Littérature traduite

  • Née dans une famille juive en Lituanie en 1869 et morte à Toronto au Canada en 1940, Emma Goldman a surtout vécu et milité aux États-Unis. «La femme la plus dangereuse d'Amérique», selon l'ancien directeur du FBI J. Edgar Hoover, elle est une figure majeure de l'anarchisme et de la lutte du début du XXe siècle pour l'émancipation des femmes. Toute sa vie, elle fut une redoutable agitatrice et propagandiste anticapitaliste, anticléricale et antimilitariste.

    Regroupant le plus grand nombre de textes d'Emma Goldman traduits en français, cette anthologie compose un vibrant plaidoyer en faveur du syndicalisme révolutionnaire, de l'athéisme et de l'égalité entre les sexes, ainsi qu'une charge implacable contre le patriotisme et le puritanisme. Emma Goldman y prend entre autres la défense de la pédagogie anti-autoritaire de Francisco Ferrer, elle critique sévèrement le pouvoir bolchevique en Russie et s'en prend au système carcéral, preuve d'un échec social collectif.

    Ces textes ont une valeur historique et font écho à des préoccupations et des luttes d'aujourd'hui. Ils sont présentés par Francis Dupuis-Déri et traduits par Thomas Déri, à qui l'on doit L'anarchie expliquée à mon père (Lux, 2016).

  • Blues et féminisme noir

    Angela Davis

    Blues et féminisme noir s'intéresse à trois chanteuses de blues qui incarnent les racines et l'identité de la culture musicale noire américaine : Gertrude « Ma » Rainey, Bessie Smith et Billie Holiday. Angela Davis, universitaire et féministe, analyse les paroles des chansons pour en extraire la substance revendicative :
    Autonomie - qu'elle soit sexuelle, géographique ou financière - et égalité - de sexe et de race. En croisant contexte historique, social et politique de cette époque, qui va des années 1920 aux années 1940, elle démontre que sous des aspects sous-culturels véhiculés par la culture dominante, le blues reste « la » musique de l'émancipation, des Noirs et, plus encore, des femmes noires.

  • Vestiges d'une séparation Nouv.

    Un bracelet en forme de paon, un simple couteau, un livre de poèmes, des perles offertes à une jeune musulmane par un maharaja... Autant de souvenirs, de fragments de destin d'un monde sur le point d'être englouti avec ses derniers témoins vivants. Car soixante-dix ans après la partition de l'Inde et du Pakistan, quelles traces subsistent de l'ancien pays réunifié ?
    Pour ressusciter cette culture, Aanchal Malhotra s'attache aux objets qui ont accompagné ce peuple (ses arrière-grands-parents, notamment) pendant l'exode, et qui, désormais, sont chargés de symboles. A travers ces legs se raconte l'histoire des différentes communautés hindou, musulmane et sikh qui composent le pays.
    Grâce à une succession de courts chapitres consacrés à chacun de ces objets, Aanchal Malhotra tend à restituer la mémoire d'un pays disparu.

  • Face aux désastres entraînés par l'anthropocène et le capitalocène, il y a urgence à penser et agir différemment. C'est ce qu'Haraway propose de faire dans Vivre avec le trouble, en racontant d'autres histoires, en renouvelant notre rapport au temps et aux autres espèces.

    Prenant ses distances avec toute forme de futurisme (du salut technologique aux discours apocalyptiques) elle explore ces temps troublants et troublés que nous vivons afin d'y déceler les possibles qu'ils recèlent. Épaissir le présent, favoriser l'épanouissement multispécifique, générer des alliances improbables et des « parentèles dépareillées » pour ne pas céder à l'effroi ou l'indifférence, voilà ce à quoi nous invite ce livre.

  • À quoi ressemble la joie dans les milieux engagés dans des luttes sociales ? Qu'est-ce qui nous rend collectivement et individuellement plus capables, plus puissants et pourquoi, parfois, les milieux radicaux produisent tout l'inverse et nous vident de tout désir ?

    C'est à ces questions que Joie militante tente de répondre, combinant propositions théoriques, analyses de cas pratiques et entretiens avec des militant·e·s issu·e·s de luttes diverses : féminisme, libération noire, résurgence autochtone, syndicalisme, squat, occupations, etc.

