Sciences humaines & sociales

  • Culture écrite et inégalités scolaires ; sociologie de l' Nouv.

    Que signifie « échouer » ou « réussir » à l'école primaire ? Comment comprendre les difficultés éprouvées par des élèves d'origine populaire en lecture-écriture, grammaire, conjugaison, orthographe, vocabulaire, expression orale et expression écrite ? Comment se construisent, jour après jour, les processus de production des inégalités scolaires dans les salles de classe ? Ce livre tente de répondre à ces questions, en procédant à l'étude détaillée des pratiques et des productions scolaires d'élèves du CP au CM2 en français. Soulignant le rôle central du rapport au langage dans la production des différences scolaires, l'auteur fonde son analyse sur une sociologie de l'éducation informée des travaux anthropologiques et historiques concernant la spécificité des cultures écrites. Il entend ainsi rendre raison de l'« échec scolaire » du double point de vue d'une anthropologie de la connaissance et d'une anthropologie du pouvoir. Cet ouvrage est issu de l'enquête menée par Bernard Lahire pour sa thèse de doctorat, soutenue en 1990. Trente ans plus tard, les réflexions et analyses qu'il propose n'ont rien perdu de leur actualité. Dans une préface écrite à l'occasion de cette réédition, il souligne le poids de sa propre trajectoire sociale - son statut de transfuge de classe issu d'un milieu populaire - sur le choix de son objet d'étude.

  • Pour la dignité ; ouvriers immigrés et conflits sociaux dans les années 1980 Nouv.

    Recrutés massivement depuis les années 1960 dans les usines Citroën et Talbot, les travailleurs immigrés, ces « OS à vie », y sont fortement encadrés par des syndicats à la solde des directions et par des organismes émanant de leurs pays d'origine. Or, au printemps 1982, alors que la gauche est au pouvoir depuis peu, ces ouvriers jusqu'alors discrets se mobilisent et s'emparent des répertoires d'action et des mots d'ordre des luttes ouvrières. Face aux conditions de travail déplorables, aux bas salaires, aux menaces de licenciements collectifs, au racisme latent, aux transformations du travail et aux politiques d'immigration, ils réclament ce qui leur est dû : le respect, la liberté, la dignité.
    Au croisement de l'histoire et de la sociologie, Vincent Gay analyse minutieusement les relations sociales à l'intérieur et à l'extérieur des usines, la place de la politique dans les débats, les pratiques des ouvriers immigrés, leur appropriation du syndicalisme et de la grève. Dans un contexte de crise et de restructurations industrielles, c'est un moment charnière de la contestation sociale, ouvrière et immigrée qui resurgit.

  • L'anthropologie a mis au jour que tous les êtres humains n'ont pas la même compréhension du monde ni de ce que signifie être au monde ; parmi ces ontologies, aucune ne surclasse les autres. Existe-t-il alors un point de vue neutre à partir duquel les étudier et les comparer ? Dans ces manières d'être et de «composer des mondes», quelle est la part du processus ? Quelle est la part de l'inscription de l'homme dans l'enchevêtrement des existences et celle de l'observateur dans son objet ? Telles étaient les questions posées dans le cadre du festival «Mode d'emploi» organisé par la Villa Gillet en novembre 2013, lors du débat de Philippe Descola et Tim Ingold, animé par Michel Lussault.
    /> Le livre conçu aujourd'hui à partir de ce débat propose une ouverture par Michel Lussault, un dialogue réagencé et révisé où alternent les voix de Philippe Descola et de Tim Ingold, enfin un post-scriptum de la main de chacun des deux intervenants.

  • Omniprésent dans les médias et le champ politique, mais aussi dans le langage ordinaire, le terme "bobo" n'est pas neutre. Son usage et ses variantes ("boboïsation", "boboïsé") tendent à simplifier, et donc aussi à masquer, l'hétérogénéité des populations et la complexité des processus affectant les espaces urbains qu'ils prétendent décrire. En réduisant les " bobos " à des caricatures, on juge des caractères, des intentions et des volontés, en oubliant que les représentations et les pratiques des individus et des groupes sociaux prennent place dans des trajectoires singulières et un monde hiérarchisé.
    Ainsi, scientifiquement parlant, "les bobos n'existent pas", et les notions de "boboïsation" ou de "boboïsé" ne conviennent pas pour saisir et caractériser la diversité des logiques et des mécanismes, voire, parfois, les contradictions à l'oeuvre dans les phénomènes de "gentrification", marqués par le " retour en ville " des catégories moyennes et supérieures, l'effacement des plus pauvres et le renouvellement des activités et des paysages urbains.
    C'est ce que montre cet ouvrage, qui propose un regard historique et sociologique sur le mot "bobo" et ses usages, dans les univers médiatiques, politiques et culturels, comme dans les discours des populations impliquées.

