Champ Social

  • Les sciences humaines visent d´emblée quelque chose qui leur échappe : une forme de vérité inhérente à l´existence en tant qu´humain. Ce qu´elles étudient, elles ne peuvent tout à fait l´objectiver, au risque de le dissoudre. Ce qu´elles étudient, elles sont aussi conduites à en prendre soin. Il s´agit, dans cet ouvrage, de questionner cette spécificité des sciences humaines et de proposer des voies concrètes pour y avancer. L´idée qui sert de pivot à ce travail est dans son titre : prendre en compte le sujet. Idée souvent revendiquée d´un point de vue éthique, parfois discutée d´un point de vue épistémologique, parfois technicisée d´un point de vue méthodologique, la prise en compte du sujet dans la recherche demeure un problème particulièrement délicat.

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  • Il s´agit, dans cet ouvrage d´éprouver la thèse, empruntée à John Rawls et formulée dans un contexte touchant l´éducation, selon laquelle, un savoir des épreuves, détenu chez ceux qui sont en position d´éduquer, est la source de la confiance chez ceux qu´ils éduquent - confiance en eux-mêmes, autant que confiance en autrui et, sans doute, dans le monde. C´est parce que ceux qui se mêlent d´éducation savent que ceux qu´ils éduquant passent peu ou prou par des épreuves et qu´ils ont un savoir de ces épreuves, que l´éducation peut être orientée correctement autant que permettre l´émergence d´une certaine relation de confiance. Ceux qui, en revanche, n´auraient aucune conscience des difficultés auxquelles ceux qu´ils éduquent se confrontent, ou même aucune conscience que les orientations ou consignes diverses qui sont les leurs ont ce pouvoir de susciter divers embarras chez ceux qu´ils prétendent éduquer, ne seraient pas vraiment des éducateurs.

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  • Le collectif

    Jean Oury

    Depuis l'élaboration improvisée, comme à l'accoutumée, de ce texte (1984-85) et sa première édition (1986), jean oury continue à bâtir des amers pour le " chemin qui se fait en marchant " au cours de ses séminaires mensuels de sainte-anne.
    Ces soirées sont d'une rare densité, comme le texte qui suit en témoigne, mais tout se lit aisément, tout se lie, se lisse, glisse. pourtant " rome brûle " ; mais parce que, comme le dit le poète, " elle brûle tout l'temps ", il faut bien continuer à penser, parler, écrire, témoigner, tout cela parfois dans la honte ; le rouge au front - au front de la folie - comme notre cher tosquelles empoignant celle-ci au plus près des affrontements sanglants de la guerre civile d'espagne.
    Car c'est là, des leçons de cette guerre, qu'il a bien fallu penser les rapports entre l'etat et ses institutions d'etat, ses " établissements ", et le tissu d'institutions, les associations, amicales, clubs, syndicats, mutuelles, que dire encore !, créées pour être près du " singulier ", de l'être cheminant. c'est précisément là que l'ouvrage, où le lecteur va déambuler, jette une vive lumière. saisissant une première articulation, celle de l'établissement et des institutions de cet établissement, puis une deuxième, celle entre ces institutions et un-chacun (comme le dit tosquelles), cet opérateur qu'est le collectif permet le jeu de cette double articulation.
    Une vraie relation triadique, donc d'un registre conceptuel. c'est là que jean oury, à l'instar de lacan, de peirce, propose d'identifier cet opérateur à ce que permet la double articulation dans le langage. quel bonheur de rendre possible par cette nouvelle édition la continuité de la diffusion de cette parole, de cette pensée ! michel balat.

  • Fragments d'adolescence

    Robert Brès

    Depuis 35 ans, je voyage au pays des ados, j'y ai fait de nombreuses rencontres, recueilli des propos, des cris, des murmures et des chuchotements, qui m'ont donné à penser, à rire parfois, à m'émouvoir souvent. L'adolescence est un paysage déroutant traversé par tout un tas de gens en toute insouciance, en grandes difficultés, en urgence ou en réticence. J'ai voulu rapporter une grande partie de ce qu'ils m'ont laissé en mémoire.
    Ce recueil est une invitation au voyage.

