporte des clefs essentielles pour comprendre ce phénomène qui n'en finit pas de faire peur autant que de fasciner, et qui représente un perpétuel danger à l'image de la multiplication des actes antisémites ces dernières années.

  • Dans ce Petit manuel, Djamila Ribeiro, philosophe et féministe brésilienne, aborde le racisme dans le milieu professionnel et culturel, parle de négritude, de blanchité, de désirs et affects. En dix chapitres courts et impactants, elle présente des pistes de réflexion pour reconnaître les discriminations, prendre conscience de certains privilèges, adopter des pratiques antiracistes et féministes et, ainsi, assumer la responsabilité de faire bouger les choses.
    C'est une pratique qui commence dans les attitudes quotidiennes, et nous concerne toutes et tous. Djamila Ribeiro, chercheuse en philosophie politique, est la référence du mouvement féministe noir, antiraciste, pro-LGBT et antimachiste au Brésil. Chroniqueuse pour la presse et la TV, elle donne des conférences dans le monde entier. Avec un demi-million de suiveurs sur les réseaux sociaux, c'est une activiste de poids.
    Préface de Françoise Vergès, militante féministe décoloniale et politologue. Pratique, direct et fort.

  • Le dossier du sixième numéro de Panthère Première portera sur le Déni de travail : travail qui ne dit pas son nom, travail gratuit, travail sans emploi, travail qui imprègne toute la trame de la vie quotidienne... Et si le meilleur moyen d'extorquer un travail était tout simplement d'en nier l'existence, ou du moins la valeur ? S'inspirant des analyses féministes du travail, ce dossier ne se contente pas de rendre visible des formes de travail niées, mais interroge la façon dont le déni opère.
    Et en hors thème : une entretien sur l'autonomie énergétique, une enquête sur la période invisibilisée du post-partum, un plongée dans les pages d'une impertinente revue de jardinage, parmi d'autres réjouissances...

  • Alors qu'existait, depuis au moins la fin de la Seconde Guerre mondiale, un consensus scientifique sur l'inexistence biologique des races dans l'espèce humaine, celui-ci a éclaté, et le vocabulaire de la race a envahi le champ académique et médiatique. Pour un certain nombre d'auteurs, qui, pour la plupart d'entre eux, se disent appartenir à la pensée décoloniale, il faudrait, la lucidité serait à ce prix, briser ce consensus. Il s'agira ici, d'une part, de rechercher les sources de ce retour à des conceptualisations que l'on pouvait croire oubliées et, d'autre part, d'en mesurer les effets sur la vie intellectuelle, principalement dans l'espace français.

  • Du 6 mai au 11 juillet 2019 s'est tenu le procès France Télécom. Didier Lombard, ex-président du groupe, comparaissait aux côtés de son ancien bras droit, Louis-Pierre Wenès, de l'ex-directeur des ressources humaines, Olivier Barberot, et de quatre autres cadres pour des faits de harcèlement moral ayant conduit à de multiples suicides entre 2007 et 2010. Au premier rang des parties civiles, le syndicat Sud PTT et l'Union syndicale Solidaires, à l'origine de la plainte contre la direction de l'entreprise.
    Porte-parole de Solidaires, Éric Beynel a lancé une démarche éditoriale inédite de suivi du procès, conviant chaque jour une personnalité (romancier.ère, chercheur.se, artiste) à rédiger ou dessiner un récit d'audience. Chaque texte constitue un épisode haletant, une plongée dans l'espace ritualisé, tragique, du tribunal.
    À gauche les avocat.e.s des parties civiles, à droite ceux des prévenu.e.s, deux fois plus nombreux.ses. Au centre des débats, des hommes, des femmes immolé.e.s, défenestré.e.s sur leur lieu de travail, pendu.e.s à leur domicile. Les dirigeant.e.s de France Télécom paraissent patauger dans leurs contradictions...

  • Des classes dangereuses à l'ennemi intérieur : capitalisme, immigrations, racisme Nouv.

    « L'«immigré» fonctionne [...] comme un extraordinaire analyseur des régions les plus obscures de l'inconscient. » C'est par cette citation de Pierre Bourdieu que s'ouvre ce livre, aboutissement de plusieurs dizaines d'années de recherches et de militantisme.
    Tout au long d'une traversée intellectuelle où sont évoqués la conquête des Amériques et les théories raciales du 19e siècle, mais aussi les violences policières contemporaines et le capitalisme colonial, les premières immigrations européennes en France au 19e siècle mais également l'islamophobie actuelle ou encore la guerre d'Algérie, on lira une pensée puissante, qui se déploie et fait émerger une réflexion singulière et des perspectives politiques sur les problématiques qui agitent nos sociétés.
    Saïd Bouamama propose une large réflexion historique et politique sur les liens entre racisme, immigrations et capitalisme, et fournit ainsi un arsenal théorique à tous ceux intéressés au démantèlement de ce système.

  • La lutte contre le harcèlement moral et sexuel dans les entreprises françaises a une histoire récente. Sous l'impulsion du législateur, le phénomène est de mieux en mieux cerné sans pour autant être complètement délimité. Bien que la porosité de ses contours le rende difficilement objectivable, ses effets délétères sur les victimes, le collectif de travail et la performance globale nécessitent la mise en oeuvre d'actions visant à faire cesser l'inacceptable. Cet ouvrage est conçu comme un guide à l'usage des professionnels des RH, des managers, des représentants du personnel, des médecins du travail ou de tout autre acteur impliqué dans la prévention des risques psychosociaux. La première partie permet de mieux comprendre l'émergence des comportements hostiles, les mécanismes psychologiques à l'oeuvre dans le harcèlement et leurs impacts multiples. La seconde partie propose des outils et processus concrets pour mettre fin à des pratiques harcelantes, mais aussi pour bâtir une politique préventive en agissant sur les conditions de survenue de la violence interne et en assurant la veille de ses précurseurs. Un livre complet qui analyse, décrypte et apporte des solutions d'une politique préventive ! A acquérir sans tarder.

empty