Généralités sur la science
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Les modèles, possibilités et limites ; jusqu'où va le réel ?
Collectif, Jean-michel Levy
- EDITIONS MATERIOLOGIQUES
- Modelisations, Simulations, Systemes Complexes
- 6 Avril 2015
- 9782919694624
Les rencontres « Physique et interrogations fondamentales » (PIF) sont l'occasion pour des scientifiques de formations très différentes, de confronter leurs points de vue sur un thème lié aux grandes questions de la science contemporaine. Elles se situent à un niveau permettant à un public cultivé mais non spécialisé de suivre les exposés. Elles se tiennent tous les deux ans dans le grand amphithéâtre du site François Mitterrand de la Bibliothèque nationale de France qui les coorganise avec la Société française de physique. La onzième édition de PIF a été consacrée à une mise au point sur les modèles et les simulations, omniprésents dans la pratique des sciences et techniques contemporaines comme le démontre l'éventail des contributions ici rassemblées. Alors qu'idéalement la méthode scientifique confronte théories et expériences qui s'adressent directement à l'objet étudié, les modèles complètent souvent une théorie inachevée, voire remplacent une théorie inexistante et décrivent tout ce qui est considéré comme bien connu dans un dispositif expérimental donné, pour ne laisser indéterminé que ce qui se rapporte à la question posée.
La question de la part de réalité que ces modèles englobent est donc fondamentale. La simulation, qui est la méthode de choix pour résoudre des modèles trop complexes pour se prêter à un calcul exact, constitue, d'une certaine façon, une modélisation au second degré dont l'adéquation doit elle aussi être soigneusement mise à l'épreuve.
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Qu'est-ce que la science... pour vous ? 50 scientifiques et philosophes répondent
Collectif, Marc Silberstein
- EDITIONS MATERIOLOGIQUES
- 28 Mars 2017
- 9782373611076
«?Qu'est-ce que la science... pour vous???».
Telle est la question posée ici à des scientifiques, des philosophes, des historiens des sciences, des médiateurs et amateurs de sciences.
Simple question certes, mais pas une question simple... Où est la vraie difficulté?? Définir la science ou accepter de se confier, loin du surplomb procuré par les piédestaux académiques?? C'est pourquoi les 50 auteurs de ce tome 1 apportent des réponses variées, contrastées, éclectiques, que l'on peut décrire selon un gradient allant des textes les plus intimes et personnels à ceux qui observent scrupuleusement les codes de la prose universitaire. C'est qu'il n'est pas aisé de se dévoiler quand on aborde cette question essentielle, laquelle permet de délimiter un domaine majeur de la connaissance, aussi vaste et varié soit-il.
Les réponses sont brèves - quelques pages - afin de condenser ce que les auteurs pensent parfois depuis des décennies. La concision demandée est presque à voir comme une contrainte oulipienne. Ainsi, les lecteurs peuvent lire une quintessence de points de vue, un instantané de pensée, la part sensible, parfois, des membres de cet informel aréopage.
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La guerre biologique ; aventures françaises
Etienne Aucouturier
- EDITIONS MATERIOLOGIQUES
- 14 Juin 2017
- 9782373611182
La Guerre biologique. Aventures françaises est le premier ouvrage de synthèse sur les programmes de guerre biologique français. En mettant en évidence une genèse conceptuelle complexe et toujours secrète, Etienne Aucouturier montre que la dissociation institutionnelle contemporaine entre les armes chimiques et biologiques ne reflète qu'un projet, celui de doter la France des moyens de cibler sélectivement le vivant, en effectuant des frappes littéralement chirurgicales, au moyen de poisons ou d'agents pathogènes.
De l'invention des aérosols microbiens avant la Première Guerre mondiale aux derniers essais d'armes chimiques dans le désert algérien, dans les années 1970 après les accords d'Evian, il documente avec précision les recherches scientifiques et techniques menées en vue d'atteindre ce but de guerre. Mais il fait aussi état d'interactions constantes entre la sphère de la recherche biomédicale civile et la sphère militaire, en France, au XXe?siècle, en retraçant parallèlement l'histoire des débats, entre politiciens, militaires et scientifiques, autour de la guerre biologique.
