• Reconnaître le faux

    Umberto Eco

    • Grasset et fasquelle
    • 16 Mars 2022

    À l'ère des fake news et autres faits alternatifs, il est revigorant de relire ce qu'Umberto Eco avait à dire sur le sujet. Avec sa clarté, et son gai savoir habituels, le grand écrivain italien déconstruit les notions de mensonge, de faux et de falsification, dont il a si souvent joué dans ses fictions. L'humaniste emprunte autant à l'histoire de la logique, à la philosophie du langage qu'à la littérature, pour nous parler d'éthique, de mauvaise foi, d'ironie et d'authenticité. Car encore faut-il connaître la vérité pour mentir tout en disant le faux.
    Eco nous rappelle que notre capacité à évoluer dans le monde avec sécurité se fonde sur le contrat social, et que notre meilleur allié contre les mensonges et les falsifications reste le temps puisque - presque toujours - celui qui ment ou falsifie finit par être découvert.
    Dans cet essai aussi bref que réjouissant, le grand intellectuel italien nous offre des clés pour démêler le vrai du faux.

  • Marianne face aux faussaires

    Fatou Diomé

    • Albin michel
    • 2 Mars 2022

    « Vivant en France depuis 1994, française depuis 2002, j'ai constaté l'évolution du discours politique qui n'a cessé de dériver, jusqu'à la cristallisation actuelle autour de l'identité. Pour la binationale que je suis, construite par la langue et les valeurs humanistes, la tristesse va crescendo. Bien que consciente de mon impuissance, j'ai la faiblesse de ne pouvoir être indifférente aux voix qui s'élèvent, prônant la haine. » Fatou Diome.

    Dans cet essai personnel et émouvant, Fatou Diome renvoie dos à dos les identitaires étriqués et les opportunistes victimaires, qui monopolisent le débat politique. Elle défend Marianne contre les faussaires des deux camps et dessine une France ouverte, laïque, lucide et généreuse, celle qui lui donne envie de se sentir française et sénégalaise.

  • Qu'est-ce qu'une femme ? 1772-1774 Nouv.

    Qu'est-ce qu'une femme ? 1772-1774

    Elisabeth Badinter

    • Flammarion
    • 25 Mai 2022

    Mars 1772. L'innocent M. Thomas, académicien distingué, publie un Essai sur le caractère, les moeurs et l'esprit des femmes qui déclenche chez ses contemporains - notamment chez Diderot et Mme d'Epinay - une vive polémique. La question, en effet, est d'importance:la femme est-elle le produit de son éducation, ou bien est-elle prioritairement façonnée par les lois de la Nature?Inauguré à l'aube de la Révolution, ce débat entre les points de vue culturaliste et essentialiste a connu la fortune que l'on sait. Il a entraîné dans son sillage une autre interrogation à la pertinence toujours brûlante:la femme est-elle la semblable de l'homme ou reste-t-elle à jamais l'Autre, désirée en même temps que crainte?Ce recueil reproduit le texte de Thomas et les commentaires qu'en firent Diderot et Mme d'Epinay. Il est précédé d'une longue mise en perspective d'Elisabeth Badinter, qui en analyse les implications et la portée pour les lecteurs d'aujourd'hui.

  • Paroles d'hommes (1790-1793) Nouv.

    Paroles d'hommes (1790-1793)

    Elisabeth Badinter

    • Flammarion
    • 25 Mai 2022

    Rares sont les hommes de la Révolution qui s'intéressèrent au sort des femmes. Et s'ils modifièrent de façon décisive leur statut juridique, ils furent, à l'exception de quelques-uns, beaucoup moins préoccupés par leurs droits civiques.Ceux dont les textes sont réunis ici se réclamaient de l'idéologie républicaine, fondée sur la liberté et l'égalité des citoyens. Mais, pour la grande majorité d'entre eux, à commencer par Rousseau, la femme devait «se borner au gouvernement domestique, ne point se mêler du dehors». À les lire, on voit bien à quel point la proximité, la similitude et la confrontation des sexes leur faisaient horreur. 1789-2022:deux cents ans plus tard, si les femmes sont devenues des citoyennes à part entière, le combat pour la reconnaissance continue.Ce recueil de textes édité par Elisabeth Badinter expose les causes profondes, philosophiques aussi bien qu'événementielles, de cette longue glaciation dans l'évolution de nos moeurs et le rôle mal connu qu'y ont joué les révolutionnaires.