  • Que faire des enfants de l'immigration coloniale et postcoloniale ? L'école doit-elle adapter ses programmes à leur présence ? La question de l'articulation entre l'universalisme républicain et la pluralité culturelle a toujours travaillé l'institution scolaire, mais elle s'est reconfigurée ces quarante dernières années pour répondre aux débats sur l'immigration et la mémoire coloniale. Que faire des héritages d'une histoire douloureuse pour les uns, glorieuse pour les autres, méconnue de beaucoup ? A partir des archives de l'Education nationale, mais aussi des textes officiels et des manuels scolaires, Laurence De Cock retrace les débats qui ont agité l'enseignement de l'histoire de la colonisation depuis les années 1980.
    En analysant la confection des programmes d'histoire, elle interroge l'influence des débats publics sur leur écriture et montre combien le passé colonial, progressivement saisi par le politique, bouscule en profondeur la fabrique scolaire de l'histoire. Pour un enseignement qui a toujours eu comme finalité de contribuer à l'intégration sociale, les nouvelles demandes de reconnaissance des enfants et petits-enfants d'immigrés sont un facteur de reconfiguration de la discipline historique et des finalités de l'école républicaine.

  • Présentateur et traducteur à la fin des années 1970, avec Isaac Joseph, de plusieurs textes majeurs de l'École de Chicago, auteur au début des années 1990 d'un manuel de sociologie urbaine qui aujourd'hui encore constitue une référence, mais aussi infatigable chercheur, à l'origine de très nombreux travaux et écrits de premier plan sur les processus de ségrégation, les logiques de peuplement, les manières d'habiter ou encore les sociabilités urbaines, Yves Grafmeyer est une figure marquante de la sociologie urbaine française des quarante dernières années. Sociologue de la vie urbaine, plus que sociologue de la ville (ou de l'urbain), il est aussi plus large- ment et avant tout un grand sociologue, qui a joué un rôle très important dans la promotion de la discipline en France, dans la structuration et l'animation de la recherche en sciences sociales et dans la formation de plusieurs générations de chercheurs.
    Ce livre qui lui est consacré présente, sous la forme d'entretiens, son parcours, ses travaux et les notions-clés de son oeuvre sociologique, ainsi qu'une sélection de textes particulièrement significatifs de sa production. Il intéressera à la fois les chercheurs et étudiants en sociologie, et plus généralement tous les curieux des questions urbaines.

  • Peut-on se taire quand il y a urgence ? la réponse à cette question est certes morale ou politique.
    Mais, dans la conférence qu'il a prononcée à lyon le 11 février 1999 et qui constitue l'essentiel de cet ouvrage, pierre bourdieu y répond avant tout en sociologue. centrés sur " le champ politique ", ses propos disent tour à tour ce que signifie cette notion et ce qu'elle permet de penser, les conditions de la domination politique et ce qui fait le silence de beaucoup, mais aussi ce que pourrait faire la force critique de la science.

    Les travaux de recherche qui ont fondé sociologiquement cette réponse sont évoqués par philippe fritsch dans une introduction où il montre leurs développements successifs et en interroge la problématique, à la fois dans sa continuité et dans sa diversité. ils le sont encore dans la transcription de l'entretien que, ce même jour, pierre bourdieu avait accordé sur la question des rapports entre les sciences sociales et la politique.
    Ils le sont enfin directement par quatre textes inédits qui expriment la constance d'une préoccupation et la variété de son énonciation.