Aspect important de la stratégie militaire des trois dernières Républiques, celle-ci fut discutée aux plus hauts niveaux de l'Etat français et des hiérarchies scientifiques et militaires. Ces interactions, qui se sont déroulées dans le plus grand secret, manifestent une forme d'entente secrète entre des institutions biomédicales et la stratégie militaire françaises. Ce livre la décrit, à l'aide d'un grand nombre de documents d'archives, devenus difficilement consultables.
En inversant l'ordre de l'analyse courant - qui dissocie les armes chimiques et biologiques - et en se focalisant sur le but recherché par les militaires - de cibler sélectivement le vivant -, il nous fournit aussi un appareillage conceptuel dynamique, historiquement justifié, qui permet d'envisager autant que de craindre les formes futures de la guerre biologique.
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Le zéro et le un ; histoire de la notion d'information au XXe siècle Tome 2
Jérôme Segal
- EDITIONS MATERIOLOGIQUES
- 12 Octobre 2011
- 9782919694433
La notion d'information est particulièrement polymorphe, luxuriante même. Ses définitions prolifèrent, son domaine lexical est si vaste que la probabilité que deux spécialistes de l'information (sans plus de précision) évoquant cette notion ne parlent en fait pas de la même chose est très élevée. Nous avons tous une idée vague et courante de que ce terme veut dire, nous utilisons tous ce vocable aux multiples acceptions propres à notre quotidien, tandis que les physiciens et les mathématiciens, entre tentatives de formalisation rigoureuses et multiplications des domaines d'application de l'information, développent sans cesse leur compréhension de ce que certains voient comme une nouvelle catégorie du réel. Les sciences humaines, via notamment les sciences de l'information et de la communication, et la linguistique, ont également contribué à l'inflation conceptuelle et lexicale des usages et significations de ce terme. Quant à la biologie, il est patent qu'elle a incorporé l'information à son socle théorique de manière massive. Cette discipline est sans doute celle où cette notion est des plus discutées, notamment parce que la biologie peut dialoguer avec la physique, l'informatique et les mathématiques via la notion d'information, et parce que le programme génétique, Deus ex machina du fonctionnement cellulaire pendant ces cinquante dernières années, est redevable de fortes critiques issues de théories très stimulantes. Le chapitre 7, véritable essai de 110 pages sur « l'information et le vivant : aléas de la métaphore informationnelle », offre une vision panoramique de cette histoire dense et complexe.Le livre de Jérôme Segal permet de comprendre les racines historiques et épistémologiques de cette profusion et des confusions qui continuent encore trop souvent à perturber notre perception de la notion scientifique d'information. Il s'interroge également sur l'unité du savoir que certains théoriciens de l'information ont cru fonder sur cette instance du réel qui a véritablement révolutionné le XXe siècle et qui sera sans nul doute un objet scientifique crucial durant le siècle en cours.Nouvelle édition (ouvrage initialement paru en 2003), augmentée d'une postface d'Antoine Danchin.
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L'évolution, de l'univers aux sociétés ; objets et concepts
Muriel Gargaud, Guillaume Lecointre
- EDITIONS MATERIOLOGIQUES
- Sciences & Philosophie
- 2 Novembre 2015
- 9782373610321
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Qu'est-ce que la science... pour vous ? Tome 2 ; 51 scientifiques, philosophes et amateurs de sciences répondent
Collectif, Marc Silberstein
- EDITIONS MATERIOLOGIQUES
- 14 Juin 2018
- 9782373611656
«?Qu'est-ce que la science... pour vous???».
Telle est la question posée ici à des scientifiques, philosophes, historiens des sciences, médiateurs et amateurs de sciences.
Simple question certes, mais pas une question simple... Où est la vraie difficulté?? Définir la science ou accepter de se confier, loin du surplomb procuré par les piédestaux académiques?? C'est pourquoi la cinquantaine d'auteurs de ce tome 2 apportent des réponses variées, contrastées, éclectiques, que l'on peut décrire selon un gradient allant des textes les plus intimes et personnels à ceux qui observent scrupuleusement les codes de la prose universitaire. C'est qu'il n'est pas aisé de se dévoiler quand on aborde cette question essentielle, laquelle permet de délimiter un domaine majeur de la connaissance, aussi vaste et varié soit-il.
Les réponses sont souvent brèves - quelques pages - afin de condenser ce que les auteurs pensent parfois depuis des décennies. La concision demandée est presque à voir comme une contrainte oulipienne. Ainsi, les lecteurs peuvent lire une quintessence de points de vue, un instantané de pensée, la part sensible, parfois, des membres de cet informel aréopage.