  • Le peuple des femmes : un tour du monde feministe

    ,

    • Flammarion
    • 16 Février 2022

    Ce livre est une enquête sur les pratiques et les voix des femmes dans le monde entier.
    Il est d'abord informatif. Le tour du monde qu'il propose permet de savoir ce que font aujourd'hui les femmes pour lutter contre la domination masculine. Grâce à des entretiens avec des militant.e.s, à l'aide de tableaux récapitulatifs sur les grands problèmes qui se posent aux femmes aujourd'hui, par la restitution dans le texte même de tout un ensemble de voix plurielles, il peut être utilisé comme un vade-mecum des pratiques féministes contemporaines. Ces pratiques sont au coeur des luttes politiques les plus urgentes et les plus mobilisatrices : vivre avec et dans les milieux naturels (écoféminisme), construire des alternatives au capitalisme.

  • Au-delà du changement climatique, les dégradations de notre environnement que causent nos modes de vie ont des conséquences néfastes majeures sur la biodiversité et sur la santé humaine. Nous devons au plus vite transformer en profondeur nos interactions avec la Terre et les êtres vivants qui la peuplent. Car, en détruisant notre planète, c'est à nous-mêmes que nous faisons du mal. Jean Claude Ameisen nous rappelle que prendre soin de la nature et préserver sa splendeur, c'est prendre soin de l'humanité. À condition, aussi, de lutter pour la réduction des inégalités, pour la fin de la pauvreté, pour l'accès de tous aux droits fondamentaux, à la nourriture, à un toit, à l'éducation, à la prévention et aux soins.

    Le texte original a fait l'objet d'une mise à jour pour la présente édition.

  • D'un monde à l'autre ; le temps des consciences

    ,

    • Librairie generale francaise
    • 1 Septembre 2021

    « Nous ne traversons pas un moment de crise anodin, nous vivons un moment décisif pour l'avenir de l'humanité. Comment s'extraire d'une dynamique qui nous échappe et d'un système qui nous conduit dans une impasse ? Nous avons chacun éprouvé combien les résistances au changement sont grandes. Pourtant, comme tant d'autres, nous refusons de nous résigner.
    Un autre monde est à notre portée. Un monde fondé sur l'humilité, la sobriété et le partage. Un monde plus équitable, plus fraternel, davantage relié à la Terre. Ce monde n'est pas une utopie. Nous pouvons tous contribuer à le faire advenir. Mais cela ne sera possible que par une révolution des consciences. C'est à cette conversion de notre esprit et de nos modes de vie qu'aimerait contribuer modestement ce livre, fruit du partage de nos réflexions et de nos expériences.
    N.H. et F.L.
    Nicolas Hulot et Frédéric Lenoir, forts de leurs parcours riches et singuliers, apportent ici un éclairage personnel, pratique et spirituel sur les enjeux majeurs qui nous concernent tous.

  • Un coupable presque parfait ; la construction du bouc émissaire blanc

    Pascal Bruckner

    • Librairie generale francaise
    • 13 Avril 2022

    La chute du mur de Berlin a plongé les gauches européennes en plein désarroi. Sur le champ de bataille des idées, le progrès, la liberté et l'universel ont fait place à une nouvelle triade directement importée des États-Unis : le genre, l'identité et la race. Les progressistes se battaient jadis au nom du prolétariat, du tiers-monde et des damnés de la terre. Trois discours - néoféministe, antiraciste et décolonial - désignent désormais l'homme blanc comme l'ennemi : son anatomie fait de lui un prédateur par nature, sa couleur de peau un raciste, sa puissance un exploiteur de tous les « dominés ». L'enjeu de cet essai est de montrer comment la lutte des races est en train de remplacer la lutte des classes, de balayer les problèmes sociaux et la méritocratie et de détruire l'idée d'humanité commune.Aussi percutant que dérangeant. Lire.Un livre événement. Le Figaro magazine.