  • Avis de tempête

    John Holloway

    « Ce que le coronavirus nous lance à la ?gure c'est que si nous continuons à vivre dans cette même forme d'organisation sociale, si nous persistons à faire tenir une société dans laquelle la recherche du pro?t est la dynamique déterminante, alors nous nous dirigeons sûrement et certainement vers l'extinction.
    Dans cette situation, notre colère doit continuer à escalader, nos colères doivent s'agréger les unes aux autres, chaque colère devant être respectée, chaque colère ajoutant que «ça ne suffit pas » et débordant dans d'autres colères jusqu'à ce que nous en arrivions à cette simple déclaration : «Nous ne pouvons plus respirer, le capitalisme nous tue.» » Écrit dans le feu des événements de la pandémie et du renouveau du mouvement Black Lives Matter, ce recueil propose une analyse disséquant la crise économique, ses causes, ses conséquences et la manière dont elle s'inscrit historiquement dans notre civilisation.
    Pour l'auteur de Changer le monde sans prendre le pouvoir (Lux) et Crack Capitalism (Libertalia), il nous faut partir de nos insubordinations, créer des brèches, inverser le cours des choses.

  • L'année 1913 est l'apogée du XXe siècle tout juste né. Tout semble encore possible et ouvert et, en même temps, la lueur du déclin est déjà perceptible : pour les peintres, les écrivains, les musiciens, il est évident que l'humanité a déjà perdu son innocence.
    À Paris comme à Londres, à Vienne comme à Berlin ou encore à Trieste ou Venise, les artistes agissent comme si il n'y avait pas de lendemain. Dans le hall d'un hôtel, Rilke et Freud débattent de la beauté et de la fugacité ; Proust s'engage dans la recherche du temps perdu ; et, pendant que Stravinski célèbre le sacre du printemps, à Munich, un barbouilleur de tableau autrichien nommé Adolf Hitler vend des vues urbaines pittoresques. Duchamp fixe une roue de bicyclette sur un tabouret. Armstrong apprend à jouer de la trompette. Kafka est amoureux et écrit des lettres bouleversantes et interminables à Felice Bauer.
    Avec finesse et sensibilité, Florian Illies dresse un portrait fascinant d'une année exceptionnelle, au moment où le long XIXe siècle entre en collision brutale avec les guerres et les extrémismes du XXe siècle.

    Sur commande

  • Après le succès du Réalisme capitaliste, la traduction de Ghosts of My Life va définitivement imposer Mark Fisher (alias k-punk, 1968-2017) comme un auteur incontournable dans le domaine de la critique sociale et culturelle. En effet, à partir de l'évocation de figures musicales - Joy Division, Burial, etc. - littéraires - David Peace, John Le Carré, Sebald - ou cinématographiques - Christopher Nolan notamment -, Fisher explore différentes visions de futurs perdus et leur présence spectrale (Derrida) au sein de la culture contemporaine

  • William Acker est juriste et fait également partie de la communauté des « gens du voyage ». Il travaille, depuis l'incendie de l'usine Lubrizol, sur un inventaire critique de l'emplacement des aires d'accueil dans tous les départements français. Ce travail n'avait jamais été réalisé auparavant. L'encampement moderne des gens du voyage, roms, tsiganes, passe par un éloignement géographique, loin des zones habitables et à proximité immédiate de zones à risque sanitaire ou écologique (centrale nucléaire, déchetterie, usines, stations d'épuration, etc.). William Acker propose ici une lecture historique, sociologique cartographique et critique de la politique d'encampement des gens du voyage et de leur mise au ban de la société.

  • La situation de la classe laborieuse en Angleterre Nouv.

    Lors d'un séjour de près de deux ans à Manchester, de novembre 1842 à août 1844, où il avait rejoint l'entreprise textile de son père, le jeune Engels se retrouve confronté aux horreurs du capitalisme industriel récent. Il dresse alors un tableau accablant des conditions de vie et de travail des ouvriers du textile en Angleterre.

    Pour rédiger cet ouvrage, Engels ne s'est pas contenté de réunir une vaste documentation, mais il a enquêté sur place avec l'aide de militant.e.s du mouvement ouvrier. Cette approche inédite fait toute l'originalité et l'intérêt de ce texte, dont la traduction de référence est ici rééditée avec une importante introduction historique de Fabrice Bensimon et une préface de Eric Hobsbawm.