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De la finalité organique: Un instrument scientifique hérité de la métaphysique ?
Vincent Legeay
- EDITIONS MATERIOLOGIQUES
- 21 Mars 2023
- 9782373613766
C'est pourtant au coeur même de la science contemporaine que le concept de finalité, qui semblait pour un temps éclipsé, réapparaît avec plus de vigueur et d'épaisseur. Comme le montrent les contributions réunies dans cet ouvrage, l'étude de la «?finalité organique?» se révèle d'une incroyable richesse?: non seulement le concept nous renvoie à ses origines aristotéliciennes, tout en nous plongeant au coeur des débats de la science contemporaine, mais il constitue également un formidable instrument d'analyse pour confronter la science et la métaphysique, et comprendre comment ces deux disciplines, loin de constituer deux provinces éloignées, s'élaborent dans un dialogue ininterrompu. Aussi le livre peut être lu de différentes manières. [...] Le lecteur trouvera donc dans l'ouvrage matière à s'instruire, à la fois en histoire de la philosophie et en philosophie des sciences. Ce n'est pas simplement une histoire du concept de finalité organique qui est ici proposée, mais plutôt une manière de repenser, à partir du concept de finalité organique, les développements conjoints de la science et de la philosophie, en suivant une méthode qui associe l'analyse des textes et l'histoire des problèmes.
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Histoire des démarches scientifiques ; de l'Antiquité au monde contemporain
Jean-yves Cariou
- EDITIONS MATERIOLOGIQUES
- 19 Décembre 2019
- 9782373612240
L'idée cruciale de démarche scientifique n'est pas univoque. Il devient alors nécessaire de parler des démarches scientifiques, de leur pluralité, de la versatilité des aspects jugés majeurs. Faire appel à l'histoire des sciences pour en dégager les caractéristiques, les fluctuations et les permanences s'impose?; c'est l'objectif de ce livre. La découverte décisive ou le génie surréel du savant sont souvent mis en avant dans les récits des avancées des sciences?: «?ils éblouissent, on croit qu'ils éclairent?», pour reprendre une formule de Condillac. Le point d'arrivée masque fréquemment la voie suivie, dont on arase les sinuosités. La démarche scientifique semble dès lors relever d'une méthode linéaire et stabilisée. Ce livre explore les arcanes et les réticulations de ces conceptions.
Depuis l'Antiquité, de multiples «?discours de la méthode?» ont été élaborés par des scientifiques et philosophes soucieux de définir et baliser les trajectoires du savoir jugées fructueuses?: Aristote, Bachelard, Bacon, Bernard, Comte, Descartes-, Hume, Kant, Kuhn, Mill, Newton, Popper, Whewell, sans oublier les réflexions méthodologiques remarquables d'auteurs antiques, médiévaux et plus contemporains moins connus, tels quel al-Farabi, Bunge, Carnéade, Faraday, Grosseteste... Cet ouvrage, abondamment documenté, les présente, les analyse et les compare, montre des filiations, des traditions, des revirements. Il permet de discerner les processus intellectuels à l'oeuvre dans l'accès à la connaissance au cours de l'histoire de l'humanité ainsi que dans la recherche contemporaine, et quelles parts peuvent y prendre la déduction, l'induction, l'analogie, l'abduction, mais aussi les doutes, les errements, les révisions.
Cette traversée de l'histoire des démarches scientifiques se conclut par un bilan épistémologique interrogeant l'unité et la diversité de ces démarches, pour finalement en proposer une synthèse s'appuyant sur le concept de démarche hypothético-abductive.
S'adressant aux enseignants qui forment leurs élèves à la pensée scientifique, aux formateurs d'enseignants, aux étudiants en sciences, en histoire et en philosophie et plus largement à tous ceux qui s'intéressent à l'élaboration des connaissances scientifiques, ce livre, mêlant la fresque et le détail, est un précieux outil de compréhension.