  • La parenthèse boomers Nouv.

    La parenthèse boomers

    François de Closets

    • Fayard
    • 25 Mai 2022

    Rejoignant l'indignation des jeunes générations, le journaliste et essayiste analyse la faillite des boomers sans concession et propose des solutions disruptives pour que le désastre possible soit un chemin du renouveau.
    Entre 1970 et 2020, la France n'a connu ni guerre ni crise majeure : une parenthèse unique dans son histoire.

    Pourtant, pendant cette période, les boomers aux commandes du pays l'ont fait passer de la prospérité au déclin. Cette génération égoïste n'a pensé qu'à ses propres intérêts, sans considération pour l'avenir. Et au moment où la démographie se rappelle à nous, le tragique de l'Histoire fait son grand retour. La parenthèse enchantée est désormais fermée, nous voilà au bord du précipice.

    François de Closets n'a cessé de condamner dans ses livres à succès la démagogie et la procrastination. À 88 ans, rejoignant l'indignation des jeunes générations, il retrace sans concession la faillite des boomers, qui laissent à la charge de leurs enfants une société du vieillissement submergée par la dette et la dépendance.

    Une irresponsabilité reposant sur le dévoiement de l'idée de liberté, passée de celle du « tous ensemble » au service du bien commun à celle du « moi d'abord » au service des égoïsmes individuels. Pour réconcilier les générations, il nous faut de toute urgence refonder une liberté collective.

    Face aux immenses enjeux, des solutions existent qui ne ruineront pas le pays, n'accableront pas les plus jeunes, ne conduiront pas à l'abandon des plus âgés. Par des propositions comme le Conseil de prévision, ce livre en apporte, très concrètement, la preuve. Pour que le désastre en cours se transforme en chemin du renouveau.

  • Partant d'une violence symbolique et d'un imaginaire méconnu, Laurent Vidal fait la genèse des hommes lents, ces individus mis à l'écart par l'idéologie du Progrès. On y croise tour à tour un Indien paresseux et un colonisé indolent, des ouvriers indisciplinés et, plus proches de nous, le migrant en attente ou le travailleur fainéant.Mais l'auteur révèle aussi la façon dont ces hommes s'emparent de la lenteur pour subvertir la modernité:de l'oisiveté revendiquée aux ruses déployées pour s'approprier des espaces assignés, les hommes lents créent des rythmes inouïs, jusque dans les musiques syncopées du jazz ou de la samba. En inventant de nouveaux modes d'action fondés sur les ruptures de rythme, ils nous offrent un autre regard sur l'émancipation.Mêlant la rigueur de l'historien à la sensibilité de l'écrivain, cet essai ouvre des horizons inédits pour repenser notre rapport à la liberté.

  • L'ère de l'individu tyran ; la fin d'un monde commun

    Eric Sadin

    • Librairie generale francaise
    • 2 Février 2022

    Protestations, manifestations, émeutes, grèves, défiance... Depuis des années, la colère monte, les peuples ne cessent de rejeter l'autorité. Les raisons en sont connues : aggravations des inégalités, dégradations des conditions de travail, recul des services publics... Mais la violence avec laquelle elle se manifeste est inédite car exprimée par un sujet nouveau : l'individu tyran. Un être ultra-connecté, replié sur sa subjectivité et ses intérêts, capable en un clic de mettre le monde à ses pieds et dès lors persuadé d'en être l'unique centre. Et si les crises économiques renforcent l'impression d'être dépossédé, la technologie augmente celle d'être tout-puissant. Une combinaison explosive, qui signe l'effondrement de notre monde commun.