    Complétée d'un riche appareil critique, l'édition de référence de ce livre est de nouveau disponible.

  • Anna Feigenbaum relate comment cette arme chimique, d'abord utilisée sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale, fut peu à peu intégrée à la panoplie du maintien de l'ordre civil partout dans le monde, et comment elle est devenue l'un des piliers des pouvoirs établis ainsi qu'une vache à lait de l'industrie de l'armement.
    L'auteure a enquêté sur les fabricants et leurs liens délétères avec les régimes autoritaires qui ont fait le choix politique des tactiques offensives de maintien de l'ordre, menaçant le droit d'expression et celui de s'assembler.
    Le tout forme un récit saisissant qui fourmille de témoignages et de documents déclassifiés démontrant les dangers du maintien de l'ordre toxique.

  • En 1525, les paysans de différentes régions de l'Allemagne se soulèvent, pour des raisons à la fois sociales, économiques et religieuses. Massive, leur révolte est pourtant bientôt écrasée dans le sang. L'ouvrage classique d'Engels livre le récit de cette révolte, cherchant ainsi à réactiver la mémoire des traditions révolutionnaires du peuple allemand. Écrit au lendemain de l'échec de la révolution de 1848, il propose aussi en creux une analyse des luttes du XIXe siècle. Republié aujourd'hui avec la riche introduction de Rachel Renault, spécialiste du Saint Empire, et la préface du romancier Éric Vuillard, auteur de La Guerre des pauvres, redonnent au texte d'Engels son amplitude et sa capacité à aider la compréhension des révoltes et leur histoire.

  • En s'appuyant sur de très nombreuses recherches et études scientifiques internationales, le grand psychiatre et spécialiste du cerveau Manfred Spitzer montre à quel point notre dépendance aux technologies numériques menace notre santé, tant mentale que physique.
    Elles provoquent chez les enfants et adolescents comme chez les adultes de nouvelles maladies et en rendent plus fréquentes d'autres :
    Baisse des performances cognitives, troubles du sommeil, dégradation des capacités d'attention et de concentration, tendance à l'isolement et au repli sur soi, dépression, disparition du sentiment d'empathie, etc. Et même, chez les plus jeunes, baisse de la motricité et des capacités de perception.
    Ce vaste tableau des connaissances scientifiques sur les effets des écrans, enfin traduit en français, a rencontré un immense écho en Allemagne et dans le monde entier où il a provoqué nombre de débats et de prises de conscience. Cette synthèse majeure s'articule à une réflexion critique profonde qui ne se contente pas de lancer l'alerte sur les cyberpathologies. Elle nous apprend aussi à nous en protéger et à agir à titre préventif. Une contribution absolument cruciale pour tenter d'éviter un désastre psychologique et social.

  • Votre téléphone portable remplace aujourd'hui une caméra, un appareil photo, une calculatrice, une montre, un organisateur, un baladeur... Que deviendra-t-il quand l'intelligence artificielle rencontrera l'impression 3D ? Ou quand la réalité virtuelle croisera la blockchain ? Ces technologies se renforcent les unes les autres et nous promettent richesses et surprises en série - pour le meilleur, et bien plus tôt qu'on ne l'imagine.

    Dans cet ouvrage optimiste, Peter Diamandis et Steven Kotler révèlent comment la digitalisation et la convergence des technologies vont bouleverser toutes les facettes de notre quotidien : éducation, loisirs, santé, transports, finances... Allant à rebours des discours décroissants ou collapsologues, ils présentent les start-up qui vont « plus vite que le futur » et les extraordinaires potentialités de leurs découvertes.

    Indispensable et captivant, cet essai lève le voile sur le monde de demain, à mille lieues de celui que nous imaginons.

  • «?Il ne s'agit pas ici d'histoire du livre ou du document. Il ne s'agit pas d'histoire des textes, d'histoire de la culture intellectuelle ou d'histoire des cultures populaires, pas même d'une histoire de l'écriture ou des écritures stricto sensu. L'aire disciplinaire qui nous intéresse est ou aspire à être plutôt une histoire des processus et des pratiques de fabrique et d'usage des produits écrits, quelles que soient leur nature et leurs fonctions, y compris (voire surtout) dans leurs dimensions anthropologiques et sociales les plus remarquables et les plus significatives. Du fait de ce choix épistémologique assumé, cet ouvrage, alternant réflexions et exemples, se présente comme une invitation à considérer les témoignages écrits (isolés ou en série, anciens ou récents, élégants ou relâchés, publics ou privés, exposés à la vue de tous ou cachés) comme autant d'épisodes d'un des chapitres les plus riches et les plus passionnants de l'histoire de l'humanité?: celui de ses expressions écrites.?»