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  • Plus de trente psychologues cliniciens, venus de la France entière, étaient présents pour témoigner de leur pratique à l'hôpital. Deux journées de recherche organisées par le Collège de Psychologie et des Psychologues du Centre Hospitalier Charles Perrens, praticiens, chercheurs, universitaires, ont échangé sur les orientations actuelles du métier de psychologue et de la psychologie. L'ouvrage retrace la dynamique de ce Colloque National, à travers la reprise des interventions, toutes vives et riches d'enseignements, sur le thème du nouveau dans la profession de psychologue hospitalier.
    Pluralisme des orientations, multiplicité des approches et des interventions, cet ouvrage offre un panorama conceptuel et clinique unique sur l'actualité de ce métier. Il constitue tout aussi bien un outil majeur pour l'étudiant en psychologie qui souhaite découvrir les professionnels en situations, qu'une source indispensable de réflexions et d'informations pour le clinicien ou le chercheur en psychologie.

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  • Ce livre aborde le problème de l'acceptation et de l'éducation de la précocité intellectuelle et présente une approche de sa conceptualisation.
    Le concept de la précocité intellectuelle est décrit à partir du vécu d'enfants inscrits dans les centres de vacances organisés par l'ALREP, et rencontrés par messieurs Chamont et Merchat dans le cadre de leur vie professionnelle.
    " ...
    La très grande disparité des conditions de vie des uns et des autres fait que les enfants arrivent très dissemblables à l'école... " " ... La précocité intellectuelle rappelle l'Arlésienne, mais à la différence près que, la précocité, on la voit, et c'est la peur d'en parler qui l'enveloppe d'un silence injustifié... " " ... Les enfants précoces appartiennent à toutes les couches sociales et à toute la diversité humaine...
    " Un éclairage pragmatique apporté par les auteurs sur la précocité intellectuelle, utile à tous ceux qui, de près ou de loin, s'intéressent aux enfants !

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  • Qu'est-ce que la psychothérapie ? Qu'est-ce que le psychodrame ?
    Qu'appelle-t-on thérapies corporelles ? Sur quoi se fondent les thérapies de groupe ? Qu'est-ce la psychothérapie institutionnelle ? Qu'est-ce, enfin, la psychanalyse ? Autant de questions sur lesquelles se penche cet ouvrage. Il en reprend les fondements théoriques et historiques et les éclaire par de nombreux cas concrets tous issus de la pratique de son auteur.
    Ce livre s'adresse aux professionnels ou aux futurs professionnels qu'ils soient soignants, éducateurs ou travailleurs sociaux et, au-delà, à toute personne intéressée par les questions de santé mentale. Il part d'un détour nécessaire sur la constitution du psychisme plongeant ses racines en-deçà même de la naissance et de la conception de chaque être humain pour, ensuite, développer les différentes approches des psychothérapies, individuelles ou groupales, verbales ou corporelles.

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  • " C'est pour elle l'entrée dans un monde, de nouvelles personnes, de nouveaux murs.
    Mais quel est cet endroit tellement froid, se dit-elle, y trouverai-je ma place ? Comment ? Pourquoi ? Une étrange sensation la parcourt. Qui sont ces gens qui me sourient, que me veulent-ils ? Pensent-ils me rassurer avec leurs sourires ? Pourrai-je leur faire un jour confiance ?... " (Courage, p. 131).

  • Le pangolin est un fourmilier mammifère qui contredit toutes les catégories animales. Il est ambigu : il a des écailles comme les poissons, mais il grimpe sur les arbres ; la femelle ressemble à une lézarde pondeuse d'oeufs, mais elle allaite ses petits. Considéré comme anomalie, il est normalement dangereux et impropre à la consommation et on risque la mort en s'en approchant, à moins d'être initié.
    Il en est de même des personnes qui sont insituables (situées dans les « régions inarticulées », les « limites confuses » ou à la « fluctuation des frontières »), des personnes au statut indéfinissable, non clairement identifiable ; figures d'infraction à la règle qui veut que telles choses soient réunies et d'autres séparées, elles menacent l'ordre des choses. Telle est la situation de l'auteur, chercheuse dans le domaine du handicap et personnellement impliquée dans une situation de handicap. Sa position singulière redéfinit les clivages classiques encore opérants dans les sciences humaines qui prônent la séparation entre l'expert et le profane, le sujet observant et le sujet observé.
    L'analyse de cette situation de « l'entre-deux » vs « double appartenance » amène l'auteur à proposer une réflexion sur les postures de distanciation et d'immersion, d'objectivité et de subjectivité dans l'activité de recherche et à poser la question de la neutralité, du rapport entre l'implication du chercheur et l'engagement militant.