  • Le grand enfumage : immigration et populisme dans sept pays européens

    Hervé Le Bras

    • Editions de l'aube
    • 3 Février 2022

    Même si les partis populistes d'extrême droite ont connu un développement différent dans les pays étudiés dans cet ouvrage (Autriche, Allemagne, Angleterre, Espagne, France, Italie, Suisse), ils ont en commun de nombreux caractères. Parmi ceux-ci, l'un des plus inquiétants touche à l'évolution de leur ligne idéologique. La notion de grand remplacement prolongeant celle du rejet de l'immigration en est un indice, mais plus généralement, après s'être dégagés des groupuscules nostalgiques du nazisme, du franquisme ou du fascisme et avoir tenté de présenter une façade respectable, force est de constater que les partis populistes de ces pays évoluent vers une vision identitaire. Un livre admirablement construit et documenté.

  • Commencer à vivre humainement

    Rosa Luxemburg

    • Libertalia
    • 6 Janvier 2022

    Ce recueil accessible à toutes et tous, propose une sélection de lettres où Rosa Luxemburg aborde des sujets très variés, toujours attentive au monde qui l'entoure, aux souffrances, aux événements qu'elle observe, et surtout gardant toujours l'espoir d'une révolution qui amènerait un monde meilleur. Elle voulait « vivre pleinement », et elle souhaitait changer la société afin que chacun·e puisse y vivre harmonieusement.

  • Artiste et penseuse féministe, Kate Millett (1934-2017) est une figure majeure de la seconde vague du féminisme aux États-Unis. Ses combats contre le patriarcat, le racisme, la guerre du Vietnam, la violence instituée, l'homophobie, l'enfermement sont liés aux mouvements américains de contestation des années 1960-1970, aux luttes de l'IRA en Irlande, des femmes lors de la révolution iranienne ou de l'antipsychiatrie.
    Parler d'elle, c'est aussi rappeler tout un pan de l'histoire féministe et sociale.

  • Que faire du passé ? réflexions sur la cancel culture Nouv.

    Sans polémique, l'auteur analyse l'un des paradoxes de notre époque : le passé est dévalorisé - sa connaissance ne servirait à rien dans une société moderne -, et pourtant très investi - témoin le contrôle exercé par les régimes totalitaires sur la mémoire publique. Avec l'émergence de la cancel culture de virulents débats viennent désormais de la société elle-même. C'est précisément ce mouvement que l'auteur tente de décoder, en s'intéressant à trois problèmes majeurs : la mémoire historique (statues déboulonnées, noms supprimés) ; l'arrivée des trigger warnings dans l'espace artistique et la place de l'Antiquité classique à l'université.
    Depuis quelques années, et dans le monde entier, nous voyons régulièrement les figures, les disciplines et les oeuvres les plus prestigieuses de la culture occidentale contestées et critiquées par une minorité de jeunes militants qui exigent leur exclusion de la culture commune. En un mot, leur effacement : cancel. Celle-ci ne serait, au fond, rien d'autre qu'un système de légitimation d'un ordre patriarcal, raciste et colonial.
    Face à ces accusations, beaucoup sont perplexes. Pourtant, il s'agit de l'un des débats les plus importants de notre temps. Que répondre à ceux qui accusent Churchill d'avoir eu une vision du monde « raciste » ? À ceux qui font valoir que Carmen s'achève sur un « féminicide » ? Tout cela est vrai. Mais faut-il pour autant déboulonner les statues du Premier ministre britannique ou récrire la fin de l'opéra de Bizet ?
    Telle est la question que Pierre Vesperini saisit à bras le corps, en mettant ses outils d'historien philosophe au service du débat d'idées.

  • Les dindons de la farce

    Malika Sorel-Sutter

    • Albin michel
    • 23 Février 2022

    L'immigration qui monte ? Une réalité.

    L'intégration ? Un passage obligé.

    L'assimilation ? Un idéal qui tend à s'éloigner.