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L'évolution au Muséum, Albert Gaudry
Pascal Tassy
- EDITIONS MATERIOLOGIQUES
- Histoire Des Sciences Et Des Techniques
- 9 Juin 2020
- 9782373612264
«?En France je n'ai pas entendu parler d'un seul zoologiste, à l'exception de M. Gaudry (encore ne le fait-il que partiellement) qui défende mes idées. » C'est ce qu'affirme Charles Darwin en 1870. Ce zoologiste-là est un paléontologue, aide-naturaliste au laboratoire de paléontologie du Muséum d'histoire naturelle. C'est à partir de sa lecture en 1863 de L'Origine des espèces et de la théorie de la descendance avec modification, qu'Albert Gaudry (1827-1908) oriente sa recherche en direction de la reconstitution des filiations. Il se justifie ainsi : avant l'élucidation des causes de la modification, la paléontologie a d'abord à reconstituer la descendance au travers de l'étude des modifications. Gaudry est le premier dans l'histoire à dessiner des arbres évolutifs reliant espèces éteintes et espèces actuelles en suivant le modèle darwinien. La science française en général et celle du Muséum en particulier ne sont alors pas darwiniennes et pourtant dans un contexte plutôt hostile, nommé en 1872 professeur de paléontologie au Muséum, Gaudry enseigne l'évolution et conçoit l'actuelle galerie de paléontologie du Muséum, la première à illustrer les transformations des êtres vivants. Si le Muséum, à l'inverse de la Sorbonne, du Collège de France, de l'Institut Pasteur, n'est pas passé à côté de Darwin il le doit entièrement au seul Albert Gaudry. Très isolé à ses débuts, celui-ci terminera sa carrière couvert d'honneurs et président de l'Académie des sciences. Sans doute en raison de son spiritualisme et de sa relative défiance vis-à-vis de l'omnipotence de la sélection naturelle, il restera dans les marges de l'histoire des sciences. Cependant, paradoxalement, il a mieux compris la notion de filiation que la plupart de ses contemporains et même, aussi étonnant que cela puisse paraître, des néodarwiniens du XXe siècle.
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De la démocratie dans les sciences
Léo Coutellec
- Editions Materiologiques
- 22 Février 2013
- 9782919694327
Pour une renouvellement éspitémologique
Sans répit, nous assistons aux collusions fatales entre certaines façons de faire de la science et les industries ou les États soumis aux règles d'airain du profit. Cette science dévoyée, abandonnant l'idée d'une exploration du monde pour l'honneur de la connaissance, tend à remplacer dans les têtes comme dans les instances de décision une science éthiquement responsable. Cette situation ne peut que s'aggraver, si l'on n'y prend pas garde et si l'on ne se munit pas d'outils idoines pour y faire face. Issues de la science fondamentale ou dûment inventées pour des buts précis, les techniques les plus bouleversantes, anthropologiquement parlant, sont déjà présentes ou susceptibles d'être mises au point dans quelques années. Ces techniques sont là tandis que les moyens d'en comprendre tous les tenants et aboutissements et de les circonscrire sont sous-développés. L'ouvrage de Léo Coutellec se veut une contribution pour repenser les rapports entre sciences et éthiques, et ainsi avancer vers ce qu'il appelle une « démocratie épistémique ». En démontrant l'insoutenabilité d'une science contre l'Homme, la visée est de réunir-sans-unifier ce qui, dans la science, est de l'ordre de l'épistémique, du technique et de l'éthique. Pour ce faire, l'auteur procède par étapes, travaillant préalablement et en profondeur sur deux espaces? : épistémologique et éthique. Il ne saurait être question de la fin de l'épistémologie mais de la nécessité de son renouvellement. Celui-ci passera, et il s'agit là de la thèse principale de cet ouvrage, par de nouveaux rapports avec l'éthique. L'auteur donne à cette thèse le nom d'« intégrité épistémique et éthique des sciences ». En épistémologie, il s'agit d'identifier et de reconnaître la matérialité plurielle constitutive des sciences. Avec l'hypothèse d'un « pluralisme épistémique ordonné et cohérent », Léo Coutellec démontre que la pensée épistémologique associée aux sciences et aux techniques contemporaines ne se résume pas à une opposition entre positivisme et relativisme.