  • Une suite de textes, une série de singularités, chacune délimitant un paysage tissé d'événements simplement évoqués, d'habitudes de " penser " qui s'organisent en concepts.
    Un fil invisible court de l'un à l'autre, trace d'une présence au jour le jour, d'année en année ; entêtement salvateur dans un monde énigmatique, un monde où la patience devient nécessité pour saisir à travers les pièges de la relation les fulgurances souvent voilées de transferts les plus variés. L'ensemble de ces textes de Danielle Roulot se présente comme un théorème s'articulant rigoureusement par lemmes, corollaires, contradictoires, le tout obéissant, par discipline, à une logique abductive : toile de fond, à multiples feuillets, où nous devons déchiffrer les inscriptions, les " extractions " d'une psychiatrie concrète où, sur fond de liberté, peuvent émerger des configurations, des formalisations, marquées à tout jamais par le précaire.
    Tout ceci n'est possible que par une vie partagée, depuis plus de trente ans, entre la solitude et l'ouverture, l'accueil de l'autre dans sa déréliction. Courage qui se manifeste dans une ténacité pour préserver la complexité d'Autrui contre toutes les entreprises de réduction, de " simplification ", qui équivalent à la mise à mort du désir, de l'âme, de l'idiotype de tout un chacun.

  • Psychologue depuis 1995 à l'aide sociale à l'enfance, j'ai rencontré beaucoup d'enfants dont les parents souffrent de maladie psychique ! Il n'est pas facile d'amener les jeunes enfants à parler de leur peur, leur sentiment d'insécurité, de leur impuissance à soigner ce parent malade, aussi j'ai envisagé cet ouvrage comme médiateur entre l'enfant et l'adulte confrontés à l'étrangeté de son parent ! J'ai choisi le syndrome de la bipolarité, rencontrant régulièrement ce lien pathologique dans ma pratique où l'attachement entre la mère et son enfant apparaît complexe et insécure.
    Le livre s'adresse à des enfants de 4 à 10 ans, il peut être utile pour les professionnels de l'enfance mais aussi pour les familles qui se heurtent à ces souffrances.
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  • Est-il équivalent de travailler, de vivre, de se soigner... en institution ou dans un établissement, fusse t-il spécialisé ?
    À un moment où les secteurs de la santé et du médico-social sont l'objet de réformes massives, remettant en cause le sens des missions, désubjectivant les pratiques et standardisant le rapport humain au patient, au résident, au bénéficiaire... l'approche structurelle langagière proposée, pourrait aider le travailleur institutionnel à relancer un travail salutaire de pensée, dynamiser un mouvement de réflexion éthique sur ses actions et sur ses actes.

  • L'auteur est Chef de Service dans un Institut Thérapeutique Éducatif et Pédagogique (ITEP) qui accueille des adolescents intelligents troublés par le dysfonctionnement de leur comportement.
    Son sujet : l'adolescent en difficulté et les équipes qui en ont la charge. Il s'agit d'un récit singulier qui se décline en une série d'instantanés pris sur le vif qui alterne dans un fondu-enchaîné, expériences de vie à caractère personnel et situations professionnelles. L'auteur s'attache à repérer, identifier, développer et border la substance même des concepts de travail : la place de l'éducateur face à l'enfant, le travail avec les familles, la recherche de l'équilibre dans une équipe...
    Le langage simple et fluide ne négocie en rien avec un fond scrupuleusement fouillé. Toujours juste, sensible, un brin poétique ce livre parle à chacun d'entre nous en tirant des fils entre les " savoir-faire " et le " savoir être ".