  • Avec une préface de Michel Wieviorka, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales. Dès les années 1960, les mobilisations homosexuelles ont acquis une visibilité considérable, au point que l'une de leurs principales revendications, l'ouverture du mariage aux couples de même sexe, a enfin été satisfaite dans plusieurs pays. Ce qui ne signifie pas pour autant la pleine reconnaissance des droits des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenres.
    Mais qu'en est-il aujourd'hui du coeur des revendications initiales - la sexualité - dans le mouvement LGBT ? Aux Etats-Unis, depuis les années 1990, la reconnaissance politique des questions portées par les militant.e.s s'est traduite par une professionnalisation du mouvement et non par une mobilisation plus forte de la base. Et l'institutionnalisation de la militance LGBT a coïncidé avec la disparition de la revendication sexuelle.
    L'étude des dynamiques de mobilisation et de démobilisation proposée ici montre que la place plus ou moins importante de la sexualité dans les objectifs et les formes d'action joue un rôle déterminant dans l'implication des acteurs sociaux.

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  • Invisibles, niées ou condamnées, les amours clandestines durables n'en sont pas moins bien présentes dans la vie sociale. Elles sont le quotidien de nombreux hommes et femmes en couple hétérosexuel ; elles occupent des esprits, des coeurs, des agendas et des hôtels. Ce livre invite à explorer ces « jardins secrets » à partir de l'analyse d'une trentaine de récits de vie et d'un corpus de témoignages recueillis sur Internet, traités sous l'angle de la sociologie du genre et des socialisations.
    L'auteure montre que l'extraconjugalité durable se caractérise par la transgression de deux normes fondamentales du couple contemporain :
    La norme de véracité et l'égalité des sexes. Elle propose enfin des clefs pour la compréhension de ces liaisons, à la fois fascinantes et dérangeantes, et plus largement de l'amour et de la sexualité des couples hétérosexuels.

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  • Contre l'image trompeuse d'un Mai 68 strictement parisien et estudiantin, il est important de rappeler, cinquante ans après l'événement, qu'il a affecté la France entière. Manifestations étudiantes, occupation des universités, grève généralisée dans les entreprises et les services publics, échanges de pavés et de gaz lacrymogène sur les barricades... mais aussi mobilisation anticipatrice de la Rhodiacéta ou décès du commissaire Lacroix : le Mai lyonnais n'est pas que la simple reproduction de celui de la capitale, puisque c'est dans le Rhône que se sont déroulés certains des épisodes décisifs de la crise.
    Etudier les années 68 à Lyon, c'est aussi replacer Mai 68 dans une séquence historique plus large, amorcée par l'explosion des effectifs universitaires et poursuivie par une floraison de mobilisations aussi diverses que déterminées. Placées au coeur de l'ouvrage, celles des groupes d'extrême gauche, du mouvement féministe et des syndicats de salariés révèlent comment les enjeux des conflits, les manières de militer mais aussi les motivations et les conséquences personnelles de l'engagement ont été profondément redéfinis au cours d'une décennie de luttes.
    A l'opposé de sa réputation de cité frileuse et pondérée, Lyon se révèle comme un extraordinaire terrain de radicalité sociale et politiqu

  • Qu'est-ce qui se joue à la frontière entre espaces sociaux, mondes professionnels, jeux institutionnels ? Comment les spécialistes d'un espace d'activité traversent-ils les frontières sociales pour intervenir dans un autre, à quelles conditions, à quel prix ou avec quels bénéfices ? Qu'est-ce qui fait ou compromet la légitimité d'un artiste à s'engager en politique, et qu'est-ce qui rend à l'inverse acceptable la soumission des pratiques de création à des logiques politiques ou militantes ? Comment les agents d'une institution peuvent-ils mettre en jeu les limites de leur domaine d'activité, les subvertir, ou au contraire faire l'expérience de la solidité des clôtures sociales ?
    Comment s'articulent la matérialité des lignes de démarcation et leur réalité symbolique, dans les perceptions et les représentations des intéressés ?
    Ce livre prend ces interrogations à bras le corps. Il s'empare de la question classique des divisions des sociétés différenciées pour l'éclairer sous des jours nouveaux, sur la base d'enquêtes empiriques menées sur différents terrains. Les rapports entre logiques professionnelles, tout particulièrement au sein des mondes de l'art et de la culture, et les formes d'engagement civique ou politique sont au coeur de cette exploration. La compréhension de ce qui fait la complexité de nos sociétés en sort renforcée.