    Comme beaucoup de Français, Malika Sorel-Sutter est choquée par ce qu'il faut bien appeler la désagrégation des valeurs qui ont fait la France. Le déni du réel des uns a fini par doper le sectarisme des autres.

    L'auteur s'inquiète de l'indifférence des élites face à la montée en puissance de l'idéologie islamiste, dont elle a été témoin. De surcroit, le clientélisme nourrit le communautarisme. Elle se désole du goût obsessionnel de la repentance nationale et de la mauvaise conscience de la France vis-à-vis de ses anciennes colonies.

    Mais face à l'ampleur des défis, elle trouve indigne la querelle sur les prénoms qui vise les enfants de l'immigration musulmane. Ce qui ne l'empêche pas de tenir un langage de vérité : tous n'ont pas la même volonté de s'intégrer, et encore moins de s'assimiler. Certains passages feront grincer des dents.

    Dans ce contexte, les Français éprouvent le pénible sentiment d'être les dindons de la farce. Et ils en ont assez.

    Sans langue de bois, Malika Sorel-Sutter, qui a fait le choix de la France par amour de sa culture et de son histoire, renouvelle le débat sur un sujet qui est au coeur de la campagne présidentielle.

  • Savez-vous que les contrôles aéroportuaires n'ont jamais empêché les attentats, qu'une grande partie des logiciels d'intelligence artificiels dans le recrutement ou la police prédictive par exemple, n'ont jamais fait la preuve de leur efficacité, que les agences d'interim n'aident pas à fluidifier le marché du travail mais permettent de le contourner, que les gestionnaires de portefeuille n'aident pas à gagner plus d'argent ?
    Les bullshit jobs envahissent le monde à la faveur de la victoire des idées néolibérales. Pourtant, si l'on en croît la théorie classique, il n'y a pas de raison que des tâches inutiles soient rémunérées. Le plus inquiétant est qu'ils gangrènent désormais l'administration. Comment comprendre cette dynamique pour mieux y faire face ?
    C'est l'enjeu de ce livre.

  • Une certaine idée de la France

    ,

    • Rocher
    • 2 Mars 2022

    « Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France », écrivait le général de Gaulle au début de ses Mémoires de guerre.
    Pour sonder les coeurs et les intelligences sur « l'idée » que l'on se fait de la France en ce premier quart de XXIe siècle, sur son passé, son présent et son avenir, Yves Thréard a interrogé, dans le cadre de Grands Entretiens sur La Chaîne parlementaire (LCP), douze personnalités très différentes. Essayistes, journalistes, écrivains, comédiens, réalisateurs, historiens, hauts fonctionnaires... Hommes ou femmes, jeunes ou plus âgés, de droite ou de gauche, voire sans parti pris affiché, tous ont accepté l'exercice, sans filet ni reprise.
    Ils s'expriment donc librement, forts de leur réflexion et de leurs références culturelles, de leur mémoire et de leurs souvenirs personnels. Seul le thème leur est imposé : avez-vous une certaine idée de la France ?

  • La fin des choses - bouleversements du monde de la vie

    Byung-Chul Han

    • Actes sud
    • 12 Janvier 2022

    C'est à la disparition du monde des "choses" ou des "objets" que Byung-Chul Han consacre ce nouveau livre. Les choses stabilisent la vie humaine, lui confèrent une continuité. Pôles de repos du monde, les choses sont aujourd'hui totalement recouvertes par les informations. Mais il n'est pas possible de séjourner auprès des informations... Quel rapport entretenons-nous désormais avec les choses ? Que deviennent-elles lorsque, pénétrées par les informations, elles deviennent elles-mêmes des informations et s'immatérialisent ? Han poursuit sa critique de la rationalité technique et numérique en s'interrogeant sur la signification des objets et leur effet dans notre existence. Sans doute le plus nostalgique, le plus touchant et le plus polémique des livres de Han parus en langue française.