  • Qu'est-ce que le travail ? Pourquoi travaillons-nous ? À gauche comme à droite, on répond que le travail est à la fois une nécessité naturelle et un bien social. On peut critiquer sa gestion et son indemnisation, mais jamais le travail lui-même.

    Hemmens démonte ces idées reçues et démontre que le capitalisme et sa crise finale ne peuvent être compris que sous l'angle du caractère historiquement spécifique et socialement destructeur du travail. Il se livre à une analyse critique des penseurs français qui, au cours des deux derniers siècles, ont contesté frontalement la forme travail : Charles Fourier, Paul Lafargue, André Breton, Guy Debord. Alastair Hemmens est chercheur, il vit au pays de Galles.

  • S'il s'agit de sauvegarder le souvenir du mouvement ouvrier et de ses protagonistes anonymes contre l'oubli institutionnel, il est aussi question d'en bâtir l'épopée?: la victoire aux dominos de deux grévistes sur un leader syndicaliste jaune, la résistance des soudeurs de Tula en grève s'alimantant des cactus alentours, la destruction de la voiture du patron par un monte-charge...
    Une épopée ouvrière qui, comme toujours chez Taibo II, s'inscrit dans la lutte des oppressés contre les oppresseurs et construit, grâce à la littérature, ses propres références, sa mythologie, ses exploits et ses héros. Préface de Sébastien Rutés.

  • Après La Troisième Révolution industrielle, Jeremy Rifkin présente ici ce que sera la société collaborative de demain. Selon lui, l'essor des communaux collaboratifs - matérialisés notamment par les sites Internet de partage et la production décentralisée rendue possible par les imprimantes 3D par exemple - remet en cause le modèle économique dominant. Au point que l'essayiste à succès va même jusqu'à prédire l'éclipse du capitalisme actuel.

  • « C'est un travail dangereux de souder à quelques centimètres d'une cuve de pétrole. Une seule étincelle peut déclencher une explosion pouvant emporter une raffinerie entière. C'est pour ça qu'ils te disent d'utiliser cette bâche d'un gris sale, résistante à de très hautes températures car produite avec une substance légère et indestructible : l'amiante. Avec ça, les étincelles restent prisonnières.
    Toi, tu restes prisonnier avec elles et, sous la bâche d'amiante, tu respires les émanations libérées par la fusion de l'électrode. Une seule fibre d'amiante et dans vingt ans tu es mort. » Alberto Prunetti raconte l'histoire de son père, Renato, né en 1945 à Livourne, dans les terres de l'aristocratie ouvrière toscane. Soudeur dans les raffineries et les aciéries italiennes depuis l'âge de quatorze ans, Renato s'empoisonne lentement au travail : il respire de l'essence, le plomb lui entre dans les os, le titane lui bouche les pores de la peau, et finalement, une fibre d'amiante se glisse dans ses poumons. Il meurt à 59 ans, après plusieurs années passées à l'hôpital.
    En contrepoint de ce récit tragique, l'auteur rapporte ses souvenirs d'enfance, entre parties de foot et bagarres, et décrit toute une époque, sa musique, ses dialectes, ses grands événements sportifs - dans cette Toscane ouvrière où les années 1970 furent une décennie de luttes sociales, avant que les restructurations des années 1980 n'y mettent bon ordre.
    L'opposition entre le père, parfait représentant de l'idéologie stalinienne du travail, et le fils qui incarne très vite la figure du précaire, n'empêche pas que s'exprime le profond amour qui les lie, teinté d'agacement et d'amusement avant que la maladie ne s'installe. L'humour constant, la délicatesse des sentiments, l'érudition historique et technique se mêlent dans ce récit.
    Alberto Prunetti est traducteur et journaliste, notamment à Il Manifesto. Il a déjà publié six ouvrages en Italie. Il a reçu de nombreux prix et a été adapté au théâtre. Amianto est son premier livre traduit en France.