  • Où décide-t-on d'habiter ? Comment s'opère le choix du logement du quartier, du statut d'occupation ? A ces questions de base répondent ici des chercheurs de différentes disciplines (sociologie, géographie, économie, démographie...), travaillant dans des contextes nationaux divers.
    Les réponses apportées, tout en soulignant le poids fort des contraintes (économiques, sociales, contextuelles...), montrent l'existence d'options mouvantes incertaines, justifiant une analyse approfondie.

  • Souvent évoqués dans les médias, la vie des gays et les enjeux de la visibilité comme de la réalité au quotidien des couples de même sexe méritaient une étude scientifique sérieuse.
    C'est chose faite avec le travail de Jérôme Courduriès qui ouvre une voie prometteuse. Si l'auteur n'enquête que sur les couples masculins et s'en tient à un échantillonnage limité (il s'agit d'un éventail des possibles, à travers la diversité des situations et des personnes), la méthode qu'il a su mettre en place pour atteindre l'intime, si délicat à dévoiler, le recours aux réseaux de chat sur Internet et l'usage du courriel qui renouvelle le rapport enquêteur-enquêté en usage en ethnographie, font de cette recherche un moment fort pour l'étude des conjugalités quelle que soit la composition sexuée des couples.

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  • Au Maroc, le taux de chômage des 25-34 ans est officiellement de 15 %, le taux réel étant bien supérieur selon les économistes. Or, ce phénomène touche largement les diplômés. Depuis plus de 25 ans maintenant, des groupes de diplômés chômeurs se sont constitués et manifestent jour après jour pour être intégrés au sein de la fonction publique. Quels sont ces groupes, très nombreux et très divers ? Qui milite au sein de ces groupes ? Quelle organisation, quelle stratégie, quelles pratiques protestataires adoptent-ils ? Dans cet ouvrage nourri par un travail de terrain poursuivi pendant 15 années, Montserrat Emperador Badimon nous présente de manière très vivante une nébuleuse allant de l'extrême gauche (l'Association nationale des chômeurs marocains par exemple) à des groupes se revendiquant apolitiques (à l'instar des diplômés du troisième cycle). Au coeur de son travail, la chercheuse interroge la pérennité de ces mouvements dans le temps. Soulignant le poids de la géographie dans la diversité des situations présentées (Rabat versus le « Maroc inutile »), Montserrat Emperador Badimon démontre que cette pérennité a plusieurs causes :
    D'abord, la mobilisation paie (plus ou moins selon les groupes) tant qu'elle reste dans des limites tolérables par les pouvoirs publics. Cette autolimitation de la protestation fait jouer aux groupes de diplômés chômeurs un rôle non négligeable dans le contrôle des oppositions politiques au Maroc ; il serait donc peu pertinent de les réprimer totalement. Cela permet en outre aux pouvoirs publics, en tolérant ces mouvements et en en réprimant d'autres, de s'affirmer comme partie prenante d'un processus de transition vers la démocratie. En résumé, il s'agit là d'une belle analyse d'un mouvement contestataire composite dans un contexte coercitif.

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  • Le propos de cet ouvrage est de théoriser d'abord en psychologues la formation universitaire en psychologie ; il est écrit par des enseignants qui traitent chacun à sa manière de ce qui, dans notre pratique, a pu faire énigme pour eux.
    La première partie du livre examine comment s'est construite la psychologie, sous deux angles complémentaires : une discipline universitaire relativement récente, à la filiation complexe, et un ensemble de pratiques professionnelles qui s'individualise et s'officialise progressivement. Ensuite, nous présentons et discutons certains dispositifs de formation des psychologues à Lyon. Ceci posé, l'accent est porté sur les relations imaginaires entre l'étudiant et l'enseignant et sur la dimension de renoncement ou de crise qu'implique toute acquisition de savoir nouveau (renoncement aux savoirs antérieurs, ou mise en crise de ces savoirs antérieurs), puis sur les relations entre le sujet en formation et la théorie elle-même.
    Enfin, nous proposons une mise en perspective de la psychologie, comme discipline et comme pratique, avec les demandes sociales qui ont présidé à son émergence et à son développement. Et c'est au nom de la différence que nous avons convié, pour terminer, des collègues d'ailleurs, autres disciplines, autres systèmes de référence, à nous lire et à nous répondre. La thèse essentielle qui traverse l'ouvrage est la suivante : dès lors qu'on admet que la formation en psychologie est un processus de transformation, il devient impossible de s'en tenir à un modèle d'enseignement classique, fondé sur la seule transmission d'un savoir nécessairement idéalisé, mais surtout livresque.
    D'une façon ou d'une autre, tous les dispositifs de formation à la psychologie doivent prendre en compte le modèle de la recherche, qui s'articule au contraire autour de l'énigme, de l'obstacle, de la perte, c'est-à-dire autour d'un non-savoir primordial (au double sens d'originaire et d'essentiel). Corrélativement, il doivent aussi s'ancrer sur des pratiques, dont la découverte et/ou l'analyse sont un pivot essentiel et de la formation et de la recherche.
    En travaillant sur la charnière entre engagement dans une pratique, d'une part, production et appropriation de connaissances, d'autre part, nous espérons avoir fait avancer une " épistémologie de la recherche et de la formation impliquées ".