  • Un essai brûlant d'actualité et percutant qui plaide pour la réinvention d'une identité « afropéenne » afin de sortir de l'impasse de la question raciale.
    « Afropea est un agent de liaison au sens positif du mot. C'est ce qu'elle peut représenter de plus noble. N'en faire qu'une expression supplémentaire de la douleur afrodescendante la dévaluerait. Ne la percevoir que comme une identité noire vécue sur le sol européen apporterait de l'eau au moulin des nationalistes culturels. Il n'y aura pas de retour vers une Afrique qui, non seulement n'attend personne, mais pour laquelle la couleur de la peau est un marqueur d'appartenance insuffisant. C'est à partir de soi et de son lieu que chacun est invité à oeuvrer pour transformer le monde. ».

    Ceux qui se sont donné le beau nom d'Afropéens, par lequel l'Afrique et l'Europe fusionnent, s'ils sont fidèles à cette association, peuvent incarner un projet de société fraternel, anti-impérialiste et antiraciste. C'est cette utopie qu'explore Léonora Miano dans cet essai vif et dense, qui prend une couleur personnelle lorsqu'on comprend qu'elle l'a aussi écrit pour sa fille.

  • La promesse

    ,

    • Bayard
    • 6 Avril 2022

    Quel monde allons-nous laisser à nos enfants ? L'enjeu intergénérationel de l'écologie est immense. C'est en écrivain, en amoureux des récits et des lois qui unissent les hommes et les femmes au vivant qu'Éric de Kermel dessine les pistes pour répondre à cette question.
    Nous nous étions habitués à faire reposer l'ordre du monde sur la promesse faite à nos enfants d'un monde meilleur. Aujourd'hui que nous savons cette promesse impossible, quel sens peut-il y avoir à faire des promesses qui ne peuvent être que fragiles ? Et si c'était cette fragilité qui permettait de transmettre le désir d'entrer en lien avec tout le vivant ? Et s'il fallait compter avec cette fragilité-là pour redonner sens à l'écologie ? Les pistes que dévoile le romancier résonnent avec les photos de Yann Arthus-Bertrand, où la terre vue du ciel est à la fois porteuse de blessures arides et de promesses fécondes. Un dialogue riche et puissant pour nourrir nos imaginaires d'horizons plus vastes et de possibles renouvelés.

  • Un virus a transformé nos vies et ébranlé nos sociétés. Il a dramatiquement aggravé la situation des plus fragiles (les jeunes, les personnes âgées, les femmes et les plus pauvres). Il nous a fait prendre conscience de ce que science et philosophie essayaient de nous enseigner : notre interdépendance vis-à-vis des autres membres de notre espèce et de toutes les composantes de la biosphère.

    Ce livre, porteur d'espoir, est une invitation à passer à l'action, à faire ensemble ce que nous ne pourrions faire seuls. Et si nous apprenions à prendre soin de nous, des autres et de la planète ? Et si nous étions capables de repenser l'héritage d'Athènes et des Lumières (dont la démocratie, le débat, la citoyenneté et l'éducation) pour le rendre plus inclusif, plus écologique, plus à même de relever les défis des jeunes générations ?

    En s'appuyant sur des initiatives existantes et sur les développements de l'intelligence collective et de l'intelligence artificielle, François Taddei nous invite à repenser le partage des connaissances, l'exercice de la citoyenneté et à inventer ensemble des futurs souhaitables.

  • Bien au-delà de nos repas quotidiens, notre assiette raconte les idéologies qui nous traversent. Nos manières de manger disent nos manières d'être ensemble ou de ne plus l'être. Depuis la Libération, nous avons vécu le mirage de l'électroménager et le sacre de l'agroalimentaire, l'invention des terroirs et la planète food, la gloire des grands chefs et l'avènement du burger, la quête sans fin du produit bio, éthique et local...
    Loin d'être anecdotiques, ces changements sont l'écho des aspirations - mais aussi des tensions - de la société française.

    Un récit passionnant, à la croisée de la mémoire et de l'histoire, qui prouve que manger est tout sauf anodin dans une France en recomposition permanente.

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