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  • Le numéro présente des articles sur le thème de la participation sociale et du rapport à la libertén aux libertés? Il peut, en effet, arriver quelques atteintes à l'exercice des droits. Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté ou le Défenseur des droits ont fort à faire ! Les événements de 2015 et, malheureusement, d'autres avant, posent et reposent encore les questions des libertés d'expression, de circulation, d'as- sociation... Les questions qui se posent pour les GEM peuvent (ou devraient) se poser dans toute association, dans tout collectif. Ce sont des questions essentielles, quelquefois existentielles : « Comment être citoyen ? », « Pourquoi ? », « Qu'est-ce que la démocratie ? », « Où commence la liberté ? », « Nos droits, nos devoirs ? », « Comment vivre ensemble ? » ... Les acteurs des GEM ont trouvé souvent des réponses innovantes.

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  • Le 11 février 2005 est promulguée une loi complexe d'une centaine d'articles qui modifie, parfois profondément, pas moins de quinze codes, dont les Codes de l'action sociale et des familles, de la santé publique et du travail.
    C'est dire l'ambition de ses rédacteurs qui pourrait se résumer à ce changement de paradigme : passer de la personne handicapée à la personne en situation de handicap.
    Désormais, le handicap ne caractérise plus la personne qui en souffre mais l'inadaptation de la société aux spécificités de cette personne.
    Il convenait donc, dix ans plus tard, de tenter de dresser un premier bilan de cette loi particulièrement importante pour les personnes en situation de handicap psychique mais, au-delà, pour tous les acteurs du champ sanitaire et médico-social.
    Les journées nationales de Marseille de septembre dernier ont permis de regrouper des professionnels d'horizons divers pour repenser ensemble cette loi, les avancées qu'elle a permises, ses insuffisances, ses retombées sur la vie quotidienne des personnes fragilisées par un handicap.
    C'est l'ensemble de ces travaux que vous trouverez dans ce dernier numéro de « Pratiques en santé mentale ».

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  • "Dans ce numéro, nous proposons de nous interroger sur les dispositifs vers le travail pour les personnes handicapées psychiques, que ce soit en milieu protégé ou en milieu ordinaire. Du « contrat de soutien et d'aide par le travail » au « contrat de travail », quels sont les leviers existant actuellement en France ? Pour apporter des voies de réponse, nous partirons de François Tosquelles et de sa conception du travail en tant que fonction thérapeutique. Nous explorerons alors, à partir de la contribution de nos auteurs, les dispositifs innovants en matière de soutien à la réinsertion professionnelle. Comment fonctionnent-ils ? Sur quels postulats théorico-cliniques sont-ils fondés ? Quels en sont leurs objectifs ? Le soin et/ou l'accès à l'emploi ? Quelles passerelles offrent-ils avec le travail en milieu ordinaire ? Nous interrogerons alors les pratiques actuelles de quelques grandes entreprises françaises en matière de réinsertion professionnelle. Comment abordent-elles cette problématique ? Quels sont leurs partenaires ? Leurs enjeux ?"

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  • Initiée par deux articles dans deux revues internationales en 2005 et 2009, la question du trauma sévère fait aujourd'hui l'objet de recherches fondamentales (représentation du trauma sévère) et appliquées (thérapeutiques des médiations et processus résilients) du fait des mutations sociétales de la post modernité (terrorisme international, guerres, torture, trafic des êtres humains, etc.).
    Par le biais de la criminalité sexuelle, composante des formes de l'emprise, l'ouvrage argumente l'approche novatrice de la notion d'emprise et de l'entité psychopathologique de " psychose post traumatique ".