L'ouvrage de Léo Coutellec se veut une contribution pour repenser les rapports entre sciences et éthiques, et ainsi avancer vers ce qu'il appelle une « démocratie épistémique »
EXTRAIT
De façon générale, l'éthique évolutionniste cherche à introduire le point de vue de l'évolution dans les débats sur l'origine et la justification morale. Elle s'inspire de la biologie évolutive, de la théorie des jeux, de la neurobiologie et d'autres domaines scientifiques pour aborder des questions traitées en philosophie morale. Ainsi, selon les partisans de l'éthique évolutionniste, « les valeurs et normes morales peuvent trouver un ancrage dans les données factuelles ; elles dépendraient directement de la manière dont la nature nous a façonnés ». Nos jugements ou comportements moraux seraient donc le produit de la sélection naturelle, inscrits dans une « nature humaine », un ensemble de propriétés biologiques de l'être humain. La morale est alors considérée soit comme une propriété intrinsèque à la nature humaine, soit comme une fonction biologique, soit comme un paramètre adaptatif.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Léo Coutellec est chercheur et enseignant en philosophie des sciences et des techniques à l'Insa (Institut national des sciences appliquées) de Lyon et à la faculté de philosophie de Lyon?3. Il travaille actuellement au renouvellement de la pensée épistémologique dans ses liens avec l'éthique. Ses recherches visent à définir les conditions d'une démocratie épistémique et s'articulent autour de la question suivante?: sous quelles conditions l'intégrité des sciences peut-elle être tout autant épistémique qu'éthique?? -
Les matérialismes et la chimie
François Pepin
- Editions Materiologiques
- 10 Octobre 2012
- 9782919694310
Une réflexion approfondie sur le lien unissant la chimie et le matérialisme
La chimie a longtemps été délaissée par la philosophie et l'histoire des sciences. Elle offre pourtant de riches perspectives, en particulier pour la réflexion sur le matérialisme. Elle peut tout d'abord servir de ressource pour argumenter une thèse matérialiste, comme le montre son usage par plusieurs penseurs matérialistes classiques (Gassendi, Diderot, d'Holbach). N'est-elle pas par excellence un savoir se prêtant à des analyses matérialistes, voire une science développant par son étude de la matière une sorte de matérialisme spontané ? Pourtant, elle a aussi pu être exploitée par des adversaires du matérialisme, devenant un terrain d'affrontement philosophique. Mais son rôle le plus intéressant semble la manière dont la chimie rénove le questionnement matérialiste. Loin d'être une simple source de résultats exploitables, la chimie permet un nouveau rapport à la matière, plus opérationnel et pratique. L'accent sur la matière, ses forces et ses qualités est d'ailleurs un trait non trivial du matérialisme chimique. Le matérialisme peut-il par la chimie (re)devenir une philosophie de la matière ? Y a-t-il un matérialisme spécifiquement chimique ? La chimie invite la réflexion philosophique à prendre en considération les cultures expérimentales et pratiques, l'effort théorique mais aussi l'imaginaire développés au sein du travail de la matière. Ce livre collectif s'intéressera aux questions originales que la chimie fait naître, en articulant la philosophie, l'histoire des sciences (de l'alchimie au XXIe siècle) et un état des lieux sur certains travaux de la science contemporaine.
Ce livre collectif s'intéressera aux questions originales que la chimie fait naître, en articulant la philosophie, l'histoire des sciences et un état des lieux sur certains travaux de la science contemporaine.
EXTRAIT
La chimie vue comme une frontière d'organisation de la matière (en tant qu'elle délimite une certaine échelle d'espace, de temps et d'énergie pour les objets et les phénomènes qu'elle considère), rencontre naturellement cette autre frontière incertaine entre vivant et inanimé, en particulier autour de l'échelle moléculaire. La phénoménologie chimique repose aussi implicitement sur l'absence de niveau intermédiaire entre l'échelle moléculaire et l'échelle macroscopique (collectif homogène d'entités toutes identiques).
À PROPOS DES AUTEURS
François Pépin est philosophe, rattaché à l'Université de Nanterre-Paris Ouest (IREPH), pécialiste des Lumières, de la théorie de la connaissance et de l'épistémologie de la chimie. Sous sa direction, plusieurs auteurs ont contribué à la rédaction de cet ouvrage : Laurent Boiteau, François Henn, Bernard Joly, Jean-Pierre Llored, François Pépin, Luc Peterschmitt et Joachim Schummer. -
L'avenir de la complexité et du désordre
Collectif, Jean-Claude Serge Levy, Salomon Ofman
- Editions Materiologiques
- 12 Décembre 2018
- 9782373611823
Qu'est-ce que la complexité?? Et n'y en a-t-il qu'une sorte?? Ces rencontres pluridisciplinaires sur le thème complexité désordre vous invitent à un voyage entre art, philosophie, histoire, sciences dures et sciences humaines sous la conduite de spécialistes qui s'efforcent d'ouvrir leur message aux lecteurs?: non seulement leurs collègues directs, mais aussi et surtout les spécialistes d'autres disciplines, comme bien sûr les étudiants, les élèves et tout lecteur curieux. À travers la diversité des styles et des thèmes personnels, des questions majeures émergent, interconnectent les rapports et suggèrent de nouvelles applications. S'y révèle notamment la complexité de l'espace qui nous entoure, cet espace dans lequel la pesanteur déséquilibre l'isotropie et la régularité. S'y manifestent aussi le besoin et la nécessité d'observer la nature, sa complexité à différentes échelles, de différents points de vue, pour mieux l'appréhender dans sa globalité, dans sa diversité.