  • Un manifeste érotico-insurrectionnel qui soustrait l'obscène au règne incontesté de la pornographie pour dessiner une voie poétique subversive, où la tendresse sans contrepartie et la violence de l'amour total nous rappellent que la révolte est intimement liée à notre corps et à notre sexualité. Une oeuvre erratique où poésie et invective philosophique se mêlent à une prose orgiaque pour démonter avec sensualité les pratiques qui nous accoutument à la gymnastique de l'obéissance.

  • La Horde d'or est un ouvrage de grande ampleur qui relève à la fois du livre d'histoire, de la compilation de documents, du témoignage à la première personne. Il associe analyse, documentation et écriture. Il fait partie de ces ouvrages "trans-genres" (pour reprendre une terminologie en usage dans d'autres domaines), qui apporte une information de première main et de première importance sur un moment crucial de l'histoire politique italienne, mais également européenne. Outre les deux rédacteurs principaux, l'un écrivain, l'autre libraire (décédé en 1998), de nombreux auteurs italiens ont participé à l'ouvrage, signant des contributions souvent importantes. On peut citer : Paolo Virno, Umberto Eco, Antonio Negri, Raniero Panzieri, Sergio Bologna, Oreste Scalzone, ou même ... Giorgio Amendola.

    À ce jour, c'est encore l'unique ouvrage disponible sur l'ensemble des conflits sociaux en Italie entre 1968 et 1977. Le seul livre qui traverse l'ensemble des composantes de ce mouvement souvent ignoré, parfois mythifié. Sans doute, la formule « années de plomb » a-t-elle joué un rôle important dans cet effacement, puisqu'elle prétend encore en résumer la teneur et l'avenir. Elle marque surtout un manque d'histoire sur le « long mai» italien, et c'est à ce manque d'histoire que Primo Moroni et Nanni Balestrini ont voulu explicitement répondre, et à quoi s'est attelé un collectif d'auteurs, afin de raconter à nouveau, et livrer un panorama à la fois large et précis de ce qu'ils ont appelé, la « grande vague révolutionnaire et créative, politique et existentielle» de l'Italie entre 1968 et 1977.

    Outre des analyses et des contributions de témoins et de lecteurs de cette « grande vague », le livre réunit un ensemble de documents considérables, soigneusement choisis et dont un grand nombre serait tombé dans l'oubli sans le soin particulier d'archiviste qui caractérisa Primo Moroni, à l'initiative de l'ouvrage, dont la librairie ouverte à Milan en 1971 devint vite un repère incontournable pour l'ensemble de la gauche italienne. À ce titre, on trouve dans La Horde d'or aussi bien des chansons que des tracts, des récits et des témoignages, des analyses, des communiqués, des appels ou des articles, tous publiés à l'époque et relatifs aux événements qui ébranlèrent la société italienne.

  • Domination et sabotage (1977) est l'un des textes clés de la Séquence rouge italienne des années 1960-1970. Il constitue une intervention décisive, qui est, tant par sa portée théorique que politique, comparable à Ouvriers et capital de Mario Tronti. Contribuant à cette grande séquence d'insubordination ouvrière et sociale qui a culminé lors du "mouvement de l'Autonomie de 77", Antonio Negri insiste sur la reconfiguration des potentialités de rupture avec l'ordre capitaliste dont est porteur le sujet de classe.

    "Refus du travail", "l'autovalorisation prolétaire est sabotage", etc. ; autant de mots d'ordre qui renvoient à l'émergence d'une nouvelle figure de la conflictualité sociale.

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  • Ce livre ne raconte pas l'histoire de Joseph Conrad mais celles des travailleurs et des asservis qu'il a côtoyés tout au long de son singulier périple : les serfs de l'Empire russe, les salariés et les matelots des empires français et britanniques, enfin les marins, les esclaves et les immigrés d'un océan Indien battu par les moussons. Le voyage avec l'écrivain se termine au Congo où les violences extrêmes perpétrées à l'encontre des populations indigènes côtoient la peur, la solitude et la quête effrénée de profit des compagnies.
    Prenant appui sur ce périple, Alessandro Stanziani fait oeuvre d'historien, celle de la difficile conquête de la liberté en général, et de la liberté au travail en particulier.

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