  • Actes des journées de Lyon 2014. Nous sommes aujourd'hui face à un état des lieux contrasté et paradoxal. D'une part des avancées font suite aux lois de 2002 sur l'action sociale et médico-sociale et les droits des usagers, et à la loi de 2005 pour l'égalité des droits et des chances des personnes handicapées qui a reconnu officiellement que les troubles psychiques pouvaient être à l'origine d'un handicap ; la notion de handicap psychique s'est imposée et il en est résulté notamment la création de dispositifs spécifiques aux personnes handicapées psychiques et de trois cents groupes d'entraide mutuelle (sachant que les besoins non satisfaits demeurent considérables). D'autre part, on constate, malgré le développement de conseils locaux de santé mentale et de réseaux, la persistance de cloisonnements sanitaire, médico-social et social, et une situation confuse et dégradée de la psychiatrie publique caractérisée par une absence de pilotage national et des disparités considérables de moyens, de répartition de ceux-ci entre l'intra et l'extrahospitalier, et de pratiques. Comment se fait-il qu'à population équivalente, les budgets attribués aux établissements publics varient de un à cinq selon les établissements ou les départements ? (données 2008, rapport Cour des comptes de décembre 2011). Comment se fait-il qu'à population égale les hospitalisations sur demande du préfet varient de un à neuf et les hospitalisations sur demande d'un tiers de un à cinq selon les départements ? (données 2007, Direction de la recherche, des études de l'évaluation et des statistiques du ministère).

    Auteur : Collectif d'auteurs de la santé mentale. Directeur de la publication : Jean-Luc BRIÈRE, pédopsychiatre et président de la FASM.

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  • La victimologie se définit comme le champ de recherche fondamentale et appliquée du traumatisme individuel ou collectif d'origine naturelle ou provoquée.
    La psychocriminologie circonscrit les mêmes champs de recherche au sujet des comportements violents, délictueux et criminels. L'approche clinique de ces deux disciplines évalue les enjeux psychiques à l'oeuvre sur le plan sémiologique, diagnostic, pronostic et thérapeutique. La victimologie et la psychocriminologie entretiennent des liens de recherche avec la médecine légale clinique et le droit pénal.
    Le suivi post-pénal, l'injonction thérapeutique, la clinique expertale sont des lieux où le psychologue clinicien, le médecin légiste et le magistrat illustrent cette convergence de travail.

  • La notion, récente, de "handicap psychique" est aujourd'hui à l'articulation des discours sur la folie, tant dans le domaine médical que dans les champs social et politique.
    Sa pénétration fulgurante, dans les pratiques professionnelles comme au sein des institutions, a rapidement modifié les perspectives en santé mentale, d'abord sous l'impulsion d'une certaine désespérance. Face à la radicalisation inhérente à la notion de "handicap psychique" et au déclin de la pensée psychiatrique et des modes de prise en charge en santé mentale, l'ouvrage propose de mettre en lumière le nid inextricable de paradoxes où se trouve la folie moderne, coincée entre l'urgence et la ségrégation, la nécessité et l'impossible.

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  • Si le corps est le lieu privilégié de rencontre avec le psychotique, son soin en institution et sa rencontre avec les spécialistes sont souvent l'occasion d'un malentendu, comme aimait le souligner Maud Mannoni, les obligeant à interroger leurs pratiques et à y ouvrir d'autres fléchages.
    C'est ce que retranscrit la première partie de ce texte à travers le cheminement des structurations des soins corporels au Centre psychothérapique Saint-Martin de Vignogoul. Nés des maternages individuels ils ont très vite évolué vers d'autres formes de thérapie corporelle, groupales ou individuelles, toujours en place aujourd'hui. Illustrée chaque fois par des comptes rendus cliniques, cette histoire s'accompagne de prolongements théoriques et conceptuels souvent difficiles à élaborer, les thérapies corporelles se situant toujours aux limites du langage.
    Une réflexion sur les soins corporels et les institutions ne peut s'arrêter à la seule relation soignant-soigné. Le groupe institutionnel a, lui aussi, un corps. Il faut savoir en prendre soin tant il occupe une place privilégiée de projection et de support des dynamiques psychiques qui traversent la vie institutionnelle et s'expriment le plus souvent en symptôme ou passage à l'acte. Enfin, le soin du corps suppose des représentations de ce corps.
    Trois d'entre elles sont confrontées : celles du médecin, du psychanalyste et de l'artiste. Une étrange familiarité apparaît entre les étapes jalonnant l'oeuvre d'Alberto Giacometti et celles que parcourt le clinicien dans sa rencontre avec le corps du psychotique.

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