La complexité de la nature (physis) pose, depuis l'Antiquité au moins, les deux questions de savoir si et pourquoi elle nous est compréhensible. Les sciences naturelles et les mathématiques tentent de répondre principalement à la première question, la philosophie et les sciences humaines à la seconde. Chercher à aborder ces deux questions de concert nécessite donc une approche globale où se rejoignent des disciplines très différentes. C'est dans ce cadre que se situe cet ouvrage dont l'objectif, au travers de la diversité des analyses et des auteurs, est de fournir quelques éléments de réponse ou de réflexion sur la nature de la complexité.
Jean-Claude Serge Lévy est professeur émérite à l'Université Paris Diderot. Physicien du magnétisme, il s'est aussi intéressé à la structure des matériaux, aux réseaux de neurones, etc.
Salomon Ofman a une double formation de mathématicien et de philosophe. Chercheur au CNRS (Université Paris 7), membre du groupe Histoire des sciences mathématiques de l'Institut mathématique de Jussieu-Paris Rive gauche.
Contributeurs?: Kamel Boukheddaden, Nicolas Décamp, Philippe Depondt, Hung T. Diep, Kitsou Dubois, Pierre Ghewy, Laurent Goffart, Marc Jaillot, Victor Lefèvre, Vincent Legeay, Julien Léopoldès, Jean-Claude Serge Lévy, Fabrizio Li Vigni, Slawomir Mamica, Salomon Ofman, Hassan Peerhossaini, Raymond Pictet, Nicolas Piqué, Mouhamadou Sy, Anthony Tchekemian, Anne Tanguy, Gaston Tolila, Laurence Viennot, Thomas Vourc'h, Hervé Zwirn.
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Métascience - Discours général scientifique n.1 : Mario Bunge penseur de la matérialité
Maurice François
- Editions Materiologiques
- Métascience - Discours Général Scientifique
- 3 Juillet 2020
- 9782373612325
Ce numéro inaugural de la revue Metascience est aussi un numéro spécial puisqu'il rend hommage à Mario Bunge (1919-2020) pour souligner son apport à la connaissance et notre filiation avec sa pensée. Le projet de Mario Bunge s'inscrit dans la tradition humaniste et scientifique des Lumières. Au terme de son voyage intellectuel, il a écrit plus de 150 ouvrages et 540 articles ou chapitres, incluant les traductions dans plusieurs langues. L'oeuvre couvre presque toutes les branches de la philosophie, de l'ontologie à l'éthique, en passant par la sémantique, l'épistémologie, la méthodologie, la praxéologie et l'axiologie, ainsi qu'un grand nombre de disciplines scientifiques, allant de la physique à la sociologie, en passant par la chimie, la biologie et la psychologie. Sans contredit, le magnum opus de Bunge est le Treatise on Basic Philosophy en neuf volumes (1974-1989).
Les treize contributions réunies ici proviennent d'auteurs de différents horizons. Tout comme le projet de Bunge, elles ne s'inscrivent ni dans la mouvance analytique ni dans la mouvance continentale de la philosophie. Nous trouvons des études sur le système bungéen, des applications de la pensée bungéenne, des réflexions et des témoignages, et des contributions métascientifiques.
Du point de vue de la métascience telle que théorisée dans ces pages, Bunge est le dernier des philosophes et le premier métascientifique. Il garde de la philosophie l'idée d'un système complet qui intégrerait sémantique, ontologie, épistémologie, éthique, axiologie et praxéologie, mais il refuse de problématiser la connaissance scientifique de façon traditionnelle. Le résultat à de quoi surprendre?: même en acceptant la science telle qu'elle est, il trouve matière à questionnement.
Puisse Metascience être un lieu de questionnement et de déploiement de l'approche conçue par Mario Bunge.