  • Il y a 10 ans, le 23 janvier 2002, Pierre Bourdieu disparaissait.

    Intellectuel engagé, il portait une attention passionnée au monde, non seulement comme objet d'étude mais aussi comme champ d'intervention citoyenne. Fondateur d'une théorie sociologique, adossée à des enquêtes de terrain qui ont fait date (sur l'Algérie, sur l'école, sur la précarité, etc.) et fait de lui le sociologue le plus cité et discuté au monde, il fut aussi un acteur infatigable des luttes contre le néo-libéralisme et contre les formes les plus brutales de la mondialisation.
    De ces combats, dans lesquels il investissait l'exigence critique du sociologue, il a tiré des livres décisifs comme La Misère du monde, des textes d'intervention incisifs (Sur la télévision, Contre-feux, etc.) et une collection d'ouvrages militants (Raisons d'agir) créée au lendemain du mouvement social de décembre 1995. La présente initiation à la sociologie de Bourdieu est le fruit de la collaboration d'un sociologue (Patrirk Champagne) et d'un historien (Olivier Christin), deux chercheurs qui ont longtemps travaillé avec lui et avec le souci d'investir sur leurs terrains respectifs (la crise de l'agriculture et le journalisme pour l'un ; l'histoire religieuse pour l'autre) quelques-uns des concepts et des outils critiques de son travail sociologique.
    Ils ont ici choisi d'en présenter les trois principaux : les concepts d'habitus, de capital et de champ, en place dès les recherches de Bourdieu en Algérie (1958-1961), mais sans cesse repris et développés au fur et à mesure de ses enquêtes. De la théorie à l'enquête, de l'investigation à l'abstraction, la praxis de l'oeuvre définit une philosophie refondant les sciences sociales.

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  • Depuis son invention par Serge Doubrovsky en 1977, le concept d'autofiction n'a cessé d'évoluer et de stimuler la réflexion sur la production romanesque. Depuis quelques années, le phénomène littéraire semble gagner le monde arabe. Certains écrivains s'en réclament, d'autres s'en accommodent et d'autres encore préfèrent employer divers concepts pour définir leur pratique romanesque. Cette nouvelle terminologie peut-elle attester l'émergence d'un « nouveau genre » dans la littérature arabe ?
    Dans cette première étude consacrée à l'autofiction dans la littérature de langue arabe, Darouèche Hilali Bacar se propose de reconstruire une histoire du roman et de l'autobiographie qui montre la pertinence et la fécondité de l'hybridation générique.
    Du récit de voyage (rihla) aux autobiographies romancées, en passant par la néo-maqâma, le roman de formation et l'auto- biographie altérisée ou déguisée, on suit, pas à pas, la genèse de l'écriture autofictionnelle en langue arabe.
    L'analyse des textes de Mohamed Choukri, Sonallah Ibrahim et Rachid El-Daïf permet au lecteur d'observer au plus près la pratique autofictionnelle, d'en comprendre les mécanismes et les motivations. À partir de ces trois exemples, Darouèche Hilali Bacar propose d'établir un modèle d'autofiction arabe et de définir les thèmes qui pourraient s'appliquer à de nombreux textes modernes et contemporains.

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